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bafaille sous M. l'Amiral; H. des Francs m'a dil qu'ilavoit fail mMiacrenient. Mais je sais bien pourquoi il d'b pas mal fait . c'est qu'il avait M. Trullel pour son capitaine, qiâaiiroil mérité mieux que lui d'être gênerai à sa place , qui est l'un des plus braves bommes du corps et rempli toute capacité , conceraanl le métier, qu'il avoît toujours craint d'ave lequel ctoit malade à ne pouvoir se tenir. r> (M. Anioine Tmllet , lieute^ nanl du 5 janvier 1619, capitaine du 1" avril 1692. clait capitaine en premier du SoUit Royal, sur lequel, en 1704, M. de Laniferon avait Mm pavillon,) >> M. Lan^eron vouloit absolument le faire desrendre au fond de cale, il « (M. Trullct) " le regarda avec indignation de ce compliment, m mil dans nn fauteuil, fil venir son unique fils qui est » (maintenant) u enseigne, à qui il fit une harangue de héros qui était aiuii bonne pour aulnà que pour son (ils, qui est fort joli oUicier, mais qui n'avoit encore point vu le feu. L'on peut demander ù bien des gens si ce que j'eipoie
Cette action de M. Trullct est assurément très-belle et dut violemment irriter M. de Langeron , si Ger , si arrogant , si plein de mé' I pris pour tous les gens de valeur. M. Trullel, sur le (|aiHard d'âi^ I rièrc, dans son fauteuil, donna pendant tout le combat, k son] Itculenanl, ses ordres avec un grand sang-froid, et montra à son filaJ et à son général ce que c'est que le vrai courage '.
M. de Combes va-t-ll s'arrêter, lui? Point; il continue ainsi :
1 Je demande pardon , Monseigneur, si je parle si librement , à cause du caractère de Lieutenant général que J'ai toujours respecté ; c'est -que je le pense de même, la personne n'olani pas respectable, mais un vrai mal- ^^^ honnête homme , capable de toute méchanceté et malice subtile, n ^^H
Voilà le dernier Irait; il est cruel et d'un homme encore loot ^^H l'impression d'une scène récente où son umour-propre et sa juste GertéoRt eu grandement h souffrir de lu part d'un supérieur orgueilleux , qui ne sait mettre aucune mesure dans ses paroles, aucune
' Dont le rapport qu'il Gl du combil ie Muligi, bq^ugI il BTnil auldé, eommaodtnl l'arricre-garde de l'armée rran^ii». M. de LiDjjcroD dil : • Je De paii trop ota laner du han ardre qu'il y avoit. dont je doit l'eiéeulion i M. de Norcf • (le llenta- Dint àa SbUU Rogal); . c«r il j a àaq lemaiaei que M. Trallct est maUde, et
culiîre, danl beaucoup m^rileroienl bien d'être ivaur^, croaime U. d'Hngonîi,
U. ChabrK t le Slt de U. TrnUel, qui jaiol i ion mérite parliculier calai d'^lni ^^
fils dlnn hamoie qu'oa ne peut trop eitîmer. ■ On voit qne ta • harangua da héros • avait fait effet tur M. de Langeroa. qai eut le ban leat de ne l'ea point alTeoier i-^ , le boD goijt de rendre juitjce aa harangueur. Uaii U. de Langeron omît celle cir -^^^^^ coottanre de la préience au combat, dam no rantcuil. du brate opiltina de ii^, .^ Pavillon; il pc Tut do ne jnile qu'à demi. ^^^^
IHl MARINK DU XVli" SUCLE. 397
équité dans ses appréciations. Comnient M. de Langerou ost-it donc parvenu au premier ran^ dans le corps de la marine , avec des mérites si minces? M. de Combes le rappelle au Ministre: parla faveur toute-patssaaie de M. le Prince d de M. le duc de Venddme, qui ne l'ont jamais vu à la guerre. La inère de M. Langeron avait été " dame » de la princesse de Condé , et la maison de Condé voua au Gis de cette dame une bienveillance qui ne se démentit jamais. Sur ce point, M. de Combes est à peu prés d'accord avec le duc de Saint-Simon, qui dit, chapitre !) de ses Mémoires : » Ce même jour. X Langeron , Lieutenant général des armées navales et Tort bon mu- >■ fin, mourut à Sceaux d'apoplexie, sans être gros ni