‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 103 sur 254 · V. Invasion des Ostrogotlui · texte numérisé non relu

V. Invasion des Ostrogotlui

Après la mort d'Attila et la retraite des Huns, les Ostrogoths. délivrés de ces sauvages dominateurs, se rapprochèrent de Tempire d'Orient, qui leur céda la Pannonie, et, comme leurs frères les Wisigoliis, commencèrent par se mettre au service de la cour de Constantinople. Un de leurs jeunes princes, Théo^ doriCy de la race des Amaks ou purs, reçut même une éducation toute romaine, près de l'empereur Zenon. Mais à la suite de différends inévitables, Zenon, pour éloigner ses alliés barbares, chargea Théodoric d'aller reconquérir ritalie. Elle avait été subjuguée, en 476, par Odoacre, roi des Hérules, et formait depuis cette époque, un royaume indépendant, dont le chef avait ob» stinément repoussé l'Évangile. Thôodoric est trois fois victorieux, d'abord sur les rives de l'/sonzo, puis à Vérone et sur les bords de VAdda (490). Odoacre se renferme dans Ravenne; Théodoric l'y tient bloqué pendant deux ans par un corps d'arméQ, tandis que lui-même parcourt l'Italie et reçoit la soumission de toutes les villes. Odoacre se rendit enfin, sous la condition de partager la royauté avec le vainqueur. Peu de temps après, il périt égorgé dans un festin (493), par ordre de Théodoric, après un règne de dix-sept ans.

Théodoric fut, avec Clovis, le plus grand des rois barbares. Aidé de son ministre Gassiodore, il sut concilier les intérêts divers, maintenir les habitudes guerrières de ses sujets, et

%0i HISTOIRE DU MOTBN AGE.

I4J3SQÇ «H;f^]goy[n9.ia;^ l^ur l^Ution. (içsiv^cus., 4é(iO,uUlésdu tiers de leurs biona, exclus es outre des charge» lalUtaires, pouvaient du moins prétendre à toutes les fonctions civiles*

Par des alliances et des mariages, Théodoric acquit une sorte de suprématie sur tous les autres rois baii)ares. Il favorisa d'ailleurs Fagriculture, le commerce et les arts ; il publia un code 4^ lois et prit soin des anciens monuments de l'Italie. Mais son zèle pour l'arianisme fit de lui, l^l^ Çn, un prince liolent et persécuteur. Le savant Bo^ce, liouune d'État d'un grand mérite, fut impliqué dans un complot et livré sans ju- ^ment au dernier supplice. Son beau-père Symmaque eut le même sort. Les remords de ces crimes hâtèrent, dit-on, la fin de Thébdoric, qui crut voir, dans un repas, la tête de Symmaque sur un plat apporté devant lui (526).

Depuis la iQort d'Alaric n,'tué par Glovis à la bataille de Vouillé^ et depuis l'échec de Thierry, fils de Glovis , devant Arles^ l'empire de Théodoric s'étendait sur une partie de TEspagne et de l'Aquitaine, sur I9 Froveocet l'^taUe et la Sicile, sur rillyrie, la Pannonie et la Rhétie.

Théodoric laissait deux petits-fils. li'mi» Àmalaric, était déj|i roi 4e? Wisigoths depuis la mort de çon père, Marie II ; le se-, ftond, Athalaric, fççut le royaume des Ostrogoths, §ous la tuteJile de sa mère Amqlasonthe. Mais Véduc^tion toute remaine que Qetteprinces^ç faisait donnera son fils^p^iécontenta les barbares; }e jeune prince, arraché à 1^ sage direction de sa mère, ne t^rda pa^ It niourir de ses propres excès (53^). Amalasonthe épouse alors soft cousin Théodat^ prince ambitieux qui, pour régner sans partage, fit assassiner sa bienfaitrice. Ce crime et cette usur^tion appelèrent qu Italie le^ ^rmesf de ;Fustinien, empereur d'Orient. H euvoya contre les Çoths son général 9é]ig(ûre, déjà vainqueur des Vandales eu Afrique. Rome fut reprise sur les bi^rbares.

