‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 137 sur 254 · FRANCE ET ANGLETERRE · texte numérisé non relu

FRANCE ET ANGLETERRE

t. PhUlppe TI et Edouard III.

La rivalité de la France et de l'Angleterre datait de la conquête de Guillaume, et plus d'une fois déjà la guerre s'était allumée sous de légers prétextes, qui révélaient un antagonisme profond. La lutte s'engagea d'une manière plus sérieuse lorsque, après la mort de Charles IV, dont il était le neveu par sa mère Isabelle, Edouard III prétendit ouvertement au trône de France. Les États généraux tranchèrent la question en faveur de Philippe VI de Valois, petit-fils de Philippe III le Hardi dans la ligne masculine (i328)*. Une lutte entre les deux pays devint inévitable. L'Angleterre avait des intelligences en Bretagne, et surtout en Flandre, province industrieuse, dont ses laines alimentaient les métiers. De son côté, la France entretenait des relations amicales avec les rois d'Ecosse, unis à elle par un mutuel intérêt de défense. La guerre de Cent Ans dura en réaUté quelques années de plus, c'est-à-dire de 1336 à 1453 : ce fut, en partie, une guerre civile ; car beaucoup d'hom-

1. L'accession de Philippe VI au trône de France fat la plus célèbre application de la loi salique. On donnait ce nom au Code barbare rédigé par les Francs Saliens. Un des articles de cette loi disait : Nulle portion de la terre aaltque ne doit échoir en héritage à ia femme^ mais elle doit passer tout entière aux mains de l'homme. En assimilant la couronne de France à la terre salique, les légistes trouvèrent le moyen le plus efficace d*empécher qu'elle passait jamais en des mains étrangères.

(Voir pour les droits de Philippe VI, la généalogie des Valois, & la fin du volume.)

mes des provinces du Midi , et même des Bretons, servaient comme soldats dans les armées anglaises. ^ ,

Les troubles qui agitèrent la minorité d'Édouad III, valurent quelques années de repos à Philippe VI, après son avènement. Fort de l'appui des légistes du parlement, ce prince abandonna le petit royaume de Navarre à Jeanne d'Évreux, fille de Louis X, sous la réserve qu'elle et son mari renonceraient à toute prétention sur la couronne de France et sur les comtés de Champagne et de Brie. Puis il alla combattre les Flamands, révoltés contre Louis de Rethel, leur comte ; il vainquit ces turbulents vilains , toujours en querelle avec leurs seigneurs , et , par la victoire de Cassel (1328), effaça le souvenir de Courtray. Ce succès et, bientôt après, Thommage que vint lui rendre Edouard III pour l'investiture de la Guyenne, exaltèrent l'orgueil de Philippe. Son règne ne fut, du reste, qu'un retour vers les préjugés aveugles, les emportements et les prodigalités de l'époque féodale.

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