‹ Abraham CowleyChapitre 85 sur 429 · Ibid., p. xxvii · texte numérisé non relu

Ibid., p. xxvii

29. « Anatomical reader of the Barber Surgeons’ Company », depuis 1649. 11 succède à Harvey comme « Lumbeian lecturer » à Gresham College.

30. L’ode est imprimée dans les « Verses written upon Severall Occasions » de 1663. Nous avons pu avoir communication, à la bibliothèque Bodléienne, de l’exemplaire où se trouve l’ode manuscrite. Il porte l’inscription suivante : « Liber bibliothecae Bodleianae, ex dono viri et poetae optimi, D. Abrahami Cowley, authoris; qui pro singulari sua in Bodleium Musasque benevolentia, od. ms. insequentem, Pindari feliciter imitatricem composuit, et manu propria exaratam apposuit, VI calend. Jul. M D C L V I.» Masson parle du 26 juin. Le livre aurait, selon lui, paru dès le mois d’avril (Life of Milton... vol. V, p. 83).

31. Voici les indications officielles des registres de l’Université d'Oxford : Register of Convocation (Reg. T., f. 304, 305) :

(2 July 1657). Acta Delegatorum.…

« That Mr. Cowley bee created Dr. of Phisick, hee performing what exercise the Delegates shall thinke fitt. »

(En marge : Gracia Cowly.) « Mr. Cowly studiosus in Medicinâ quatenus Venerabilium virorum quibus Cancellarii potestas hac ex parte concessa est, necnon Delegatorum suffragiis approbatus fuerit ut in hoc venerabili Coetu Doctor Medicinae actualiter creetur, et haec sibi sufficiant quo admittatur ad incipiendum in facultate Medicinae. Conced. simpliciter. »

Register of Congregation (Reg. Qa. f. 182) :

« Terminus Michaelis. 1657. Abraham Cowley Med : Dr. admissus erat virtute creationis in domo Convocationis habitae Decemb : 2d. »

Jusqu’à quel point, Cowley a-t-il pris au sérieux ses études médicales, c’est ce que nous ne saurions dire, car il se spécialise vite dans l’étude des simples, et s’étant, nous dit Sprat, muni des livres nécessaires, il se retire « dans une partie fertile du CoMIe de Kent où les champs et les bois lui montraient l’aspect véritable des plantes qu’il étudiait 32 ». Il y prépare la publication d’un traité de botanique. Mais ce traité, loin de revêtir une forme scientifique, se présente comme un catalogue poétique en vers latins, où le désir de plaire l’emporte sur le souci d’instruire. Les plantes, personnifiées, se réunissent en conciles, et vantent à tour de rôle leurs vertus médicales, mais surtout leur beauté ou leurs associations mythologiques 33.

Ne jugeons pas toutefois uniquement par cette œuvre de dilettante, la valeur de l’activité scientifique de Cowley. Il prend un intérêt certain aux problèmes que pose la- science nouvelle. Il écrit une ode pindarique à Scarborough, une autre sur Harvey 54, qui le montrent au courant des questions du jour. Grâce à Scarborough, qui le prend décidément sous sa protection, il se trouve accueilli par le groupe de savants d’où sortira bientôt la Société Royale des Sciences. Gosse place en 1657 son entrée dans le cénacle scientifique des « Invisible philosophers » 35. Mais il a dû se trouver en contact avec eux plus tôt encore, dès qu’il a pris Scarborough pour mentor. Il est certain qu'il a assisté aux réunions de Gresham College, et il a pu juger de l’utilité des expériences faites en commun, comme de l’avantage qu’il y aurait à les grouper mieux encore. Nous n’en possédons qu’une preuve indirecte, mais irréfutable, sa Proposition for the Advancement of Experi-

32. SPRAT. Op. cit., p. xxVI1. Un de ces livres nous est resté, c’est un magnifique exemplaire des œuvres complètes d’Aldrovande en douze in-folios, qu’il a légué à la bibliothèque de Trinity College.

33. Les deux premiers livres en seront publiés en 1662 sous le titre « Plantarum Libri Duo. » Le hasard nous a mis en présence d’une preuve menue de l’intérêt que Cowley prenait à la botanique. Un manuscrit du British Museum intitulé Tracts on Simples… (Sloane Ms. 509), porte au verso le nom de Cowley. Il lui avait évidemment été adressé.

