Anne Comnène
comme nous Pavons dit, qui eut l'honneur de l'accomplir au concile de Glermont (1095), Prêchant la paix entre les princes chrétiens et la guerre contre les infidèles, le pontife termina son discours par ces mots : Dieu le vefAt, qui devinrent le cri de ralliement des Croisés*, Un élan prodigieux, une incomparable émulation répondirent à la voix du vicaire de Jésus- Christ.
Les croisades sont au nombre de huit (1095-1270). La France y joua le principal rôle; car elle fut la première et la dernière au péril comme à la gloire.
9, Rremière er^lMMle («••*)•
Pluôïours milliers dé p'èlerîns, auxquels s^étaient joints des femmes et mônlie des enfants, troupe indisciplinée et confuse, partent en avant soiis la conduite de Pierre l'Ermite et d'un pauvre chevaiier, nommé Gautier sans Avoir. Ils périrent presque tous en Hongrie, massacrés par lés tàbitants où consumés ^àr la faim, la misère et les maladies. Les vrais croisés se partagèrent 'en quatre armées, afin de né pas épuiser les pays que l'on devait traverser. Godefroy de Bouillon^ duc de la basse Lorraine, avec ses deux frères Baudouin et Eustache et le comte Robert de Flandre, commandait le principal corps ; JRobert Courte^Beuse, duc de Normandie, avec Hugues de Vermandois^ frère du roi de France, conduisait lé second; Raymond de Saint- Gilles, comte de Toulouse, était chef du troisième ; enfin le Normand Bohèmond, prince de Tarente, fils de ïlobert Gùîscard, se mit à la tête de quelques vaillants chevaliers, parmi lesquels était son neveu Tahcrède.
Trois cent mille croisés arrivèrent ainsi sous les murs de Gonstantinople. L'Empereur Alexis efl'rayé du nombre et de la fière attitude de ses alliés, se décida, non sans peine, à leur fournir les moyens de passer le Bosphore. Les voilà en Asie. Malek-Shah était mort, et son empire partagé en cinq sultanies, celles de Kerman, de Perse, de Mossoul, de Damas et de Roum ou d'iconium (Asie Mineure). Jérusalem avait été reprise par les Fatimites d'Egypte. Malgré mille obstacTes et mille dançéris, les croisés enlèvent Nicée au sultan de Roum^ remportent à Dorylée i^ne brillante victoire^ s*emparéùt de farse^ puis ^'^ntioche, apr'ès un siège mémorable àe huit mois, oîi Bohémorid
1. Ainsi nommés parce qu'ils portaient une croix rouge sûr Tepauïe gauche.
se distiogaa entre tous. Les sultans d'Alep et de Damas essayent en vain de les airôter dans leur marche sur Jérusalem. Quand la cité sainte leur a(K>arnt, ils se prosternèrent humblement en versant des larmes, et renouvelèrent le serment de là délivrer ou de rafourir. Réduits à 25 000 hommes, lorsque la ganiison turque en comptait 40 000, dépourvus d'eau, de vivi^s, de machines de guerre, ils suppléèrent à tout par un courage héroïque, et la ville sainte tomba en leur pouvoir, le vendredi 15 juillet 1099, à trois heures de Taprès-midi.
Godefroy de Bouillon, après avoir arrêté le carnage, fut proclaÈaé roi par ses compagnons. <( Ne voulant pas être couronné d*or ià où le Sauveur l'avait été d'éffîînes, s il Tefusa le diadèùie et se fit appeler par humilité, baron du Saint-Sé^ fulcre. La prodigieuse victoire dMscafon affermit ia conrtmne. n pnblia sous le nom d'Assises de Jériisal^^ un dWe de lois qui transportait en Palestine le régime féodal. Trois principautés chrétiennes se trouvèrent comprises sous la suzeraineté de Godefroy de Bouillon : eelio d'^desfe concédée à Baàdouiè, celle ^Ântiochê à Bohémond, et celle d» l^'pcii à flîQrmand de Tonlouâe. Màh i^e temps manqua au premier roS de J^rùsatem liour coiusolMer son osavre; il monrut dans sa 'quaiîntième attfiée (1100). Cependant, demx oi^res VeCtieùx et ôiiiitaîre&, ftmdés vers ce tempis. réndîï'ènt en qtwCqiià sorte la 'crôisSde permanence. Ce ûtkïk les fjhêebiUifs de saint Jean ^ Hospitaliers, qui d'abord, n'eurent d'autre mission qn^e de "ScAgayr les pèlerins ùàïilades, et lés tèmpliiks, àiâsitiomméti *pàV(^ qu'ils occu|)aîent à Jéruâ(alemune maiMn voisiàe des rtrineft du Temple de Sàbmûû. Le Goraà 'n'ient pas d'adversaires pluà intrépides et]!>lusredontftblès.
Godefr(^ de Bouâlon et son 'successeur Baudotûn, comte d'Édesse (1100), avaient a^andî le royatime de Jérusalem par la pri$e des villes de Saint^eàh-d^Acrej de Bérffte (Beyrouth), de Sidon et de Tyr. Mki^ deux nonveites, seotefi musulmanes, les Àtabeks et les Assassins , railtiment la haine dti nom chrétien. Sous lacondtdte de Nàwreddin^ leà Atabéks s'eïnparent d'Édesse etinenacent Jérusalem. La sencolide croisade ait alors résolue etpMioliéè par saint Bernàr&t ài'assismblée de YÔzelay éÀ Bour '^o^ûà, sous le pdiitificat d^ Eugène 'III . L^empereur allemand, Conrad III^ et le rdi de France, Louts VII le /eime, prirent le
commandement mec plus d^ardeur que de succès. Le premier, trahi par les Grecs, essuya un désastre près de Nicée, Le second perdit presque toute son armée dans les solitudes de l'Asie Mineure. Ils échouèrent enfin au siège de Damas, et revinrent dans leur pays, après une expédition stérile qui désola le cœur de saint Bernard et découragea l'Occident.