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Bigelow

2. Le Congrès gouverne les territoires, c'est-à-dire les portions du sol des Etats-Unis, qui n'appartiennent pas aux Etats particuliers.

Dès qu'il y a un certain nombre d'habitants sur un territoire, il peut être reconnu et admis à une sorte de noviciat politique dans des conditions réglées par le Congrès où il est représenté par des délégués n'ayant que voix consultative.

Quand le nombre des habitants atteint le chiffre de 60,000, le territoire peut obtenir le titre d'Etat et être admis dans l'Union par le Congrès. Les nouveaux Etats comme les anciens ont le pouvoir exclusif de régler la capacité des votants et des fonctionnaires locaux et la forme de leur gouvernement. La Constitution exige seulement que la forme du gouvernement soit républicaine et qu'aucune loi ou ordonnance ne soit rendue en désaccord avec les lois des Etats-Unis.

mis du Missouri, permettait l'esclavage dans une contrée d'où il avait été formellement et à jamais exclu.

Son adoption par le Sénat et la Chambre des représentants causa une vive émotion dans toute l'Union. Il y avait à ce moment des élections dans l'Illinois; on renouvelait la législature, et la nouvelle législature devait choisir un sénateur pour le Congrès en remplacement de M. Shields, qui avait voté avec M. Douglas en faveur du bill Kansas-Nebraska.

La campagne électorale fut des plus vives, et Lincoln y prit une très-grande part. Deux fois dans les assemblées populaires il se trouva en présence de Douglas.

La première, ce fut à Springfield, le 4 octobre. Cette rencontre a été considérée comme le point culminant de la campagne, et le discours de Lincoln fut acclamé par tous les amis de la liberté et de l'Union.

L'honnête Abe ouvre la discussion, et, dans un langage clair, simple, éloquent, expose les trahisons dont son adversaire s'était rendu coupable et la vanité des raisons qu'il invoque pour justifier sa nouvelle conduite.

« Jadis Douglas appelait le compromis du Missouri « un pacte sacré, et déclarait qu'il ne se trouverait « jamais une main barbare assez hardie pour le briser. « Aujourd'hui il prétend qu'en votant le rappel du « compromis du Missouri, il n'a fait que défendre le « grand principe de la souveraineté du peuple : il « désire que les habitants du Kansas et du Nebraska « soient libres de se gouverner eux-mêmes, comme ils

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« en sont capables. Voilà les prémisses qu'il pose et il « en tire cette conclusion que les citoyens du Kansas « et du Nebraska ont le droit d'établir l'esclavage « dans leurs États.

« Mon honorable adversaire prétend que ce serait «. leur faire insulte de les supposer incapables de se « gouverner eux-mêmes. Ne vous laissez pas prendre « à ce que ce langage peut avoir de flatteur pour des « oreilles républicaines; allons au fond de l'argument. « Qui conteste à l'émigrant de ces nouveaux pays le « droit de se gouverner à sa guise? Je le lui reconnais « comme vous. Mais ce que je lui refuse, c'est le droit « de gouverner aucune autre personne sans son conte sentement. »

Les deux adversaires se rencontrèrent une autre fois à Peoria, sans incident particulier à noter.

En ces deux occaàions l'avantage resta à Lincoln, et le résultat de l'élection fut la défaite du parti démocratique et l'arrivée à la Législature de députés hostiles à l'introduction de l'esclavage dans les nouveaux territoires situés au-dessus du 36° 30' de latitude. Cette victoire donnait l'assurance d'envoyer au Congrès un sénateur dévoué à la liberté, si l'on pouvait s'arrêter sur le choix d'un candidat. Lincoln était le candidat désigné des Whigs, et M. Judge Trumbull, celui d'une fraction nouvelle, sortie du parti démocratique esclavagiste et qui s'appelait les Démocrates libres.

Il y avait là un danger que Lincoln évita en faisant donner les voix de ses amis à M. Trumbull.

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