vieux. Il était R fort attacbé à M. et à madame du Maine , et sa famille à la maison 1 de Condé, sa sœur en particulier. " L'oraison funèbre est brève; u forl bon marin " en dit peu, ce semble. On aimerait à trouver sous la plume de Saint-Simon , qui ne manqua pas de dire que M. de C bateau -Renault était « très-brave n ; un éloge du soldat à côlé de celui du marin. Ce n'est pas à dire cependant qu'il faille Heu conclure contre le marquis de longeron du silence de M. de Saint- Simon , au chapitre du courage. M. de Langeroii assista à dix-sept batailles, selon les continuateurs du Père Anselme; n'y fit-il pas énergiquemcnt son devoir? On a de la peine à se le figurer. Le Mercure et la Gazelle de France firent de lui de trés-brillanls éloges ; mais la famille du Lieutenant général était là, et les deux journaux ne pouvaient manquer de dire quelque chose qui la content&t pleinement. M. Joseph Andrault de Langeron mourut à Sceaux dans le château de M. le duc du Maine, (îénéral des galères, dont il était un des familiers. Frappé d'apoplexie le 28 mai 17! 1 , il expira le lendemain , âgé de soixante et un ans et demi. Son corps fut transporté à Paris et présenté à l'église de Saint-Sulpice. (Registres des églises de Sceaux et de Saint-Sulpice , que nous avons eus sous les yeux.) Puisque nous avons été amené à parler de la fin de M. Joseph Andrault de Langeron , qu'il nous soit permis de parler de ses commencements. D'Hozier le fait naître le 19 novembre 1649, sans dire quel fut le lieu de sa naissance. Peut-être fut-ce Langerou , village du Nivernais , où la maison d'Andrault possédait une terre , érigée en comté, au mois d'août 1656, à la demande du père de Joseph , M. Philippe Andrault , seigneur de Langeron , gentilhomme de Monseigneur Gaston d'Orléans et auparavant page de ce prince. M. Philippe Andrault avait épousé , le 2i octobre 16i5 , raademoi-
.iaS ABRAHAU DU OUESKE. ISSl
selle Claude Bonne Faye d'Espesses. Cg fut celle dame qui fat 1 domcslique ■ , ainsi disait-on, de la princesse de Condé. M. Philippe, comlc de Langeron, gouverneur de la Charilé-sur-Loîre , bailli du Nivernais , premier gentilhomme de Son Altesse Monseigneur le duc (Condé)!, mourut à l'âge de solxanle-trois ans, le 21 mail 1673. (Reg. de Sairil-Sulpice.) Madame Claude Paye décéda le 3 décembre 1690, à l'âge de soixante-cinq ans, et fut inlinmée aux Carmélites de la rue Saint-Jacques. (Reg. cilé. ) Son fiU élail alors, dans la marine , un homme iniportanl. II était dans le coif) depuis vingt ans seulement et déjà il était Chef d'escadre, a La faveur l'a pu faire autant que le mérite. "
Après avoir suivi, tout jeune alors, M. de La Fcuillade à Candie, en 1669, il eut un brevet d'enseigne le 11 novembre 1670. Il ne resta pas longtemps petit ofGcrer. M- le Prince, — car aucun service important ne lui valut cet availcemenl rapide qui dut faire bien des jaloux, — lui obtint, le 2 novembre 1671 , une commission de capitaine de vaisseau. Il avait alors vingt-deux ans! Les commande* ments lui vinrent à souhait ; dans l'armée combinée anglo-fraoçVM, en I673,i) eut r^poUon;ileut le Sa^«, en 1674, dans une escadn aux ordres de M. de Valbelle, qui devait aller rejoindre M. de Vi> vonne et Du Quesne au détroit de Gibraltar. (\ous avons dîl plus haut.) Kn 1675, il garda le Sage. En 1678. il conitntnd»' {'Étoile, et au mois de mai de l'année 1680 VHercute, qu'il échanget bteniAt contre le Mignon, puis contre \^Fée. En 1681, on lui laisu la /Ve, qu'il garda jusqu'en 1683; alors il reprit V Apollon, qall garda jusqu'à la fin du mois d'octobre. Le 20 juillet 1684, il époow i damoiselle Sjlvie-Jeanne-Madeleine de Gourraf -a , fille da seigneoi de La Côte. Il reprit la mer, en 1686, sur le Bon.
