DES ÉTATS-UNIS
Lincoln, qui avait siégé pendant trois années consécutives à la législature de son État, fut envoyé au Congrès, en 1847, par le parti républicain de l'Minois. entra pour la première fois à Ja Chambre des représentants, à Washington, le preuter Jundi de décembre, fut un de ceux qui, dans cette enceinte, blâämèrent li guerre que les Etats-Unis venaient d'entreprendre contre le Mexique.
Ha désipprouva énergiquement comme injuste et inconstitutionnelle. Ce res-
pect de kr Constitution, qui éclate ici publiquement, nous le verrons dominer
sa vie politique, L'abolition de l'esclavage trouva en lui un rude champion et il ne laissa pas
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«Deux ans plus tard, » dit A. Malespine, l'homme de France qui connaît le mieux les États-Unis et qui a toujours si courageusement défendu la cause du Nord, « Lincoln soutint, en 1858, contre le sénateur esclavagiste Douglas (Stephen), une mémorable lutte oratoire. H le suivit de ville en ville, prenant la parole après lui devant le même publie, traitant à fond la question de l'esclavage, et rélorquant tous ses arguments avec tant d'énergie, de netteté d'esprit et d'éloquence entrainante , qu'il attira sur lui tous les regards et se placa au premier rang des hommes politiques de son pays. Il faut surtout rechercher dans les discours de Lincoln , du tact, de la méthode, une logique serrée , une bonne humeur spirituelle, Un journal de Chicago disait de lui en 1858 , qu’il avait une lucidité toute française. Lorsqu'il abordait une question, il l'épuisait; ses adversaires auraient pu, sans regret, rendre les armes avant d'engager la lutte, I est vrai que jamais il ne s'est fait l'avocat d’une mauvaise cause, »
Au commencement du printemps de 1860, il n'y à plus en Amérique de partis, ni whigs, ni torys, ni républicains, mn démocrates. Après la généreuse tentative et l'exécution de John Brown, le premier martyr de la cause abolitioniste, deux intérêts étaient en présence. La grande République menacait de se scinder en deux confédérations, celle du Nord, celle du Sud; celle de l'abolition, celle du maintien de l'esclavage. On était à la veille de l'élection présidentielle.
Le 23 avril 1861, trois cent trois délégués assistent à læconvention qui, sur la désignation du parti démocratique, se tient à Charleston (Caroline du Sud). Plusieurs candidats sont sur les rangs, mais la division se met dans le camp sudiste, et le sénateur Douglas ne peut obtenir la majorité après dix séances très-agitées.
La convention du parti conservateur-unioniste s'ouvre, de son côté, le 10 mai, à Baltimore. Au premier scrutin, le sénateur Bell est nommé candidat à la présidence et M. Edward Everett à la vice-présidence.
Le 16, les républicains tiennent leur convention à Chicago (Hlinois). Treize candidats se présentent. Les plus sérieux sont Seward, Lincoln etFrémont. Quatre cent soixante-six délégués prennent part aux séances, qui durent trois jours. Seward et Lincoln se disputent la majorité, qui finit par rester à ce dernier avec 354 voix. La nomination de Lincoln comme candidat à la présidence est déclarée unanime, Par Le choix qu'ils font, les républicains veulent aceuser leur modération et ménager les susceptibilités de leurs adversaires.
Une seconde convention esclavagiste et démocratique se réunit, le 18 juin, à Baltimore, sans plus de succès qu'à Charleston, Une double élection porte à la candidature de la présidence Douglas et Breckinridge.
On touche au 6 novembre. Quatre eandidats se disputent la présidence : Abraham Lincoln, John Bell, Stephen Douglas, John Breckinridge, Les électeurs
spéciaux, élus par chaque Etat, dont le nombre total doit être égal à celui des membres du Congrès, Chambre des représentants et Sénat réunis, les électeurs émettent leurs votes. Ils sont au nombre de 303 : 183 pour 18 Etats libres; 120 pour 15 Etats à esclaves. L'élection ayant lieu à la majorité absolue, cette majorité est de 152. Le soir même, à minuit, le télégraphe annonce à toute l'Union que 180 suffrages appellent Abraham Lincoln à la présidence des Etats-Unis.
Un cri de colère, parti du Sud, répond à cette nouvelle. La Caroline la première donne le signal de la sécession. Ses deux sénateurs au Congrès envoient leur démission. La Géorgie, l'Alabama, la Floride, le Mississipi proposent résolàment la scission. La convention de la Caroline du Sud s'ouvre le 17 décembre, et le 20 elle adopte l'acte par lequel « l'Union entre la Caroline du Sud et les «autresEtats, connus sous le nom d'Etats-Unis d'Amérique, est dissoute. » Le 24, les six représentants de l'Etat au Congrès se retirent, et les préparatifs militaires sont poussés avec la plus active énergie.