Rawlinson ms. Poet
Je remercie humblement votre Honneur pour cette faveur et (’autres que je n’ai pas méritées… Je dois reconnaître la même dette au nom de mon ingénieux compagnon de chambre (en marge M. Cowley), bien qu’il soit maintenant absent. Il n’est encore poète qu’en in-16°, mais il prépare une édition augmentée; une pastorale en anglais et une comédie latine que l’on a jouée ici...
D'où il ressort que, dès cette époque, Cowley est connu et apprécié de Lord Falkland puisque il a reçu de lui certaines faveurs et que Cresswell juge intéressant de mettre le châtelain de Great Tew au courant des travaux littéraires de son ami. Nous pouvons également en conclure que déjà Cowley subit l’influence de Lord Falkland. Cresswell fait précéder sa lettre, en effet, d’un poème où il loue Falkland de donner dans sa philosophie la première »lace à la raison. Sans doute, les deux amis ont souvent discuté ensemble cette philosophie. Des poèmes comme ceux que Cowley écrit sur la raison et sur son rôle en religion, sur le dogmatisme et ses dangers 5, sont très vraisemblablement le résultat de cette étude et de ces entretiens.
Peut-être devons-nous voir aussi dans le développement du royalisme de Cowley l'influence de Cresswell, car tous les deux subiront le même sort en 1643 : le Parlement les expulsera comme indésirables. Leur amitié, en tous cas, survivra à la séparation; le poème de Cowley que nous citions tout à l’heure en est la preuve, et Sprat parle de « Mr. Cresswell » comme d’un familier d'Abraham 60.
Un autre poète, mais d’un genre tout différent, se lie également vers cette époque d’amitié avec Cowley : c’est Richard Crashaw, qui deviendra l’ardent mystique de Steps to the Temple, le disciple de sainte Thérèse, et qui se convertira même au catholicisme. Il vient, à l’époque où Cowley fait sa connaissance, d’être élu fellow de Peterhouse, et il s’occupe activement de poésie, participant lui aussi aux recueils de poèmes à la louange du roi et de la famille royale 61. Les rapports des deux jeunes poêtes semblent
59. Cf. Miscellanies : The tree of Knowledge. That there is no Knowledge. Against the Dogmatists, p. 45 et : Reason : The Use of it in Divine Matters,