Le Roi avait donné, le 6 juin 1675, au marquis de LangeroD, la survivance de la charge de gouverneur de la Charité ; le capitaine de vaisseau alla se montrer dans son gouvernement, il n'y fit pas UD long séjour. Dés l'année 1684, M. de Seignelay avait donné au marquis l'emploi d'Inspecteur général des constructions navales; U. de Langeron crut que cela lui apportait le droit de construire Int-métne des vaisseaux; mais, le 19 novembre 1686, le Ministre l'engagea à se u contenir dans les bornes de sa fonction v , et à laisser agir les charpentiers , en se contentant de leur donner ses avis et a d'eœpfrcher qu'ils n'employassent des matériaux de mauvaise
luvaise qualité • . P»- ^^Ê
UARINE DU XVII
IIÈCLB.
reille velléité était passée dans l'esprit de Du Quesne, mais on l'avait engagé a laisser uui Hubac, aux Pangalo,au\ Poumel et autres " ma!- » très d'hacbe » , le soin de coastruirc les vaisseaus , et à conserver seulement sur eux le droit de conseil, en se réservani celui de proposer des améliorations dont te Ministre apprécierait l'importance. En 1689, — ici nous allons dépasser le cadre que nous avons tracé A notre travail ; mais on nous le pardonnera pcui-élrc, si l'on comprend que nous ne pouvons laisser inachevé le croquis bio<)raphique dont on a maintenant les premiers traits, — en 1689, M. deLangeron était à Brest, commandant le vaisseau le Glorieux, destiné à faire avec M. dcToorville, et sous les yeux de H. dcSeigneluy , une campagne dans la Méditerranée, à la recherche d'une flotte An glo-Batave qu'elle ne rencontra point, mais qu'on ne poursuivît pas longtemps, M. de Louvois, <• qui n'a jamais été favorable il la marine , ayant per- B suadé au Roi que les forces ennemies étoient beaucoup supérieures n à celles de Sa Majesté et qu'il y avoit de l'imprudence i hasarder n toutes ses forces maritimes dans un combat inégal, y Ce sont les paroles de M. le marquis de Villette , indi.^né du retour de l'armée à Toulon , sans avoir rempli sa campagne que par quelques actions particulières de minime importance. Avant que le Glorieux quittât Brest, son capitaine apprit que, le 15 mai, madame la marquise de Langeron lui avait donné un Hls, (Reg. de Saint-Sulpice.) Ce bonheur ne lui arriva pas seul cette année; le 1" novembre 1689, il fut fait Chef d'escadre. M. le Prince avait vaincu les- résistances de M. de Ponicharirain , qui n'avait pas pour M. de Lnngeron une grande sympathie , à ce que fait comprendre une lettre fort obligeante de Monseigneur Henri de Bourbon ou nouveau Général, lettre citée par M. d'Hozier. Pourquoi le Ministre avait-il, dans son esprit, disgracié M. de Langeron? Ses habitudes de buveur passionné avaientelles été cause de cet éloignement de M. de Ponicharirain? Nous n'avons pu éclaircir ce point. En 1690, M. de Langeron eut le commandement de la Couronne, vaisseau sur lequel il assista au combat de Bévéziers. Pendant la campagne de 1691 , qui fut sans proGl et sans gloire pour la France, M. de Langeron commanda le Conquérant, sous les ordres du comte de Tourville. Le 14 novembre 1692, il eut un congé de trois mois " pour aller aux eaux de Bourbon réla- " blir sa santé, et pour vaquer à ses affaires, x (Arcb. de la Marine, Ordres du Roi, 1692.) Le 39 mai de cette année, il avait assisté sur le Souverain à celle bataille de la Hougue, qui eut deux moments bien
400 ADBAHAU DU QUE5NK.
divers, le premier, marqué par la vicloirc, le second par un désastre, le courage îles Français et la prudence de M. de Tourville najant rien pu contre lèvent et la marée, devenus favorables aux Anglais'.
