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Justinien^ neveu de Justin I, lui succéda en 527, et reconstitua, pour un temps fort court, une grande partie de Tancien empire romain. Les commencements de son règne eurent peu d'éclat. Un général appelé à la plus haute destinée, Bélisaire, montra d'abord ses talents contre les Perses, mais sans obtenir aucun succès décisif.
En 532, Gonstantinople vit ses rues et ses places cruellement ensanglantées. Le peuple de cette grande ville, follement passionné pour les jeux du cirque, s'était partagé en deux factions rivales, les Verts et les Bleus^ qui tiraient leur nom des couleurs différentes adoptées par les conducteurs des chars. EU es en vinrent aux mains avec un tel acharnement, que 30 000 personnes perdirent la vie.
Bélisaire raffermit l'autorité de l'empereur ébranlée par cette terrible sédition. De là, envoyé en Afrique contre les Vandales^ il vainquit l'usurpateur Çélimer à la bataille de Tricaméron (534), et l'un de ses lieutenants le força de se réfugier dans les montagnes de l'Atlas, oii la famine le réduisit bientôt à capituler, f Je ne demande que trois choses, dit le Vandale à ses vainc queurs : du pain, parce que je n'en ai pas goûté depuis longc temps ; une éponge, pour nettoyer mes yeux enflés par les c larmes, et un luth, pour chanter mes malheurs. » 11 fut conduit prisonnier à Gonstantinople, et traité honorablement par l'empereur. Le royaume des Vandales, fondé par Genséric, avait duré cent ans.
L'usurpation de Théodat, roi des Ostrogoths, fournit à Justinien un prétexte d'intervenir en Italie; Bélisaire fut chargé de cette expédition (535). On a vu précédemment qu'il reprit Rome aux barbares, et qu'il envoya le roi Vitigès captif à Gonstantinople (540). Douze ans plus tard, l'eunuque Narsès recevait la conduite de la guerre en Italie, et achevait de détruire le royaume des Ostrogoths (553). L'Italie retomba donc, mais pour quinze ans seulement, sous la domination impériale.
Plus tard, une invasion des Bulgares menaça Gonstantinople, qui fut sauvée par Bélisaire (559). Ce grand capitaine avait été rétabli dans son commandement, après dix années d'inaction. Il subit ensuite une nouvelle disgrâce, qui dura jusqu'à sa
mort (565). Mais on doit rejeter la tradition qpii le représente aveugle et mendiant son pain.
Justinien ayant eu à soutenir une longue guerre contre les Perses, ne put obtenir la paix avec des garanties de liberté religieuse pour les chrétiens, qu'en payant tribut au roi Ghosroès I«'.
De beaux monuments, parmi lesquels Téglise de Ste-Sophie^ à Gonstantinople, qui subsiste encore, honorent le règne de ce prince. Mais son plus beau titre de gloire est un vaste recueil de lois, comprenant : l® le Digeste ou les Pandectes,; 2» le Code; 3* les InsUtutes; 4oles Novelles. Un savant jurisconsulte, Tribonien, eut la part principale dans ce grand travail, très-précieux pour nous.
Du temps de Justinien, deux moines nestoriens apportèrent de Ghine à Gonstantinople les premiers vers à soie.
t. liaccesiieiirA de OTiuittiiieii.
Justin II (565), neveu et successeur de Justinien, perdit l'Italie, comme on Ta vu plus haut, par l'imprudence de l'impératrice Sophie et le ressentiment de Narsès.
Tibère^ adopté par Justin (578), justifia ce choix par ses vertus et par ses succès sur les Avares et sur les Perses, Maurice , général victorieux, succède à Tibère (582), et, moins heureux dès lors, mécontente l'armée ; les soldats révoltés proclament le centurion Phocas (602), qui fit périr toute la famille de Maurice. Phocas fut lui-même mis à mort par les ordres d'Héraclius, fils du gouverneur de PAfrique, que les habitants de Gonstantinople avaient appelé à leur secours.
