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Neustrîe, de la France germanique sur la France romaine. Pépin le ^re^ s'appuya sur PÉglise, qui seule alors pouvait donner aux institutions nouvelles la consécration du droit et la durée. Ce caractère sacré du pouvoir royal, longtemps reg)ecté chez les Mérovingiens, môme après leur décadence, l'Ëglise en revêtit la famille carlovingienne, 'lorsque l'apôtre de la Germanie, saint Boniface, archevêque de Mayence, fit couler Phuile sainte sur le front de Pépin. Celui-ci put alors imposer son autorité à des sujets indociles, et, malgré sa petite taille , se faire obéir d'honmies qui, autrement, n'estimaient guère que les avantages extérieurs.

Le roi des Francii s'empressa de reconnaître ce qu'il devait au Saint-Siège, en lui prêtant le secours de son épée contre ses ennemis, les Lombards. Établis au nord de l'Italie depuis deux siècles, ils avaient enlevé aux empereurs d'Orient les cinq villes delaPentapole et l'exarchat de Ravenne*. Astolphe, leur roi, aspirait à la domination de l'Italie et voulait joindre Rome à ses autres possessions. Le pape Etienne II, successeur de Zacharie, vint, en personne, à la cour du roi des Francs, implorer sa protection, et renouveler, à Saint-Denis, la cérémonie du sacre. Pépin, vainqueur dans deux campagnes, enleva aux Lombards P Exarchat et la Pentapole^ dont il fit présent au Saint-Siège (755). A cette donation remonte la souveraineté des papes sur ces contrées.

Gomme son père. Pépin fit plusieurs expéditions en Germanie, mais sans obtenir de succès décisifs ; les Saxons ne devaient être soumis que par son fils 'Gharlemagne. Il fut plus heureux dans le Midi, oh il reprit la Septimanie aux Sarrasins (759). Une guerre terrible en Aquitaine occupa les huit dernières années de son règne. Le duc de ce pays, Waïfre, ne voulait pas reconnaître les droits d'une race nouvelle, alors que luimême se glorifiait de descendre, en ligne directe, de Clovis par Caribert, frère de Dagobert. Soutenue de part et d'autre avec un acharnement incroyable, cette guerre ne finit même pas avec la mort de Waïfre, qui périt assassiné. Son vieux père, Hunald, sortit du cloître où il était depuis quarante ans, pour diriger la résistance de l'Aquitaine.

Pépin mourut la même année (768), après avoir gouverné

1. L^Ezarchat comprenait les villes de Rimini, Pésaro, sinigaglia, Fano e Anoône. Il s'étendait au nord «t au sud-est de Ravenne, le long de TAdriatiqae.

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l'iiçipire de?^ Fr^^y^cs pep4^9t vinglrsept aas : pi^^e an? cQpam© maire à\\ palai?, $^ize comffte roi, Foudateiir et f éfprmateur, il avait doi^né, avec la reine Berthe, sa femme, l^exemple des yertus privées. Un dps ppncipaux actes politiques de son règne fut de faire reviyre les assemblées générales tombées en désuétude, mais en transportant Péppque de leur réunio^, du mois de mars au i^aois 4p niai. Les évêçpes, auxquels il confirma le droit d*y siéger^ introduisirent daïis les délibérations l'usage de la langue latine, généralement ignorée des guerriers Francs, ta prédication de l'Évangile chez J^s Frisons et les Germains, les courageux efforts de saint Boniface pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique parmi le clergé, reçurent également de Pépio un concours des plus ^efficaces.

pépin )e Bref laissait deu:^ fils entrq lesquels son royaume fut partagé: Charks eut J'^ustrasie et les proyinces de l'Est; Garlomau, la Neustrie, la Bourgogne et l'ouest de la France. Les 4enx frères poursuivireut la gu^^re i^Àquitaine^ sans qu'il y eftt de concert entre eux, et leur désaccord permit à Hunald 4e remporter quelques avantages. Mf^is ^^rlo 'an mourut en 771 ; Charles resta seul roi, et la révolta de j Acpitaine fut bientôt comprimée. Le vieil Hunald s'enfuit en Italie auprès de Didier, roi des Lombards, qui donnait également asile auif fils de GaflomaUi dépossédés par les leudes de leur p^re. Cette politique de Didier lui coûta cUey.

A cet1;e date de 771 commence le long et glorieux règnç de celui que noi^s appellerons désormais Charlemagne. Les guerres qu'il entreprit contre les I^omhardSy les Saxons^ les Avar^s^ les Bavarois^ les Sarrasins mômes, établirent la supériorité de? Francs et assurèrent leur domination. Son couronnement h, Home . ses lois, les nombreux conciles qu'il provoqua, révèlent une double pensée : emprunter à l'empire romain ce qu'il avait d'imposant aux yeux des peuples ; fonder, sous le patronage de l'Eglise, la monarchie universellQ, Une activité sans yepos, une foi profonde, un génie yaste, capable de tout concevoir et de tout exécuter, voilà les ressources qui ouvrirent à Charlemagne la plus illustre carrière qu'un homme ait jamais parcourue.

Résumons d'abord l'histoire militaire de son règne.

