‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 116 sur 254 · I. FRANCE · texte numérisé non relu

I. FRANCE

4« Charles le CluuiTe (94M-S9fir) .

Mis en possession de la Neustrîe, après le traité de Verdun, le fils de Judith ne justifia aucunement la tendresse aveugle que lui avait témoignée spn père. Sous son règne commence la dissolution du royaume par l'éta])lissement des grands fiefs indépendants, tels que les duchés de France^ de Bretagne et de Bourgogne; les comtés d'Anjou, de Flandre et de Toulouse.

DHm aatre côté, les villes les plus importaotes, Nantes, Bordeaos^ Orléans, Tours, Paris même, sont en proie aux ravages des NûrmandSy tandis que Marseille est saccagée par les Sarrasins. A.U milieu de cette désolation, Charles le Chame n'avait d'autre souci que d'accroître ses domaines aux dépens de ses proches. Cependant, à la mort de Lothaîre, en 855, il laissa les trois fils de ce prince se partager les États de leur père. L'alné, Louis U, eut le titre d'empereur et de roi d'Italie. La mort prématurée des deux plus jeunes valut à Charles le Chauve une partie de la L&tharingie et la Provence.

Maîtres du nord de l'Afrique, les Sarrasins Aglabites désolaient le littoral de la Méditerranée; ils s'étaient établis en Sicile et dans le midi de Tltalie ; quelques années plus tard, on les voit prendre pied en Provence» où leur principale stalion, Fraxinet, interrompit longtemps les communications entre les deux versants des Alpes.

Plus redoutables encore étaient les Northmans ou Normands (hommes du Nord), originaires delaScandinavie» qui semblaient prendre à tâche de venger les défaites des Saxons. Ils avaient trois stations principales : l'une à l'embouchure de l'Escaut, dans Tîle de Walcheren (Zélande) ; l'autre dans une tle de la Seine, et la troisième aux bouches de la Loire. Avec leurs légères flottilles, ils remontaient les fleuves, et portaient ]a dévastation au cœur de la France. En 866, grossis d'aventuriers et de brigands de tontes races, ils ne craignirent pas de livrer bataille près de Brissarthe^ dans le Maine, à Robert le Fort, duc de France, fils d'un obscur Germain. Ce vaillant guerrier les vainquit d'abord ; mais surpris ensuite, sans casque et sans armure, par une feinte habile des Normands, il périt dans la mêlée. Sectateurs d'Odin, le dieu farouche des Scandinaves, ces pirates s'acharnaient sur les églises, les monastères, les clercs et les religieux. Beaucoup de châteaux forts furent sIofb bâtis pour offrir un asile aux populations, que le roi était incapable de protéger. Tout ce que savait faire le petit-fils de Gharlemagne, c*était d'obtenir à prix d'argent une courte trêve.

». l»r«srè«delttVéodaUté (»V9f).

Lorsque Louis U, le dernier survivant de la triste postérité de Lothaire, eut rejoint ses deux frères dans la tombe (875), Charles le Chauve et Louis le Germanique se disputèrent 1^ titre d'empereur, qu'il laissait vacant. Charles se hâta de passer

les Alpes et de se faire couronner empereur et roi dltalie. L'année suivante, le roi de Germanie mourut à son tour, après avoir partagé ses États entre ses trois fils : Louis de Saxe, Carloman et Charles. Aussi avide des possessions d'autrui qu'il était incapable de défendre les siennes, l'empereur ayant essayé d'envahir l'héritage de son frère, se fit battre par Louis de Saxe près d^Andernach^ sur le Rhin, alors que les pirates Normands venaient de prendre Rouen. Une tentative sur l'Italie n'eut pas plus de succès.

Charles mourut, au retour de cette expédition, dans un village du mont Cenis, en fuyant devant son neveu Carloman. Peu de temps auparavant, dans la diète de Kiersy-sur-Oise (877), il avait assuré aux seigneurs qui le suivraient à la guerre, la possession héréditaire de leurs fiefs ou gouvernements. La féodalité fut, dès lors, constituée légalement, et le pouvoir royal très-amoindri.

Cependant, Charles aimait les lettres; il vivait familièrement avec les savants de sa cour, et il s'efforça de relever l'enseignement et les études. De son temps, le célèbre Loup, abbé de Ferrières, travaillait sans relâche au maintien de la foi et de la discipline; Hincmar, l'archevêque de Reims, soutenu par la faveur royale, dirigea trente-neuf conciles, et ne craignit pas d'adresser au souverain lui-môme de sévères remontrances.

Louis II dit le Bègue^ fils de Charles le Chauve (877), encouragea par ses largesses imprudentes les usurpations de la féodalité, et consomma la ruine de sa famille. Il ne fut point reconnu dans la Septimanie. Son oncle Boson se fit, dans la vallée du Rhône, une souveraineté particulière, sous le nom de royaume d'Arles ou de Provence; et les Normands^ de leur côté, redoublèrent impunément leurs dévastations.

Louis Ut et Carloman (879), fils de Louis le Bègue, déployèrent sur le trône qu'ils partageaient, une énergie peu commune. Malheureusement pour eux, des ennemis de toute sorte avaient eu le temps de se fortifier. Us ne purent vaincre la résistance d'Hermengarde, femme de Boson, qui défendit Vienne avec Succès. Les Normands, défaits à la bataille de Saucourt (Picardie), restèrent tranquilles pendant quelque temps; puis ils recommencèrent leurs incursions lors de la mort de Louis (882), qui précéda de deux ans celle de Carloman. Les deux frères avaient abandonné leurs prétentions sur la Lotharingie, qu'ils cédèrent aux fils de Louis le Germanique.

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