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Ghildéric laissait à son fils Clovis, âgé de quinze ans, une armée de 5000 hommes (^81). Ce fut avec cette petite troupe que le jeune prince, cinq ans plus tard, vint attaquet Syagrius, fils d'Aétîus, général romain au service de Tempire d'Orient. Il le défit à Soissons (486). Cette victoire étendit sa domination jusqu'à la Seine, et les Francs s'enrichirent du pUlage des villes romaines.
Malgré le respect , de Clovis pour saint Rémi, qui en était évéque, Reims eut à souffrif quelques pertes. Un vase sacré d'un très-grand prix avait été enlevé dans une église, et saint Rémi le réclama près du jeune chef des Francs. Celui-ci attendit, pour le demander, que là masse du butin fût réunie à Soi^ sons. Mais là, quand il eut parlé, un soldat eut l'insolence de briller ce vase d'un coup dé sa hache. Glovis dissimula son ressentiment. Plus tard, faisant une revue de son armée, il s'arrèt» devant le soldat, et, sous prétexte que ses armes étaient mal tenues, il lui enlève sa hache et la jette à tewe. L'homme se baisse pour la ramasser; Clbvîs lui fend la tôte en disant : Souviens 'toi du vase de Soissons.
Au moment de prendre une épouse, Clovis fit choix de tllbtilde, nièce de Gondebaud, roi des Bourguignons. Elle était orpheline, car Gondebaud avait massacré ses parents. Toutefois, il n'osa la refuser à son redoutable voisin. Clotilde devenue la femme ^e Clovis, s'efforçait d'attirer son époux, encore païen, à la foi catholique, qu'elle professait avec une grande piété. Un événement merveilleux hâta cette conversion.
Les Alamans venaient de franchir le Rhin ptès de Tolbiac (ZuVpich), menaçant d'une nouvelle. invasion le territoire gaulois, que le roi franc se réservait pour lui seul. Clovis marche à leur rencontre. Dans la bataille, voyant ses soldats plier, il iiiyô^ile le dieu de GlotUde, et Jait vœu de se x^onveHir; si le dbji^t lui clonné là victoire. Il fut victorieux en effet, et, fidèle à Ion serment, il reçut ie baptême des mains de saint Rémi) dans l'église de Reims. îirois mille de ses guetriers j3ui-'
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virent son exemple (496). De cette mémorable journée date la France catholique, fille ainée de l'Église. Tous les autres princes chrétiens étaient alors dans Thérésie,
Quatre années plus tard (500), pour venger les parents de Glotilde et pour répondre à Tappel des évêques catholiques du royaume de Bourgogne, Clovis attaqua Gondebaud, le battit près de Dijon^ et, s'U ne le détrôna pas, il le fit du moins son tributaire.
Gomme on l'a vu plus haut, le midi de la Gaule appartenait, en grande partie, à d'autres barbares. Dans l'assemblée générale du champ de Mars tenue en 507, Clovis dit à ses compagnons : Je ne puis souffrir que ces Wisigoths ariens possèdent la plus belle partie de la Gaule. Marchons^ et avec Vaide de Dieu^ chassons-les. Ayant donc passé la Loire et la Vienne, Clovis rencotftra l'armée des Wisigoths à Vouilléy près de Poitiers (507), les défit, tua leur roi Alaric n, de sa propre main, et envahit ensuite TAquitaine, pendant que son fils Thierry attaquait les autres provinces du Midi. Il en aurait achevé la conquête, si le roi des Ostrogoths, Théodoric, maître de Tltalie, n'avait envoyé une armée, qui arrêta devant Arles^ les progrès des Francs. Toutefois, Clovis retint le pays compris entre la Loire et la Garonne, de sorte que les Wisigoths conservèrent seulement la Septimanie (Narbonne, Carcassonne, Nîmes, etc.) Au retour de cette expédition, il reçut de l'empereur d'Orient Anastase, alors en guerre avec Théodoric, les ornements de patrice et de consul. Le roi franc, revêtu de la tunique de pourpre et de la chlamyde, le diadème au front, fit une entrée triomphale dans la ville de Tours, jetant avec profusion l'or et l'argent au peuple, qui le saluait des noms de consul et d'auguste.
