Cf. An Answer to an Invitation to Cambridge, II, p
55. La découverte de ces relations entre Cowley et Cresswell est due à G. C. Moore-Smith (Notes and Queries, XII, 9, p. 305).
ce qui doit paraître beaucoup plus agréable à Cowley que d’avoir à partager sa chambre avec trois étudiants quelconques. D'autant plus que Cowley et Cresswell se connaissent déjà; Abraham, élève de première et de seconde année, s’est trouvé à Westminster sous la tutelle de Cresswell, moniteur en sa qualité de membre de cinquième et de sixième. A Cambridge, leur vie en commun fait rapidement d’eux des amis véritables.
Leurs goûts sont semblables. L'un et l’autre se préparent sérieusement à prendre les ordres, et Cresswell peut diriger les premiers pas de Cowley dans ses études universitaires; mais surtout ils sont unis par l’amour de la poésie et s’encouragent mutuellement. À vrai dire, le petit nombre de poèmes qui représente l’œuvre de Cresswell ne peut nous donner une haute idée de son talent. Ce sont soit des revues satiriques de la vie de collège, soit des chansons à boire, soit des contributions aux recueils de poèmes académiques 56, et ces productions nous permettent de le ranger parmi les beaux esprits de l’Université, mais difficilement parmi les vrais poètes. D'ailleurs, une vingtaine d’années plus tard, Cowley lui rappelant sa rage d’écrire indique clairement que la poésie n’a jamais été pour lui qu’une distraction : il nous le montre, après ses véhéments sermons, s'amusant à composer des vers frivoles ou savants, et demandant l'inspiration aux fumées du tabac et du vin 57.
Mais Cresswell semble avoir éprouvé un grand respect pour le talent poétique de son jeune ami, si nous en croyons une lettre datée du 12 mai 1638 58. Cette lettre, adressée à Lord Falkland pour le remercier de l’envoi d’un volume, dit :
56. Cf. Rawlinson mss. poet, 147 et 246; un poème dans le recueil de poésies académiques de 1637 et deux poèmes dans celui de 1641.
57. Voir la préface des Plantarum libri duo, 1662. Elle se termine par la citation d’un poème latin que Cowley avait adressé à Cresswell. Voici, dans la traduction de Nahum Tate, le passage auquel nous faisons allusion :
« Even thou, my friend (unless I much mistake) Whose thundring sermons make the pulpit shake.…. Yet thou at night dost to the glass retire, Like one of us, and (after moderate use Of the ’Indian fume, and European juice), Setts’t into Rhime, and dost thy Muse caress. In learn’d conceïts, and harmless wantonness. »