IV. ALLEMAGNE ET ITALIE
à. AlteniliSfie.
Frédéric Ifl^ empereur depuis }440, négligea les intérêts df FAilemague pour s'occuper de ses domaines héréditaires. L'année même où Gonstantinople tombait au pouvoir des Turcs (1458), il érigea T Autriche en arehiduché. L'envie lui prit néanmoins de roTondiquer la Bohême et la Hongrie (1458), bôritage derenu Tacant par la mort du jeune Ladislas le Posthume^ fils de son prédécesseur Albert II ; mais Georges Podiebrad et Mathks Corvin, tuteurs du jeune prince, lui ayant été préférés, Frédérie se renferma désormais dans les étroites limites de ses États. Il sut toutefois préparer les grandes destinées de sa maison en mariant son fils If aximihen à Marie de Bourgogne, héritière de Charles le Téméraire, qui apportait en dot les Pays-Boê ï Artois et la Framhê-Comié (1477). Aussi Frédéric fut-il le premier qui adopta cette orgueilleuse devise A.E.LO.CJ. Àustrim est iTnpe* rare orbi universo. « Il appartient à l'Autriche de régner sur le monde entier. »
Maximilien I«^ (1493), fils de Frédéric III, fut élevé par les électeurs au trône impérial, et continua la politique de son père. Peu respecté des Allemands à cause de sa pauvreté et des humiliations qu'elle lui attirait, tous ses efforts tendirent à l'agrandissement de sa famille. Le traité de Senîis avec Charles YIH lui rendit V Artois et la Franche-Comté, un moment réunis à la France. La mort de son parent Sigismond lui donna le T^^rol, Goritz et une partie de la Bavière, tandis que d'autre part, il mariait son fils Philippe le Beau à Jeanne la Folle, infante d'Espagne, ménageant par là un magnifique héritage à ses petits-fils, dont l'ainé devait être Charles-Quint. Lé second d'entre eux, Ferdinand, acquit aussi la Bohême et la Hongrie par le mariage que Maxitnilien négocia pour lui avec Anne, fille de Ladislas et héritière de ces deux pays. Ainsi la maison d'Autriche gagnait par des mariages autant et plus que d'autres par des combats.
Maximilien fit quelques tentatives pour réprimer l'anarchie oui existait en Allemagne, D'an côté, la Hame feutfmiqae, sorte de république idiarchande comprenant presque toutes les villes maritimes, sotitçnait à m^n arthée lés intérêts de son con)iiiercë; de l'autre, des tribunaux partîouUers s'emparaient de
la justice et la rendaient arbitrairement. Chaque seigneur était roi dans ses terres ; l'Empire manquait de cette force morale qui devait à la longue faire triompher la royauté en France. Maximilien essaya d*imiter Charles VU, en remplaçant les milices féodales par des armées permanentes de reitres et de lanS' quenets, 11 voulut réformer la justice en créant, sous le nom de Chambre impériale^ une cour suprême dont les membres furent déclarés inamovibles. Afin de remédier au morcellement de TMlemagne, il la partagea en dix cercles : Haute-Saxe, Basse- Saxe, Souabe, Franconie, Bavière, Westphalie, Bourgogne, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Autriche. Mais les seigneurs avaient trop d'intérêt à perpétuer le désordre, pour se prêter à des réformes sérieuses dans l'État.
L'imagination aventureuse de Maximilien Tentraina souvent dans des entreprises téméraires, et, lorsque la prudence lui conseillait de rester en Allemagne, il se mêla sans nécessité aux guerres d'Italie. Nous verrons ailleurs la part qu'il y prit. Jetons d'abord un coup d'œil sur Tétat de la Péninsule, au moment où elle va devenir le théâtre de ces luttes mémorables.