iRni^m^mnikenië en Vlandre et en llretaf^e
Un des seigneurs qui avaient le plus contribué à l'élévation de Philippe VI, Robert d'Artois, descendant du frère de saint Louis, comptait sur la reconnaissance du nouveau roi pour décider, en sa faveur, une question depuis longtemps pendante. Il disputait le comté d^Artois à sa tante Mahaut, et le Parlement avait déjà prononcé contre lui. Accusé d'avoir fabriqué ses titres, et, ce qui était bien plus grave pour l'époque, d'avoir voulu attenter à la vie du roi au moyen de sortilèges, Robert se réfugia en Angleterre avec des pensées de vengeance. S'il faut en croire le chroniqueur Froissart, afin d'exciter Edouard à la guerre, il fit servir sur sa table un héron , symbole de lâcheté. En môme temps, les Flamands, que la conduite de leur, comte avait irrités, se soulèvent de nouveau. Un brasseur de bière nommé Jacques Artevelle, chef de la sédition, représentait à ses compatriotes que, sans les laines d'Angleterre, ils ne pourraient pas tisser, ni conséquemment s'enrichir. Encouragé par leurs promesses et par l'appui de l'empereur d'Allemagne, Edouard prit solennellement le titre de roi de France.
On se battit d'abord sur mer. La flotte de Philippe VI essuya une sanglante défaite devant le fort de VÉcluse (ISdO), à l'embouchure de la Meuse. Toutefois, Edouard III ayant échoué au siège de Tournay, malgré les bombardes (canons), dont les An-
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glais se servirent pour la première fois, U y eut ute courte suspension d'hostilàés, ou plutôt la guerre se transporta de Flandre eu Bretagne.
À la mort de Jean ÎIÎ, duc de Èretagne (iSU), deux prêtepdants se disputèrent la possession de ce dudbé : CÛarles de Blols^ mari de Jeanne de t^enthièvre. nièce du dernier duc, et J^au de Montfort, son frère puîné et d'uu auU^e lit. Le premier fut, appuyé par ia France, le second, par FAngletwre ; ainsi les deux nations se retrouvèrenl aux prises pour une rivalité dlulluence. iean de Montfort ayant été fait prisonnier à Nantes, sa femmô, Jeainne de Flandre, prit en main hi drapeau ^e sou parti, et continua ia lutte avec héroïsme. Assiégée dans le château A^Elennebon par les troupes de âharles de Élois, elle tra^ verse les lignes ennemies pour aller à Auray chercher du suceurs, et soutient la résistance de sa petite troupe jusqu'à l'arrivée deà vaisseaux anglais. Plus tard (1347), lorsque Charles de Blois fut, à son tour, tombé entre les mains des Anglais, Jeanne de Penthièvre, sa femme, se mit à la tète de ses partisans, et la guerre prit le nom de guerre des deux Jeanne.
s. B»taH]e« de Créer (434«), — 4« PoHlerii (tSft«).
Philippe de Valois avait livré au supplice Olivier de Clisson et quatorze seigneurs bretons ou normands, accusés de complot et d^inielligences avec les Anglais. Pour venger leur mort, Edouard lïl résolut d'envahir la France. Ce prince Venait de perdre son plus fidèle allié, îe brasseur Artevelle, tué à ôand dans une sidition. Ayant pour guide un traître, ôeoflfroy d'fîarcourt, il débarque eu basse Normandie, près de Sâint-Waast-tafiougue, preud et saccage les villes de Cherbourg^ Saini-Lô^ Caen, Louviers; brûle Saint-Cloud et les villages qui entouraient Paris. Voyant que sa présence n^exeitait aucun soulèvement contre son adverssûre , menacé en outre par des forces supérieures, il se retire en toute hâte, chargé de butin, vers le Ponthieu, son domaine ; passe la Somme au gué de Blanche- Tache, et vient prendre uue position très-forte à Crécy (1346), avec ses archers gallois, irlandais et gascons, les meilleurs de TËurope. Il avait pour lieutenant son fils, alors âgé de quinze ans, et si célèbre depuis sous le nom de prinae Noir.
En tôfe de l'armée française marchaient 10000 fantassins génois, portant des arcs dont la pluie avait détendu les cordes. Décimés par les flèches de l'ennemi, sans pouvoir y répondre,
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ils se replîôût eti d&ofdi^e. tJ^e hâte de gétt d'armés leur ferme îâ retraite : Tûez-tàoi cette HhaudaiUèl à'éctle le rôi, et son propre frëre, lô duo d'Alënçoû , pérît bientôt dànè Pâffretïàe mélee produite par C6t dfdre iilitiMeût. tes trcftlpés étalent d^âilieuts fatiguées d^atrâtide par titie longue mai'ôhe. l*hilippè, vaitlaut sdldsit, mais ithabilô général, conduisît sâhs sUCëè^tmd dernière éharge, qui àôheVà lô déââëtté de la jotïrnèô. Lé roi de fiobême Jean PAvetigle, leâ comteë de Btoîâ^ dé Flandre et de Savoie, les dtlôs de Lorraine et 4e Ôotiltdn, un grand nombre d'autres seigneurs, et aVed eiîî 12d0 dhevâlief^ et iqOHÔ iSôldâts, perdirent la tle k Ctèéy.
