Éimim généraux (ISMI). — jraeqnerie
Pendant la captivité du roi Jean, le dauphin Charles, âgé de dix-huit ans, prince maladif et peu guerrier, fut chargé du gouvernement, comme lieutenant général du royaume. Il fallait demander au pays de grands sacrifices. Les États généraux, convoqués déjà Tannée précédente, avaient obtenu que des officiers nommés par eux, veilleraient à l'emploi des fonds qu'ils votaient pour les besoins de la guerre. En 1356, réunis de nouveau après le désastre de Poitiers, ils accrurent leurs pré-
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tentions au point d'annuler le pouvoir royal : une commission prise dans leur sein devait administrer les affaires de FÉtat. Ces mesures furent conseillées par deux orateurs influents, Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, et Robert Lecoq, évêque de Laon, chefs de la faction démocratique et partisans du roi de Navarre.
Ce prince, « fourbe, perfide, vindicatif et cruel, » était un drapeau pour les ennemis des Valois. Petit-fils de Louis le Hutin, il aspirait à la couronne. Mis en liberté par ses amis, il entra dans Paris avec une escorte de bandits, et vint haranguer le peuple dans le Pré-aux-Clercs; car, à cette étrange époque, le gouvernement semblait êrtre descendu dans la rue. Bientôt, Faudace des factieux ne connut plus de bornes. Marcel, avec 3000 forcenés, envahit le palais du dauphin; les maréchaux de Champagne et de Normandie sont égorgés dans son appartement, et si près de sa personne, que leur sang jaillit sur ses habits (1358). Ce meurtre odieux, s'ajoutant à la révolte des paysans ou Jacques, dont les meneurs de Paris se firent les complices, déshonora le parti de Marcel et fit évanouir toute espérance d'une vraie liberté politique.
Dans ces temps malheureux de guerre étrangère et de guerre civile, le paysan était maltraité et pillé par les soldats de tous les partis, qui l'appelaient par dérision Jacques Bonhomme; les terres demeuraient incultes, et les pauvres gens en étaient réduits à fuir dans les bois et à se nourrir de racines. Poussés au désespoir, ces malheureux finirent par s'insurger, et tournant contre leurs maîtres la rage qui les dévorait, ils brûlèrent les châteaux et commirent des atrocités dans le Beauvaisis et les provinces voisines. La noblesse et les Anglais môme, épouvantés des excès dek Jacques, firent cause commune contre eux et en égorgèrent sept mille, près de Maaux,
Cependant le dauphin, ayant réussi à s'échapper de Paris, où dominait Marcel, tenait la campagne avec des forces imposantes. De son côté, le prévôt des marchands, sentant que son influence déclinait chaque jour, leva tout à fait le masque et résolut de livrer la ville au roi de Navarre, qui était à Saint- JPenis avec une armée de Navarrais et d'Anglais ; mais le complot fut découvert. Surpris au moment oti il allait ouvrir à son complice une des portes de Paris, Marcel fut tué sur le lieu môme ; et sa mort, décourageant les factieux, permit au dauphin de rentrer dans Paris (1358).
L'année suivante, le roi Jean, fatigué de sa prison, conclut le
traité 4«t«Klw,pwle«Uftl U çédg^it ^u. rgi 4'Angl^tçrre h ©pitié dfl rQyam:Ae ; maig k? Étets pv^férè.rept la gi^erre à, de telles cpi^iiti<ms. É4ouar4 alorç envahit }a France, et ravagea le pajs depuis C^toi^ jusqu'aux plaines de la Obampagne, Arrêté devant Chartres par un orage épouvantable, U craignit la colère dtt cîel et consentit à signer le traité de Prétigny (1J60), La QwjeAfJa, le Poitou, l^ Saintpnge, )e limousin, le Périgord et l'Ansouffipi? lui i^r^nt abandonnés en tQUte souveraineté» et 1^ roi leap obtint sa, liberté, moyennant une rançon de troi^ paiBious d'é(?u?i d'or» Af^^pï^ retour en France, ce prince constitua un apanage héréditaire ^ son fil?, Philippe le Hardi^ en lui dormant le duché de pourgogne, devenu vacant par la mort du dernier d^;^ndai^tde Robert \§ Vie^?. Il créa de même son deu2;i^W 4i^, ï-ouis, duc du Maine et d'Anjou: son troisîèmei Jean> du« de Berrjff Peu de temps^ aprè^> ftyant appri» quç le duc d*Anr jpvi, reteiiu en Angleterre oomme otajjç jusqu'au payement da la, rawçpn p^iternelle, venait de s'enflwr, le roi de France, par ^R scrupule di^ loywté, ^ se remettre au^ç mains des Ai^lais^ et mourut la même année k Londre^^ tout occupé d'im projet Ho. croisade.
tk% UneeèM dç Charles T^ dit le itege.
