‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 126 sur 254 · MéceMilté des erolMules · texte numérisé non relu

MéceMilté des erolMules

L'Europe était constituée, et la papauté investie de la plus grande autorité morale qui fut jamais, lorsque de grandes expéditions furent entreprises pour aller délivrer la terre sainte et le tombeau du Christ. L'enthousiasme d'une foi commune réunit sous le même étendard les peuples de l'Occident, et, suivant Pexpression d'une princesse contemporaine ', c précipita sur l'Asie, l'Europe arrachée de ses fondements. »

Depuis longtemps déjà les nombreux chrétiens qui allaient en pèlerinage à Jérusalem étaient exposés aux injures et aux violences des Turcs Seldjoucides, Cette redoutable milice avait dépouillé les califes deBagdadde toute leur autorité (1058) ; elle s'était donné un chef, Togrul-Beg, et après lui, Alp-Arslan, qui s'avança dans l'Asie Mineure, serrant de près les faibles possessions que les empereurs grecs y avaient conservées. Malek- Shah, plus puissant encore, déploya la force de ses armes depuis la frontière de la Chine jusqu'à l'Hellespont. On pouvait craindre que l'Islamisme, prenant l'Europe à revers, ne recommençât la grande invasion arrêtée autrefois par Charles Martel. L'empire d'Orient ou plutôt le Bas-Empire, déjà très-affaibh, avait préparé sa propre ruine, d'abord en se séparant de l'Église romaine (857), puis en consommant le schisme sous le patriarche Michel Gérulaire (1054). Menacé jusque dans sa capitale, Alexis Comnène implora le secours des nations de l'Occident, et son appel fut merveilleusement secondé par un pauvre pèlerin d'Amiens, nommé Pierre V Ermite, homme d'un corps chétif, mais d'une âme ardente. Ayant vu de ses yeux les maux des chrétiens d'Orient et les profanations commises parles inôdèles, cet apôtre de la croisade parcourut l'Europe et fit passer dans tous les cœurs la compassion et la colère dont il était lui-même pénétré.

Deux grands papes, Sylvestre II et Grégoire VII, avaient con^u ridée de la délivrance des lieux saints ; ce fut Urbain II, Frauçai ,

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