‹ Abraham Lincoln, sa naissance, sa vie, sa mortChapitre 9 sur 20 · LIN LUE Y · texte numérisé non relu

LIN LUE Y

ù Saint-Thomas les voyageurs à destination de 1 Angleterre. Les passagers de la Theodora s' embarquèrent le 7 novembre à bord du Tient, et le lendemain, vers huit heures du matin, ils se trouvaient vis-à-vis le phare du Paradon-Grande, an plus étroit de l'ancien canal île Baliama , lorsqu'ils tirent la rencontre d'un grand navire de guerre tout noir, qu'ils apprirent plus tard être le San-Jacinto.

« Le San-Jacinto tira, dans la direction du Tient, deux coups de ci m m. cl. presque aussitôt , une chaloupe portant deux officiers et dix hommes, vint se ranger auprès du navire anglais. L'un des deux officiers, le lieutenant Fairfax, demanda alors au capitaine Moir du Tient «le lui remettre MM. Slidell, Mason, Eustis et Mac-Earlane. Sur le refus du capitaine , M. Fairfax lit de la main , vers le San-Jacinto, un signe convenu, et trois grandes chaloupes, montées par trente hommes de marine et soixante matelots, vinrent aborder le Tient. Les hommes montèrent à bord, le fusil au port d'armes, et le lieutenant Fahfax leur donna Tordre de s'emparer des quatre passagers qui venaient de se réfugier dans leurs cabines. MM. .Mason, Slidell, Eustis et Mac-Earlane lurent amenés sur le pont. Enfin, les piatre passagers durent descendre dans une des chaloupes du San- Jacinto, après avoir l'ait leurs adieux à leurs familles et à leurs compagnons de voyage. »

Le San-Jaeintu se dirigea vers les Etats-Unis ; il arriva le 10 novembre au fort Monroe. De Là, les dépêches annonçant l'arrestation de MM. Mason et Slidell lurent envoyées à Washington , puis le San-Jacinto repartit et transporta les prisonniers à New - York , pour les reprendre encore et les amener au fort Warreu.

Après de nombreuses réclamations émanant de l'Angleterre, il lut répondu par les Etats-Unis que le gouvernement n'avait « que des dispositions amicales, que le capitaine Wilkes avait agi sans ordres, et qu'ainsi cet acte se trouvait dégagé de l'embarras qui aurait pu en résulter. »

M. John Hussel adressa alors la dépêche suivante, qui précéda la mise en liberté des passagers du Trent.

» Le gouvernement anglais est disposé à croire que cet acte n'a pas été autorisé, et qu'il ne peut être que le résultat d'un malentendu Le gouvernement

de la reine espère que le gouvernement des Etats-Unis accordera de lui-même la seule réparation qui puisse être satisfaisante : la liberté de MM- Mason et Slidell et une excuse convenable,»

A la suite de cette dépèche, M. Seward repondit, le 2o décembre, qu'ordre avait été donné pour le relâchement des prisonniers. Voici le texte de cette dépèche :

« Le gouvernement anglais ne s'est pas trompé lorsqu'il a pensé que le capitaine Wilkes n'avait agi que selon les inspirations de sa conscience , sans ordres ni instructions. Aucun ordre n'avait été donné ni à M. Wilkes ni à aucun officier d'arrêter MM. Slidell, Eustis, Mason et Mac-Earlane, ou toute autre personne, soit à bord du 'Ircnt, soit à bord de tout autre navire anglais. Le cabinet

de Washington n'a jamais formé le projet, et n'a même jamais eu la pensée de soulever une semblable discussion qui pourrait éveiller la susceptibilité de la nation anglaise. »

M. Seward annonça en outre à lord Lyon, ministre anglais à Washington, qu'il désirait conférer avec lui au sujet des mesures à prendre pour que les prisonniers lussent rendus et placés sous la protection de la Grande-Bretagne.

Ainsi se termina cet incident, qui aurait pu amener un changement des plus sérieux dans la guerre américaine.

A peu près à l'époque où l'on arrêtait MM. Mason et Slidell, les fédéraux remportèrent deux victoires, l'une sur les côtes de la Caroline du Sud, l'autre sur les côtes de la Caroline du Nord.

Dans la Caroline du Sud, le fort du cap Hatteras fut bombardé; la garnison, se composant de 800 hommes et de 50 officiers, se rendit au général Buttler.

Quant à l'avantage remporté sur les côtes de la Caroline du Nord, voici le rapport qu'adressait le commodore Dupont au secrétaire de la marine :

« J'ai l'honneur de vous informer que j'ai attaqué hier les batteries ennemies établies sur Bay-Point et Hilton-Head, ainsi que les forts Walker et Beauregard. J'ai réussi à les réduire au silence après^un engagement de quatre heures, et la petite escadre des steamers rebelles du commandant Tatuall a dû fuir à toute vapeur. L'ennemi a pris la fuite dans une grande confusion. Les quartiers et ses campements ont été abandonnés sans même qu'il essayât de sauver aucune propriété publique ou privée. Le terrain sur lequel il avait opéré sa fuite était couvert d'armes; les officiers ont fui si précipitamment qu'ils n'ont pas voulu s'embarrasser de leur sabre. »

Quelques jours après, les fédéraux s'emparèrent encore de la ville de Beaulort.

Tous ces événements se passaient, il ne faut pas l'oublier, à la fin de l'année 1861 ; nous allons entrer maintenant dans la relation de la campagne de 1862.

Le Sud comptait 40,000 hommes dans les villes principales : i0,000 sur les bords du Mississipi , 60,000 dans le Missouri, 90,000 dans une partie de la Virginie, 117,000 dans le Tenessee et le Kentucky et 150,000, sur les bords du Potomac.

Le Nord répondait à cette formidable armée par une armée non moins formidable : 500,000 combattants étaient sous les armes prêts à se sacrifier pour le plus grand triomphe du principe défendu par eux. Les fédéraux comptaient en outre plusieurs flottes dont la plus considérable était, la dernière, sortie du port de Hampton. Elle se composait de vingt-six navires à voiles, trois frégates à vapeur, quinze canonnières, six grands steambots de rivière, deux puissants remorqueurs, douze ferry-boats armés de six canons ; les transports à vapeur le Vanderbitt de 3,370 tonneaux, l' Atlantic de 2,845, l'Océan-Queen de 2,802, le Baltic de 2,723, f Illinois de 2,123, le De Soto, le Philadelphia, le Coatzacoaleos, TEricson, plus une vingtaine d'autres dont nous ignorons les noms.

LINCOLN. ?r,

On l'a vu : pondant l'année qui vient de s'écouler, les fédéraux on* rompt/- de nombreux revers; celle qui commence semble au contraire se présenter pour eux dans de favorables conditions.

De tous côtes l'on fait des préparatifs immenses et l'on semble vouloir pousser la guerre plus vigoureusement, encore que cela n'avait été fait jusqu'à ce moment.

A l'ouest de la Virginie, on trouve le corps du général Rosencranz, au sud le général Burnside, an nord les généraux Banks et Mac Clellan, avec de grands corps d'armée; l'est est protégé par le fort Monroo; de plus, nue grande expédition sous les ordres du commodore Foot et du général Grant se dispose à agir dans le Tennessee. Le général Buell tient le nord du Kentucky.

Le général Mac Clellan veut former un cercle qui, se rétrécissant peu à peu, doit finir par étouffer tout germe de révolte dans les Etats confédérés. Ce plan réussit presque et l'on compte de prompts et nombreux succès.

Une bataille est livrée le 19 janvier 1802, à Mill-Spring, le général confédéré est tué; ledésoixhe se met dans les rangs des esclavagistes. Le général Thomas commandant les forces fédérales compte une victoire.

L'expédition, commandée par le commodore Foot et par le général Grant pour opérer dans le Tennessee, commence par s'emparer du fort Henry et du fort Donelson.

Le général Burnside commandant le corps de débarquement de l'expédition du Sud, soit 30,000 mille hommes, s'empare de Newbom, d'Edenfon, d'Elisabeth-Ci ty et de l'île Roanoke. Il n'attend plus que l'ordre de marcher soit sur Norfolk , soit sur Charleston.