Le long règne à^Héraclius (610-641) est mêlé de succès et de revers. Battu d'abord par les Perses et par les Avares^ ce prince fut un moment tenté de transférer le siège de l'empire à Garthage ; il fit mieux en prenant hardiment l'offensive contre les Perses. Vainqueur à Issus (622), il s'avança jusqu'au cœur de l'empire des Sassanides, tint l'ennemi en échec pendant six ans, et conclut une paix avantageuse avec Siroês,fiIs de Ghosroës II. Mais les ^ra6e8, réunis sous Fétendard du Coran, lui firent éprouver de grandes pertes en Asie et en Afrique, comme on le verra dans le chapitre suivant. Désormais, la décadence de l'empire grec ne s'arrêtera plus.
210 HISTOJR^ QU liiOTEîî AGE.
II* LBS ARABBS. - ^—
pans le cours du septième siëcle, une invasion d'ùç caractère nouveau, puisqu'elle avait pour mobile le fanatisme religieux, partit de l'Arabie et bouleversa, comme pne violente tempête, l'Asie et TAfrique, oii subsistent encore ses effets désastyeu?.
Mahomet, le célèbre fondateur de Vislamisme ou religion des pausulmans, naqiiit % la Mecque vers Tan 570 de Jésus-Christ ; il descendait des princes et pontifes idolâtres du pays. Orphelin dès Page de deux ans, élevé par son oncle, il fut tour à tour conducteur de caravanes, marchand et soldat. A vingt-cinq ans, il épousfe une riche veuve de sa tribu, nommée Khadidjah, et continue ses voyages jusqu'à l'âge de quarante ans, se préparant par de longues retraites dans la solitude et par des méditations profondes , à l^ mission qu'il prétendit avoir reçue du ciel. L'entreprise ét^t grande et difficile : il voulait arrao}ier les Arabes à l'idolâtrie, et substituer au^ différentes religions qui divisaient son pays, une seule croyance et un seul culte. Il était doué d'une imagination ardente, brave, éloquent, mais honteusement esclave de la volupté. Sa doctrine est renfermée dans le Coran (livre par excellence), dans lequel on trouve un mélange de judaïsme et d'arianisme. L'unité de Dieu, l'immortalité de rame, le jugement dernier, une prédestination mal entendue, un enfer étemel, un paradis sensuel : tels sont les principaux articles de ce code incohérent, à la fois politique et religieux. Les musulmans sont astreints à la circoncision, aux ablutions, au jeûne pendant un mois, à l'aumône, à la prière qui doit se faire cinq fois par jour, le visage tourné vers la Mecque, au pèlerinage de la Mecque une fois dans la vie ; la guerre contre les infidèles, idolâtres, juifs et chrétiens, est pour eux une œuvre sainte. Le vin et la chair de porc leur sont interdits. La polygamie, dont Mahomet lui-môme a donné un scandaleux exemple, est permise, et la femme traitée comme un être d'un ordre inférieur, n'est véritablement ni épouse ni mère de famille. Le Coran tolère encore l'infanticide et l'esclavage.
Ce fut en 610 que Mahomet, qui se disait inspiré par l'ange Gabriel, commença ses prédications. Il convertit d'abord sa femme, son affranchi Zeid et son cousin Ali. Mais les partisans de Tancien culte ayant suscité contre lui et les siens une oppo-
sHion Yiol^ftte^ x\ fut oWigé de s'enfuir de U M^Qqn^ ^ Y^t^re)}, appelée depui^ M^dine (ville du prophète), ov; il s'ét?ut ménagé im nombreux parti (622). Cette année de la fuite de Mahomet, ^'HÉGraE, est le point de départ de l'ère des mahométaps.
Une fois entré 4ans la carrière où le pousss^ient son enthousiasme et son ambition, ^ucun scrupule ne Tarrôte, Tous les moyens lui sont bons, la fourberie, les fau? miracles, la cruauté et la force des armes. Il marche donc à la tôte de ççs sectateurs, contre les tribus indépendantes, soumet les villes qui tui résistent, s'empare de la Mecqub en 630, et renversa îei^ idoles du temple de laKaaba, que Ton disait avoir été bâti par Abraham. I^a conquête de l'Arabie étant achevée, ui^e même loi politique et religieuse , un même fanatisme réunit et enflamma ces peuples, auparavant isolés entre eux, comme du reste du monde, Mahomet se préparait à envahir la Syrie, lorsqu'il fut surpris par la mort à Médine (632).