> - Une nouielli! lenlalice en TnevT de Jacijuci II ilbll vnlniiaer la perle iThi . jraiidi partit ik ciUc marint /ran;ai$t . iusc|ui--lâ malIrcUB daiia I» Hanche, dira
• l'Oevan et la MédilerriDée. • (J. F. lî. Henaequin, Biogmpkii mariHme, article Toinviu.!, lome I'"'. p. 153.) Aprèi celte déclanlion, dq doit croira que l'aDleBr i* nODl RiDotrer une cinqnontsine de vai»eiui pria, brûlé) ou coulé) a fond ; il D'en eil rien. Avec toni les hitloricns biea informé], il parle de qitinu viitseaiu incendié) pu- \tt ADgUia oD par le) Françiit cui-méniea. Quime ibîucbdi, c'éuil aaturaïueDl une perte regrettable; mai* élail-ce une < grande partie - de la marine rnafaiieT A)torimeiit non. C'était le liert de l'armée commandée par le comte de Tonnille, armée CompDaôe unlemeal de • qaarante-quatro vaitaeiui et de ODie briilota, qnand elle
• rencontra celte do enncmii qui rsltendoîl tur le cap de Barfleur ■ , Le comle Victor-Marie d'Eilrén, qui amcnatl qDiIone taiuram de Toalon, — dam une tempête il en avait perdu dvDi. — ne pat. à cauie deg venta, le joindre à U, de Toar- Tiila, qui. ajanl l'ordre de > couibaltre/orl ou faîbU • , accepta le combat quand la
iDiIance le lui prétenla. (Uéoiairei du marqaii de VillelLe, p. 1 1 3.) SainUSimou Pjlt, i propos du combat de la Hougue : > Tunrtille uova p1n> de navirei qu'un do
svoït eipérer; (nu pritqut furent perdua ou brnié). ■ Cela suppose que le pauv» Aniral perdit plui de laiMeaui qu'il n'en uuta. tioat leno» de roir li le chraoîqueui fut bien informé.
Ou a tant dit et répété : . La marine de Lonii \IV Fut anéautie à U Hougne . . qne ouiu avoua te deroïr de prolealer contre une opinion (î rautiemeni établie. Noat le feront, en produiaanl doa cbiffrei pniséa aui tource) \ei meilleure). Au commencement de l'année 1693, la France poiiédait cent vingt laitteaua de combat, dn 1" au 3" rang, et cent qualre-vingt-dii brnlols, RtUti et petit) navire) de difTérenln aorte), lani compter une bonne etcadrc de ^alèrci. Quinie tai)seaiJi perdut n'a^aibliuaienl guère uae flotte que lea construction) httéei dam le) Iroii grandi cbanlirrt ■ngmentaient de nioii en moï), ti bien qne U. de Tourville te trouia i la tête de Miiianle et ouïe vaiueaui et vingt-neuf brAlot), en 1B93, k l'affiire beurente de Lago). et que le jeune comte d'Bttrée) — il aiait Irenle-lroti an) — courait la Xlédilemnée avec une eicadre de trente bâtiments de guerre, tout d'une force mpeclible. Il j avait donc à la mer cent on vaineaui de guerre. lani compter le) «cadrïllei garde-câlef . Il restait encore un certain nombre de bon) navirei dani lei ports, et le travail des charpentier) ue le rolentiisait pat. {Ètati manuscrit) fait) pour le Bni; Archive! de la Marine.) Voili la lérité sur le désastre de la Hougue; M. de Tourfille n'ttait pu ni le prévenir ni l'empêcher. Le Roi ne voulut pai entendre aui nbtenatioD) sages de >on Général de mer, et celui-ci fil avec courage une action qui répugnait i sa raiion. Looit XIV reconnut qu'il avait tort coulre le Vice-Amiral du Levant; mais ce tort, il l'avoua trop lard; l'ordre qu'il envoya (de N'amor) de ne point combattre • faible é , n'arriva pat. M. de Tourville avait obéi. Le Roi récompensa CB respect de U discipline; le ST man 1683, il comprit le Vice-Amiral dans une promotion de tejit marécbaui de France. — Voici let noms des qainu laisssaui qui périrent â la Hongue et à Cherbourg. Devant ce dernier porl : le Saliil ffefo/, le Triotnplimt et YAdmirablt; sur la c6tede la Hougoe ; VAmhUinz, le ÊltrtàtUux, le FaudrmiaM , te Itoftifiçut, le Tooitiml. le Saiia-Philippt , le r«m*Ml, le Fort, le Fia-, te GaiUard, le BonrUn et le SaiM-Lnlt.