Mais deux événements autrement importants allaient fixer l'attention publique : le combat naval de JVewport-News et la bataille de Pittsburg- Landiiiff.

COMBAT DE NEWPORT-NEWS. — MONITOR ET MERRIMAC. — BATAILLE DE PITTSKIRr.- LANDINfi. — STITE DE LA GUERRE.

Quatorze bâtiments prirent part au combat de Newport-Neios , six du côté du

Sud :

le Yorktojrn , le Jamoxtown , le Beau fort , le Raloigh , le Tcawr, puis enfin le Merrimac.

Le premier jour, le Nord comptait également six bâtiments :

le Cùftgfèss, lé Ëodtiôke,

le Cumberland, le Wittehùt,

le Minnesota, et le Èeindéér.

Ce fut le 9 mars, vers raidi, que le Merrimac, cette sombre machine à l'aspect sinistre, effrayant, descendit la rivière Elisabeth. Immédiatement les bâtiments fédéraux se préparèrent au combat, la garnison du fort Montrée prit les armes. Après quelques démonstrations, le Merrimac se précipita sur le Cumberland et enfonça son long éperon de fer dans les flancs delà belle frégate. Le Cumberland fit feu de toutes ses pièces et cette décharge sembla pendant un instant devoir arrêter le monstre-machine, mais, les boulets rebondissaient sur sa carapace. A son tour, il s'éloigna pour faire feu; puis il s'élança de nouveau sur son ennemi, lui fit une nouvelle ouverture où l'eau s'engouffra et le fit couler. Le Cumberland s' enfonça noblement et,. le pavillon cloué au plus haut de ses mâts, se montrait encore lorsque déjà le navire avait disparu englouti par la mer.

Le Congress était aux prises avec le Yorktown et le Jamestown. Depuis longtemps déjà il soutenait une lutte inégale, lorsqu'il vit arriver vers lui le Merrimac. Comprenant qu'il ne pouvait continuer plus longtemps à se défendre, le Congress amena son pavillon et hissa le drapeau blanc Le Jamestown se rapprocha de lui et prit à son bord les officiers comme prisonniers. Les confédérés firent sauter le Congress.

Confiant dans son invulnérabilité, le Merrimac passa la nuit au milieu de ses ennemis, comptant reprendre le lendemain son œuvre de destruction. En effet, à sept heures du matin, il recommença l'attaque contre le Minnesota, échoué sur la rive, mais il vit venir à lui, prêt à défendre la frégate fédérale, un bâtiment informe, noir. Ce bâtiment était long de 172 pieds et large, au centre, de 41 ; rien sur le pont, qu'un abri pour le pilote et une tour placée au milieu du navire. C'était le Monitor, construit par l'ingénieur Erickson.

Le Merrimac s'élança sur le Monitor, et ce choc sembla devoir faire couler ce dernier ; il s'enfonça en effet, mais pour reparaître bientôt plus effrayant que jamais. Personne à bord, et cependant à chaque instant un sabord s'ouvrait et un boulet venait frapper le navire confédéré qui, par deux fois, chercha inutilement à enfoncer son éperon dans les flancs du Monitor.

Après cinq heures d'un combat inutile, le Merrimac, qui s'était vainement épuisé en tentatives d'abordage, fut obligé de se retirer; deux boulets avaient pénétré par ses sabords-. 11 battit en 'retraite, quoique pouvant à peine tenir la mer, et se dirigea vers la rivière Elisabeth pour rentrer au port. 17 hommes furent tués et le bâtiment presque désemparé.

Quant au Monitor, il n'éprouva pas la moindre avarie. Un des officiers du bord écrivait après le combat :

« Les boulets du Merrimac ont à peine éraillé notre peinture. »

(le fut le premier combat naval entre navires cuirassés, et quoique les pertes

des fédéraux- aien.téte grandes en navires el en hommes, on pont dire que le désavantage a été pour le Sud.

La bataille de Pittsburg-Landing, livrée près de Corinth, l'ut très-meurtrière. Comme pour te combat naval de New-York-News, les confédérés eurent le dessus pendant la première journée, maisrarrivée d'un corps d'année commandé par Buels change et décide le sort de la bataille.

Los forces des confédérés étaienl ainsi divisées : 30,000 hommes sons les ordres

de l'évèque Polk, 20,000 sous les ordres de Natlian-Kvans. 20.01)0 SOUS les ordres

de Johnston et 30,000 sons les ordres de Braxton Br&gg : l'armée était commandée en chef par le général Be&uregard,

L'armée du Nord était le premierjour inférieure en nombre, mais l'adjonction du Corps de Buels vint le lendemain rétablir l'équilibre et donner de l'énergie

anx soldats de Cirant.

A trois heures du matin, l'armée du Sud rencontra la division commandée par le général Crentil, qui, croyant à une simple démonstration, engagea la bataille el l'ut tait prisonnier. Sa division battit en retraite et rencontra bientôt celle placée sous les ordres du général Sberman.

L'engagement devint alors tout à fait sérieux ; on fit dfi part et d'autre les efforts les plus grands, et peut-être les fédéraux auraient-ils été écrasés par le nombre sans les deux canonnières Tylûr et Lexington, qui firent feu de tontes leurs pièces et obligèrent les séparatistes à reculer.

La bataille continua cependant. Les généraux du Snd, après de nouvelles tentatives pour remporter la victoire, se retirèrent sur la route de Corinth dans une excellente position. Ce fut à cette heure qu'arriva le général Buels. On plaça les deux divisions qu'il commandait à la tète de l'armée fédérale, et comme la nuit venait, on dut attendre au lendemain pour reprendre les hostilités un moment interrompues.

A six heures du matin, la bataille recommence avec plus d'acharnement encore que la veille. Fédéraux et confédérés font des prodiges de valeur ; on se prend corps à corps,, l'artillerie tonne pendant huit heures consécutives, enfin les esclavagistes finissent par faiblir puis battent en retraite, mais en reformant leurs rangs et en profitant de toutes les positions pour harceler l'armée du Nord.

tirant, à la tète de son régiment, s'élance alors sur les restes de l'armée du Sud, culbute tout ce qui se trouve sur son passage, et les Sudistes effrayés fuient dans toutes les directions.

Cette bataille coûta aux confédérés 12,000 tués, blessés ou prisonniers. Le général Johnston fut retrouvé parmi les morts.

L'attention était partagée pendant ce temps par deux expéditions navales.

La première, avec un corps de débarquement commandé' par le général Hurnside, s'empare de plusieurs points importants dans la Caroline du Nord. Les îles Boanoke tombent au pouvoir des Nordistes-

La seconde, dirigée par l'amiral Farragut pour la partie maritime, et par le

général Butler pour le corps de débarquement, se porte vers la Nouvelle-Orléans, la cité qui depuis le commencement de la guerre a toujours été le centre d'approvisionnement du Sud.

Le général Buttler, commandant la Nouvelle-Orléans et la Louisiane.

La Nouvelle-Orléans est défendue du côté de la mer par le fort Pike, à l'entrée du lac Pontchartrain ; le fort Livingston, à l'entrée de la baie de Barataria; les forts Saint-Philippe et Jackson sur le Mississipi.

La flotte de l'amiral Farragut se composait de huit steamers : — Brooklyn, Hartford, Mississipi, Richmond, Pensacola, Vârerna, Iroquois et Oneïda ; de seize

canonnières : Kata/idin, Westfield, Cayuga, P'mda, Itaska, Cliftan, Kanawha, Meami, Sciotn, Winona, Owasco, Kineo, Wissahickoji, Harriett-Lane, Kittatinny,

et vingt-deux bombardes.

En tout 286 canons et 22 mortiers.

Garte du théâtre de la guerre. Les parties noires indiquait les Etats on les parties d'i-'tatg oii l'esclavage n'est pas aboli par la proclamation du président Lincoln.