34, L’ode a certainement été écrite en 1657, peu avant la mort de Harvey (3 juin). La dernière strophe déplore le déclin de ses forces :

For though his Wit the force of Age withstand. His Body alas ! and Time it must command... (st. 5, p. 418).

35. Cf. l’article d'Edmund Gosse, dans le Harper's Monthly Magazine, June 1904, p. 97..., sur les origines de la Royal Society.

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mental Philosophy, qu’il ne publiera qu’en 1661, mais qu’il avait “écrite et soumise à l’approbation de ses savants collègues, dès avant 1659. La note qui précède sa propre préface l’affirme nettement 36, et le contenu de la Proposition ne démontre pas moins clairement l'influence de ces réunions sur Cowley. Il rêve de permettre aux hommes d'élite, qu’il a vus se grouper malgré la diversité de leurs occupations, de travailler ensemble, libérés de soucis matériels par une existence analogue à celle des « fellows » d’Oxford et de Cambridge, à établir la science sur des bases rationnelles, et à consacrer toutes leurs forces au progrès de l’humanité. Ses études scientifiques semblent donc avoir été bien autre chose pour lui qu’un prétexte destiné à couvrir ses menées royalistes. Il se place parmi les disciples convaincus de la science moderne à ses débuts.

Il ne nous reste — à part la caution de mille livres qui permit la libération de Cowley — qu’une trace de l’amitié qui l’unit alors à Scarborough, mais elle est curieuse. Scarborough écrit au comte d'Oxford le 8 avril 1656.

My Lord, je remercie très humblement votre Honneur de la noble réception qui m’a été donnée à Bentley. Un témoignage plus tangible de ma gratitude sera une seconde visite cet été avec Mr. Cowley, dont je me permets d'offrir le livre à votre Honneur, comme exemple de son incomparable mérite... 37.

On ne saurait se montrer meilleur ami, ni plus délicat. Il fallait que la personnalité de Cowley eût bien du charme pour inspirer de tels attachements.

Il était également l’ami d’un des collègues de Scarborough, Sir Alexander Fraizer (Charles II en fera, à la Restauration, son premier médecin), comme le prouve la dédicace dont Cowley accompagne l’envoi, en 1662, de son livre: « De Plantarum Libri

Duo » 38. Cette dédicace, écrite en vers latins de la main même

36. « To the Honourable Society for the Advancement of Experimental Philosophy. The Author of the foliowing discourse, having since his going into France allowed me to make it publick, I thought I should do it most right by presenting it to Your Considerations.. » P. P.

37. Dans les Mss. de James Round (Historical Mss. Commission Reports. The Mss of the Earl of Buckinghamshire, the Earl of Lindsey, the Earl of Onslow, Lord Emley, Theodore J. Hare, Esq., and James Round Esq. M. P. London, 1895), p. 280.

de Cowley, nous apprend, outre son intimité avec Fraizer, qu’il fut vers cette époque très gravement malade. Ii le remercie, en effet, de l’avoir soigné, tandis qu’il écrivait son poème,

Dum leviter pictos pervolitamus agros, * d'une maladie qui mettait ses jours en danger :

Nostra voluptatem cupiunt tibi reddere solam Germina, sed Vitam vestra dedere mihi 39.

Dans l’ensemble, sa vie pendant cette période nous est assez mal connue. Il semble bien difficile de déterminer l’endroit exact du Kent où il s’est retiré, avec, pour toute précision, l’épithète « fertile » dont Sprat le caractérise. Peut-être, ainsi que le suggère Nethercot, se retire-t-il du côté de Greenwich, ou de Deptford, non loin de John Evelyn, avec qui il avait tant de goûts en commun, et qu’il avait sans doute déjà rencontré à Paris. C’est la une hypothèse plausible. A coup sûr, il devait quitter souvent sa retraite, soit pour aller à Oxford, où l’attiraient études et amis, soit pour se rendre à Londres. C’est ainsi qu’il se laisse entraîner par des amis à se joindre aux curieux, le jour de j’enterrement de Cromwell, ce qui lui permettra de décrire la cérémonie dans un pamphlet composé quelques mois plus tard 40.

La mort du Protecteur devait naturellement bouleverser ses plans. L'occasion semble une fois de plus favorable à une restauration du roi, les espoirs renaissent. Cowley ne va-t-il pas mettre son bras au service de son souverain ? C’est bien, selon Sprat, ce

38. Cf. la note de J. Sparrow, dans The London Mercury, August 1929, pp. 398, 399.

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