‹ Abraham Lincoln, sa naissance, sa vie, sa mortChapitre 8 sur 20 · BATAILLE I)F. BILL S BIN. — INCIDENT SLIDELL ET N.VSON · texte numérisé non relu

BATAILLE I)F. BILL S BIN. — INCIDENT SLIDELL ET N.VSON

Lorsque le fort Sumpter fut au pouvoir'des confédérés, toute l'attention se porta sur le fort Pickens, le seul point de la Floride occupé par les troupes fédérales. Il fallait à tout prix conserver ce fort; aussi on donna l'ordre aux six navires de guerre : le Gowhatan, la Sabine, le Wyandot, le Brooldin, le Crusaderet le Water- Wick, de défendre lé fort, si les séparatistes venaient à l'attaquer. Un steamer illinois réussit h renforcer la garnison du fort, qui était insuffisante, et à ravitailler la place; puis le steamer Mohawk débarqua cinquante pièces de canon pour les batteries avancées défendant les approches de la citadelle', du côté de la terre ferme. Par suite de la position du fort, les assiégeants ne pouvaient livrer qu'un assaut, lequel présentait peu de chances de succès, ou se décider à faire un siège en règle, ce qui eût été une énorme dépense d'hommes et d'argent ; aussi le général Bragg, commandant les forces du Sud, hésitait.

Bientôt, Saint-Louis fut le théâtre d'une lutte des plus sanglantes. Le général confédéré Frost, commandant environ huit cents séparatistes, se retirait au camp Jacksons ; mais à peine était-il arrivé, que le colonel fédéral Lyons cerna général et soldats, et les prit sans avoir tiré un seul coup de fusil.

Ils furent conduits à Saint-Louis par les volontaires, mais ceux-ci eurent à essuyer de la part de la population une grêle de coups de pierre et de coups de revolver. L'énergique capitaine Blankowski, commandant la colonne, ordonna immédiatement de faire feu , et vingt-six émeutiers furent frappés mortellement.

Vers cette époque, les Virginiens tentèrent une sortie contre le fort Monroe; ils furent repoussés par les troupes fédérales ; puis deux combats eurent lieu, l'un à l'est, l'autre à l'ouest: tous deux également malheureux pour les fédéraux.

Enfin, le 21 juillet 1861, un livra la grande bataille qui tira Sun nom d'un petit cours d'eau appelé Bull' s itûn, bataille qui se termina par un désastre pour Tannée du Nord, commandée par le général Mae-Dowel. Les généraux Jonhston et Beauregard étaient à la tète des confédérés.

Le général Beauregard avait successivement abandonné Fair-Fax, Court-House et Centreville, mais ce n'était là qu'une ruse de guerre pour attirer le général

Types de volontaires.

Mac-Dowel dans un piège. En effet, depuis trois mois cette position, prise par l'armée confédérée, près de la rivière Bull's Run, avait été fortifiée par les Sudistes, et 66,000 hommes y étaient réunis.

Le général commandant les troupes du Nord avait divisé son armée, forte seulement de 35,000 hommes, en trois corps. 11 attaqua les confédérés de front et sur les deux flancs.

Les troupes du Sud formaient un triangle dont le sommel se trouvait au Bull's

Run et la buse à Manassas. Les ailes de l'armée se déployaient en ligne continue, allant de Tune à l'autre de ces deux positions.

Malgré l'infériorité du nombre, le succès de la bataille, pendant les premières heures, semblait devoir appartenir au Nord. A deux heures, les confédérés battus sur tous les points envoyèrent au général Mac-Dowel un parlementaire, à qui il l'ut répondu que l'on ne pouvait accepter qu'une reddition sans condition.

En ce moment arrivait par le chemin de 1er de Richmuiid Le président du Sud.