Le 14 avril, le bombardement du fort Jackson commença et fut continué sans interruption pendant plusieurs jours avec un acbarnement constaté par la

lettre suivante, écrite par le généra] en chef commandant le département de la Louisiane au général Dunkâiï, commandant le fort Jackson :

« Dites à vos hommes que leur conduite héroïque pendant l'un des plus terribles bombardements dont l'histoire fasse mention leur vaut une admiration et une sympathie générales. Leurs parents et leurs amis ont une confiance aveugle dans leur habileté et dans leur courage. »

A quoi le général Dunkan répondit :

<> Le bombardement continue. Plusieurs fois nos canons en barbette ont été démontés. Nous réparons de notre mieux nos dommages. Vingt -cinq mille bombes ont été lancées par les fédéraux depuis dix jours; mille environ sont tombées dans le fort. »

Le 23 seulement, une canonnière força le passage, et le 24, toute la flotte dépassa le fort Jackson qui , dès lors , se trouva pris entre deux feux. 11 n'aurait pu évidemment continuer à se défendre, si le commodore Farragut n'avait poussé son expédition pour ne s'arrêter que devant la Nouvelle -Orléans. 11 demanda la reddition de cette ville en ces termes :

(( Les droits des individus et la propriété seront assurés ; je demande donc la reddition sans réserve de la ville, et je demande que les emblèmes de la souveraineté des Etats-Unis soient arborés aujourd'hui à midi,, à l'Hôtel de Ville, sur la Monnaie et sur la Douane. »

M. Monroe, maire de la Nouvelle-Orléans, fit la réponse suivante :

« Je ne saurais trouver, parmi mes administrés, un renégat assez insensé et assez misérable qui osât souiller de sa main l'emblème sacré des Etats confédérés, et il n'y a pas un homme parmi nous dont la main et le cœur ne se paralyseraient à la pensée d'arborer un drapeau auquel nous n'avons pas solennellement prêté serment. »

Nous ne pouvons que laisser cette lettre à l'appréciation du lecteur; cependant nous devons dire que ce même M. Monroe avait, un an auparavant, prêté serment au drapeau fédéral.

Le commodore Farragut fit alors occuper la ville par un bataillon de soldats de marine. Bientôt après, le 1" mai, les forts Saint-Philippe et Jackson se rendirent au commodore Porter.

Le général Buttler, qui avait été nommé commandant du département du Golfe, opérait en même temps que le commodore Farragut, et, après avoir pris et détruit les forts cpii défendaient le lac Pontehartrain , il y pénétrait pour débarquer avec son corps d'armée à Lakeport. Il ne restait plus aux confédérés, sur les bords du Mississipi, que la ville de Wicsburg.

Dans la Virginie , l'armée connue sous le nom d'armée du Potomac, dont le principal corps était commandé par le général iMac Clellan , avait commencé ses opérations. Après avoir quitté Martinsburg, Charlestow, Bolivar, le général Banks avait battu le général Jackson près de Vinchester.

Cette victoire, remportée sur les confédérés, lui donnait l'i vallée do Shenandoah.

La ligné du Bùïl'sRun ci du Manassas avait été abandonnée par les séparatistes; aussi Mac Clellan s'avança-t-iï près dé Fairfax, CentrevilleetCourt-Housë sans rencontrer l'armée confédérée, qui s'était retirée sur les bords du Bapabannoc, pour revenir ensuite vers Richmond.

Le général Mac Clellan changea si m plan de campagne et fut avec son armée an fort Monroe pour agir dans la péninsule virginienne. 120.000 hommes se tenaient sous ses ordres.

On donna le commandement de l'armée du Rapabannoc au général Mae- Dowelî, plus le commandement de la portion de pays située entre les montagnes Bleues, le Potomac et le chemin de fer de Frédéricksburg, ainsi que le commandement du district de Colombie.

Le général Banks garda le commandement de la Shenandoah.

La ville de Yorktown que défendait l'armée confédérée, et qu'attaquait le général Mac-Clellan, était parfaitement fortifiée et pouvait être défendue avec succès. L'attaque au contraire en était difficile, car il fallait tout un matériel de siège, que les fédéraux n'hésitèrent pas à faire venir pour s'emparer d'une position aussi importante.

A peine commençait-on les préparatifs d'attaque , que les séparatistes , pris d'une sorte de panique, évacuèrent la place où l'armée fédérale entra le 2 mai.

Le surlendemain un combat acharné eut lieu entre les deux armées, à trois milles de Williamsburg, ville que les esclavagistes n'essayèrent pas même de défendre, quoiqu'ils eussent des moyens très-puissants et Irès-considérahles.

Le général Mac-Clellan, victorieux sur toute la ligne, transporte son armée par la voie du Potomac, arrive à la presqu'île formée parles rivières York et James, puis il établit ses forces sur les bords du Chickahominy.

A ces divers succès, vint bientôt s'en ajouter un nouveau, suivi promptement d'une défaite sur un autre point.

Le 8 mai, le Xm<</ati<ck, leSeminol, le Swquehannah, le Vanderbili, le Monitori \eSan-Jadnfo et le Dacotah, qui tenaient le blocus devant Norfolk, ville trèsimportante , occupée par les confédérés , bombardèrent les batteries ennemies toute la journée et une partie de la nuit.

Le 9 et le 10 mai, le général Wool, à la tète de son corps d'armée, débarqua et fit ses préparatifs pour prendre Norfolk parterre. Le maire de la ville envoya immédiatement un parlementaire, lequel déclara que l'on ne voulait faire aucune résistance.

Voici pour la victoire.

Le revers fut éprouvé par le général Banks, dans la vallée de Shenandoah.

Il avait été obligé d'envoyer 18,000 hommes de renfort au général Mac-Dowell qui craignait un engagement sur le Bapahannoc. Bien au contraire, ce fut lui qu'on attaqua, avec des forces trois fois supérieures, et malgré sa belle conduite

et l'énergie déployée parles hommes placés sons ses ordres, il fut repoussé jusqu'au delà du Potomac.

Ce ne fut qu'avec le secours des généraux Frémont et Mac-Dowell, qu'il put réparer ce désastre. Mais cette complication nouvelle devait une fois de plus changer tous les plans du général Mac-Clellan. En effet, il comptait sur la jonction que devait opérer avec lui le général Mac-Dowell, jonction empêchée par suite des événements qui avaient eu lieu dans la vallée de Shenandoah.

Richmond recevait à chaque instant des renforts nouveaux. Mac-Clellan se vit dans la nécessité, pour être sous la protection des canonnières fédérales , de se diriger vers la rivière James. Il commençait à effectuer son mouvement de retraite, lorsque la division Mac-Call fut attaquée par le général sudiste Jackson. Le combat dura toute la journée ; on ne put reprendre les opérations interrompues que pendant la nuit, mais le lendemain, Mac-Call fut attaqué de nouveau, et cette journée put prendre sa place parmi les plus malheureuses pour les fédéraux.

Voici, du reste, ce qu'écrivait à cette époque un officier de l'armée de Mac- Clellan. « Cette scène n'est pas de celles qu'on peut oublier. Des masses de chevaux sans cavaliers fuyaient dans toutes les directions. Les boulets sifflaient dans l'air. Les tourgons, les ambulances et les canons encombraient la route ; des blessés, boitant et gémissant, d'autres sanglants et couchés au milieu de la mêlée ; des officiers dont la voix n'était plus écoutée, criant et menaçant, au milieu de ces masses effrayées ; le sublime fracas de la canonnade ; les nuages de iumée, et le soleil disparaissant à l'horizon, rouge comme une large tache de sang. Voilà ce que je ne puis peindre, mais je le vois encore et le verrai toujours. Je ne puis être sévère pour nos soldats. Ils avaient combattu et marché le jour et la nuit d'auparavant; la chaleur était accablante, ils étaient épuisés. »

Cette bataille reçut le nom de Gaineshill, ville près de laquelle elle s'était livrée.

Le 28, la journée se passa en escarmouches. Les fédéraux eurent donc la possibilité de continuer leur retraite. Ils traversèrent le Chickahominy, et commencèrent à s'ébranler vers la rivière James.

Le lendemain 29, les divisions Richardson et Sedgwick furent attaquées par les confédérés qu'elles repoussèrent en leur faisant subir des pertes très-considérables, dans les marais de Whit-OaJc. Trois engagements partiels eurent lieu dans cette même journée ; les fédéraux restèrent maîtres du champ de bataille.

