‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 102 sur 254 · DeaxIèBie pavtase dii rQ/Mune de clovl» (Mit · texte numérisé non relu

DeaxIèBie pavtase dii rQ/Mune de clovl» (Mit

Les quatre fils de Clotaire se partagèrent ses États, comme l'avaient fait les fils de Clovis ; Caribert fut roi de Paris j 6^tran eut la Bourgogne et Orléans; Sigebert, TAustrasie, capitale Metz; ChilpériCj la Nçustrie, capitale Soissons. Chaque prince reçut en outre un certain nombre de villes dans l'Aquitaine, si bien que le territoire fut morcelé à l'infini, pour arriver à l'égalité des revenus entre les quatre frères. La mort de Cainbert (567) donna bientôt lieu à un second partage ; elle laissa sans contre-poids l'ambition de^igebert et de Chilpéric qui, maVgréles efforts pacifiques de Gontran, se firent toute leur vie une guerre acharnée. Les États de Sigebert, situés à l'est, prirent, à cette époque, le nom à'Austrasiéy et ceux de Chilpéric, situés à l'ouest et au centre, celui de Neustrie. L'Austrasie, en contact direct avec les Germains, conservait mieux l'esprit d'aventure, tandis que la Neustrie, destinée à devenir un jour le premier noyau de la nationalité française, inclinait de plus en plus vers les mœurs gallo-romainei^ Deux reines trop célèbres, Frédégondê et Brunehauty personnifièrent d'abord la rivalité de ces deux royaumes.

Brunehaut était fille d'Athanalgilde, roi des Wisigoths d'Espagne, et femme de Sigebert, roi d'Austrasie. Frédégonde, d'une naissance obscure, avait réussi à partager le trône de Chilpéric, en faisant assassiner sa seconde femme, Galswinthe, sœur de Brunehaut. Celle-ci poussa son mari à venger la mort de sa sœur : telle fut la cause de la guerre entre les deux frères: Deux fois réconciliés par Gontran, ils ne pouvaient surmonter la haine qu'ils avaient Tun pour l'autre, et recommençaient

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toujours les hostilités. SigQl)ert contraignit enQ^ Ghibéric à se renfermer dans Toumay, et ^e fît reconnaître roi par lesleudes de son ennemi; mais, comme il descendait du pavois, deu^p assassins envoyés par Frédégonde le frappèrei^t de leurs couteaux empoisonnés.

Ce meurtre change aussitôt les fortunes. Brunehaut reste au pouvoir de Chilpéric et de Frédégonde, tandis qu'un serviteur fidèle parvenait à sauver son fils, Çhildebert II, âgé de cinq ans. Chilpéric n*osa faire périr la veuve de son frère, par crainte im Austrasiens, gui la redemandaieAt à grands cris; mais la vengeauca de Frédégonde s'acharna sur le fils de Chilpéric, le }eune M^rovée, qui avait pris la captive sous sa protection, et saâme avait eu l'imprudence de l'épouser ; elle le fit mourir plus tard. Nourrissant, d'aiijeurs, une haine implacable contre l'évoque de Ro^en, Prétejçtat, qui avait célébré cette unioi^ funeste, eUe envotya vers l^i iin assassin^ qui coiisoinms^ son cirimê au pied même de V^utel (588). Le s^amt vieilla]rd se i^^ntant blessé à mort, appuya ses deux mains sur la pJaifi ouvçjte, et, gravissant lenteoient les marches de l'autel, se coiîUPa^çÀa lui-même. Il rendit l'âme quelques heures aprè^.

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Chilpéric avait ét&, lui aussi, victime de sa criminelle i^o^s§ ; elle le fit assassiner par son page Landri, un jour qu'il revenait de la chasse (584), puis elle prit la tutelle de son fils Clotaire II, âgé de quatre mois à peine. Le roi d'Âustrasie, Çhildebert II, étant lui-môme bien jeune, se mit sous la protection de Contran, qui l'adopta |)ar le traité à'Andeht (587). On a conswvé le texte de cette convention cél^re. Les nobles qui garantirent le traité, reçurent en récompense l'hérédité de certains fiefs: point de départ de tout le système féodal. Contran mourut on 593, laissant ses États à i^on neveii Çhildebert II.