Ckçkvtes V (1 364] ^ successeur de Jean le Bon, adopta une politique toute différente de celle de son père. L'adversité avait mûri s^ raison, et le spectacle de l'anarchie , dont il avait été le témoin et la victime, l'avait convaincu qu'il nY avait de salut pour la France qu'à Tabri dhin pouvofr fort et respecté. Se contentant de diriger, d*nne main habile , les affaires de l'état, il remit le commandement de ses armées à Bertrand du Guesclin, gentilhomme breton, disgracié de sa personne et safts fortune, mais vaillant soldat et grand capitaine, qui avait oom*mencé par être chef de partisans dans son paqrs natal.
Du Guesclin étrenna le nouveau règne en battant à Oockefeîy près d'Évreuj, une armée anglaise, qui soutenait le parti de Charles le Mauvais. Il passa ensuite en Bretagne, où la guerre contînUî^it toujours, et prit part à la bataifie dMwdy (1964}. Charles de Blois * y périt, et luî-méme y fut fait prisonnier. Le « général anglais, Jean Ghàndos, après sa victoire, vint à bout
1. Charles de Blois était un mauvais gé^ral^|i^tu« li^^l^^ f^^^x q«l ioifiMit k Vvnws ck la poésk «ni^ trèat-gr^i^ji^ pi4t^i
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de toutes Jes résistances, et, par le tr^té 4© Gu^rm^ (1365). assura ^u fils î^ Montfort la possession du ducW.
La Bretagne était pacifiée, et le ?oî de NavarrQ, dçpqfe s^ défait? \ Gocherel, ne pouvait plus nuire, Gependant, les grandes comi^agnie^^ bandes d'aventuriers de tpus Içs pays, n'étant plus nourries p«ir la guerre, se livraient %\y briganaage, Du GuQ^clin^ rçpdu à la liberté, se mît à leur tête, et 1& décida par de belles parole? à le s^uivre en Espagne. Pierre le Cruel et son frère, Henri de Tranjstamare, se disputaient le royâtitnô de CastiHçj la France se déclara pour celui-ci; mais 1q prince dq Galles. (|ui résidait àBonlé^i^x, soutint Pierre le ÇrnQl^ malgré sa banbarie et ses aHi^ncçs avec les musulmanç. Après avoir obtenu d'abord de grands succès, du Guesclin fut vainqu par I^ prince Noir, et fait (Je nouveau* prisonnier, % 1^ b^t^ille de Najeroi ou de iVavarctie (1367). Il ô?a Ini-même une somme énorme pour se racheter, et, comn^e l'anglais s'en étonnait ^ Sojchez-h bien, lui dit le bon chevalier, il n'y a femme en Ffance qui ne filât une (fuenoiiille pour ma ranpori,. gientôt. le:? vengeances de Pierre le Cruel et son ingratitude refroidirent Iç? Anglais, qui l'abandonnèrent ; Jl fut ti^ par son propre frère japrès la batailtçi de Montiel (1366), et sa iort délivra TEspagnie d*un pdieux tyran, Candis qu'elle donnait à la France un utîÏQ allié, dans la personne de Henri de Transtamare.
Gojtnme Charles V, par nne habile politicjue, étendait chaque jour son influence, le§ barons d'Aquitaine vfnrent se plaindre ' à lui des exactions du prince de Galles. Somméi d'avoir ^ §e jus^ tifier devant ses pairs, celui-ci répondit en envahissant les provinces françaises, à la tôte de 60 000 hop^rnes, pendant qn un^ autre armée anglaise débarquait vçrs le Nord (1370). La aévastation dn Liniousin et le sac de Limoges marquèrent cette dernière campagne du fils d'Edouard III ; puis sa santé chancelante le força de retourner dans son pays, et il mourut, six an^ pins tard, d'une nialadie 4e langneur. Quant ^ l'armée du Nord, elle fut harcelée sans relâche par du Guesclin. et Qnalement anéantie à Pontmllqinj dans le M^rne. Pipesque en même tenips, une flotte anglaise était vaincue devant ta Rochell$, par la flotte du roi de Castille, Henri de Transtamare. Du Guesclin, dont le génie militaire grandissait avec l'âge , soumit l'Aquitaine, et, vainqueur c^inifttre, ne laissa aur Anglais que les trois vUles de Bayonne» Bordeaux et Calais.