Le soir, Mac-Clellan se mit en marche pour gagner le pont de Turkey-lsland, sur la rivière James, mais il y avait une longue distance à parcourir par des chemins étroits, mauvais, et ce ne fut quh dix heures que le gros de l'armée put arriver sur les bords de la rivière.

Les confédérés attaquèrent le lendemain, 30 juin, l'arrière-garde fédérale qui se trouvait encore dans les marais de Whit-Oak. Le combat dura toute la journée. Tantôt les Sudistes avaient le dessus, tantôt les Nordistes reprenaient Tavan-

tage, de manière que le sort de la journée lut à peu près partagé. Pendant ce

temps, Mac-Clellan qui pensait être encore attaqué le 1er juillet s'était fortifié dans sa position. 11 avait disposé son armée de façon qu'elle pût, si le besoin s'en taisait sentir, être appuyée par les canonnières.

Le général nordiste ne s'était pas trompé dans ses prévisions, car le lendemain, à midi, les séparatistes commencèrent l'attaque, et quoiqu'ils lussent plus nombreux et en meilleure position que les fédéraux, ils éprouvèrent un échec. Cette bataille, dite de Turkey's Grove, fut une des plus meurtrières. Les Sudistes avaient une armée de cent quatre-vingt mille hommes. Les fédéraux comptaient à peine cent mille combattants. 11 est vrai que leur artillerie était bien supérieure à celle des ennemis.

Ces diverses batailles, livrées consécutivement , prirent le nom de Sevcn- Days {Les Sept Journées).

Les pertes subies par les deux armées s'élevèrent à 80,000 liommes.

50,000 pour le Sud et 30,000 pour le Nord.

Le général Lee, commandant en chef les forces séparatistes, détacha un de ses meilleurs lieutenants pour attaquer et disperser l'armée fédérale, commandée par Pone.

A la même époque, Braxton-Bragg repoussait les fédéraux en remportant plusieurs avantages sur les bords de l'Ohio. De plus il menaçait la capitale du Kentucky et Cincinnati.

Lee traverse de son côté le Potomac et le Maryland pour s'emparer de la capitale fédérale, mais il est arrêté dans sa marche victorieuse par Mac-Clellan, qui vient au secours de Washington, sur Un ordre du président Lincoln.

Les fédéraux éprouvent un cruel revers à Harper's Ferry qui capitule et se rend avec sa garnison de 10,000 hommes. Murfordsville se rend également.

Ce n'est partout que désastres nouveaux pour les Etats de l'Union, lorsque le 15 septembre, l' avant-garde des confédérés subit un écbec dans le Maryland. llooker, surnommé le Batailleur, culbute les ennemis, les met en déroute, et les oblige à reculer. 11 les poursuit pendant trois jours, et livre enfin une bataille générale sur les bords de l'Aiitieman.

C'était à la date du 18. L'aile gauche des ennemis était commandée par Jackson; llooker engage le combat avec ce général qui faiblit bientôt. Hooker fait des prodiges de valeur, il va même jusqu'à la témérité; mais il tombe grièvement blessé et dès lors Jackson reprend l'avantage. Burnside se distingue, lui aussi par sa bravoure; il repousse les confédérés malgré leurs vives attaques, oblige Lee à repasser le Potomac et à rentrer dans la Virginie.

Les fédéraux comptent deux nouveaux succès, l'un à Cornilh et l'autre à Cerryville. Braxton-Bragg depuis longtemps était heureux dans cette partie du Kentucky qui se trouve au nord du Mississipi, mais Kosencranz le bat et le force d'abandonner ses positions.

Ce fut à cette époque que l'on projeta une expédition contre Hichmond, la

capitale des Etats confédérés. Le général Mac-Clellan remit le commandement en chef de l'armée du Potomàc à Burnside.

Celui-ci accepta la responsabilité et s'occupa activement du passage de ses troupes sur le Happahannock qui, à l'endroit où il voulait le traverser, compte 170 mètres de profondeur. Cette première difficulté vaincue, il fallait encore prendre Fredericksburg pour arriver jusqu'à Bichinond.

C'était là vraiment une tâche à la hauteur des plus grandes audaces.

BATAILLE DE FREDEIUCKSBURG.

On commença par transporter le matériel de ponts, on braqua 178 cauuns sur Fredericksburg, et l'on se mit en devoir de rétablir. le pont du chemin île fer.

Les séparatistes répondirent à ces préparatifs par une décharge qui obligea les ouvriers à s'éloigner. Le général Burnside ordonna alors de bombarder la ville, et l'on essaya de reprendre les travaux ; mais le feu des confédérés était si terrible que de nouveau il fallut les abandonner. Plusieurs fois les fédéraux firent de nouveaux essais infructueux, et Ton comprit qu'il fallait détourner l'attention des Sudistes par une manœuvre hardie.

Cent cinquante volontaires s'embarquèrent dans de petits bateaux, et au milieu d'une grêle de balles ils atteignirent la rive opposée. Cette opération permit aux Nordistes de terminer deux ponts et de pénétrer dans la ville.

Les confédérés avaient envoyé des forces au bas de la rivière, ne s' attendant pas à ce que l'armée du Nord passerait toute entière devant Fredericksburg ; de son côté, Burnside voulait séparer ces mêmes troupes ennemies de celles placées sur les hauteurs; mais, malgré l'énergie de son attaque, il ne put arrivera ce but.

L'artillerie des séparatistes décima les fédéraux qui se trouvaient pris entre deux feux. Burnside comprit que résister plus longtemps serait la ruine complète de son armée, aussi se hàta-t-il de repasser les ponts.

Les confédérés le laissèrent tranquillement opérer sa retraite.

11 perdit 12,000 hommes à cette funeste bataille.

Burnside avait eu contre lui non-seulement des forces supérieures, mais encore la position avantageuse de son ennemi, et cependant il se retirait comme le lion blessé, mais non vaincu, effrayant encore dans sa faiblesse.

Sherman, le 27 décembre, avait éprouvé le même sort devant le fort Wieksburg: Ses pertes furent très-importantes, car il se battit longtemps et avec un grand courage, mais un obstacle imprévu l'arrêtant dans sa marche le força de s'éloigner.

Dans le Tennessee, cinquante mille hommes, sous les ordres du général unioniste Boseneranz se trouvent en présence de cinquante mille hommes commandés parle général séparatiste Braxlon-Braggqui devait, disait-il, «purger l'Amérique des années fédérales. »■

On livre lu sanglante bataille de Mufrestoro qui, comme tant d autres, est, lu meuiiei' jour, fatale pour le Nord ; Ho canons tombent au pouvoir «.les ennemis, l'aile droite est enfoncée, cnllmtée ; c'est en vain que les fédéraux cherchent à se défendre ; l'élan des séparatistes est irrésistible, il faut plier quand même. Courage, énergie ne servent de rien. Une sorte de lièvre s'est emparée de l'armée de Braxton-Bragg: aucun obstacle, aucun danger ne peut l'arrêter. Les fourgons, les ambulances, ïes magasins volants, tout le matériel d'armée tombe au pouvoir des Sudistes.

Lutin, Ja nuit vient, il faut suspendre le combat ; mais les deux années restent en présence. Les unionistes savent qu'ils ont un désastre à réparer; les confédérés veulenl profiter d'une victoire, chèrement acquise, en finissant d'écraser l'armée ennemie.

Pendant deux jours entiers la bataille continue sans amener pourtant de résultat décisif. Le troisième jour, Hosencranz, qui avait concentré ses forces, assuré ses ligues, prévu le fort et le faible de sa position, engage lui-même le combat. Sa valeur électrise l'armée placée sous ses ordres, sou habileté comme général assure la victoire : il va toujours en avant. Son adversaire faiblit et l'ail des efforts inutiles pour conserver les positions qu'il occupe. Hosencranz le poursuit, le bat sur chaque point, et l'oblige à se retirer à quarante milles en arrière.

Ces journées successives coûtèrent aux deux armées 20,UU0 combattants; elles commencèrent le 7 janvier.

