Clarendon State Papers, vol. 28, n
35. Nicholas Papers, I, p. 258 sq. Lettre de Carteret à Nicholas, 9/19 juin 1651 : « The commission for the sale of the 200 pistols a year was to this effect, that the money should be payd into the hands of M. Cowley, whereof he was to pay 2000 pound to Lord Jermyn for his interest in the said lands. » Il ne serait d’ailleurs rien resté : « I saw a warrant from the king to pay 300 pistolls of that money to Mr. Long, and the two commissioners were to have a fleece out of it. »
un parti. Lorsqu'il sert le roi on le soupçonne de mal le servir. Que sera-ce lorsque, rentré en Angleterre, il aura l’air de se rallier à Cromwell ? L'accueil qui lui sera fait à la Restauration n’a dû surprendre que lui. Il a été la victime de haines tenaces, vieilles déjà de plusieurs années.
Ces dissensions, ces querelles à l’intérieur du parti royaliste étaient, au reste, inévitables. Les conflits d'idées et les rivalités personnelles s’enveniment dans une atmosphère de défaite. Les alternatives d’espoir et d’abattement par lesquelles les émigrés passent sans cesse ne pouvaient créer que des heurts. Ce sont des années peu propices au calme et au sang-froid. Chaque jour fait naître une attente joyeuse que le lendemain transforme en triste désillusion. Au début, on espère voir arriver avec chaque courrier la bonne nouvelle d’une victoire royale qui permettra un prompt retour en Angleterre. Mais la bataille décisive, Naseby, est fatale à la cause du roi. On se tourne alors vers l'Irlande, où le marquis d’Ormonde tente de faire l’union contre l’Angleterre. Mais a-t-il jamais été possible d’unir les Irlandais ? En 1648, on croit de nouveau le moment venu. Les puritains sont divisés, le pays souffre, le concours de l’Ecosse est acquis. Les princes, Jacques qui vient de s'évader, et Charles, rejoignent la flotte en Hollande. Mais les Ecossais sont écrasés à Preston, et la révolte, en Angleterre même, est noyée dans le sang. Puis vient, en février 1649, la nouvelle accablante de l’exécution de Charles I”.
Le prince Charles, devient roi. Après avoir vainement tenté de soulever l'Irlande au cours de l’été de 1649, il décide de tenter l'aventure en Ecosse, et la Cour vit des jours anxieux, dont les lettres de Cowley nous gardent le reflet. C’est d’abord la question de l’accord avec les Ecossais, accord inquiétant par la dureté des conditions imposées (lettre de Cowley à Bennet du 17 mai 1650); puis le roi s’embarque à « Schveling », le 10 juin, et les nouvelles s’arrêtent. Vingt-huit jours se passent, et on ne sait encore rien de sûr (lettre du 9 juillet). Six semaines plus tard, rien encore que de vagues rumeurs (lettre du 16 juillet). On conçoit la nervosité des émigrés, leurs angoisses mêlées d’espérances, tout cela
pour aboutir, en septembre, au désastre de Worcester. Beaucoup désespèrent alors de jamais voir la Restauration, et, faisant leur soumission à Cromwell, rentrent en Angleterre 36.
Vers 1653, cependant, les circonstances semblent une fois de plus favorables. Lilburne, le chef des « niveleurs », se sépare de Cromwell et négocie avec le duc de Buckingham; les presbyté- ‘riens sont en pourparlers avec Lord Jermyn; surtout les loyalistes ont réussi à s'organiser. Une société secrète, « le nœud scellé », lance de Londres des ramifications dans tous les comtés. Mais les espions de Cromwell veillent, des traîtres parlent, et, en mai 1654, les chefs des conjurés sont arrêtés. L’insurrection est étouffée dans l’œuf. La cause royale semble encore une fois perdue. Il y aura toutefois jusqu’au bout des tentatives de soulèvement. On ne sait ce qu’il faut le plus admirer chez les loyalistes, de leur courage obstiné, ou de leur aveuglement. Ils se cramponnent en désespérés aux moindres bribes de réconfort; ils espèrent qu’un miracle viendra les arracher à leur misère, et les délivrer de la crainte souvent trop réelle de mourir de faim.
Cette atmosphère d’exaitation trouble n’est pas éclaircie, loin de là, par le spectacle que donne la famille royale. La reine ne s’accorde avec aucun de ses fils. Elle cherche, même dans le domaine politique, à leur imposer sa volonté. Elle veut, seule avec son favori, reconquérir sa couronne. Aussi ses relations avec Charles, à part de rares moments de détente, sont-elles presque toujours orageuses. Dès qu’il a quitté l’Angleterre, en 1646, lorsqu’il semble vouloir se soustraire à son influence en restant à Jersey, elle lui fait signifier par Jermyn son désir de l’avoir auprès d’elle. Il n’obéit qu’en septembre. Dans le duel Jermyn-Hyde, il reste fidèle. aux volontés de son père, et conserve sa faveur au second, tandis que sa mère soutient de toutes ses forces le premier. Après de longues années de discussions et de désaccord, en 1654, il est heureux d’être forcé par Mazarin à quitter Paris.
Quant au duc d’York, Jacques, qui s’évade d'Angleterre en avril 1648, il ne s'entend ni avec sa mère, ni avec Jermyn, et le seul moyen qu’il trouve d'échapper à la double tutelle qui le me-