Woop. Fasti Oxontenses, vol. 2, p
24, La lettre est publiée dans l’édition des Poèmes de Crashaw, par L. C. Martin (Oxford, 1927), p. xxx. Notons que Crashaw a donc été présenté par Cowley à la reine au plus tard en septembre 1645; nouvelle preuve que Cowley a bien quitté Oxford à la date indiquée par Sprat.
compatriotes. Il était bien placé pour être utile, et il en avait certes le désir. Aussi ne sommes-nous pas surpris d'apprendre que son patron se soit préoccupé de lui assurer à l’avance la récompense de son zèle, en obtenant d’abord de Charles I‘, puis de Charles II, la promesse de la direction du « Savoy Hospital » à la Restauration 25. Mais c'était là une promesse bien aléatoire, et Cowley, avant d’éprouver ce que valent les promesses royales à longue échéance, connaît pendant d’interminables années l’amertume de l’exil.
S'il en connaît l’amertume, il n’en connaît pas toutes les rigueurs. Son emploi auprès de Jermyn lui procure des avantages matériels appréciables. Plus favorisé que la plupart de ses compagnons d’infortune, il est assuré de ne pas souffrir de la faim, ni même de la gêne. Les émigrés arrivent en France dans le désarroi d’une fuite rapide, sans bagages, sans ressources. L'argent qu’ils ont pu réunir s’épuise vite, et le Parlement confisque leurs revenus. Le marquis d'Ormonde prend pension à Paris à une pistole par semaine, et il n’est pas question pour lui d’avoir un carrosse. I lui arrive de manquer de chaussures et de chemises 26. La famille royale elle-même n’est pas, nous le verrons, à l’abri du besoin.
En face de tant de misères s'étale le luxe de Jermyn. Il ne manque jamais d’argent, et mène un train de grand seigneur. Il roule carrosse, et, parmi les émigrés, il est, avec Waller, le seul à tenir table ouverte. Il reçoit magnifiquement 27. Lorsqu'il se rend à Jersey, en 1651, il se fait suivre de tous ses gens, de sa vaisselle, de deux cuisiniers 28. Cowley est donc un heureux privilégié. Il vit dans l’abondance et le faste, au moment où beaucoup de gens
25. Ce détail est fourni par Wood, dans sa « Vie de Cowley ». Cowley luimême rappelle le fait dans sa pétition, en 1661 (Cf. infra, p. 140).
26. Cf. Lady WiniFrrED BURGHCOLERE. The Life of James, 1st Duke of Ormond, 1610-1688, p. 446, et E. Scorr. The King in Exile, p. 436.
27. « He kept an excellent table for those who courted him, and häd a coach of his own, and accommodations incident to a most full fortune » (E. Scorr. Op, cit., p. 433). £