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plus haut placés que lui ne savent comment subsister. Il le rappelle du reste dans un de ses essais 29.
Mais ces avantages si grands ne vont pas sans entraîner quelques inconvénients. On ne pardonne pas à Jermyn l’étalage insolent de sa richesse. Les ennemis du puissant favori, et ils sont nombreux, ne manquent pas de dire qu’il se procure de l'argent par tous les moyens, et que beaucoup de ces moyens sont douteux. Wood écrit à Lord Hatton : « Quand la reine et les princes avaient une pension de 4.000 pistoles par mois, 2.500 partaient pour les dépenses d’un seul homme et les pensions de ses créatures » 30, Nicholas, en décembre 1649, dit : « Jermyn fait maintenant argent de tout. La semaine dernière il a vendu l’argenterie de la chapelle de la reine pour 2.500 livres. » 31. Lord Hatton, en novembre 1654 : « Lord Jermyn a vaillamment dépouillé la reine de tous ses bijoux depuis le départ du roi. et il a acheté une grande maison et des terres près d'ici. » 32. Quand il va vendre des terres de la couronne à Jersey, en 1651, on l’accuse de vouloir garder l’argent pour lui 33.
A la jalousie s’ajoutent les rivalités d’ordre politique. Car les émigrés forment deux camps : d’un côté les partisans du roi, vieux serviteurs intègres, protestants rigides, qui voudraient sauver l’Angleterre par l’Angleterre même, par la seule vertu du parti anglican; leurs chefs sont Hyde, Nicholas, Ormonde; de l’autre, la reine et Jermyn, turbulents et audacieux, prêts à tous les expédients pour rétablir le roi sur son trône, prêts à accepter toute alliance, aussi bien celle des Irlandais catholiques, que celle des Ecossais presbytériens, ou des « niveleurs » de Lilburne. Deux théories politiques, et deux morales, s’opposent tout au long de
29. « … I ate at the best table, and enjoyed the best conveniences for present subsistance that ought to be desired by a man of my condition in banishment and publick distresses.. » (Of Myself, II, p. 458).