ISSl MAfllNK DU XVII° SEKCLK. 401
Dnns la QoUv ami^e en 1693 , M. de Langeron eut YOrgueilltii^:. Ce ne fut pas sur un vaisseau qu'il servit en 1694, mais à terre, lï Brest. Il commaiidail les troupes chargées de garder les cotes de Bretagne, quand, le 17 juin, une partie de l'armée Anglo-Batave, qui croisait dans la Manche, vint mouiller devant lahuiede Berllieaumc. Le lendemain , six ou huit vaisseaux se délachèrent du corps principal et li'olèreut une descente à Caniaret. Le combat fut rude ; mais h la fin les Anglais , acculés a la mer, furent contraints de rejgagner leurs chaloupes. La mer se retirait, cl tous ne purent qnillcr le rivage. Ceux-là demandÈrenl quartier; quatre cents furent faits prisonniers. Cinq cents hommes tués ou noyés et la prise d'un vaisseau hollandais qui s'était échoue , telle fut la perte des ennemis. (.4rch. delà Marine, Relation anonyme du 18 juin I69i. et Mémoire de M. de Saint-Pierre.) Dans son Mémoire, M. de Saint-Pierre dit : lij'ay laissé M. de Langeron fort fatigué du travail d'une action où il lui afalln un grand mouvement, ayant roule presque toute sur lui."
M. de Langeron garda jusqu'en 1697 le commandement des compagnies de la marine qui avaient repoussé les Anglais. Le 1" avril 1697, le Roi le fît Lieutenant général des années navales. Lr 18 juillet 1 698, le Ministre désigna le très-beureui officier pour le commandement de l'Admiraèle, vaisseau neuf qui remplaçait l'incendié de Cherbourg. Ce navire faisait partie d'une escadre de dix vaisseaux armés i Brest et mis sous le commandement deJA. le comte d'Estrée» (Victor-Marie). L'escadre partit de Brest dans les derniers jours d'août, stationna longtemps à Cadix, cl arriva â Toulon, le 26 octobre, pour y désarmer. En 1700, on donna à M. de Langeron, dans une escadre de douze vaisseaux commandée par M. le marquis de Nesmond, le Lyi, armé à Toulon. Cette escadre, destinée à observer une flotte espagnole, alla de Gibraltar À Cadix, puisa TuntSj cherchant, mais n'ayant point le râle de combattant. Elle désarma à Toulon au mois d'octobre. En 1701, dix-neuf vaisseaux furent donnés il M. d'Estrées, parmi lesquels le Lys, sous le commandement de M. de Langeron. M. d'Estrées devait joindre M. de Château-Renault, qui avait ordre de se trouver avec dit vaisseaux aux avenues de Lisbonne, pour en défendre l'approche aux Anglais. Les forces du Roi n'eurent aucune occasion de se signaler et rentrèrent à Toulon au mois de novembre. M. de Langeron monta, en avril 1702, l'Admirable, qui fut toujours prêt à prendre la mer et resta au port. En 170i, il eut le Saint-Philippe, dans hi
103 AUnAHAM DU QUBSNE.
Iloltc conGée au comle de Toulouse, Amiral <le Franco, que sa naissance oblijeail, et qui. dans sa carrière, se monlra digne de l'honneur qu'il uvait d'élrc Gis du Roi. Les An(|lD-Butavcs avaient uae année de soixante-cinq vaisseaux; l'Amiral n'avait que cinquante vaisseaux et dix-neul ijalères. M. de Lan,^eron montait le Sofeil- Boyal, construit eu !693 ; il commandait l' arrière-garde ou escadre bleue. Le 24 aoi^t, les Hottes ennemies se rencontrèrent à la banleur de Velez-Malaga ; le choc fut lenrible, et, h la fin, les Hollandais et les Anglais quittèrent le champ de bataille , obligés d'aller se réparer à Gibraltar. L'Amiral loua M. de Longeron; celui-ci, dans une relation particulière de ce qu'avait fait son escadre, parla modestement de lui, qui avait eu affaire aux Hollandais et à deux Anglais. 11 fit un éloge sans réserve da Trident, conduit par M. de Modèna, et du Toulouse, rommandé pur M. Du Quesne-Monnier. C'est à cette alTaire, on s'en souvient, que M. Trullet , capitaine du Soleil-Roijal , fit » la harangue de héros » dont a parlé M. Combe (Voir page 396.)