Ce fils de Brunehaut, ^ peine ^^ possession de la Bourgogne, entreprit de détrôner Clotaire I][, roi de Neustrie, placé, comme nous l'avons dit, sous la tutelle de Frédégonde, sa mère; mais cette fémine intrépide enflamma le courage des leudes, et défit à Droissy, près de Laon, les Austrasiens et les Bourguignons réunis. Trois ans après (596), Çhildebert mourut empoisonné ; on ne sait si ce crime doit, être imputé à Frédégonde ou bien aux grands 4u royaume. Les dei^x fils de Ghildel)çrt, Xhéodehert et Thierry^ furent mis en possession, l'un de TAustrasie,

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rautr6 de là Bourgogne, et, par une coïncidence malheureuse, l'empire mérovingien tombait ainsi au pouvoir de trois enfants en bas âge et de deux fenunes ambitieuses et vindicatives. La .^'uerre civile se ralluma bientôt. Frêdégonde battit encore une fois les Austrasiens, à Latofao^ près de Laon. Ce fut son dernier triomphe; elle mourut la môme année (597], justement détestée pour ses forfaits.

Brunehaut lui survécut, et, pour conserver son influence sur ses petits-fils, elle les corrompit et les excita Tun contre l'autre. Théodebert périt en combattant son frère (612). Une maladie qui emporta Thierry Tannée suivante, laissa Brunehaut sans défense contre les entreprises des nobles et les attaques du roi de Neustrie, Giotaire II. A la suite d'un dernier combat, elle fut faite prisonnière. Giotaire II, digne fils de Frêdégonde, exposa pendant trois jours cette reine de soixante-dix ans aux outrages de ses soldats; il la fit enfin attacher à la queue d'un cheval indompté, qui mit son corps en lambeaux. Le plus grand crime de Brunehaut, aux yeux des leudes, était dV voir voulu contenir leur esprit d'indépendance, affermir l'autorité royale, et remettre en vigueur les principes de Tadminis* tration romaine. La postérité, sans l'absoudre de ses crimes, doit lui tenir compte des travaux utiles qu'elle entreprit, des églises qu'elle fit élever, et du zèle religieux qu'elle alliait, par une contradiction alors très-commune, aux dérèglements de là barbarie.

•• Histoire de l^BglUe au «Ixlème fllèele.

Vers la fin de Tempire, les campagnes de rOccident étaient dépeuplées et en grande partie incultes ; car les exactions du fisc impérial décourageaient le petit nombre de laboureurs que le fer des barbares n'avait pas atteints ou ruinés. Le travail manuel, abandonné aux esclaves, était regardé comme un déshonneur. En môme temps, les études, les arts, la vie morale, tout s'éteignait. Saint Benoit entreprit, pour sa part, de régénérer les âmes et de restaurer la loi du travail, en dictant, au Mont-Cassin (528), cette règle immortelle fondée sur les trois vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté. Les moines, romains ou barbares, nobles ou plébéiens, partageront leur temps entre la prière, la méditation , l'étude et le travail des mains ; ils défricheront les landes, copieront les manuscrits des auteurs anciens, instruiront la jeunesse; ils iront prêcher TËvangile aux païens. C'est ainsi que le pape sairU Grégoire le Grand (590-604) put trouver des ouvriers cap2d>les de seconder un zèle qui embrassait le monde. Il eut la joie de réconcilier avec l'Église les donatistes d'Afrique, les Lom-

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bards et les Wisigoths ariens; de commencer enfin la conversion des Anglo-Saxons. De pieuses princesses, issues du sang de Giovis, préparèrent plus d'une fois ces conquêtes de la civilisation chrétienne. Sous le môme pontificat, Rome se remplit d'hôpitaux, d'hospices et d'écoles. Ce fut comme l'aurore d'un monde nouveau.

Néanmoins, la Gaule, où régnaient encore beaucoup de superstitions païennes, profita peu de l'impulsion et des réformes du grand pontife, parce que des cours corrompues y favorisaient tous les désordres, même ceux du clergé. Pour avoir élevé une voix courageuse contre les scandales des petits-fils de Clovis, saint Didier, évêque de Vienne, et l'Irlandais saint Colorriban, fondateur de l'abbaye de Luxeuil (Vosges) , furent persécutés par Brunehaut. Saint Grégoire de Tours, notre premier historien, retrace naïvement l'état des mœurs et des esprits à cette époque. Au milieu de tant de désordres et de violences, saint Maur, disciple chéri de saint Benoît, apporte la règle de son maître sur les bords de la Loire. La grande abbaye de Lérins, fondée en 410 par saint Honorât, illustrée par saint Vincent, produisait alors beaucoup de docteurs et de saints personnages.

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