La première guerre, celle contrd les Lombards (773), fut motivée par deux griefs ; le roi Pidier avait pris sous sa protection les fils de Carloman, et menaçait en outre le pape Adrien 1er,

histoire; du moybn ags. ?i3

(|Ui refusait de sacrer les jeunes princes. Gharlemagne, de son côté, yenait de faire un cruel putrage au roi deg Lombards, en lui renvoyant sa fille qu'il avait épousée. Il franchit donc 1^ Alpes, et, précédé par la terreur de ses armes, mit le siège devant Pavie, la capitale de Didier. Pendant que ses troupes tiennent la yille bloquée, lui-même se rend à Rome, où le p?ipe Adrien !«' le reçoit avec de grands honneurs. Charles renoqvelle, en Taccroissant, la donation que son père avait faite au Saint-Siège. Proclamé roi des Lombards, le jeune monarque trouvera dans le pontife romain un conseiller, un précepteur, un ami. L'année suivante (774), il s'empare de favie, rejègu^ Didier dans un monastère, et occupe toutes les prinpipantés lombardes, à l'exception de celle de Bénévent. Malgré les efforts d'Adalgise, fils de Didier, la monarchie , fondée p^r Alboin, toniba pour toujours après une durée de deux cent six ans.

La gMerre contre les Saxons (772-303) fut autrement longue et difficile, puisqu'elle dura plus de trente ans. Ce peuple brave et farouche s'étendait des rives de TEpc^s jusqu'à l'eptréq 4i^ 1^ péninsule du Jutland* C'était la Germapie païenne, k côt^ 4^ la Germanie convertie, et la guerre devait tôt ou tard éclater entre elles, lors même que les Soyons ne l'auraient pas suscitée par leurs incursions sans fin. Sourds h. la voix 46 saiut Bouiface, rebelles aux exhortations des missionnaires que leur en voyait le roi des Francs, ils ne cédèrent qu'à 1^ force et à 4es rigueurs impitoyables»

L'incendie de l'église de Deventer (Holla^ude) fut le signa} des premières hostilités (772). Charles pénétra d^ps le pays des Saxons, brûla leur idole nationale, VIrmensMÎ, et s'enâp^ra c|e la forteresse d'Ehreshourg, Puis, pendant qu'il était occupé eu Italie contre les Lombards, ses garnisons furent chassées par les barbares, qui reprirent l'offensive, IJn cbef aussi énergique, aussi opiniâtre que Charlemagne lui-même, Witikjnd, les conduisait. Mais le roi franc, vainqueur des Lombards, ayant bientôt rejeté les Saxons au delà du Weser, ceux-ci, 4ans uu champ de mai tenu à Paderhorn, consentirent en foule à recevqir le baptême (777). La guerre, cependant, était join d'être terminée; elle devait se rallumer alors que Charlemagne, confiant dans les promesses des vaincus, quittait leur pays pour portep ses armes au delà des Pyrénées.

La guerre d'Espagne (778) fut provoquée par les plaintes de quelques émirs des provinces du nord œntre le calife ommiade de Cqrdpue, Charles leur promit son appui, et franchit les

montagnes, jaloux , d'ailleurs , de punir les anciennes- invasions des Sarrasins. Il échoua devant Saragosse ; mais il s'empara de Pampeluney et fit plus tard, du pays conquis jusqu'à l'Èbre, une marche ou frontière de ses États. L'événement le plus fameux de cette campagne fut la mort du paladin Roland, neveu du roi, massacré dans les gorges de Roncevaux par la trahison de Loup, duc de Gascogne, avec toute Parrière-garde qu'il commandait. Les ballades, les chansons et les poèmes du moyen âge immortalisèrent le nom de ce héros, devenu le type de la chevalerie. Ce fut peut-être cette guerre qui valut à Gharlemagne l'alliance d*Haroun-al-Raschid. Le calife abbasside de Bagdad envoya au puissant monarque de l'Occident, avec les clefs de Jérusalem, de riches étoffes et la première horloge sonnante qu'on eût vue en France.

Une insurrection générale des Saxons, marquée par des ravages et des massacres, ramène Charlemagne en Germanie. Battus encore une fois, les barbares se soumettent et consentent de nouveau à recevoir les missionnaires. Bientôt après, Witikind, soufflant la révolte , défait un corps de Francs à Sonnthaï, non loin de Paderbom. Charles ne sut venger ses soldats qu'en faisant décapiter, à Verderij 4500 prisonniers, coupables à ses yeux de rébellion et de perfidie : c'est une grande tache à la gloire de sa vie. Le désespoir et la vengeance excitèrent en Germanie un nouveau soulèvement, suivi de deux batailles sanglantes. Enfin, conduit, ce semble, par une inspiration divine, rindomptable Witikind se rend à Attigny (Ardennes), dans le palais du roi des Francs ; il reçoit le baptême (785), et sa ^fidélité ne se démentit plus. Ses compatriotes, loin de Timiter , s'obstinèrent dans la lutte, malgré la rigueur excessive des châtiments, que réprouvait l'âme évangélique d'Alcuin. Dix ans plus tard, il fallut passer l'Elbe, faire cinq campagnes laborieuses, transplanter dans l'intérieur de l'empire une partie des tribus saxonnes. La paix définitive ne fut conclue qu'en 803.

Quelques Saxons cherchèrent un refuge dans les contrées Scandinaves ; d'autres confièrent à la mer et à la piraterie leur sauvage liberté. Toutefois, le pays qu'ils abandonnaient ne tarda pas à changer de face, sous la bienfaisante influence de la paix et de l'Évangile.

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