‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 170 sur 254 · Première guerre (tSti · texte numérisé non relu

Première guerre (tSti

Il semblait que la supériorité dût appartenir à celui des deux princes qui obtiendrait l'alliance du roi d'Ang^ieterre; aussi Henri VIll avait-il pris pour devise : Qui je défends est maittt. Les deux rivaux le courtisèrent tour à tour. François I» essaya de l'éblouir dans Tentrevue qu'il eut avec lui au camp du Drap d'or, entre Guincs et Ardres, où les seigneurs déployèrent un faste si ruinenx, que t plusieurs y portèrent leurs nioulins, leurs forêts et leurs prés sur leurs épaules.» Plus adroit ou plus heu* reux dans un voyage qu'il fit en Angleterre, Charles-Quint se concilia Tesprit d'Henri YIII^ etgagûa son ministre, le cardinal Wobey, qui aspirait au trône pontifical, Léon X mourut, en effet, peu de temps après (1521); mais son successeur fat le cardinal Adrien d'Utrecht, ancien précepteur de Charles-Quint. Celui-ci n^en conserva pas moins raliiance du roi d'Angleterre.

François I" avait déjà mis sur pied trois armées; l'une sons la conduite de Lesparre, alla soutenir en Espagne Jean d'Albret, à qui Ferdinand le Catholique avait enlevé la Navarre. Le général français, ayant voulu, après la prise de Pam^^ltme^ pousser plus avant dans le pays, fut battu et son armée obligée de revenir en France (1521). Cette même année, les Impériaux, provoqués par le duc de Bouillon, notre allié, vinrent mettre le si^e devant Mésiéres^ que Bayard défendit héroïquement. £n Italie, Lautrec, perdait le Milanais^ faute de forces sufâsantes, et se voyait contraint par la mutinerie des Suisses d'attaquer témérairement les Impériaux, et de se faire battre à la Bico- ^fve (1522). La reine mère, Louise de Savoie, qui haïssait Lautrec, avait causé son malheur en retenant l'argent destiné à la paye de ses soldats mercenaires* On reproche en outre à cette princesse la mort du surintendant des finances Semblançaj, vénérable vieillard, qui fut pendu à Montfaucon (1527), sur une fausse accusation de pécuiat.

François I^' voulait aller en Italie réparer les mauvais succès de Lautrec, lorsqu'un dangereux complot le retint en France. Le connétable de Bourbon venait de perdre sa femme, Suzanne de Beaujeu, Louise de Savoie lui offrit sa main, essuya un refus et entreprit de te venger, en dépouillant le connétable de l'héritage de sa femme : il ne s'agissait de rien moins que du Bour-

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HISTOIRE MOBERNE. 375

bonnfcis, de rAuvèrgnte, 4e la Marcb«, du PoMï tl du Beaujo* iais. La t^ine fit Taloir des droits c(yiitestables, et, par les ititri^ guea du chaûeelier Duprat, obtint que les biens en litige seraient provisoirement mis sous le séquestre. Outré de cet arrêt, Bourbon traita secrètement arec l'empereur et le roi d'Angleterre, qui convinrent de démembrer la France et de la partager avec lui. Le traître devait recevoir la main d'une sœur de Charles^ Quint avec la Provence et le Dauphiné, qui, joints à «es do^ maines héréditaires, lui permettraient de reievor à son profit l'anciea roj^ome d'Arles. François 1% informé du complot, craignit de frapper légèrement un prince du sang^ un excellent capitaine qui s'était signalé à Agnadel et à Marignan; il laissa au connétable le temps de pa^er à l'enuemi et de préparer l'îii^ vasion de la France*

