‹ Abraham CowleyChapitre 7 sur 429 · Woop. Fasti Oxontenses, II, p · texte numérisé non relu

Woop. Fasti Oxontenses, II, p

3. T. C. Nogce. Memorials of Temple Bar; J. L. CHESTER dans Notes and Queries, IV, 11, p. 341; E. Beresrorp CHaANceLLoR dans The Annals of Flect street, parlent du numéro 192.

Un document officiel nous fournit une autre preuve de cette erreur : dans les archives de Somerset House est conservée, nous l'avons nous-même tenue entre nos mains, la copie du testament d’un Thomas Cowley, qui est sans aucun doute le père d’Abraham 4. Or dans ce testament, fait le 24 juillet 1618, Thontas se dit « de la paroisse de St. Michael at Querne ». Ceci expliquerait que nous ne trouvions rien le concernant, lui et sa famille, sur les registres de St Dunstan in the West. Par malheur, les registres de St Michael ayant été brûlés dans l’incendie de 1566, la preuve décisive nous échappe.

Le testament de Thomas Cowley constitue toutefois un document dont l’authenticité est indéniable, et les précisions qu'il apporte sont de première importance. Le dit Thomas Cowley, qui se définit « Citoyen et libraire de Londres », répartissant sa fortune, y a écrit : « Attendu que Dieu m’a accordé six enfants, outre l’enfant ou les enfants dont ma femme est grosse. » Or notre poète étant né de façon certaine dans les derniers mois de 1618, nous pouvons affirmer que c’est lui que portait Thomasine Cowley au moment où Thomas rédigeait son testament. Il aurait fallu un concours de circonstances bien extraordinaire, pour que, dans le même milieu, dans la même partie de la ville, au cours des mêmes mois, soit né un autre Abraham Cowley.

A cette présomption viennent s’en ajouter d’autres, établissant que l’auteur du testament est bien le père de Cowley. Le sixième enfant dont parle le testament s’appelle Thomas : à moins d’admettre ici encore une miraculeuse coïncidence, ce Thomas ne peut être que le frère d'Abraham, celui qu’en 1665, le poète désignera en ces termes dans son propre testament : « Je lègue tout ce que je possède sur terre, argent et biens, à mon frère Thomas Cowley, que je constitue ici mon seul héritier et exécuteur... ». Pouvonsnous en douter quand nous voyons Thomas de son côté demander avant toute chose que les volontés de son cher frère Abraham Cowley non encore exécutées le soient sur le champ ?5.

4. Ce testament, découvert par P. Cunningham (cf. l’édition des Lives of the Poets de S. Johnson, p. 3) a été remis en lumière par J. L. Chester (Notes and Queries, IV, 11, p. 341), et par Grosart dans son édition des œuvres de Cowley (Memorial-Introduction, p. xx).

5. Testament de Thomas Cowley, juillet 1618; d'Abraham, septembre 1665, et de Thomas, mai 1669, dont la copie est conservée à Somerset House.

Un autre lien unit encore ces testaments les uns aux autres : Thomas Cowley, le père, nomme son beau-frère Humphry Clarke co-exécuteur (Overseer); Thomas, le fils, lègue deux cents livres à son cousin Humphry Clarke; et Abraham, dans un de ses poèmes, déplore la mort de « son cher ami et cousin, Maître Richard Clerke » 6.

Ces bribes de preuves rapprochées forment un faisceau qui nous autorise à conclure que Thomas Cowley était bien le père d'Abraham, et que celui-ci est né effectivement à Londres, dans

la paroiïsse de St. Michael at Querne, vers la fin de l’année 1618.

Le précieux testament ne nous apporte pas seulement une quasi-certtude sur le lieu de naissance d'Abraham Cowley, il nous fournit à peu près les seuls renseignements accessibles jusqu’à ce jour sur sa famille.

Il nous dit d’abord la profession et la situation de fortune de son père. Thomas Cowley s’y qualifie, nous l’avons vu de « Citoyen et libraire de Londres ». Jusqu’à la découverte du testament par Cunningham, ce détail était ignoré. Sprat s’était borné, vague et élégant comme à l’ordinaire, à déclarer que « les parents de Cowley étaient des citoyens de vie vertueuse et de ressources suffisantes » 7, laissant le champ libre à toutes les suppositions sur leur état. Wood, par contre, avait affirmé que Thomas était épicier dans Fleet Street 8; aussi les biographes de Cowley avaient-ils produit pour la plupart cette affirmation, et brodé sur cette . donnée ©.

Malgré la précision apportée par le testament de Thomas, la plupart des critiques hésitent encore aujourd’hui à repousser tota-

6. CowLex. Works, édition Waller, II, p. 41: An Elegie on the Death of my loving Friend and Cousen, Master Richard Clerke, late of Lincoln's Inne, Gent.

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