Le prince français, leur allié , fut également réduit à l'impuissance : Charles le Mauvais perdit ses domaines en Nor-
mandîe. Ainsi, pendant l'époque intermédiaire qui s'ouvre aux triomphes de Charles V pour aboutir aux malheurs de Charles VI, la France se trouva momentanément en pleine possession de son unité nationale. Il rCy eut oncques roi de France qui moins s'armât, si n'y eut oncques roi qui me donnât tant à faire, disait Edouard III de son adversaire.
Toutefois, les dernières années du règne de Charles V ne furent pas sans nuages. Une tentative imprudente faite pour réunir la Bretagne à la couronne, souleva cette province; du Guesclin, devenu un moment suspect, fut peut-être obligé de remettre Tépée de connétable, qu'il avait glorieusement conquise ; puis il alla mourir au siège de Randan, en Auvergne (1380). Le gouverneur qui avait promis de se rendre, vint déposer les clefs de la place sur son cercueil. Parmi les compagnons d'armes du connétable, il faut nommer son compatriote Olivier de Clisson, T ennemi implacable des Anglais, et le pieux et brave maréchal de Boucicaut.
On reproche à Charles V d'avoir fomenté involontairement le schisme qui allait désoler l'Église, en reconnaissant Clément VII, opposé par les cardinaux au pape Urbain VI ; mais d'autres actes de ce règne ne méritent que des éloges. La majorité des rois fut fixée dans un lit de justice * à quatorze ans ; l'administration des finances fut organisée avec le concours de ministres 'capables, choisis dans le sein du tiers état. Parmi ces conseillers, on remarque Nicolas Oresme, depuis évoque de Lisieux, l'un des créateurs de la science économique. La France eut un commencement de marine et des comptoirs sur la côte d'Afrique. Charles aimait les lettres et protégeait les savants ; il accrut les privilèges de l'Université et réunit au Louvre une bibliothèque de 900 volumes. Christine de Pisan, fille d'un astrologue italien qui était venu s'établir en France, a écrit l'histoire de ce grand roi. A peine âgé de quarante-quatre ans, usé par le travail et la souffrance, Charles V alla rejoindre dans les caveaux de Saint- Denis, son serviteur du Guesclin, qu'il avait honoré de la sépulture royale ; il fit voir à ses derniers moments, le calme d'un sage et la piété d'un chrétien (1380).
1. Lit de justice, séance solennelle du parlement où le roi siégeait sur une pile de coussins, entouré des grands du royaume et des ducs çt pairs. (Piç.'m tionnaire historique des institutions^ par M. Chéruel.)
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e. Angleterre et Tranee.
A Pépoque où nous sommes, l'histoire de la Fran'ce et celle de TAngleterre ne sauraient être séparées, tant leur liaison est étroite et la coïncidence des événements remarquable. Nous avons vu les succès d'Edouard III sur le continent. De son règne aussi datent la prospérité commerciale de l'Angleterre et le d^ veloppemeut de la langue saxonne, jusque-là dédaignée pour l'idiome normand. Le poète Chaucer, inaugurant ce n .ouveau laor^ gage, donna au règne d'Edouard III et à celui de son successeur une certaine illustration littéraire. Edouard établiit l'ordre de la Jarretièrey et créa le service des postes dans s on royaume. Mais la mort prématurée du prince Noir, et les CiOupad)les faiblesses du vieux roi, changèrent en deuil et en disigràces l'éclat de ses anciennes prospérités.
Richard II, son petit-fils, monta sur le trône en^ 1377. Comxûe il avait onze ans seulement, ses trois oncles, le.s ducs de Lancastre, d'York et de Glocester se partagèrent 'le gouvernement du pays. Un impôt odieux qu'ils avaient é,tabli, soulève una insurrection formidable : cent mille paysar^s, conduits par un ouvrier nommé Wat-Tyler, s'emparent de Londres (1381). L«s prédications de l'hérétique Wiclef , cel'ies de ses disciple» plus fougueux que leur maître, avaient excité l'esprit de révolte et d'anarchie. Après avoir rétabli Tordre en faisan^ t des concessions, Richard, prince d'ailleura inhabile, tombft9,ous le joug de favoris méprisés, ce qui le rendit de plus en p* lus impopulaire. Il acheva de mécontentée les Anglais ev, cédant Cherbourg et Brest à la France, pour prix de son mar ^age avec la fille de Charles VI. Son cousin Henh de Lancastre, qu'il avait privé de Théritage de son père, se. mit à la tète d'un parti puissant, le vainquit et le fit prisonnier. Gomme t douard II, il fut jugé et. déposé; comme lui, il périt de mort violente dan» sa prison (1399). Richard II est le dernier des Fi7 «ntagenets.
