‹ Abraham CowleyChapitre 62 sur 429 · SPRAT. Op. cit., p. VIII · texte numérisé non relu

SPRAT. Op. cit., p. VIII

tion de la ville au Parlement » 2!. (Oldys précise même que ce fut

« en mai ou juin 1646 ») 22.

La plupart des critiques ont préféré croire Wood. Nous ne les suivrons pas. Pour que son explication soit acceptable, il faudrait admettre qu’Abraham n’a connu Jermyn qu’en 1646, èt nous croyons avoir établi que leurs relations remontent à l’été de 1643; de plus, il serait parti en France à l’aventure, et il aurait dû son poste de secrétaire de Jermyn au hasard d’une rencontre avec Stephen Goffe. La vérité nous paraît moins romanesque. Cowley est parti pour l'exil, assuré, autant qu’il pouvait l’être, d’une existence confortable auprès de son riche patron. Et si nous n’avons d’autre preuve de son départ en 1644 que l'affirmation de Sprat, nous pouvons en tout cas démontrer qu’il se trouvait en France bien avant la date indiquée par Wood et Oldys.

Nous avons, en effet, découvert dans les papiers laissés par Lord Clarendon trois lettres qui prouvent la présence de Cowley à Paris au début de 1646. La plus récente est datée de Paris, le 20 avril 1646. Elle est écrite de sa main, signée de son nom. Cowley y met Lord Culpeper (ou Colepeper) au courant des nouvelles reçues d’Ecosse. Il souligne expressément que c’est en qualité de secrétaire de Lord Jermyn qu'il écrit : son maître vient de partir pour Saint-Germain 23. Les deux autres lettres sont également de sa main, mais non signées. L’une est la copie d’une lettre du roi à la reine, du 15 avril; l’autre, qui relate les événements du jour, est expédiée de Paris, le 10 février, à un destinataire inconnu 24.

Si nous n’avons pas réussi à découvrir de lettres antérieures, établissant de manière irréfutable le départ de Cowley pour la France, en 1644, ces trois documents suffisent à prouver l’erreur de Wood, et nous permettent de nous rallier sans scrupules à la thèse de Sprat, déjà si vraisemblable par aiileurs.

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