i<#|pMi x? (f 4f|i-f 49f ). p^Bup lia bleu ^pliilc
l)eptlis six atii^, le dauphiti Louis, fils ingrat iBt rebelle, vi-^ vâit retiré en Hainaut, chez le duc de Bourgogne ; oe fut là qu'il apprii la mort de son père.
Une fois monté sur le trône, les difficultés ne lui manquèrent pas pour assurer son pouvoir contre ses anciens complices^ Non-Seulement les cinq grands vasseaux, nommés précédemment, posi^édaient à eux seuls les trois quarts de la France ac^ue^le, mais encore, beaucoup de seigneurs, dans le Midi surtout, prétendaient à une| indépendance absolue. Un conflit devait ëclaier; car le nouveau roi était dans la force de Page et ^fè^-jalbux des droits de sa couronne. S'il avait une apparence chétive et une méchante nature, son esprit était fertile en ressources, son langage plein de charme et de séduction; politi* que liabile et rusé, il eut recours aux négociations plutôt qu'à la force ouverte. En un mot, le règne de Louis XI marque une époque importante de notre histoire.
Il renvoya d'abord tous les ministres de son père pour mettre à leur place des gens obscurs, attachés à son service particulier; et ses premiers actes lui firent beaucoup d'ennemis. La pragmatique sanction abrogée, des impôts augmentés, puis la suppression de certains privilèges de la noblesse, le rachat des villes de la Somme, conforme au traité d'Arras, mais dés-
HISTOIRE MODERNfi. â39
agréable au dûc l4e Bou^ôgtiiè : tels fûrënl tes prîncîjyattx grtièft qui Bénirent de préteite à la Ligue (tu bien ptttfec. Cette coalîtibn eut pour chef le -comte de Chanolais, iils de Philippe le BoYi, si célèbre depuis , sous le nom de tlharles le Téméraire. Leè comtes de Dunois, de Sâiût-Pol et dte Dâmmartitt, les ducs de Bretagne, de Bourbon et de Nemours, le duc de Bclry, propre frère du roi, y entrèrent sans autre soud que teur avèiiltagè particulier. Mais Louis était soutenu par les ctJmmuu'eà et là bbur* geoisie qui, lasses de la tyrîpitnie des setgntsurs, coufdndàiétil leurs intérêts avec ceux de la royauté. Ainsi appuyé, il fit tètë à Torage, livra au comte de Charolais uUe bataille indécise li Montîhéry (U65), et, tandis que Paris, gu'gué par éeà coûceisions récentes, opposait bmX coalisés une vigoutéuse ré^létancé, le roi s'efforça de diviser ses adversaires et de les ramener i lui chacun séparément. Les engagemehts lui coûtaient peu; H signa donc les traités de Confiais et do Smnt-ifator (14<5), pleîni de promesses et de concessions. Le duc de Berry reçut là îfofmandie en apanage, et le comte de Charolais reprit leS villes dte la Somme ; Saint-Pbl éUt Tépée de connétable, bliahldt aprèisi Louis XI, enlevait la Normandie à son frète, et les États généraux, convoqués àTours, lui donnèrent raison. Ils le soUtintent également contre le duc de Bretagne, qui s'obligtea, pat le traité d'ÂnceniSy à n'avoir d'autte allié qUe le roi de Prance.
s. Itutte de ïioais 1^1 contre Chlirles le Téméraire.
Charles, comte de Ûharolâis, avait succédé à son pfeté Philippe le Bon (1467) : c'était un prince fastueUt, emporté, û& peu de jugement et de beaucoup d'orgueil. Le traité d'Ancéttîâ lui causa Un violent dépit, et la jguerre semblait Sur le pôîtil d'éclater. Plutôt que d'en courir les chances, Louis va trouver son adversaire à Pérofine (U66), àe flattant de l'apaiser par les artifices de son éloquence. Peut-être eût-il gagné sa caUse isanâ la révolte des Liégeois, ses alliés secrets, qui survint tout à coup au milieu des négociations, et dérangea tous ses plans. Le du<5 furieux contre les Liégeois qui avaient chassé leur évèque et massacré les chanoines, convaincu en outre de la complicité de son hôte avec les rebelles, le menaçait de la mort ou tdUt au moins de la prison, dans ce môme lieu où Charles le Simple avait subi jadis une longue captivité. Louis se broyait pèrdti, lorsque l'un des conseillers de Charles, Philippe de Commines, le futur historien, vint secrètement à son aide, et l'avertit d'ac-
cepter de bonne grâce toutes les conditions qui lui seraient im« posées. Il signa donc un traité des plus humiliants, et dut aussitôt marcher contre Liège avec le duc, qui se vengea cruellement de cette malheureuse ville.
Sorti du mauvais pas ot il s'était jeté lui-môme, Louis XI travailla aussitôt à réparer les conséquences de sa faute. Il avait été contraint par le traité de Péronne de donner en apanage à. son frère la Champagne, province voisine de la Bourgogne; à force d'adresse, il sut lui faire accepter la Guyenne en échange. Une assemblée de notables, réimie à Tours (1470), annula le traité de Péronne, et voulut môme faire le procès de Charles le Téméraire, comme traître et félon envers son suzerain. Mais bientôt se forme contre le roi une coalition plus redoutable que la Ligue du bien public. Le projet du duc de Bourgogne et des autres grands vassaux et seigneurs était de détrôner Louis XI, de mettre à sa place le duc de Guyenne, son frère, et de démembrer la France. Un événement imprévu déconcerta tout à coup les espérances des rebelles : Charles de Guyenne vint à mourir, et si à propos pour le roi, que Ton crut à un empoisonnement (1472).
Charles le Téméraire jure de venger celui qu'il prétendait avoir été victime d'un fratricide; il envahit la Picardie, saccage Nesle; mais il échoue au siège de Beaiwais, où les femmes, et en particulier Jeanne Hachette, se distinguent par leur courage. Rouen et Dieppe repoussent également ses armes. Alors, signant une trêve avec Louis XI, il tourne son ambition vers d'autres conquêtes. Déjà maître de l'Alsace, il convoitait la Lorraine avec les provinces du Rhin, et aspirait au titre de roi. Mais une petite ville d'Allemagne, Neuss^ près de Cologne, le retint onze mois devant ses murs, sans qu'il pût y entrer. Pendant qu'il s'épuisait dans cette ridicule entreprise, son allié, Edouard IV d'York, vient débarquer à Calais avec une armée. Louis XI, au lieu de combattre, négocie et obtient la retraite de l'Anglais en consentant à payer un tribut annuel (traité de Pecquigny, 1475.) Libre ensuite d'exercer ses vengeances, il fait périr le comte d'Armagnac, le duc d'Albret et le connétable de Saint-Pol, coupables de complots et de trahison.
Enfin, le plus redoutable de ses ennemis allait courir à sa perte en attaquant sans raison un petit peuple très-jaloux de son indépendance.