Cluurlemasifte enpereiir
Après avoir vaincu les Lombards, les Saxons et les Arabes
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d'Espagne, brisé une coalition formée par Arégîse, duc de Bénèvent y et Tassillon, duc de Bavière ; repoussé les Avares^ fils des Huns, jusqu'au Raab, Charles entretint de glorieuses relations ayec les empereurs de Gonstantinople, les chrétiens d'Espagne, les califes de Bagdad et les rois Anglo-Saxons. Lepape Adrien l^ était mort en 795. Léon III, son successeur, délivré par le roi Franc des ennemis qui le persécutaient, consacra sa grandeur en lui conférant la plus haute des dignités humaines.
Le jour de Noôl,.ran 800, Charlemagne assistait, enrobe de patrice, à la célébration des saints mystères dans Téglise de Saint-Pierre à Rome, lorsque le pape descendit de l'autel, et lui posa sur la tôte la couronne d'or des empereurs d'Occident, aux cris unanimes du peuple et du clergé, qui répétaient avec enthousiasme ces paroles : Vie et victoire à Charles Auguste^ grand et pacifiqus empereur des Romains I
En ce jour fut solennellement reconnue Talliance de la société chrétienne et de son chef avec l'ordre politique né de la conquête barbare. Un Franc, nouveau Constantin, admirateur de la grande unité romaine, releva l'empire d'Occident.
Charlemagne employa ses dernières années à pacifier la Saxe, à combattre les Slaves et les Danois. Il n'était plus heureux. Aux chagrins domestiques et à la perte de ses enfants se joignit la première apparition d'un ennemi nouveau et insaisissable : les pirates Normands et Sarrasins commençaient à infester les mers, et le vieil empereur aperçut un jour quelques barques de ces audacieux brigands. On raconte môme qu'il versa des larmes, prévoyant c les maux qu'ils feraient subir à ses descendants et à leurs peuples. >
Il mourut en 814, à l'âge de soixante-douze ans, dans sa résidence favorite d'Aix-la-Chapelle. Des trois fils qu'il avait eus, un seul lui restait, qui fut son malheureux successeur. Charles l'avait associé à Tempire, avec l'assentiment du peuple et des évoques ; il lui remit la couronne et rendit l'âme dans les sentiments de la plus vive piété*. La religion eut le dernier soupir de ce grand homme, comme elle avait eu les hommages et le dévouement de sa vie entière. Malgré les fautes qu'on lui reproche, la postérité Im a conservé le titre de grand (magnus), devenu inséparable de son nom; car c si le prince était grand,
l.L*antipape pascal III, dont le décret n*a pas été rapporté, mit Charlemagne an nombre des saints, en 1165; sa fête fat fixée an 28 janrierpar le roi Louis XI, et l'Université de Paris l'adopta pour patron en 1661.
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rhmnme l'était daTantage*... il pareomait sans eesse son Taste empire, portant la main partotit o& il allait tomber. 9 Son l»ogrwfîbB E^inhard nous le peint rdiuste et haut de taille, avec des j9Ut vife et mie figore oufrerte. Il était affid>le, bienveillanl et seiâible; la mort du pape Adrien m, scm ami, Ini fit verser des larmes^ Simple et austère dans ses habitudes, il s'habillait d'étoffes filées par sa femme et ses filles. Û faisait vendre avec soin le produit de ses fermes, bestiaux, œufs et fromages^ qui formaient la meilleure part de ses revins. Son g^iîe entrait dans tous les détails d'um imm^ise administnition.
•» ImitttiitibMi «e ClMuAcflMisiM.
Les règlements de Gharlemagne sont très-célèbres dans PMstoire sous le nom de capitulaires. Rédigés dans les assemblées nationales du Champ de Mai, cpii se composaient des évoques, des seigneurs et des abbés, ils étaient quelquefois soumis'à l'approbation populaire, d'où est venue cette formule célèbre : La lot se fait par le consentement du peuple et la constitution du roi. Du reste, cers ordonnances ne forment pas un code régulier ; souvent même elles ne font que reproduire les usages barbares. La composition^ c^est-à-dire la compensation en argent, payée par le meurtrier à la famille de sa victime, et le jugement de DieUy qtâ consistait dans les épreuves judiciaires par l'eau, le feu, les battes rougies, s'y rencontrent à côté de maximes pleines de sagesse et dlmmanité.
n ne suffisait pas de publier des règlements, il fallait pourvoir à leur exécution. A cet effet, des magistrats supérieurs, ecclésiastiques et laïques, institués par Gharlemagne, devaient, sous le nom de missi dominici^ parcourir les provinces quatre fois par an, tenir des assises, rendre la justice, surveiller l'administration des comtes ou gouverneurs. Pour les cas graves, ils en référaient à la cour palatine ou conseil du roi, et quelquefois même à rassemblée générale de la nation, qui joignait à ses attributions politiques celle de tribunal suprême.