L'usurpateur Henri de Lancastre, élu roi par .- le Parlem^it, prit le nom d'Henri IV. L'héritier légitime de Richard était Edmond Mortimer, de la maison d'York^ de» scendant par les femmes du deuxième fils d'Edouard IIL Alonf . naquit la riralité des deux familles d'York et de Lancastre, q^jà causa plus tard la guerre des Deux Roses. Pendant dix ans^ If 3 nouveau roi eut à combattre les révoltes continuelles des sef .gneurs. Après avoir affermi la couronne sur sa tète et fomer jté des discordes ejt
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France, il mourut dans la force de Tâge (1413); son fîls lui succéda sous le nom d*Henri V.
Charles F/, roi de France, n^'avait que douze ans à la mort de son père (1380). Sa minorité, comme celle de Richard II, fut remplie de troubles, et, pour compléter la ressemblance, ses trois oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne, se disputèrent le pouvoir, n*ayant à cœur que de satisfaire leur cu- /pidité oulQur ambition. Le duc d'Anjou mit d'abord la main sur le trésor de Charles V, quHl dissipa en Italie, où rappelait l'adoption de Jeanne I'« de Ifaples. De nouyeaux impôts causèrent des séditions teiTâ)les en Normandie , en Picardie et surtout à Paris, où les rérvoUés prirent le nom de JUaittotins, parce qvJït^ assommaient les percepteurs à coups de mailtets de plomb. En même temps, lé Midi se soulevait contre le gouvernement tyrannique du duc de Berry.
Le mouy^ipent avait gagné les Flandres, et le comte Louis de Ifâle, beau-pèi;e du duc de Bourgogne, vît le peuple s'insurger contre lui. Chi^rles Vï conduisit une armée au secours de ison vassal, et, graçe aux talents militaires du connétable Olivier éfr€Ksson, vainquit les fiB.mjiLnâ&h Rosebecque (1382); Philippe i^t'evelle^ fils ^u fameux brasseur, y fut tué avec 25000 de ses compiatriotes. On détruisit Càurfray, sous préteïte d^eUTacer h ^ô^ie de la bataille malheureuse de 1302.
«Paris s^élait mutiné de nouveau ; le jeune roi, aprèi» sa vïc- 4dre, y rentra avec un appareil menaçant et Ûi périr un grand nombvè de Mkillotins. Parmi les victimes de sa sévérité ou plu- -tôt de ]À vengeance de ses oncles, on cite l'avocat général Jean ••Desmara^^, vieillard infôçre et respecté, La bourgeoisie de Pari» ^ deis autres villes libelles fqt dépouillée de toutes ses fraa-
'Un projet 'de descente en AngFeterre, qui avait coûté d*immenses "pirépatratîfs, écl^oua par la faute du duc de Berry. 'Gepehdànt ' les ^flkires prirent une face meilleures lorsque Charieài-Vr, âè:é de vingt ans, résolut de régner par ku- .mdme(1888). ll'irapçela les ancîeojs ministres de son père, et leur sàgesiié^ fit renaître la paix au dedans et au dehors ; maii» une lamentable bcctastropbe replongea la France dans le chaos i^bti elle 'commençait à Sortir.
Un gentilhomme de Bretagne, Pierre de Graouy ayant été banni 'de la cour, ai^ssina le connétable Olivier de Glisson^ èpM croyait l'aifteur de sa disgrâce ; puis, après sou crime, il 4iicenlàit chez le duciîe Bretagne, mortel ennemi d'Olivier.
BÏSTOtRBf Mr BtoYBH AOff. 307
Qudîqtie peîaî-cî n^eit t)àsf sticôotabé à seÈ bïessnre», îe for sôiôrnâ îë àût de Itd Im&ttb' coiiprâbfe. Sut son jfôfcé', il é& met en ihafcÏÏé' coïitfe lui. CïSéïïj^ it trsttét^stît la fôrôf dw Mans, un Êommé (f un aspect élifangè sort iAts^uëmént d«*f taillis, et, se jetant à la tête de âoù éheVa^ lui c«'fe : OM,à& Chevauche pas plus avant; tu es trahi. Cette soudaine rencontre ébranla tellement Fesprit déjà faible du jeune Chârfes, qu'il en perdit la raison (1392).