La campagne de I70G fut le couronnement de la carrière milUÏ taire du marquis de Longeron, il eut le vaisseau le Sceptre dans l'escadre de vingt-six vaisseaux que M. le comte de Toulouse devait opposer aux Anglais et aux Hollandais encore unis. La flotte Anglo- Batavc était de cinquante vaisseaux, et il n'y avait pas à penser i lutter contre elle. L'Amiral se monlra devant Barcelone (3 avril) et bloqua par mer cette place, qu'assiégeaient le Roi d'Espagne et le- Maréchal deTessé. Le blocus ne put se prolonger longtemps: Leak vint dans les eaux de l'Espagne, et Louis- Alexandre de Bourbe comle de Toulouse, prit le sage parti de la retraite. — Au moi* de' juin, M. de Langeron était à Paris, ce que nous apprend une lettre de lui, datée du u 18 juin, samedi matin >. (Archives de la Marine.) Le Roi donna au marquis la commanderie de l'ordre de Saînt-LoiiÏ4,.j vacante le 'i^ décembre 1707, par la mort du marquis de Villetta^ cette commanderie valait quatre mille Lvrcs de rente, geron ne put parvenir à la dignité de Maréchal ; rien de t rès-s aillant ' dans ses services n'aurait justifié celte élévation. Un peu de protection peut-être l'aurait pu monter jusque-là; mais il avait pris piet^ dans le petit château de Sceaux, et les du Maine n'étaient pas e-^^ mesure de l'aider à satisfaire son ambition. Versailles et Sceac;;^ étaient brouillés, et les courtisons de madame la duchesse du MaW ^ n'étaient reçus que très^roidemcnt chez le Roi,
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lUl UABINE DU XVII' SIÈCLE. 40a
M. (le Langerou ne fut qu'un homme de second rang, minllâur, croyons-nous, que ne l'a dil M. de Combc'e, moins bon , selon l'apparence, qu'il ne le pensa lui-même. Entre la complaisance de d'Hozier et des continuateurs du l'ère Anselme, et le silence des biographes, qui ont raconté la vie de bien des gens moins importants, il nous a semblé qu'il était juste, tout en citant l'opinion d'un ennemi, peut-être seulement exagérée, d'énumércr les services d'un ûflicier à qui l'on n'aurait point prodigué les Commandements s'il jivait été buvenr dangereux pour les vaisseaux mis sous ses pieds, et conservateur trop prudent de ces navires devant l'ennemi.
Voilà une digression bien longue et d'mie sécheresse peu Qltrayanlc; mais nous ne la croyons pas inutile; elle était un peu dans notre sujet et ne nous parait pas sans intérêt. Revenons h noire énergique Lieutenant général , le Dieppois Abraham Du Quesne.
NÉ
Tendant que Du Quesne foudroyait Scio et les navires trîpnlitains -. pendant qu'il bloquait le Capitan-Pacha dans le port et le pressai! d'engager la Porte à contraindre Tripoli à demander la paix, en se contentant des propositions qu'on lui faisait au nom de Louis XIV, que se passait-il à Paris dans la maison de madame Gabrielle de Bernières? Avant de quitter la France, Du Quesne avait eu l'agrément du Roi pour l'acquisition d'une propriété grande et belle, appartenant à madame la marquise de Clérembault. L'aH'aire avait été entamée par lui avec la marquise; mais, obligé de partir, il avait laissé à sa femme, sa procuratrice générale, le soin de la mener à bonne fin. Madame Du Qucsnc n'y manqua point. Madame de Clérembault étant à Fontainebleau, à la fin du mois de juillet 1681, madame Du Quesne s'y rendit, et, le 3 ooât, le contrat de vente des >■ terres et seigneuries du Bouchet, Val-Pellt, boronnjc de Valgrand, -' fiefs et déjiendanecs , ensemble de la terre et seigneurie de Moiin tauberl, aussi avec ses appartenances » , fut passé par MM" Béuhel 4:1 Lemaitre. La vente était faite moyennant la somme de deux eeitl soixante et quatorze mille litres. (Acte chez M. Defresne, notaire à f aris, et inventaire fait après la mort de Du Quesne.) Madame de Clérembault subrogeait madame Du Quesne u en tous les droits de » lots et ventes » qu'elle, marquise de Clérembault, tenait du Roi. tiioyennant le remboursement de la moitié du prix qu'elle avait payé
M9 ABRAHAM DU Qt'ESNK. I
