Voici d’ailleurs la dédicace elle-même
Heïlleborum tantum, Medicorum summe, remittas, Illi de Plantis qui tibi mittit opus.
Omnes florentem tibi confecere Coronam, Naturaeque ferunt tota Tributa suae, Sed nihil, ah, nobis nisi dulcia mella ministrant, Dum leviter pictos pervolitamus agros.
Nostra Voluptatem cupiunt tibi reddere solam Germina, sed Vitam vestra dedere mihi.
40. Cf. À Discourse by way of Vision concerning the Government of Oliver Cromwell, II, p. 342.
qu'il aurait fait : « mettant à profit les désordres qui suivirent la mort de Cromwell, il s’aventura à revenir en France. ».
En réalité, il ne quitte pas immédiatement l'Angleterre. Nous avons la preuve qu’il y demeure encore quelque temps, car il se” . trouve pendant les mois qui suivent aux côtés de Buckingham.
Comme nous l’avons dit, sa vie à cette époque montre les rapports qui l’unissent alors au duc. Celui-ci avait vu le Parlement confisquer les domaines qui faisaient de lui un des hommes les plus riches de l'Angleterre, et jamais, malgré ses instances, il n'avait pu en obtenir la restitution. Or, une notable partie de ses biens avait été donnée au général Fairfax lorsque ce dernier avait, en 1650, quitté l’armée. Au cours d’un de ses nombreux voyages, Buckingham va lui rendre visite. Bien reçu, il forme le projet simple et ingénieux d’épouser la fille unique du détenteur de sa fortune. La douce Mary Fairfax ne peut résister à l’homme le plus élégant et le plus spirituel du royaume, et le mariage se célèbre au mois de septembre 1657 41. Le duc invite Cowley, le choisit même pour garçon d'honneur 42. Cowley assiste donc à la cérémonie, et y récite un épithalame pindarique 43. Buckingham le veut près de lui à l’heure de son triomphe.
Il va bientôt faire appel à lui dans les épreuves. Cromwell, qui tolérait la présence en Angleterre d’un Buckingham sans ressources, s’irrite et peut-être s’effraye à la nouvelle de ce mariage qui lui rend sa puissance et tous ses moyens d’action. Il ordonne son arrestation. Une intervention énergique de Fairfax vaut au duc l'autorisation de vivre dans son palais de Londres, York House, à condition qu'il n’en sorte pas. Mais Buckingham ne peut se résoudre à ne pas intriguer, et un beau jour il disparaît. On ie cherche pendant des mois. Un officier du Parlement le reconnaît sur la route de Canterbury, le 18 août 1658, et l’arrête 44. [ncon-
41. Brian FAirRFax, dans sa Vie de Buckingham (publiée par E. Arber, en tête de son édition du Rehearsal, 1868) et Lady BurGHCLERE (George Villiers, 24 duke of Buckingham, 1903) le placent à Nunappleton, le 7 septembre, tandis que E. BERESFoRD CHANCELLoR (Lives of the Rakes, London, 1924, p. 22) le place à Bolton Percy, le 15 septembre.