Théodat venait d'être, k son tour, assassiné et remplacé par Vitigés qui, malgré sa bravoure» ne put eulever Rome aux Grecs. Lui-môme fut obligé de se rendre prisouuier dans Ravenne, et envoyé à Gonstantinople. Totilat élu à ça place, profite du départ de Bélisaire, uu moment disgracié par JustiniQi][, et remporte sur les Grecs des avantages aignalés. A la fin, FeuQuque Narsès^ successeur de Bélisaire dans le commandemeDt, acheva

mSTOIR]^ m MOYEN AC^B. 20B

par ses victoires la ruine des Q^trogoth^ (5Sà). Leui: lOjjixmiQ d'Italie avait duré soixante ans seulement. Remis en poss^ssioa de la Péninsule, les empereurs d'Orient la gardèrent bien peu de temps. L'impératrice Sophie, femme de Justin H, pour humUier Narsès qu'elle haïssait, lui envoy^^ une quenouille chargé^ de lin en souvenir de sa conditiou servile. Dites 4 VimpératricCy répondit le général, que je travaille à lui préparer un fuseau qvi'elle ne pourra jamais dévider* Suivant l'opinion commune, trop fidèle h sa menace, il appela les Lombards en Italie (5^9) , et les Grecs ei|rent bientôt perdu leur récente conquête.

•• Iii¥«flloii des liOmbards (6M}.

Les Lombards, peuple d'origine germanique ou Scandinave, plus féroces que tous les autres barbares, avaient alors pour chef Alhoin. Unis avec les Avares, ils s'étaient emparés du royaume que les Gépides, tribu gothique, avaient formé ^ur Iqs bords du Danube, et Hosamonde, fille du dernier roidesG^ide^, avait été forcée d'épouser leur chef Alboin. Celui-ci, répqiidant, comme on le croit, au message de Narsès, prit possession, sans coup férir, du Frioul et de Vlstrie. Pavie l'arrêta trois ^ns, et devint ensuite la capitale du nouveau royaume. Longin, successeur de Narsès, conserva seulement aux empereurs les cii^q villes de la Pentapoje, sur la côte de l'Adriatique, et quelques fiutres cités, telles que Ravenne, Bologne, Ferrare, désignéeç dans la suite sous le nom à'^exarchat de Ravenne. Le Midji reista pweillement tributaire de l'empire grec de Byzance. Albq^n partagea sa conquête en trente-six duchés, et forma, ^u no^d de la Péninsule, un État puissant, qui devait durer environ deux siècles. Il mourut en 574, assassiné pai* l'écu^tr de sa femme Rosamonde, qui ne lui pardonnait pas de l'avQip fQ|*cée à boire dans le crâne de son père, vaincu et tué par luj autrefois.

Après la mort d'Alboin, les Lombards tombèrent dans une anarchie qui dura dix ans, jusqu'à l'avènement à'Autbaris^ un de leurs plus grands rois. Autharis combattit victorieusement l'invasion des Francs austrasiens, conduits en Italie par leur roi Childebert II; il conquit sur les Grecs tout le midi de la Péninsule, jusqu'au détroit de Messine, dont il voulait f^iEe la frontière de son royaume; toutefois, il ne garda que 1^ duché de Bénévent. Sa veuve Théodelinde donna aux Lombards un roi vaillant, en épousant Agilulfe^ duc de Turin (591). CettQsage I^ipcesse fit embrasser la foi catholique à son peuple, jusqu'^iUors arien, et entretint avec le pape saint Grégoire le Grand des

