‹ Abraham CowleyChapitre 95 sur 429 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le 25 mai 1660, Charles II débarque à Douvres, aux acclamitions du peuple presque entier. Son voyage jusqu’à Londres est une promenade triomphale dont l’entrée dans la capitale, quatre jours plus tard, forme l’apothéose. Relisons le journal d’'Evelyn :

29 mai. En ce jour, Sa Majesté Charles II arriva à Londres, après un long et triste exil, et de terribles épreuves pour le Roi et l'Eglise, au bout de dix-sept ans. C'était aussi son anniversaire, et il entra avec une escorte triomphale de plus de 20.000 hommes, cavaliers et fantassins, qui brandissaient leurs épées «et criaient leur joie inexprimable; les routes semées de fleurs, les cloches sonnant, les rues tendues de tapisseries, du vin coulant des fontaines; le Maire, les conseillers et toutes les corporations en habits de cérémonie, chaînes d’or et bannières; seigneurs et nobles, vêtus de drap d’argent, d’or et de velours; fenêtres et balcons tous garnis de dames; trompettes, musique, et des myriades de gens venus d’aussi loin que Rochester, si bien qu’ils mirent sept heures à traverser la cité, de deux heures de l’après-midi jusqu’à neuf heures du soir 1.

Un concert de louanges s’élève vers le roi, où les poètes tiennent la première place : Waller, Dryden, John Tatham, John Ogilby, Henry Bold, Charles Cotton, Thomas Higgons, Thomas Edwards, Henry Beeston, S. Pordage, bien d’autres encore, écrivent des panégyriques exaltés. Cowley est des premiers à apporter sa contribution. Revenu de France, nous dit Sprat, un peu avant la Restauration officielle, il assiste sans doute au spectacle décrit par Evelyn. Dès le 31 mai son ode Upon his Majesties Restoration and Return est prête, et paraît chez Herringman 2. Malgré sa hâte il est d’ailleurs devancé d’un jour par Waller 3. Cette

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