voyoDS qu'ils prévoient que les enfanlset descendants de Du Quesne pourroDl ôlre protestants, non point, sans doute, que le Roi ne se réserve !e droit de les presser de se convertir, mais sans qu'il les contraigne h entrer dans l'Église Romaine. A ce moment, le Roi sollicitait plulàl qu'il ne commandait ; it menaçait, mais frappait peu. La révocation de l'Kdil lîe \antes n'était pas, cela est clair, un acte qui lui parût alors utile ou nécessaire ; il espérait encore obtenir \em-d abjurations purin prière, les libéralités, les menaces renouvelées i^M rarement suivies d'cfTet. Si Bossuct mettait un grand zèle au service^* V des désirs du Roi, M. Coibert , plus politique , mcllaît tout le sien t' 1 modérer l'inclination qui poussait Sa Majesté à écouler des conseil» j dans lesquels on intéressait sa conscience. Du Quesne était i homme à part, qu'on devait ménager. On ne songeait pas à lui faiifi J violence. On voulait payer ses services si reeommandables , mais owl lui refusait les dignités auxquelles it croyait avoir droit, et qu'il avatfa bien méritées : le Maréchalat et la Vice-Amîraulé du Levant. On In I disait : u Convertisscï-vous, et vous serez Vice-Amiral ou Uaréchal. \ " de France ; ^ il résistait , et , comme on craignait d'être injuste on ingrat, on lui donnait de l'argent pour acheter une terre considérable, et on sons-enlcndait qu'il pouvait dans le présent être prote»tant, et que ses descendants pouvaient être calvinistes comme lui, mais que , dans leur seigneurie , ils ne devaient faire aucun exercice public de leur culte- Cela est assez singulier- Comment Du Quesne accepta-t-il le bienfait du Roi avec la condition qui accompagoail le don magnifique de deni cent mille livres ? >Jous ne saurions expliquer cela. La seule chose qoe nous puissions supposer à cet égard, c'est qu'il avait grande envie du Bouchet, el qu'il lui paraissait peu important de faire ou non acte public de protestantisme dans son château, puisqu'il lui était permis d'être protestant partout aîlleuis.
Le Roi ne s'en tint pas à un premier témoignage de sa satisfaction donné à Du Quesne; il fil rédiger des lettres patentes qui durent pleinement satisfaire notre Abraham el sa femme :
- Louis, etc. Xoslre très rhcr elbicn amc Abraham Dn Quesoe, génenl de Dosire armte naualle, nous a rendu des seniïces si iniporlans dans le roiDRiandemeDl de nos dites armées niaales, que nous voulons en toutes occasions hiy donner des marques de la satisfaction que nous en mnotu; c'est pour CCS raisoas qne nous iuods payé de nos deniers U terre el baronnie dn Boucliel-ViilgrBn (nV). el vaulaol toy donner de DOUDcilei marquée de feslime que noas faisons de sa jiersonne qai paissent passer i sa posUrilë, Kous avons bien voulu ériger en marquisat, sons le e<m
du Qatme, la dite lerre du BoucheUValgran , de l'esteudiie cl des drotU de laquelle nous buods esié informt!. A ces causes. . . , etc. Donne à Saiol- Germain-en-Laje , au mois de février, l'an de grice mil six cent qualrcïingl-deui, el de nostre rè^ne le 39*. » (Signé :) Louis; plus bas : Par le Roy, Cdlbert ; scellé du (|rand sceau de cire verte en lacs de soie. r> ((\rch. \olionaIes, Ordonnances de Louis X(V. GGGG, folio 215.) Ces lellres patentes furent enregistrëes au Parleœenl le 4* septembre 1683. (Archives \a(ionales; Regislre Conseil secrel, T, folio 383.)
Ajoutons pour que (oui soit dit sur le Quesne , dont mndanic In marquise Du Quesne prit sans doule possession faienlot el qu'elle disposa pour y recevoir son glorieux épotii, qu'on uttentlait à Toulon el qui ne revenait pas assez vile du Levant au gré de l'impatience de la Cour, désigné qu'il était pour uno campagne importante, ajoutons que le Roi, atin de donner au Général, celle campagne faite, une preuve nonveile de son estime et de son aR'ection , lui Gt présent , le 14 avril 1684, d'une somme de renJ mtV/e /(IT», pour l'aider à payer madame de Clérentbault, le Quesnc lui ayant été vendu 214,000 livres. (Pièce citée dans l'inventaire fait après la mort d'Abrafaani Du Quesnc.) Le Lieutenant général, pour des raisons que nous Ignorons, ne s'acquitta pas cependant envers la marquise de Clérembault; car sa femme déclara, en juin IG88, à M* Boisseau, qui faisait l'inventaire, que Du Quesne, nu moment de sa mort, devait encore à madame de Clérenibaull, sur le Bouchcl, environ 72,400 livres. (L'inventaire est chez U. Defresne.) Le Normand n'aimait pas beaucoup à payer promptcment.