On eut bientôt à combattre les Impériaux en Franohe^Gomté, les Anglais en Picardie, et les Espagnols dans le Midi. Le roi commit la faute d'envoyer en Italie son favori Bonniv et^ faommd de cour, tout à fait incapable de lutter contre le duo de Èour« bon, auquel Tempereur avait confié le commandement de mù. armée. Battu et et blessé à Biagrésso^ sur la Sésia (1524), Bon^ nivet remit le commandement à Bayard. Le brave chevalier fut iui^^nème fhippé mortellement d'un coup d'arquebuse, dans une retraite désastreuse^ Assis au pied d'un arbre, le visage tourné vtBW l'ennemi, il se confessa, foute de prôtre, à son écuyer. Le comiétaUe venuit à passer, lui adresse quelques paroles de compassion. Monsieur^ il n'y a point de pitié à avoir 4» moi, répondit Bayard, car je mmn en k&mme de bien; mais f ai pitié 4e oous, de txms voir servir contre votre prince^ votre patrie H votre serment. Cependant le connétable reconnut bientôt qu'il avait eu tort de compter sur les sympathies populaires. Loriqu'il envahit la Provence, Marseille^ loin de lui ouvrir ses portes, le repoussa vigoureusement. L'approche de François I®"", à la tête d'une armée considérable, le força de repasser les monts à sa honte,. poursuivi par les rsdlleries des Impériaux, qui le méprisaient comme un traître.

C'était trop peu pour le roi d'avoir chassé l'ennemi du sol français* Gomment n'aurait-il pas tenté de reconquérir à la fols la Lombardie et le royaume de Naples? Il franchit donc les Alpes, divisa ses forces, et , contre l'avis de ses capitaines, accepta la bataille que Bourbon, supérieur en nombre, loi offiritsous 1«6 murs de Pavi» (1525). Au commencement de l'a»tm, l'artillerie française tenait l'ennemi eu échec par ses dé^

charges meurtrières; mais le roi, impatient d'en venir aux mains, s'élance avec sa gendarmerie au delà des canons, de manière à les rendre inutiles. Cette témérité lui coûta cher; abandonné des Suisses, qui ne soutinrent pas le choc de Finfanerie espagnole, il se battit en vain comme un lion, et fut obligé de se rendre, après avoir vu ses plus valeureux compagnons tomber à ses côtés. Le soir de cette funeste journée, il écrivait à sa mère une lettre qui se résume ainsi: Madame^ tout est perdu^ fors Vhonneur.

Louise de Savoie sauva tout contre toute espérance. Elle écrivit à la fois au pape et au roi d'Angleterre, leur représentant la puissance excessive de la maison d'Autriche, et la nécessité de lui faire contre-poids. De son côté, Claude de Guise, avec son frère, le duc de Lorraine, se portait au-devant de (lO 000 Allemands, pillards et fanatiques, qui avaient envahi TAlsace, et les mettait en déroute à Saverne^ délivrant ainsi les provinces de l'Est d'un effroyable danger.

François I»', captif depuis plus d'un an à Madrid, y aurait langui longtemps encore peut-ôtre, si le prudent empereur n'eût craint de le voir mourir d'ennui entre ses mains et de perdre la riche rançon qu'il se promettait. Toutefois, les conditions du traité de Madrid furent cruelles (1526). François I<^ rendait la Bourgogne à Charles-Quint, se soumettait aux prétentions du connétable, payait en outre deux millions d'écus d'or, épousait la sœur de l'empereur, veuve du roi de Portugal, et laissait ses deux fils en otage. Après avoir engagé sa parole et son honneur, le roi de France, dès qu'il fut libre, protesta contre la violence qui lui avait été faite, et les États de Bourgogne déclarèrent leur province à jamais unie à la couronne, malgré le serment du roi.

s. Deuxtème snerre (tfttV).

Charles-Quint, déçu et joué, criait au parjure. François K eut beau lui répondre : Vous en avez menti par la gorge ^ et toutes les fois que le direz, mentirez, il n'en demeura pas moins convaincu d'avoir manqué à sa parole. Son rival se vengea d'aborfl du pape et des princes italiens, qui venaient de déserter son alliance pour celle de la France. Le connétable choisi pour être l'instrument de sa colère, ravagea l'Italie et s'avança jusqu'aux portes de Rome, avec une armée grossie de luthériens allemands, qu'animait une haine furieuse contre la mo-

deme Babylone. On tremblait à leur approche, comme au temps des grandes invasions. Bourbon, après avoir fait partout des ruines sur son passage, fut tué d*un coup de feu en montant le premier à l'assaut de Rome (1527) *. Les bandes* espagnoles et allemandes n'en prirent pas moins la ville, massacrèrent, pour venger leur chef, huit mille Romains, et pillèrent cruellement, pendant plusieurs mois, le sanctuaire des arts et de la religion. Le pape Clément VII tomba au pouvoir de ces barbares, et Charles-Quint, tout en le retenant prisonnier, faisait dire des messes pour la délivrance du pontife.