Le général Burnside comprit, après l'affaire de Fredericksburg, qu'il ne pouvait conserver le commandement en chef de l'armée du Potomac. U remit ses pouvoirs à Hooker, [qui employa trois mois entiers à la réorganisation des malheureuses troupes commandées tour à tour par II. Dowel, M. Clellan et Burnside. Hooker, lorsque ce laps de temps fut écoulé, voulut reprendre l'offensive. 11 pensa tout d'abord à déloger les Sudistes des hauteurs fortifiées de Fredericksburg; mais craignant d'avoir le sort de Burnside, il employa une ruse de guerre qui réussit complètement.

Il passa le Kappahanoek, et sembla vouloir se diriger sur Hichmond. Lee. se croyant obligé d'abandonné)' sa position pour arrêter Hooker, descendit des hauteurs et amena son armée sur la route. Le général unionniste ne perdit [tas une minute, il donna l'ordre à Sedgwich, un de ses lieutenants, d'occuper les postes évacués, et attaqua avec sa cavalerie 1 arrière-garde des ennemis. Lee continua son mouvement, laissa Sedgwich s'installer sur les hauteurs et vint camper sur la route.

Le 3 mai, une grande bataille s'engagea près de Chancellorsville. Jackson, général confédéré, chargea avec fureur. Les cris que poussaient ses soldats effrayèrent les fédéraux, qui, ahuris, ne trouvèrent d'autre parti à prendre que de fuir dans le plus grand désordre.

Au milieu de ce désastre, Hooker perdit ki lele. 11 ne chercha même pas à

rallier ses troupes, qu'il laissa canonner par les batteries ennemies cachées dans le bois. Enfin, après plusieurs heures d'un combat où les confédérés eurent tout l'avantage, le général unioniste se rapprocha de la division commandée par Beng, qui seul se battait vaillamment et faisait tous ses efforts pour contenir les séparatistes.

La nuit suspendit la bataille.

Bateaux à vapeur construits pour le transport des troupes féiéi'àlec

Los fédéraux éprouvèrent des pertes très-grandes, mais ce n'était rien encore auprès de celles qu'ils devaient subir le lendemain. Ils campèrent sur la route de Plane-Road.

Le 4, à 8 heures du matin, Jackson recommença à ouvrir le feu, puis il se précipita sur l'armée ennemie, et porta, par la vigueur de son attaque, la terreur dans les rangs unionistes.

Lee, pendant ce temps, faisait de nombreux efforts pour débusquer Sedgwich. 11 y parvint après plusieurs heures d'un combat dans lequel il perdit, par suite

de l'énergique résistance des fédéraux, un grand nombre de ses soldats. Ce succès, quoique chèrement acheté, permit à Lee de disposer des batteries et de recommencer, comme la veille, à canonner les Nordistes, qui perdirent dans cette bataille 25,000 hommes.

Le général Lee.

Les confédérés avaient vaincu, mais la perte de dix batailles leur aurait été moins funeste peut-être que celle qu'ils firent en la personne de Jackson.

Ce géaéral semblait être rineafnation de la \dçtoire pour le Sud. Parlout où il se trouvait , les armées séparatistes étaient certaines du succès. Lui mort, la fort une devait abandonner lessécessiomstes.

Lee, sur im ordre du président Jefferson Davis, porta la guerre dans l'intérieur même des pays appartenant au Nord.

Son plan était de prendre Washington.

Pour cela il traverse la vallée de Shenandoah, passe le Potomac et se dirige sur la capitale.

Hooker comprit, comme lavait fait Burnside, qu'après sa défaite il lui fallait remettre le commandement en d'autres mains.

Un jeune général, complètement inconnu, est investi, par ordre de Lincoln, de tout pouvoir sur l'armée qu'avait si mal conduite le Batailleur.

Le 2 juillet^ une bataille est livrée qui doit décider du sort de la capitale des États-Unis.

Les fédéraux s'emparent du village de Gettysburg. Bientôt ils sont repoussés et poursuivis par les confédérés qui prennent un moment l'avantage pour le reperdre ensuite. Longstreet, un des meilleurs généraux de l'armée du Sud, s'élance sur les Nordistes, les culbute, en fait un carnage effroyable ; mais il est obligé de s'arrêter ; le feu des batteries du général Meade est si terrible qu'il décime plus de la moitié des divisions du général séparatiste.

Lee, en voulant s'emparer du cimetière où se trouve l'artillerie ennemie, perd ses meilleurs soldats, et bientôt se voit obligé de battre en retraite.

Il passe le Potomac sans être inquiété par les fédéraux, et c'est le grand reproche que l'on fit au général Meade.

On l'accusa de n'avoir pas su profiter de sa victoire.

A cela il est facile de répondre.

Le général Meade pensait comme ses prédécesseurs.

Pour lui j la guerre entreprise par les confédérés était préjudiciable aux intérêts de tous. Si le Nord, puissant et riche, était dans un état de souffrance par suite de ces batailles multipliées, le Sud devait souffrir bien davantage encore.

N'était-ce pas la ruine des deux pays que ces armées qui, à peine sur pied, se trouvaient décimées ?

N'était-il pas horrible d'égorger des hommes auxquels on donnait le nom d'amis, de frères, quatre ou cinq années auparavant?

Poursuivre une victoire, lorsque de sang-froid on voyait les pertes subies de part et d'autre, n'était-ce pas le comble de la cruauté?

Faiblesse! dira-t-on. Eh bien soit, faiblesse, nous préférons ce mot à celui que l'on aurait pu appliquer si les généraux unionistes avaient agi différemment.

Pour nous, la raison humanitaire est là qui doit présider à toutes nos actions; pour nous, nous pensons que , même après là victoire, il faut considérer

cli;u|no nval nre comme faisan! partie de Ce grand loul atiqtoel I > i « - ■ i a iêferiàv de toucher.

Le Nord attaque' par le fer et \è fet né devait el nepotfvarl répondre que par le feu et lé fer. Il se trouvait dans la tiéeèssité de manquer à la loi géhéralede Dieu, loi qui ne peut cependant exister lorsqu'il y a cas de légitimé fléfeiïsè ; mais il devait le faire loyalement, noblement, c'est-à-dire en s'efforçant de vaincre lès ennemis cpii venaient l'attaquer, mais en ne profitant pas de sa victoire pour écraser ensuite ces mêmes ennemis.

Du reste, ont-ils jamais manqué d'énergie, de courage, ces généraux que l'on accuse? Ont-ils jamais refusé une bataille? Ne se sont-ils pas toujours ci induits bonorablement sur le champ du combat?

Courage, énergie, savoir, ils possédaient tout cela; mais leur plus beau titre à l'admiration des hommes, c'est leur magnanimité.

Ils n'étaient d'ailleurs que la représentation vivante de la pensée de Lincoln.

«Nous combattons contre nos frères, il faut les vaincre. Attaqués, nous sommes obligés de nous défendre; cependant notre affection pour ceux qui croient avoir à se plaindre de nous ne doit pas diminuer. »

Grant avait été chargé par le Président du Nord de s'emparer de "Wirksburg.

Malgré les difficultés que présentait cette opération, il voulut s'ouvrir un passage par la rivière Rouge.

Efforts inutiles !

Il veut faire traverser l'amiral Porter avec les canonnières , sous le feu des batteries ennemies.

Ce plan ne réussit pas.

Farragut arrive à son secours. Grant transporte alors son armée devant Port- Gibbon, qu'il enlève. Il s'empare également de Jackson, livre et gagne une bataille à Champson-Hills, puis revient devant Wicksburg qui résiste.

Pimberton, cependant, se rend trois mois après avec trente mille hommes.

Devant Charleston, le général Gilmore pousse plus vivement que jamais l'état de siège.

Il oblige les conférérés à évacuer le fort Wagner.

On organise des batteries contre le fort Sumpter, qui bientôt est complètement démantelé.

Une sorte de combat singulier est engagé entre les navires cuirassés et les forts défendant Charleston. Malgré les prodiges d'habileté des fédéraux, la capitale du Sud continue à tenir bon, et les attaques réitérées des soldats de débarquement demeurent infructueuses.