relations amicales, qui lui valurent un don précieux, celui d'un clou de la vraie croix. Pour enchâsser cette relique, Théodelinde fit fabriquer la couronne de fer^ qui servit dès lors au couronnement des rois lombards. Astolphe fut infidèle à ces pieux souvenirs. Continuant les entreprises de son prédécesseur Luitprandj if essaya de s'emparer de Rome et d'imposer son joug au souverain pontife. Cette témérité provoqua F intervention de Pépin le Bref. Le royaume des Lombards, déjà très-afifaibli, reçut les derniers coups du fils de Pépin,. Charlemagne (774), et disparut après une existence de deux cent six ans. Le dernier roi fut Didier. Les Lombards apportèrent en Italie le germe fécond des libertés germaniques.

!•• InTasion de» Anylo-Saxons (4&ft-694).

Maîtres de la Bretagne depuis le règne de Domitien, les Romains, afin de protéger leur conquête contre les attaques continuelles des Pietés et des Scots, habitants de la Calédonie (Ecosse), avaient élevé deux murailles sur la frontière. Ces barrières devinrent impuissantes, lorsque les grandes invasions eurent forcé Rome à rappeler ses légions pour sa propre défense. Les Bretons délaissés adressèrent au patrice Aétius une plainte touchante, connue sous le nom de gémissement de la Bretagne. Enfermés entre les barbares qui les repoussaient vers la mer, et la mer qui les rejetait vers les barbares, leur situation était cruelle. Ils essayèrent d'abord de tenir tête à leurs féroces voisins, eu se donnant un chef suprême ; puis, voyant que tous leurs efforts étaient inutiles, ils appelèrent les Saxons à leur secours.

Les Saxons^ peuple germanique, formaient une confédération puissante établie entre le Weser et TElbe. Sous la conduite de leurs chefs Hengist et Horsa, ils se rendirent à la prière qu'on leur adressait (449), vainquirent les Pietés et reçurent de la reconnaissance des Bretons une petite lie, près de l'embouchure de la Tamise. Bientôt, comme ils réclamaient davantage, la guerre éclate entre les Bretons et leurs anciens alliés. Hengist, victorieux, fonda, sur le sol de l'Angleterre, le royaume de Kent, capitale Canterhury (455). Quelques années plus tard, les Saxons continuant leurs progrès, Ella fondait le royaume de SussEx, capitale (7/i*c/ies*er ; Cerdic, celui de Wessex, capitale PFîn€^«*er;Erkenwin, celui d'EssEx, capitale Londres. Un roi breton, Arthur^ vainqueur à la bataille de Badon-Hill (520), fit respecter quelques débris de la nation indigène, et devint, avec

son compagnon, Tenchanteur Merlin^ un héros populaire, chanté par les poëtes du moyen âge.

Lorsque les Saxons se furent établis au sud de l'Angleterre, une autre peuplade germanique, les Angles^ prirent le môme chemin, et conduits par Idda et ses douze fils, débarquèrent au nord de THumber [bkl). Trois nouveaux royaumes se formèrent : celui de Northumberland, capitale York, fondé par Idda; celui d'EsT-ANGLiE, capitale Norwich, fondé par Oflfa, et le royaume de Mercie, fondé par Gridda, avec Lincoln pour capitale. Ce fut le dernier des sept royaumes connus sous le nom d'heptàrchie * (584).