M. Seward, secrétaire d'Etat aux afluires étrangères des États-Unis.

Jefferson Davis, qui prit le commandement du centre. Presque au même instant, le général confédéré Johnson venait du côté opposé, amenant avec lui 25,000 hommes de troupes fraîches. La bataiUe commença avec plus d'acharnement que jamais. L'armée du Nord lit encore des prodiges de valeur. Fatiguée par les marches forcées des jours précédents, par les efforts inouïs qu'elle venait de faire pour conserver l'avantage sur un ennemi bien supérieur en nombre, démoralisée par les renforts arrivant aux confédérés, elle se vit dans la nécessité de battre en retraite.

Malheureusement, une sorte de panique se répandit dans l'armée; elle lut causée par les fourgons de bagages qui se mirent à fuir précipitamment et

on désordre. Ils causèrent un tel bruit que les troupes à portée d'entendre rompirent leurs rangs et coururent pèle mêle dans toutes les directions, entraînant avec elles l'armée entière.

A la suite de cette bataille, le commandement fut retiré au général Mae-Dowell et donné au général Muc-Clelland, qui s'occupa activement de la réorganisation de farinée pour laquelle Abraham Lincoln lit un appel de 500,000 hommes.

Dans d'autres endroits, les fédéraux éprouvaient de nouvelles défaites. Dans le Missouri, les soldats, après la mort du général Lyon, prennent la fuite clans toutes les directions; à Ball's Bluf les unionistes sont culbutés, dans le Potomac, par l'armée placée sous le commandement de Jackson ; enfin, dans le Maryiand, la présence seule de nombreuses troupes nordistes réussit à comprimer les populations; mais l'attention est toujours et surtout portée sur la Virginie, où les deux armées sont en présence, et où, pense-t-on, un engagement plus sérieux encore que ne Ta été la bataille de Bull's Bun ne peut tarder à avoir lieu.

A l'embouchure du Mississipi, une flotte confédérée, composée du steamer le Manassès, armé d'un éperon, de nombreux brûlots et de six canonnières à vapeur, profite des ténèbres pour attaquer l'escadre de blocus des Etats-Unis, comptant trois steamers, likhmond , Huntsville, Water-Wich, deux sloops de guerre, Vincennes] et Preble, et le transport Mi/htiiujale.

L'éperon de fer du Mariasses pénètre dans la coque du RicMnond, pas assez profondément cependant pour lui causer de sérieuses avaries , aussi cherche-t-il, ainsi que le reste de l'escadre, à gagner la mer, mais il échoue sur la barre, en même temps que le Greble et le Nightiugale. Ce dernier reçoit un coup d'éperon qui le fait couler; un boulet se loge dans la coque du Richmond, le Vincennes est obligé de jeter à la mer son armement, ses chaînes et ses ancres.

Nous ne pouvons passer ici sous silence l'incident Mason et Slidell; aussi allons-nous donner quelques détails sur le départ de ces personnages, détails que nous prenons dans le Charlestou-Mercary :

« Les deux envoyés choisirent, pour quitter Charleston, le petit steamer Theodora. Tous les préparatifs faits, les passagers s'embarquèrent, le 12 octobre avant minuit. Ces passagers étaient : M. E. Mason et M. Mac-Farlane, son secrétaire; M. Slidell, sa femme, son fils, ses deux filles; M. Eustis, son secrétaire; M",e Eustis et diverses autres personnes.

« La nuit était tout à fait noire, et , vers minuit , une pluie fine commença à tomber, ce qui ajoutait aux chances qu'avait la Theodora de ne pas être aperçue. A une heure du matin, la Theodora leva ses câbles et se dirigea silencieusement vers la sortie du port. En passant devant le fort Sumpter, toutes les lumières furent éteintes à bord, et le navire passa au milieu de l'escadre de blocus pour gagner la mer.

« Le 16, la Theodora arrivait àCardenas, l'un des ports de l'île de Cuba, et mettait à terre ses passagers qui se rendaient en chemin de 1er à la Havane. Lue lois chaque mois, un petit bateau à \ apeur, le Tient, transporte de la Havane

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