Dans le Tennessee, Rosencranz, après la bataille de Murfresboro , marche vers le Sud. Il rencontre les armées de Bragg, de Longstreet et de Ilood sur la petite rivière de Chickahominy.

Rozencranz, battu, est obligé de se réfugier sous les murs de Chattanaoga.

Le général Thomas, qui commandait la ville, fit heureusement une défense si

belle, qu'il sauva Rosencranz, et qu'il obligea les confédérés à se retirer à quelques milles et à entreprendre un siège régidier. Ce siège durait depuis plusieurs jours lorsque Sberman et Hooker arrivèrent et battirent complètement les séparatistes sur les hauteurs de Missionary Rdige et de Lookout Mountuwr.

Avant cette bataille, Longstreet avait quitté l'armée de Brag et s'était dirigé vers Knoxville pour chasser Burnside. Il ne put y parvenir.

La campagne de 1863 était terminée.

On ne doit compter sur une reprise [vigoureuse qu'au printemps prochain. Cédant arma iogœ. Au moment où les armées sont réduites au repos, le gouvernement de Washington , par la voix du président Lincoln, fait un nouvel appel à la concorde. Il proclame l'amnistie pleine et entière pour tous ceux qui voudront rentrer dans l'Union. Cette proclamation est mal reçue dans le Sud, qui se croit humilié en pensant qu'on lui accorde un pardon alors qu'il ne se bat que pour soutenir la cause de justice, qu'il croit être la sienne.

Des deux côtés on se prépare à la lutte et on attend la belle saison. Les fédéraux poursuivent toujours le siège de Charleston, qui est bombardé par Gilmorele 24 et le 25 décembre, repris le 12 janvier, sans grand résultat.

La cavalerie fédérale remporte une victoire complète, le 27 décembre, sur la cavalerie confédérée à dix milles de Sevierville,et Maccook chasse les Sudistes de leurs positions, leur prend deux canons et fait 100 prisonniers. Les rebelles s'emparent de Scottseville dans le Kentucky, et de Memphis sur le Mississipi, mais ce ne sont là que des avantages partiels qui n'amènent aucun résultat sérieux.

Dans le mois de février 1864, Lincoln ordonne une nouvelle levée de 200,000 hommes. Le Nord s'agite déjà pour les prochaines élections présidentielles et la convention du Maryland porte comme candidat à la présidence le citoyen Abraham Lincoln. Le général Mac Clellan est choisi par les démocrates. .

Au moment où va s'ouvrir la campagne de 1 864 , le gouvernement fédéral avait définitivement reconquis le Tennessee , le Mississipi , l'Arkansas , la Louisiane, une partie de la Caroline du Nord, de la Caroline du Sud, de la Géorgie, de la Floride.

Le Sud s'arme pour le combat, et son président, Jefferson Davis , annonce par une proclamation énergique la prochaine ouverture de la campagne . Jamais le président de la confédération sudiste n'avait montré tant de confiance : « Soldats, dit-il en s'adressant à l'armée, un succès assuré couronnera notre sainte lutte pour la liberté , l'indépendance et tout ce qui rend la vie chère à des hommes honorables. »

Mais ces hommes honorables du Sud, que pensaient-ils de la liberté des nègres dont ils avaient fait un bétail humain, pour lesquels ils avaient en. Virginie des haras fournissant d'esclaves toute l'Amérique du Sud ? Jefferson Davis et ses concitoyens comprenaient à leur manière la liberté et l'indépendance des autres quand ils faisaient fouetter jusqu'au sang l'esclave paresseux ou rebelle, lorsqu'ils lui passaient au cou le collier de force à trois branches qui garantissait le

maître contre le marronnage, et était destiné à empêcher le nègre de courir les bois.

Etrange amour de la liberté et de l'indépendance que celui qui consiste à ravir aux autres celle-ci est celle-là.

L'humanité aurait à rougir si une pareille cause, paire qu'elle se pare des mots de liberté et d'indépendance, en venait un jour à triompher.

Si les Sudistes sont assurés du succès, les fédéraux vont essayer de l'amener dans leur camp.

Meade prélude à la campagne du printemps et passe le Rapidan le 27 lévrier. Il se dirige sur Richmond où va arriver également le général Kilpatrick, dont la mission est de couper le chemin de ter et les communications télégraphiques, qui relient la capitale confédérée au sud. Meade tourne l'armée de Lee et pousse sa cavalerie jusque sous les murs de Richmond. Les habitants sont épouvantés de tant d'audace et ne se rassurent qu'en voyant arriver de puissants renforts qui les débarrassent des attaques du général nordiste.

Le gouvernement de Washington a résolu d'en finir avec la rébellion, de frapper de grands coups et pour cela de choisir une main vigoureuse dans laquelle seraient concentrées toutes les forces fédérales. Lincoln appelle au commandement suprême de l'armée le major général Grant, qu'il nomme lieutenant général et dont la nomination est confirmée par le Sénat. Le haut grade de lieutenant général avait été créé exceptionnellement pour le général Scott.

Le nouveau généralissime, Ulysse Grant, a aujourd'hui quarante-trois ans. 11 est né le 27 avril 1822, à Point-Pleasant, dans l'Ohio. En 1839, il entrait à l'école militaire de West-Point, d'où il sortait second lieutenant du 4e régiment d'infanterie. Dansla campagne du Mexique, il gagna sur le champ de bataille ses épaulettes de lieutenant et de capitaine. Mais une fois la guerre finie, il se trouva que l'existence de garnison ne lui plut guère, et, comme beaucoup d'autres aux Etats-Unis, il rentra dans la vie civile pour se faire fermier ^dans l'Illinois et directeur d'une corroierie. Lorsque la guerre éclata, il offrit son épée à la République et fut nommé colonel du 2ic régiment des volontaires de l'Illinois. Après la prise du fort Donelson, le Président lui confia le grade de major général. En le choisissant aujourd'hui comme lieutenant général, Lincoln n'a fait que donner raison à la grande popularité dont Grant jouit dans tous les Etats du Nord. Le Président ordonne une nouvelle levée de 200,000 hommes. U fallait agir promptement et puissamment. Grant prend en main l'armée du Potomac et fait confier le commandement des armées du Tennessee, de l'Ohio et de l'Arkansas au terrible marcheur, le général Sherman. 11 se rend à son quartier général vers le milieu de mars, s'occupe de la réorganisation de ses troupes et donne ses instructions aux généraux placés sous ses ordres-

De leur côté, les confédérés ne restent pas inactifs. Lee fait construire d'imposantes fortifications aux abords de Richmond et sur le chemin de fer. Ces

fortifications traversent le fleuve Rapidan à 80 milles de la capitale. Lee occupe ses anciennes lignes dû Mississipi sur les rivières Bihlok et Yazoo.

Richmond est menacé. Grant marche en suivant le cours du Rapidan; Smith, par la péninsule, Burnside par la Caroline du Nord.

Le général confédéré Forrest prend d'assaut le fort Pillow, sur le Mississipi, et fait tuer la garnison, cpii se composait de 600 hommes, dont 300 et plus étaient des noirs. 11 fait égorger môme les malades dans leurs lits et brûler les ambulances.

Le soir du 4 mai, la grande armée fédérale avait passé le Rapidan sur des ponts de bateaux. Le jeudi 5 , les deux armées sont en présence. A six heures dû matin les éclaireurs apprennent aux fédéraux que les troupes de Lee s'avancent en masse. Grant et Mead.e font couronner les hauteurs qui dominent les deux routes suivies par l'ennemi. Les rebelles étaient fortifiés et retranchés sur une colline boisée. 11 était une heure de l'après-midi et l'action était engagée au centre. Un feu terrible de mousqueterie et d'artillerie fit rage pendant plus d'une heure. Les confédérés se retirèrent pour opérer un mouvement de conversion qui allait leur permettre de se placer entre Hancock qui arrivait pour faire sa jonction avec Grant. La division fédérale, sous le commandement de Getty, partit au pas de course pour déjouer cette tentative. L'armée unioniste put se former en bataille et la lutte dura jusqu'à la nuit.