Parmi les charges que supportaient les sujets de Gharlemagne, il faut mettre au premier rang le service militaire. Le propriétaire de trois mansas déferre (15 hectares) était 'tentt de marcher en personne. Au-dessous de cette fortune, on se réunissait jusqu'à concurrence de trois manses pour équiper un homme. L*argettt était très-rare ^Fimpôt consistait en dons vch lontaîres offerts au prince par ses sujets. La fourniture des vivres et des équipages militaires, l'entretien de la maison du roi,
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lontiqnli était en toj^age, pesaient encore me leshabHanto deg villes.
Le fils de Pépin le Bref intervînt avec un zèle sincère et dîf^ cret dans les aifairesde TÉglise. Sous son règne, il y etrt vingt coneilesy où Ton s'occupa principalement de la réforme deâl mœurs, et des devoirs, souvent négligés, du ministère pastoral. On rappelait aux clercs que les revenus ecclésiastiques étaient le patrimoine des pauvres.
En même temps, par un instinct supérieur du gmtxd et dit beau , Gharlemagne entreprit de ranimer le gottt des let^ très presque éteint dans son empire. Voilà pourquoi il favorisa l'instruction avec une ardeur incroyable. Les évoques et les abbés devaient ouvrir des écoles ou des collèges-, les simples curés étaient tenus d'enseigner gratuitement la lecture aux enfants du peuple. L'iiomme qui contribua le plus K cette rénovation intellectuelle, fut un moine anglo-saxon, Alcnîn, frèe^ savant pour son époque; car il était à la Ms tliéologîetf, philo* sophe, grammainen et poète. II dirigea Fécole palaUne (du pâuais), où Charles ne dédaignait pas devenir s^asseoir avec sei» fils. Alcuin rendit encore un grand service en disant copier les mantiscrits des anciens et en travaillant lui-môme à la correetien des textes. Rien ne fiit Oublié. L'empereur aimait avec passion la pompe des cérémonies et la musiqiïe saetée; ausid ptiU il à cœur dMntroduire chez les Francs la science et l'usage du chant grégorien ou plaîn-chant, qu'il avait admîné en Italie. L'architecture dite byzantine flori^t alors. Des artistes greesr et italiens, appelés de leur pays, travaillèrent aux églises ou aux palais d'Aix-la-Chapelle, de Cologne, de Nimègue et de Saint- Denis.
On peut donc affirmer avec ttn historien illustre, M. Gtikot, que la décadence, constante sous les rois mérovingiens, s'arrôté à partir de Charlemagne, et que le progrès recommence.
§•. Histoire de Vé%lî»e «a Imltlème Kfèele.
Constantin était parfi de la Gaufe pow vaincre Ifaxence et proctamer, à Milan, le triomphe du cturistiamsiaeL Gloris, en 'se Ikisant baptbov, avaU rendu à TÉglise le respect des peu^es. Lorsque les Sarrasins eurent assenri TEspagne^ Gbasles llartel arrêta dans la Gaule l« flot des envahisseuis et les rejeta pour toujours au delà des Pyrénées. Pépin le Bref et Gharlemagne» vainqueurs des Lombards, fondèrent la puissance temporelle du saint-sîége , dans le temps où Rome, dégagée par Thérésie iconoclaste des derniers liens qui Pat*
tachaient aux empereurs de Byzance, se donnait d'elle-même aux papes. On vit alors les pontifes exercer avec plus d'autorité le gouvernement des âmes, et acquérir cette suprématie morale que tous les peuples chrétiens reconnurent. Ce fut des mains de Léon III que Charlen^gne reçut la couronne d'empereur d'Occident, événement mémorsÀle qui rendit à la ville étemelle son antique primauté. L'Orient, au contraire , gémit dans la servitude ou se passionne pour de ridicules erreurs. Cependant l'anglo-saxon Winfrid^ vénéré depuis sous le nom de saint Boniface, verse son sang pour la foi chez les Frisons. Ses compagnons ou ses disciples évangélisèrent la Germanie sous la protection de Pépin et de Charlemagne; ils y fondèrent des abbayes, des évôchés nombreux jusque sur les bords de l'Elbe.