Aussitôt âprèé, l'ennemi ehifè^Ai 16 éiégé de ÛâtaU^ dont h gamiàon, commandée pât' Jean de Vienne, résista onie mois. ï{ fallut enfin se rendre et implorer la clémence d'un vaitii^ueni^ irrité, qui avait résolu d^abôrd de faire périr tous les habitants ; Edouard voulut bien se contenter énstite de six victimes. Eustache de Sàînt-t'ieî're fut le premier à se dèvonet pôtr le sàlut de 9ôs concitoyens. Son elemplô entraîna cinq autres bourgeois, qui âè présentèrent atôc lui, piédà mis, la hàtt au co2, pour être livides au suppiice. Les supplications de sa femme. , Philijppîne ie fiaînaut , ayant désarmé la colère d'Edouard, il fît grâce sans condition, ce qui ne Tenapêchà pas de chasser fous lés habitants, puis de repeupler la ville d*Anglais. lîës lors, et pendant deux cents ans, Calais fut une porté ouverte aux flottes et aux afméçs de nos ennemis (l347).
D'autres fléaux désolèrent le règne de Philippe VI. Une maladie épidémique, connue sous le nom de peste de Florence ou peste noire^ aprèsf avoir ravagé TAsie et l'Afrique, euleva, dit^ on^ un tiers de la population en Europe. Ce fut une cause dé nouvelles persécutions contre les Juif^, d'excès et de folies déplorables, mais aussi de beaux dévouements chrétiens, t^îlippe altéra les monnaies, comme ses prédécesseurs, et accrut l'impôt de la gabelle, afin de subvenir aux besoins du Trésor. Malgré la misère du temps, sa cour était très-brillante, et fréquentée par une foule de princes et de rois étrangers. Le dernier comte de Viennois, Humbert II, possesseur du Dauphiné^ n'ayant plus d'héritiers, lui céda cette province (1349), sous la condition que le fils aîné des rois de France porterait le titre de Dauphin.
Jean II le Bon (1350), fils de Philij^e VI, s'était distingué par sa bravoure et son caractère chevsûeresçiue ; il fut néaU'* moins plus malheureux encore que son père, car le génie poli-
tique et les talents militaires lui faisaient défaut. Dès le début de son règne, le caprice et Temportement éclatent dans sa conduite. U fait exécuter, sans jugement, le connétable Raoul d'Eu, soupçonné de trahison, et enrichît de ses dépouilles l'Espagnol Charles de La Gerda, descendant de saint Louis. Mais Charles le Mauvais, roi de Navarre, se débarrasse par un meurtre de ce nouveau favori, qu'il regardait comme un rival, et, quoique petit-fils de Louis X par sa mère Jeanne d'Évreuz, et de plus gendre du roi, il ne craignit pas de s'allier avec Edouard III. Jean le surprit, dans un festin, au château de Rouen, avec plusieurs seigneurs normands. Il fut jeté en prison, et cinq de ses complices mis à mort, sans information. Ces complots et ces vengeances présageaient un règne funeste.
Tandis qu'Edouard III débarquait à Calais, son fils, le prince de Galles, qui avait gagné ses éperons à la bataille de Crécy» partait de Bordeaux pour dévaster les provinces françaises jusqu'à la Loire. Jeaa se porte à sa rencontre avec des forces supérieures, et réussit à l'enfermer entre la Loire et la Yienne, de manière à lai rendre la retraite impossible. Au lieu de réduire les Anglais par la famine, ce qui était facile, il eut l'imprudence de les attaquer dans la position très-forte qu'ils occupaient à Maupertuis, non loin de Poitiers, Le prince Noir remporta une victoire éclatante (1356), malgré la valeur héroïque du roi de France, que la plupart des siens avaient abandonné. Le plus jeune de ses fils, Philippe, âgé de treize ans, se tint courageusement auprès de son père, et ne cessa de lui crier pendant l'action : Mon père I mon père ! prenez garde à droite, à gauche, derrière vous! Jean, obligé de se rendre, fut conduit à Bordeaux, puis à Londres, et la France eut à traverser une crise des plus redoutables.