SPRAT. Op. cit., p. VIII
15. Lettre de Jersey, écrite par les conseillers de Charles, et dénonçant les machinations de Jermyn. Cowley, y est expressément nommé. Cf. plus bas,
r 16. En juin 1648, par exemple, Jermyn, avec le prince Charles, va inspecter la flotte royaliste en Hollande (Cf. Eva Scorr. The King in Éæxile, p. 40). Il se rend de nouveau en Hollande en mai 1649 (Lettre de Lord Hatton à Ormonde, le 8 mai 1649, dans « A collection of original Letters and Papers concerning the Affairs of England from the year 16#1 to 1660. Found among
parfois, nous en avons la preuve. Ainsi lorsque, au mois de décembre 1650, Jermyn est envoyé auprès de la princesse d'Orange pour lui apporter les condoléances de la reine (le prince d'Orange venait de mourir) nous savons que Cowiey le suit. Il nous l’apprend lui-même dans une lettre du 6 décèmbre 17. En mai et juin 1651 nous les trouvons à Jersey, où Jermyn va vendre une partie des terres de la couronne, et il est chargé, avec Sir John Berkeley, de diriger la vente de ces terres 18. Entre temps, une mission plus périlleuse lui incombe. Le roi est en Ecosse, et des messagers font constamment la navette entre la France et l’Ecosse. Cowley part, en février 1651, pour ce voyage que la surveillance exercée par la flotte du Parlement rend long et difficile. Il en revient sans accident au début de mars, porteur de lettres du roi 19.
A Paris même, en dehors des lettres qu’il écrit, il semble avoir servi d'homme d’affaires, presque de trésorier à Jermyn, et peutêtre même indirectement à la reine. Trois documents nous en apportent la preuve. Lorsqu’en 1651 le duc de Buckingham vend ses bijoux, par l’entremise de Sir Charles Cottrell, c’est Cowley qui achète pour Jermyn cent cinquante agates, et en donne reçu 20. Lord Culpeper, quand il envoie de j’argent à Paris,
the Duke of Ormonde’s papers, 2 vols. by Thomas Carte 1739 », p. 281. Le 9 juin, le roi rentrant en France, il se porte au devant de lui à Bruxelles (Lettre de Nicholas à Ormonde, Ormonde Papers, I, p. 294). En septembre il est de nouveau en Hollande (Lettre de Nicholas à Ormonde. Ibid. I, DR2ID)E
17. Lettre de Cowley dans « Miscellanea Aulica » : « The Queen upon the occasion of the great change in the Princess Royals fortune, has sent my Lord into Holland, to condole, congratule, and advise with her. I shall wait upon him thither and we think to part to morrow.… »
18. Lettre de Sir George Carteret à Sir Edward Nicholas, de Jersey 9/19 juin 1651 (The Nicholas Papers. Correspondence of Sir Edward Nicholas, Secretary of State, edited by G. F. Warner, 3 vols., 1886 (Camden Society Publications), I, p. 258).
19. Lettre de Sir E. Nicholas à Lord Hatton. La Haye, 8 février 1651. Cowley est parti pour l’Ecosse (Nicholas papers, I, p. 219). Cf. aussi lettre du 1% mars : « Mr. Raïinsford and Mr. Cowley are gone towards France, being the last that came from Scotland » (1bid., p. 222) et, le 12 mars, Nicholas dit que Cowley portait des lettres du roi pour les Princes les félicitant de leur mise en liberté (1bid., p. 228).
20. Le possesseur actuel de ce document, Mr. Charles Cottrell Dormer, a bien voulu nous en communiquer une copie : « Received of sir Charles Cottrell by order from his Grace the Duke of Buckingham for the (use ?) of the Lord Jermyn, twelve cases containing one hundred and fivety agates. I say received the first day of March 1651, by me Abraham Cowley. »
l’adresse à Cowley; en mars 1651, il le charge de négocier une lettre de change de 1124 guilders 14 sols 21. Parmi les « Verney papers » nous trouvons enfin de lui un reçu du 4 avril portant sur une lettre de change de 20 pistoles 22.
Grâce à ces quelques faits, nous pouvons deviner quelle existence active fut celle de Cowley à cette époque. Homme de confiance de Jermyn, et du même coup de la reine, en relations avec tous les royalistes notoires qui n’hésitent pas à le charger de régler leurs affaires. C’est une des figures marquantes du parti. Il possède une influence personnelle. Il sait d’ailleurs en faire le meilleur usage. Wood en rapporte une preuve éclatante. Le poète Crashaw, ancien condisciple de Cowley à Cambridge, s'était réfugié, comme tant d’autres, à Paris. Mais, sans ressources, il se trouve bientôt dans le dénuement. Cowley l’apprend, le découvre, le secourt dans la mesure de ses moyens, et obtient pour lui des lettres de la reine le recommandant à Rome. Crashaw part pour l'Italie, devient, grâce à ces lettres, secrétaire d’un cardinal, puis est nommé chanoine de Notre-Dame de Lorette 23. Nous pouvons ajouter, détail intéressant, que dans la lettre de la reine au pape, du 7 septembre 1646, se trouve la phrase : « Il a vescu près d’un an auprès de moy » 24 Cowley l’a donc fait recevoir par la reine (il est vrai qu’il a dû y avoir d'autant moins de mal que Crashaw était catholique).
Ce n’est assurément pas le seul service qu'il ait rendu à ses
21. Lettre de Sir G. Carteret à Nicholas, de Jersey, du 10 avril. Lord Culpeper envoie de l’argent de Hollande : « His Lordship writes unto me also that he hath sent a bill at Paris for 1124 guilders 14 sols which Mr. Cowley (unto whom the bill was directed) writes me is accepted and shall be pay’d the 29 of May » (Egerton Ms. 2534, f. 65, au B. M.). La lettre est imprimée dans les Nicholas Papers, 1, p. 235).
22. Grâce à l’obligeance de Lady Margaret M. Verney, nous pouvons donner le texte de ce billet, probablement adressé à Sir Henry Verney : « Sir, The 29 pistolles mentioned in the enclosed Letters and Bill of Exchange to be payd to mee, are for Mr. William Taaf, and therefore I desire you to pay them according to his order, for which this shall bee a sufficient discharge from, Sir, your most humble servant, A. Cowley. » Daté de Paris, 4 avril 1649.