T= Avanl de quitter l'année 1G81, disons quelques mots d'une Ordonnance que nous avons mentionnée, sous l'année 1679, à propos des dons que Louis XIV lit cette année-lû aux Mortemart. Cctie Ordonnance, donnée à Fontainebleau au mois d'août, l'an 1G81, est le Code qui a régi longtemps la marine du commerce. Klle est restée célèbre k ce point qu'encore en 1839, on crut utile d'en donner une édition, qui, reproduisant le commentaire estimé de M. Réné-Josué Valin, avocat de la Rochelle (2 vol. in-4-, 1 7GG). étail enricbie de notes par M, V. Bécane. (Poiliers el Paris.) Un premier commentateur, dont le nom est resté inconnu, publia, en 17Ii, un travail savant, mais lourd, sur les cinq livres de l'Ordonnance, qui régUil tout ce qui touchait h l'Amiral el aux Amirautés, aux gens el aux bâtiments de mer, aux contrats maritimes, à la police des ports, et aux rivages de la mer, enfm à la pèche qui se fait en mer. Les ex-
«n» ABRAHAM DU QUKSNE. ISU'
plicntions, éluddalions et conférencos de l'Ordonnance de 1681 avec les anciennes ordonnances et le droil romain, œuvre de U**', ancien avocat au Parlement de Paris , eurent un tel succès que , de l~li 4 J766, les Éditions s'en multiplièrent à l'inGni. Mais le travoIL, de M. Valin, une fois connu, celui de M*** fui tout à fait aboo-j donné. C'élail justice. M. ValiD avait négligé tout ce qui était t'éra~ dilion dans un sujet où l'Érudition n'était cependant point un luie inutile; il se contentait d'être pratique et clair; cela devait loucher les capitaines de navires, les ofGciers de l'Amirauté et les armateurs beaucoup plus que l'indication des sources anciennes auiquellcs avaient puisé les membres du conseil de marine chargés par M. Colbcrt de préparer la nouvelle Ordonnance , dont la rédaction définitive fut signée pur le Itot , au lieu et dans le mois où le Ministre fai*, sait signer par Louis XIV les lettres données à Du (^uesne pour '[ratification des deux cent mille livres applicables à l'achat Bon clic t.
\ous n'essayerons point de présenter ici une analyse du Code la marine marchande, dont tontes les parties ne sont pas tombées tout à fait en désuétude ; ce serait chose longue , fusiidteuse et, croyons-nous, fort inutile; nous nous bornerons à quelques remarques sur un très-petit nombre d'articles. Mais comme ddui n'avons pas les raisons qu'eut M. Valin, pour négliger les rapportlji distants entre les prescriptions de l'Ordonnance moderne et celle*,] des lois , coutumes et statuts anciens, nous ne nous interdirons ] le droit de les rappeler le plus brièvement que nous pourrons. Voyt d'abord ce qui louche le recrutement du personnel maritime.
M. Coiberl voulait appeler à la marine le plus grand nombre poHi sible de gens appartenant aux ports. Les engagements volontaires et, le classement des individus nés sur le bord et près des rivages de U' mer, étaient quelquefois insufGsants; le Ministre songea à utiliser lea enfants enfermes par charité dans les hôpitaux, enfants trouvés * orphelins ou pauvres que ne pouvaient entretenir leurs parents. Il fit ordonner aux capitaines et maîtres de navires qui composeraient leurs équipages, dans les lieux où il y avait des enfants enfermés, de prendre auxbàpitaux des >. garçons pour servir de mousses sur leurs - vaisseaux. " (Liv. 2, litre I ", note 6.) Un ordre fut donné aussi aux charpentiers et calfats des ports qui auraient u deux ou plusieurs apprentis « , d'en prendre " au moins un " à l'hdpital. Cet apprenti leur devait trois années de son temps : deux d'apprentissage, et <■ am
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