C'était r«uiagramme du nom de Henri de Valois
présenter aux seijneurs catholiques qui Tewtouraient, Henri de Bêam comme sou légitime héritier.
IJ. iISPAGNE (1556-1659).
«. phUippe II (f S»e-lftl|9).
Quoique Philippe II n'eût reçu (1556) ni la couronne impériale, ni les domaines héréditaires de la maison d'Autriche, il fut néanmoins très-richement pourvu : sa part se composait de l'Espagne, des royaumes de Naples et de Sicile, du Milanais et des Pays-Bas ; il disposait en outre des trésors du nouveau monde. Son mariage avec Marie Tudor, en lui procurant une utile alliance dans le Nord, lui permit de reprendre le projet de monarchie universelle conçu par Charles-Quint. Il se proposa tout d'abord d'humilier la France, puis de compléter sa domination sur toute la Péninsule, par PexpuLsion des anciens Morisques et par la conquête du Portugal ; de chasser les Turcs de la Méditerranée, de combattre à outrance le protestantisme dans les Pays-Bas, en Angleterre et surtout en France^ Grâce aux ressources d'un pouvoir sans limites et d'une volonté que rien ne lassait, ce plan gigantesque réussit, partout du moins où Philippe II ne rencontra pas ses deux plus habiles adversaires, Elisabeth et Henri IV. Plus tard, lorsque la conquête du Portugal eut réuni sous son sceptre les deux Indes, il put projioncer avec orgueil ce mot attribué faussement à Charles- Quint; Le soleil ne se œuche pas dans mes États. Cependant, à sa mort, l'Espagne déjà dépeuplée et ruinée par sa mauvaise politique, aura perdu au dehors une riche possession, les sept provinces maritimes des Pays-Bas.
La bataille de Saint- Quentin (1657), gagnée par le duc Philibert-Emmanuel, neveu de Philippe II, sur le connétable de Montmorency, et le traité de Cateau-Gambrésis^ qui la suivit de près (1559), en expulsantjles Français de l'Italie, y consolidèrent la domination du roi d'Espagne. C'est du fond de l'Escurial *, qu'il poursuivit obstinément ses vastes desseins. Il commença par chasser d'Espagne les Morisques ou Mauresques, population mêlée qui avait conservé dans l'Andalousie quelques
1. L'Escurial fut bâti par Philippe II, après la bataille de Saint-Quentin. Ce château reçut la forme d'un gril, parce que la victoire fut remportée le jour de la Saint-Laurent.
usagQS des anciens maîtres de la Péninsule. Il voulut combattre rislapdsme jusque sur les côtes d'Afrique, où son frère naturel, don Juan d'Autriche, fit une brillante expédition. Ec^irté i;i.n moment des affaires par la jalousie de Philippe II, don Juan reçut cependant, bientôt après, le commandement d'une flotte destinée à opérer contre ,'les Turcs dans la Méditerranée. L*immortelle victoire de Upante (1571), remportée ave-î l'aide de Venise et de Malte, sous les auspices du pape saint Pie V, porta à son comble la gloire du héros espagpol.
f . |»oip|ièT|»ii|eii« des ^#y«.9a|i (fM9)-
On a vu dans l'histoire du moyen âge, les fréquentes rébellions des' villes de la Flandre, du Brabant et du Hain^ut, très-attachées de tout temps à leurs libertés çt à leurs privilèges. En Ipassant de la majsoji de Bourgogne à celle d'Autriche, leur esprit ne changea pas. Gharles-Quin,t, ïxé à G^n.d, avait iinposé aux Flamands, ses compatriotes, de grands sacrifices; mais, du moins, par ses victoires, il avait ouvert à leur industrie de vastes débouchés. Plu3 tard, le calvinisme ayant pénétré dans les dix-sept provinces*, surtout dans celles du nord, Philippe II entreprit d'exterminer l'hérésie, et cela en même temps qu'il violait tous les privilèges des Flandre?, il donna pouf ministre à sa sœur Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas, qui se faisait aimer par sa modération, le cardinal Granvelle, dont l'absolutisme imprudent irrita le? esprits. Blessés dans leurs opinions religieuses et dans leurs intérêts, les réformés prirent les armes, s'honorèrent du nom de gueux que le roi d'Espagne leur avait donné par nàépris, et choisirent pour signe de ralliement une écuelle et une besace. Les plus grands seigneurs des Pays-Bas ne dédaignèrent pas de s'enrôler parmi les Gueux. Pour étouffer, d'un seul coup, une révolte aussi redoutable, Philippe II choisit l'inflexible duc d'Albe. Vers la môme époque, il faisait juger son propre fils, don Carlos, jeune homme S4^s esprit et sans mœurs, que l'on soupçonnait d'intelligences avec les rebelles. Carlos, convaincu de parricide, mourut danissa prison avant la fin de la procédure, et l'on n'a pu jusqu'à présent éclaircir le mystère de sa fin prématurée.
1. Ces proYinces étûent, en Hollande : La Hollande, Zélande, Frise, Qroningae, utrecht, Oueldre et Ovei^Yssel; en Belgique : Brsibant, les deux Flandres, Anvers, Hainaut, Artois, Namur, Liège, Limbourg et Luxembourg.
