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LA RENAISSANCE EN TOANCE

L'architecture gothique ou ogivale, atteste dans sa dernière période le défaut de goût et d'inspiration; on en revint à l'étude des monuments de l'antiquité grecque et romaine. On associa d'abord les ordres et les proportions de l'antiquité classique à ce luxe d'ornements sculptés qui caractérise la fin du moyen âge. Puis, à l'exemple de l'Italie, il se forma un style nouveau, librement imité de l'antique, plein de grâce et de charme, d'élégance et de richesse, qu'on appelle le style de la Renaissance, et qui brilla surtout dans les châteaux et dans les palais. Le règne des Valois fut le règne des arts en France. Ces princes couvrirent de constructions magnifiques les bords de la Loire^ qu'ils aimaient avec prédilection. Charles VIII se plaisait au château d'Amboise, qu'il embellit d'une gracieuse chapelle. Louis XII et François I" bâtirent le château de Blois, soigneusement restauré de nos jours. François !•' appela d'Italie Léonard de Vinci, le Primatice, le Bosso, Benvenuto Cellini; il créa les merveilles de Fontainebleau et

de Cbambord*, pendant que le connétable de Montmorency, à son exemple, élevait le château d'Ëcouen. Les artistes français prirent largement leur part de cette gloire, et firent de Tarchitecture un art où nous n'avons pas de rivaux. Pierre Lescot attacha son nom au palais du Louvre, commencé par François I*"' et continué par Henri IL Boccadoro de Gortbne commença THôtel de Ville, en 1535. Sous Catherine de Médicis, Philibert Delorme et Jean Bullant bâtirent les Tuileries. Deux statuaires de premier ordre, Jean Goujon et Germain PiloUf décorèrent de leur ciseau si habile et si pur les palais, les hôtels, les fontaines publiques, /«an Cousin, peintre et statuaire, mérita le surnom de Michel-Ange français. Ces artistes sculptèrent d'admirables tombeaux pour les rois, princes, évêquesou seigneurs de l'époque, amis et protecteurs des arts.

Les faveurs royales ne manquèrent pas non plus à la poésie. Clément Marotj valet de chambre de François !•', continue la veine gauloise de son devancier Villon, qui vivait sous Louis XI; le naturel et Tesprit, la fantaisie et la grâce se rencontrent parfois dans ses œuvres, trop souvent licencieuses. Ronsard et ses disciples, les poètes de la Pléiade, visant plus haut, entreprirent de réformer violemment la langue pour Tassouplir aux grands sujets, et d'y introduire tout d'un coup une foule de mots grecs et latins. Émules des poètes italiens, ils tentèrent des essais dans presque tous les genres, essais souvent malheureux, beaucoup trop vantés lorsqu'ils parurent, mais dont l'influence ne fut pas perdue pour l'avenir. Nous avons de Ronsard, de du Bellay, de Uemi Belleau, un certain nombre de petites pièces lyriques et élégiaques que l'antiquité classique ne désavouerait pas.

La prose était plus avancée que la poésie, parce qu'elle était mieux appropriée aux origines latines de notre langue et aux exigences de l'esprit français, avide de clarté et de précision. Perfectionnée par Commines, l'historien de Louis XI, elle s'enrichit d'une multitude d'expressions heureuses sous la plume savante et originale du cynique Rabelais, Jacques Amyot, précepteur des enfants d'Henri IF et évoque d'Âuxerre, fut un traducteur de génie qu'on aime encore â lire et à citer aujourd'hui ; plus que personne, il a contribué aux progrès de notre langue par l'heureux choix des mots et des tours. Calvin écrivit son Institution chrétienne, avec une méthode et une fermeté de style inconnues avant lui. L'auteur des Essais, Montaigne, mit dans son livre une telle candeur, un sens souvent si profond, une vivacité d'imagination si pittoresque, qu'il a eu iie tout temps beaucoup d'admirateurs, malgré son scepticisme et la licence de sa plume. Les œuvres de saint François de Sales, né en 1567, font les délices des âmes pieuses ei des esprits sensibles aux charmes d'une diction à la fois

t. cbambord, d'après de récentes recherches, parait être Toeuvre d'un architecte français, Pierre Nepveu, de Blois. Le Primatice et le Rosso n'étaient pa» encore en France, quand le château fut commencé. ^ 26

•oaTO et eoloféè. Il fattt mentionner encore les auteurs de Mémoires, gens de guerre et diplomates^ tels qùé le Lo^al serviteur , dû Bellay , de Lanoue, MonUuc, Brantômey dont les chroniques, écrites d'un style neHeux; értët-gitiue et hardi, fournissent à notre histoire de {)récieux ïtrttériâut;

Synchronismes.

ISOO.

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Charles Vil If roi de France.

Henri Vil, roi d'Angleterre.

Maximilien, empereur d'Allemagne.

Gaerres d'Italie.

Gonqaéte de Naples*, bataille de Fornoue. — Emma/iiuei le Fortuné; âge d'or du Portugal.

Sébastien Cabot découvre la Floride et Terre-Neuve.

Louii XII, roi de France. — Vasco de Oama découvre le Gap de Bonne-Espérance.