Le lendemain le combat recommence avec un acharnement dont on n'a pas encore vu d'exemple. Le brigadier général Wadsworth est tué d'une balle qui l'atteint au front. Le général Web est blessé. Les rebelles sont repoussés sur tous les points et laissent le général Jones tué sur le champ de bataille. Seymour et Shaler sont prisonniers. Le combat du samedi s'est borné à un simple engagement de cavalerie qui eut lieu à Todd's Tavern. Les deux armées se retrouvaient en présence, les séparatistes courant sur les hauteurs de Spottsylvania, les unionistes campés à deux milles et demi de cette place. Le dimanche matin, la lutte recommence avec une ardeur qui se soutient jusqu'à midi, quoique les deux armées soient également épuisées. Un duel d'artillerie signala cette journée, qui se termina par une forte reconnaissance de cavalerie exécutée à 7 heures du soir. Le lundi matin, le major général Sedwick est tué dans les rangs des fédéraux. Le 9, les deux armées se reposent pour reprendre la lutte le lendemain. Elle s'engage sur toute la ligne. Burnside lance toutes ses troupes, enfonce les lignes des rebelles, leur prend trois brigades entières et quatre pièces d'artillerie. A la fin do la journée, Burnside occupait les retranchements derrière lesquels s'étaient abritées au commencement les troupes de Longstreet. Le combat le plus terrible et le plus décisif de la bataille de \\ ildemess, comme on l'a appelée, fut celui du jeudi 12 mai.

A quatre heures et demie du matin, Hancock a attaqué l'ennemi en face de lui, a (ait jouer son artillerie, puis exécuté une charge irrésistible au cœur de

LINCOLN. do

la position. Johnson, un des meilleurs généraux sudistes, est un moment l'ait prisonnier, avec la plus grande partie <lc la brigade Stonewaii.

A six heures et demie du soir, Grand annonçait lui-même les résultais à Washington, par cette dépêche : « Le huitième jour de la bataille se termine laissant « entre nos mains trois à quatre mille prisonniers, dont deux officiers d'artillerie « et plus de trente canons.

« L'ennemi est obstiné, cl semble avoir trouve son dernier retranchement.

« Nous n'avons pas perdu de corps, pas même une compagnie, tandis que a nous avons détruit et pris une division, une brigade et un régiment ennemis.

(i U. GlUNT. »

Après ces grandes journées de la bataille de Wilderness, Grant et Lee l'ont assaut de tactique militaire pour se surprendre l'un l'autre ; mais tout se borne à des reconnaissances, et aucune action sérieuse n'est engagée.

Les nouvelles du sud-ouest sont favorables aux fédéraux. Le général Johnston bat en retraite devant Sherman.

Le 23 mai, Grant annonce que Lee a abandonné la ligne du North-Anna et opère sa retraite sur Ricbmond.

Le bombardement de Charleston est repris le 22. Vu. monitor fédéral vient mouiller en rade, et tout annonce dans les mouvements de la flotte unioniste, que des opérations importantes se préparent. Grant se rapproche de plus en plus de Hichmond et refoule les confédérés vers les fortifications de la ville.

Buttler, qui se trouve à Bermuda-IIundred, parvient, le 1er juin, à culbuter les confédérés, qui essayaient de tourner sa gauche.

A ce moment, les efforts militaires, faits par les fédéraux pour écraser la rébellion, se traduisent en une dépense de 2 millions de dollars, soit près de 1 1 millions de francs par jour.

Le 19 juin, un dimanche, les Américains livraient un combat naval en rade de Cherbourg. A onze heures, 30 minutes, YAlabama, navire confédéré, armé de 10 à 12 canons de fort calibre, et commandé par le capitaine Semmes, était sorti de rade. A midi et 10 minutes, le Kcarseage, corvette des Etats-Unis, qui portait 13 canons et lôo hommes d'équipage, et que commandait le eapitaineW inslow , s'est dirigé immédiatement sur le navire sudiste et a commencé à le canonner. Le duel maritime a duré une heure. A la suite de ce duel, YAlabama avait reçu plusieurs boulets qui le coulaient à cinq milles de la côte.

Grant livre un nouveau combat le 3 juin, et parvient à tourner le flanc de l'ennemi et à s'établir dans une partie de ses lignes avancées. Cet engagement n'a eu d'autre résultat que d'affaiblir les séparatistes.

Le 7 juin, la Convention nationale unioniste, réunie à Baltimore, adopte par acclamation la candidature de M. Lincoln pour la présidence , et celle de M. Andrew Johnson pour la vice-présidence des États-Unis. Baltimore est la

capitale de cet Etat de Maryland, qui votera en octobre sur l'adoption ou le rejet de la nouvelle constitution cpii abolit l'esclavage.

C'est dans le Maryland que le gouverneur de l'Etat a pu publier la nouvelle loi fondamentale, et la mettre en vigueur à partir du 1er novembre 1864, cette loi dont l'article unique se résume en cette plirase :

« A partir de ce jour, 1er novembre, il n'y a plus d'esclaves dans le Maryland. »

Le sénat adopte, dans sa séance du 23 juin, un bill de la chambre, ayant pour but d'abroger les lois de 1793 et de 1850, sur l'extradition des esclaves, loi qui était un sujet de honte pour l'Union, quoique, depuis l'avènement de Lincoln, elle n'eût que peu de valeur et pas d'application.

Nous ne pouvons passer sous silence les conférences qui eurent lieu à cette époque en vue du rétablissement de la paix en Amérique.

Des hommes influents appartenant au Sud, MM. Clay, Thompson, Holcomb et Sanders, se réunirent, à Cliffton-IIouse, à plusieurs membres du parti démocrate, ayant à leur tète M. Horace Gre.eley.

Les représentants des deux partis n'avaient,disent les uns, que des titres semiofficiels, ils n'agissaient, disent les autres, qu'à titre officieux.

La réponse de Lincoln aux propositions des confédérés posa comme bases essentielles : le rétablissement de l'Union et l'abandon complet de l'esclavage. Le Sud ne devait jamais céder sur ce dernier point. Les conférences pacifiques n'aboutirent pas.

Les armées fédérales reprennent vigoureusement l'offensive. Sherman,qui est toujours en Géorgie, parvient à enfermer Johnston dans les fortifications d'Atlanta. Johnston, accusé d'incapacité, est remplacé par le général Hood, qui se trouve à la tète de 60,000 hommes, et inaugure son commandement par une défaite que lui fait subir Sherman. Ce succès, obtenu le 21 juillet, amène les fédéraux sous les murs d'Atlanta, centre des opérations dans les Etats cotonniers.

Grant n'attendait qu'une chose pour commencer le siège de Petersburg, c'est que Sherman se fût solidement étabi à Atlanta. De ce point, son lieutenant, en cas d'une victoire, pouvait couper la retraite aux confédérés vaincus.

Lincoln lance un nouvel appel de cinquante mille hommes, « afin de recruter et de maintenir la force des armées en campagne, pour les garnisons et les [opérations militaires qui peuvent être requises dans le but de supprimer la rébellion, et de rétablir l'autorité du gouvernement des Etats-Unis dans les Etats insurgés. »

Le 30 juillet au matin, Grant attaque les fortifications de Petersburg, avec 94 gros canons et 15 mortiers. A quatre heures du matin, une mine fait sauter un fort, qui ensevelit sous ses décombres tout un régiment de la Caroline du Sud. L'attaque a commencé une heure après, et Burnside s'est emparé des ruines du fort et des retranchements de chaque côté. Le combat a été des plus acharnés, et les confédérés ont laissé 5,000 hommes sur le champ de bataille.

Pour aider puissamment le plan combiné par Grant, le gouvernement de Was-

hington vient d'organiser un département militaire, comprenant le nord de la Virginie, le Maryland, le sud de la Pensylvanie et le district de la Colombie. Le général Hooker est nommé commandant en chef de ce département et chargé " d'attaquer Richmond du côté du nord.