François P' se décida enfin à envoyer Lautrec en Italie avec une armée. Celui-ci prit Génes^ saccagea Pcwte, délivra Rome et s'avança jusqu'à Naples, Il allait se rendre maître de cette ville, lorsque la défection de l'amiral génois, André Doria, le plus grand homme de mer du temps, renversa toutes ses espérances. La peste se déclara parmi ses troupes ; il en mourut lui-môme, et l'épuisement des deux partis rendit nécessaire un nouveau traité, qui fut signé à Cambrai sous la médiation de Margue*rite d'Autriche, tante de l'empereur, et de Louise de Savoie, d'où lui vint le nom de Paix des Dames (1529). François I^ sacrifiait ses alliés les Italiens, gardait la Bourgogne, mais d'ailleurs exécutait toutes les autres conditions du traité de Madrid.

La paix de Cambrai procura aux deux rivaux un repos de six années, pendant lesquelles ils ne demeurèrent pas inactifs. Les Turcs conMnencent à intervenir dans les querelles de l'Occident, et, pour la première fois, on voit un prince chrétien, François l^^, rechercher leur alliance. Afin de se justifier devant ses contemporains, il disait : Quand les loups viennent fondre sur le troupeau, on a bien le droH d^appeler les chiens à son secours. Charles-Quint, au contraire, reprenant le rôle de Gharlemagne, va défendre PÈglise attaquée par les protestants, et l'Occident menacé par les Turcs ; il rétablit l'ordre en Allemagne, repousse l'invasion des Ottomans, et purge la Méditerranée des pirates qui rinfestaient.

•. inTaslon de* Tares en AUemasne.

Les Turcs étaient alors à l'apogée de leur puissance. SoZtman II, le Magnifique, successeur de son père Sélim (1512),

1. Le fameux ciseleur florentin Benvenuto Cellini se vantait d'avoir tué luimême le connétable de Bourbon. Avec ce prince s'éteignit la première maison de Motttpensier. (Voir la généalogie des Bourbons.)

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avait pris d'assaut Timportanta place de Belgrade^ si longtemps recueil des Ottonoans; il avait réussi à chasser de tUiodes las chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, malgré l'hérolcpie résistance de leur grand maître, le Français ViUier$ de Vlsk^éam (1522). Le roi de Hongrie, Louis II, fut ensuite vaincu et tué àlafuâeste bataille de ifoAaes (1526). Soliman profitant des discordes de ce malheureux royaume, j faisait de fréquentes incursions. Il vint enfin mettre le siège devant Vienne {1^^^}' où commandait Ferdinand, frère de Gharles-Quint. Cette atta^e avait été concertée avec François I«', qui espérait affaiblir son ennemi par une puissante diversion ; mais l'empereur triompha sur les bords du Danube comme en Italie, JT'AUemagne accourut en foule sous ses drs^eaux; plus de 100000 honunes se trouvèrent réunis à Vienne, et le sultan, après quarante jours de siège, regagna la Hongrie à marches forcées.

Quelques années après (1535), Gharles-Quint entreprit la plus formidable et la plus glorieuse expédition qui eût été faite contre les infidèles depuis les croisades. Afin de frapper au cœur les pirates de la côte de Barbarie, il arma 500 bâtiments, montés par 30000 hommes d'excellentes troupes, débarqua en Afrique, s'empara de Tunis^ où commandait le fameux Barberousse, amiral de Soliman, et délivra de leurs fers 20000 captifs chrétiens. Il s'était créé un utile point d'appui eu cédant l'île de Mdte (1530) aux chevaliers de Saint-Jean, dépossédés de rile de Rhodes. Il entretenait aussi de profitables relations avec le schah de Perse, ennemi de Soliman, et cherchait partout à se fortifier contre sq& adversaires.

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