Conquête et perte du Milanais^

Naissance de Charles-Quint. — Alvarès Cabrai; découverte du Brésil.

Batailles de Séminara et de Cérignoles. — Jules 11, pai»e.

~ Albuquerque découvre Zanzibar «n Afrique.

Traité de Blois. — Mort dlsa^ belle, reine de CastiUe.

États généraux de Tours. — Construction de saint Pierre à Rome. — Mort de Philippe le Beau et de Christophe Colomb.

Ligue de Cambrai contre Venise.

Bataille d'AgnadeL — tienri y III, roi d'Angleterre. — Le cardinal de Xlménèt conduit une expédition contre Oran.

Sainte ligue.

Bataille de Ravenne. — Ferdinand le Catholique envahit la Navarre. — Le Sultan Selim /•'.

BatAilles de Novare et de Gui-

negate. — Bataillé de Flowden. — Léon X de Médicis, pape. — Christian lU roi de Danemark.

1515. Françoii /•«■, roi de France. —

Bataille de Marignan.

1516. Concordat de François I*' avec

le pape Léon X. -- Charles- Quint, roi d'Espagne. — Réforme de Zwingle en Suisse.

1517. Réforme de Luther en Allema-

gne. — Conquête de la Syrie et de r£gypte par les Turcs; Sélim I<"'.

1519. Charles-Quint, empereur. —

Conquête du Mexique; Fernand Cortez.

1520. Camp du Drap d'or; rivalité de

François !•' et de Charles- Quint. — Mort de Raphaël.— La sainte Hermandad en Espagne. — Solimcm II, sultan des Turcs.

1521; Adrien VI, pape^

1532. Bataille de la Bicoque. — Prise de Rhodes par les Turcs; Villiers de l'Isle-Adam.

1523. Trahison du connétable de Bour-

bon. — Clément VII, pape. — Gustave Wasa, roi de Suède.

— Frédéric /•«■ de Holstein» roi de Danemark.

1524. Les Impériaux devant Marseille.

1525. Bataille de Pavie. — Sécularisa-

tion de l'ordre teutonique.

1526. Traité de Madrid. — Bataille de

Mohacz entre les Turcs et les Hongrois. — Guerre des Anabaptistes.

^527, Sac 4e Rome par les Impériaux.

yGoogle

1528. Lautrec à Naples.

i529. Paix dô Cambrai. — Diète de Spire. — Siège de Vienne par les Turcs. — Conquête du Pérou; Pizarre,

1530. Diète d'Augsbourg.

1531. Ligue de Smaikalde.

1532. Réunion de la Bretagne à la cou-

ronne de France.

1534. Schisme d'Angleterre. — Fondation de Tordre des Jésuites.

iSZS. Calvin à Genève. — Jean de Leydé et les An&baptîs(tes à Munster. — Charles-Qoint devant Tunis.

1538. Trêve de Nice.

1539. Ordonnance de Villers-Cotterets.

1540. Guerre d'Irlande ; Henri VIIL —

Révolte des Gantais contre

Charles-Quint.

1542; Saint François-:tavier aux Indes.

15fi^. Mort de l'astronome Copernic.

1514. Bataille de cérlsoles; traité de

Crespy.

1545. Massacre des Vaudois. — Con-

cile de Trente.

1546. Mort de Luther.

i54l Henri II, roi de Praftce* ^ Édbuaid F^, roi d'Anglelètré.

— Bataille de Mtthlberg.

1548. Intérim en Allemagne.

1551. Alliance de la France avec les

protestants « — Maurice de Saxe.

1552. Conquête des Trois-Ëvêchés. —

Transaction de Paiàad. -^ ' Siège de Metz.

1553. Marie Tudor, t-eîne d'Alygl»-

terre.

1555. Diète d'Augsbourg.

1556. Trêve de Yaucelles. — Abdica-

tion de Charles-Quint. — Philippe II en Espagne. — Fêt^ dinand /•' en Allemagne. — Mort de sàini Ignacd de Loyola.

1557. Le duc de Guise en tialic. — flJl-

taille de Saint-Quentifl.

I55ê. Prise de Calais par le dno de Guise. -*- Elisabeth, reine d'Angleterre. — Traité de Car teau-Cambrésis. — Mort de Charles-Quint dans sa retraite de Saint-Just.

TÎaOlâlËlllE LEÇON.

LÀ RÉFORME (l5l7-1563).

L'événement le plus important du seizième siècle fest la Réforme, qui rompit l'unité du monde chrétien et sépari les jietlples par des haines profondes. Le Nord, en rtiajeure partie, adopta les nouvelles doctrines, et nous les verrons s'établir successivement en Allemagne, en Suisse, en Angleterre, en Suèdte et en Danemark. Il est vrai que, dans ces pays, les grands biens du clergé étaient pour les princes un objet de convoitise. Quant au peuple, il se laissa entraîner par l'amour des nouveautés, par l'éloquence passionnée des sectaires et le zèle ardent qu'ils mettaient au service de l'erreur. Ce fut un ébranlement général jiuquel la France, l'Espagne, l'ttalie et la Pologne résistèrent

seules ou presque seules, en demeurant fidèles à la foi romaine. Nous allons raconter comment se produisit la Réforme et quelles révolutions elle causa en Occident.

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