La race des Bretons, premiers habitants de Ttle, avait été refoulée vers Touest, dans les montagnes du pays de Galles. Beaucoup d'entre eux, pour échapper à la tyrannie des hommes du Nord, émigrèrent dans TArmorique, qui prit alors le nom de Bretagne, y fondèrent des évôchés et des monastères en grand nombre. Quant aux sept royaumes, ils formaient une confédé- " ration rarement unie, avec une sorte de dictateur investi de tout le pouvoir militaire, et une assemblée commune, où Ton délibérait sur les affaires importantes. La foi chrétienne pénétra chez les Anglo-Saxons, sous le pontificat de saint Grégoire le Grand. Ce pape ayant vu dans un marché de Rome des esclaves angles, fut- frappé de la beauté de leur teint et de leur chevelure. Il demanda de quels pays ils étaient; et, quand on lui eut répondu qu'ils étaient Angles et idolâtres : Ce ne seraient pas des Angles^ mais des anges, dit-il, sHls étaient chrétiens. Aussitôt, il envoya en Angleterre le moine Augustin, accompagné de plusieurs missionnaires, qui convertirent d'abord Ethelbert, roi de Kent (597), et par lui, toute la Grande-Bretagne, nommée depuis Vile des Saints. JEthelbert avait épousé une pieuse princesse, Berthe, fille du roi franc Garibert et, par conséquent, petite-fiUe de sainte Glotilde.

Ainsi les invasions étaient terminées; les barbares allaient renouveler l'Occident et dépouiller peu à peu leur férocité native sous l'influence bienfaisante de l'Église. L'Irlande, édifiée par les vertus de saint Colomban, devint une pépinière de saints et de missionnaires, auxquels était réservée la gloire de convertir la Germanie.

1. Le mot heptarchie yeui dire sept royaumes ou gouvernements.

Synchronismes.

CioviB^ roi des Franet^

Bataille de Solssons; Glovis et Syagrius.

Invasion des Ostrogoths en Ita^ lie; Théodoric.

Pondatioii du royaume de eus- ' sex ; Ella.

Hoyanme des Ostrogoths eii Italie; Théodoric; mort d'Odoacre. — Clovis épouse Clotilde.

Bataille de Tolbiac; conversion de Clovis et des Francs.

Victoires de Glovis sur les Bour^ guignons.

Victoire de Veuille sur les Wisigoths.

béikite de TMerry devant Arles.

•>- Anattase envoie à Glovis left . insignes da OQQBiilat.

ikfort de Glovis;;, premier partage^ 4e la monarchie.

Fondation du royaume de Wes-

^ seçc; Gerdic. Le roi Arthur.

Mort (les fils de Glodomir. — Mort de Théodoric, roi des Ostrogoths . —Quatrième royaume saxon : Bssex ; Biicenwin.

Jw^nien, empereur d'Orient.

Saint Benoit institue la règle monastique en Occident.

Code Justinien.

Bélisaire, vainqueur des Vandales en Afrique, est envoyé contre les Ostrogoths d'Italie. — Pin du royaume des Bourguij^ons.

expédition de Clotaire et de Ghildebert/rois des Francs, en

Sainte IUMlego|Mle, à Poitiers. , Théodebert, prince franc, passe en Italie.

Idda fonde le royaume angle de Northumberland,

Conquête du royaume des Ostrogoths, par Narsès.

Clotairej seul roi des Francs.

Mort de Glotaire; deuxième partage de la monarchie.

Mort de Bélisaire et dé Jùstlnlen, empereur d'Orient ; Justin IL

Les Lonibtirdt en Italie; Alboin; Narsès.

Deuxième royaume angle d'Est- Anglie ; Offa.

Rivalité de Frédégonde et de Brunehaut ; mort dé Si^éèri, roi d'Austrasie.

Tibère i successeurs de Jua-

Mawrice ) tin II> en Orient.

Assassinat de GhUpéric, roi des Francs neustriens ; Clotaire II.

— Troisième royaume angle deMercie; Cridda.

traité d'Andelot; Gontran et Ghildebert II.

SaSat Colomban fonde l'abbaye de Luxeuil. — Théodefindè, reine des Lombards. — Pontiûcat de saint Grégoire le Grand.

Conversion des Aiiglo-Sî^ons; ïe moine Augustin. — Mort de Frédégonde.

Phocas tue et détrône Maurice, en Orient.

Héradius renverse Phocas. — Mahomet se déclare prophète, en Arabie.

Mort de Brunehaut; Clotaire II seul roi des Francs.

Dagobert /«, roi des Francs.

Page 1