Soutenu par la sympathie du clergé catholique et des populations gallo-romaines, Clovis constitua un puissant empire, qui avait pour limites l'Océan, les Pyrénées, les Cévennes, le Rhône et le Rhin; mais il ne sut pas dépouiller Fastuce et la férocité des mœurs barbares. Les différents chefs des tribus franques, encore indépendantes, périrent victimes de ses embûches, malgré les liens de parenté qu'ils avaient avec lui.
Au milieu d'une prospérité déshonorée par le crime, Clovis fut enlevé (511), à l'âge de quarante-cinq ans, et enterré à Paris, oti il résidait depuis 507. L^église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, appelée depuis Sainte-Geneviève, qu'il avait fait bâtir, reçut le corps de son fondateur.
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S. mmeeemneur» de CIotUi.
A la mort de Glovis, ses quatre fils se partagèrent son royaume comme une propriété privée. On fit quatre lots qui furent tirés au sort : Thierry eut pour capitale Metz ; Clotaire /•«■, Soissons; Childebert, Paris, et Clodomir, Orléans. Bien que ce partage dût nécessairement affaiblir la puissance des Francs, les quatre jeunes rois soutinrent pendant quelques années la gloire du nom paternel. Ils se concertèrent pour envahir la Bourgogne, Sigismond, le successeur de Goudebaud, périt d'une mort cruelle avec toute sa famille. La guerre continua néanmoins, et Clodomir, qui la poursuivait seul, fut tué à la bataille de \iéséronce, près de Vienne (524). Dix ans plus tard (534), Ghildebert et Clotaire, ayant vaincu Gondomar, frère de Sigismond, achevèrent la conquête de la Bourgogne. Le royaume fondé par Gondicaire avait duré cent vingt ans.
La reine Glotilde, veuve de Clovis, surveillait avec tendresse l'éducation des trois fils en bas âge, laissés par Clodomir. Leurs oncles, Childebert et Clotaire, les envoient demander sous *un spécieux prétexte; puis, lorsque les enfants sont en leur pouvoir, ils font porter à la reine des ciseaux et une épée nue. Glotilde comprit le sens de ce cruel message, et s'écria hors d'elle-même: Taime mieux les voir morts que tondus. Ces mots furent l'arrêt de ses petits-fils. Clotaire égorgea les deux aînés ; le troisième, Clodoald, lui échappa et vécut dans la retraite et la prière au lieu nommé plus tard, à cause de lui, Saint-Gloud. Glotilde, accablée de douleur, se retira auprès du tombeau de saint Martin, à Tours, où elle mourut vers 545.
Cependant, le roi de Metz Thierry, ayant entrepris de soumettre la Thuringe, réussit dans son dessein par la force et la perfidie. Childebert, de son côté, alla châtier jusque dans Narbonne l'arien Amalaric, roi des Wisigoths, coupable de cruelles violences envers sa femme, fille de Glovis, qui refusait d'abjurer la foi catholique. Amalaric fut tué. Thierry se signala encore par la dévastation de V Auvergne^ et, après sa mort (534), son fils Théodebertj le plus vaillant des successeurs de Clovis, tenta une expédition en Italie. Cette guerre lui valut la possession de la Provence. Jaloux de la gloire de leur neveu, Childebert et Clotaire se mirent en marche contre les Wisigoths d'Espagne, et poussèrent leur incursion jusqu'à Saragosse,
L'aventureux Théodebert songeait à conquérir Gonstanlinople, lorsque la mort le surprit (547). Son fils, Théodebaldy
vécut peu d'années. Childebert mourut aussi, au milieu d'une guerre contre son frère Clotaire. Celui-ci se trouva donc le seul maître de Tempire franc, qui s'étendait alors du Weser aux Alpes (558). Ghramme, iu de Clotaire, s'étant révolté avec l'appui d'un prince breton, son père marcha contre lui, le vainquit près de Dol^ et le fit brûler avec sa famille dan^ une chaumière où il s'était réfugié. Il succomba bientôt luimême à Compiègne, pénétré de crainte et de remords (561). Quel est donc^ disait-il, ce roi du cid qui fait ainsi mourir Us plus grands rois de la terre? Sa femme, sainte Radegonde, s'était retirée depuis longtemps à Poitiers, dans un monastère, qui eut pour chapelain le po^e Fqrtunat.