Le vieil amiral Farragut entre, avec la flotte fédérale, dans la baie de Mobile, dont il poursuit le siège. Sherman est toujours devant Atlanta. Il a réussi, le 13 août, à s'emparer de la ligne des fossés à tirailleurs, et s'y est maintenu. Il finit par s'en emparer.

Atlanta était le cœur de la confédération du Sud; il reste encore à prendre la tète, Richmond.

A Petersburg, les confédérés attaquent Warren, qu'ils ne parviennent pas à déloger après trois jours de combats, mais auquel ils font perdre 3,000 hommes. Grant leur fait chèrement payer ce succès passager. Dans plusieurs engagements, livrés sur la route de Weldon, il leur met 10,000 hommes hors de combat.

Le président Lincoln ordonne un jour de prières et d'actions de grâce pour remercier Dieu des succès obtenus à Atlanta et devant Mobile.

Le Nord, à l'heure qu'il est, a reconquis plus des deux tiers des Etats rebelles ; il a repris le cours du Mississipi et maintenu un grand blocus effectif. Il vient d'occuper Atlanta, au cœur de la Géorgie, l'Etat le plus puissant du Sud; il a réussi à isoler complètement Richmond ; sa flotte tient la ville de Mobile sous ses canons, et s'est rendue maîtresse de la baie. Encore un effort, et le Sud sera vaincu.

Le 19 septembre, Sheridan livre bataille au général Early, dans la vallée de Shenandoah, sur les bords de l'Opoquan, près de Winchester. Le général confédéré Early commandait 27,000 hommes; les forces de Sheridan s'élevaient à 30,000 hommes. L'action a duré depuis le matin jusqu'à cinq heures du soir. Les séparatistes sont complètement défaits, perdent 5 canons, 15 drapeaux, et laissent 2,500 prisonniers entre les mains des fédéraux.

Des renforts arrivent de tous côtés à Grant , qui se dispose à en finir avec la rébellion en Géorgie. La ville de Petersburg est soumise à un bombardement continu. Le 30 septembre, les fédéraux emportent les deux premières lignes de défense de la place. Birney, qui a traversé la rivière James, s'avance sur Richmond, dont il approche jusqu'à une distance de deux milles.

Le 27 octobre, Grant fait une reconnaissance générale. L'impatience du Nord voudrait le voir agir plus activement , mais son plan est résolu , il ne cédera pas aux gens pressés. Réduire Richmond par la disette est un procédé beaucoup plus rationnel que de risquer une attaque contre des troupes supérieurement retranchées. D'ailleurs ses lieutenants font de la besogne pour lui.

Sur mer les confédérés éprouvent un échec. Leur dernier navire est capturé dans le port de Bahia, ce qui amène un échange de notes diplomatiques entre le gouvernement des Etats-Unis et le gouvernement brésilien, qui toujours avait été favorable à la cause du Sud.

La Floridu était dans le port pour se réparer ; dans ce même port se trouvait la corvette fédérale le Wurlnissctt. Dans la nuit du 0 au 7 octobre on s'aperçut, à bord du navire séparatiste, que le bâtiment ennemi lilait ses amarres. On appela les liommes, qui se mirent à leur poste, et au même instant la ilorkla l'ut entourée de chaloupes. Bientôt le Waehussett arriva et se jeta sur la poupe du navire confédéré, qui eut un mât brisé par une décharge à mitraille, puis les gens du bâtiment fédéral se précipitèrent sur le pont et s'emparèrent, après un rude combat à l'arme blanche, de la corvette séparatiste.

\]\\ canot appartenant à la division navale brésilienne fut envoyé pour prévenir le Wuelmsselt que, s'il ne cessait pas son attaque, on allait le couler.

Le navire fédéral passa une amarre à la Floridu et disparut avec sa prise.

Les débats diplomatiques durèrent longtemps. Le Brésil demandait une réparation au gouvernement des Etats-Unis. De son côté, ce gouvernement se I daignait amèrement de la conduite tenue par la Hotte neutre. 11 avait en cela parfaitement raison, car lorsque le Waehussett se retira du port de Babia, il eut à essuyer huit décharges, qui portèrent toutes et qui lui tirent subir de grosses avaries. Enfin, après des discussions très-longues, satisfaction fut donnée de part et d'autre.

A cette époque, ce qui préoccupait surtout les esprijs était la réélection d'un nouveau président des Etats-Unis.

Plusieurs candidats se présentaient, mais le concurrent sérieux de Lincoln était Mac Clellan.

Une majorité de 400,000 voix en faveur d'Abraham Lincoln , tel fut le résultat de l'élection.

Le Kentucky, le New- Jersey et le Delaware votèrent pour le général Clellan, mais n'ayant en tout que 2,000,000 d'habitants, ils ne pouvaient faire triompher leur candidat qui , du reste , n'avait aucun antécédent politique et représentait , dans le Nord , l'aristocratie ou l'esclavagisme.

Lincoln, au contraire, représentait le parti vraiment et justement républicain. Homme du peuple lui-même , ayant souffert et travaillé comme le plus humble des sujets des Etats de l'Union , ne s'étant élevé à cette haute position de chef de plusieurs millions d'hommes que par le courage et la persévérance, il comprenait et partageait les besoins de ceux qui se confiaient à lui.

Sa réélection était significative , et pouvait se résumer en ces quelques mots : Triomphe de la liberté sur l'esclavage.

Un important avantage est remporté à Plymouth par les fédéraux. Après quelques jours de combats et d'escarmouches, ils s'emparent de cette place qui, cependant, était défendue par le bélier Albermale. Notons une tentative audacieuse et heureuse du lieutenant Cushing, qui n'hésita pas à remonter le Boanoke au milieu de la nuit, accompagné seulement de douze hommes, à s'avancer auprès de YAlbennale , au milieu d'une grêle de balles, et à plonger une torpille sous le bélier.

Cette énergique manœuvre procura aux fédéraux l'entrée de Plymouth.

Le gouvernement des Etats-Unis reçut, le 22 novembre, une dépêche lui annonçant que le général Sherman avait divisé son armée en deux parties. L'une marchait sur Maçon , l'autre sur Augusta. Elles devaient se rejoindre à Milledgeville et de là se porter sur Charleston.

Les confédérés voulaient depuis longtemps s'emparer de New- York, mais ils ne pouvaient songer à attaquer ouvertement cette ville ; aussi eurent-ils recours à l'incendie. Dans la nuit du 25 au 26 novembre, plusieurs grands établissements., situés sur différents points de la ville, prirent subitement feu. Les secours arrivèrent si promptement et furent si intelligemment distribués, que la tentative des sudistes resta infructueuse.

Les confédérés éprouvèrent à la fin de l'année un échec devant Nash ville qu'ils assiégeaient, et qui était défendue par le brave et intrépide général Thomas.

Voici la dépêche qui fut expédiée par le général unioniste à son gouvernement :

Nash ville, 13 décembre, 9 heures du soir.

« J'ai attaqué l'ennemi ce matin, et je l'ai repoussé jusqu'à la route de Franklin, aune distance d'environ huit milles.

«Nous avons capturé le quartier général et les wagons de Charnier, vingt wagons, de quinze cents à deux mille prisonniers, et seize pièces de canon.

« Nos troupes se sont bravement comportées et ont enlevé à la baïonnette les retranchements des rebelles.

« J'attaquerai de nouveau l'ennemi demain , s'il est disposé à s'arrêter et à livrer bataille ; et s'il bat en retraite pendant la nuit, je le poursuivrai, tout en envoyant un corps de cavalerie sur ses derrières , afin de détruire , s'il est possible, ses convois d'approvisionnement.

« Georges H. Thomas , major général. »

Le lendemain, nouvelle bataille également heureuse pour les fédéraux, ainsi que le constate une seconde dépèche du général Thomas :

Nashville, 16 décembre, 6 heures du soir.

«Une bataille terrible a été renouvelée aujourd'hui. Hood se retire, mis en déroute. Nos forces le poursuivent vigoureusement. Nous avons capturé quarante caissons et nous continuons à taire de nombreux prisonniers.

« Georges H. Thomas. »

PRISE DE SAVANNAII. — ROMBARDEMENT DE WILM1NGTON. BATAILLE DE NASHVILLE.

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