Alors commença dans les Pays-Bas une guerre aéharnée et savante, féconde en vicissitudes, signalée par des sièges, des batailles, et beaucoup d'excès commis de part et d'autre. Le duc d'Albe envoya au supplice deux patriotes illustres, les comtes d'Egmont et de Horn, quoiqu'ils fussent bons catholiques et dévoués au roi; mais un zélé protestant, le prince d'Orange, lui échappa, et les Gueux eurent désormais en lui le chef qui leur manquait, c'est-à-dire un homme opiniâtre et froid, capable d'organiser des bandes indisciplinées et d'assurer à son parti de puissantes alliances. Guillaume d'Orange, surnommé le Taciturne, fut ainsi le créateur de cette nationalité hollandaise qui, depuis, s'est toujours énergiquement soutenue, môme contre les plus formidables attaques.
La réforme protestante n'avait de profondes racines que dans dans les provinces du nord, et la différence de race devait à à jamais séparer les Belges des Bataves. Guillaume d'Orange ne s'obstina donc pas dans une lutte dangereuse et stérile. Il abandonna au neveu de Philippe II, Alexandre Farnèse, la Flandre, l'Artois et le Hainaut, provinces restées catholiques, qui acceptaient d'ailleurs sans répugnance le joug espagnol, pourvu que leurs libertés locales fussent respectées ; mais il se fit nommer sthatouder ou capitaine général des sept provinces maritimes. Celles-ci se constituèrent sous le nom de République des sept provinces unies, et plus tard de Hollande (1579).
La mort violente du prince d'Orange, assassiné par un agent du roi d'Espagne (1584), n'empêcha pas les Hollandais de recueillir les fruits de sa politique. Son fils Maurice de Nassau, qui lui succéda, sut défendre par ses talents l'héritage de son père. Henri IV ménagea plus tard aux Provinces-Unies une trêve de douze ans (1609), et leur indépendance fut définitivement reconnue par le traité de Westphalie (1648).
s. Conquête du Portugal («&»•)• — Armada (fft89].
Philippe crut réparer la perte des Pays-Bas en s'emparant du Portugal, comme héritier de la maison d'Avis, par sa mère Isabelle. Divers concurrents lui disputaient cette couronne, et notamment la duchesse de Bragance, dont les droits étaient incontestables ; mais les armes espagnoles tranchèrent la question (1580).
Huit ans plus tard, pour se venger d'Elisabeth, qui avait soutenu ses ennemis ei; France et dans les Pays-Bas, pour venger
aussi, et c'est là son honneur, la mort de Marie Stuart, Philippe équipa une flotte formidable avec des troupes de débarquometit destinées à Tinvasion de TAngleterre. Une violente tempête aida les flottes anglaise et hollandaise à disperser cet armement que les Espagnols, dans leur présomption, avaient surnommé Vinvincible Armada (1588). Ce fut Pécueil des prospérités de Philippe IL En France, il avait longtemps encouragé les ligueurs, dans Tespoir de mettre sur le trône Tinfante Claire-Eugénie sa fille ; mais les brillantes victoires d'Henri IV et son habile politique déjouèrent également, de ce côté, les calculs de son ambition.
Philippe II mourut en 1598, quelque temps" après le traité de Vervins. Son règne de quarante-deux ans a laissé de funestes souvenirs. Le tribunal de l'inquisition qu'il établit dans tous ses États, et qui s'inspirait de son aveugle despotisme^ déploya des rigueurs inouïes, dont on a faussement accusé l'Eglise romaine '. Sous son règne, Madrid devint la capitale dePEspagne, à la place de l'antique Tolède. C'est du reste la plus belle époque de la littérature espagnole. L'auteur de Don Quichotte, l'immortel Cervantes, fut blessé à Lépante ; Lope de Vega, le plus grand poète dramatique de son pays, était à bord de l'Armada. Philippe augmenta son empire de toutes les colonies portugaises et dés lies Philippines découvertes sous son règne; mais ce n'était là qu'une prospérité apparente et factice. L'Espagne, dont les forces dispersées dans les deux mondes se consumaient en gigantesques entreprises ; l'Espagne, inondée de métaux pré cieux qui s'avilissaient par leur abondance, perdait, avec Fhabitude du travail, la source des vraies richesses; elle penchait vers son déclin. L'afifaiblissement devint déjà sensible sous le fils de Philippe IL
Philippe III (1598), prince sans énergie let peu appliqué, abandonna le gouvernement à son ministre, le duc de Lerme; Les Provinces-Unies insurgées obtinrent une trêve avantageuse de douze ans (1609). L'année suivante, un décret chassait d'Espagne plus de 200 000 Maures ou Morisques. Le départ de ces hommes laborieux, les meilleurs agriculteurs de la Péninsule, appauvrit le pays, qui se dépeuplait encore tous les jours parles émigrations en Amérique.
Philippe IV (1621), fils de Philippe III, essuya de grands dé-
1. Lire à ce sujet le Cardinal Ximénès, par Mgr Héfélé, et spécialement le lapitre xvui, p. 2«6-374, intitulé : De l'inquieition espagnole,
41 d BlS1*0IRE MODERNE.
sSâttës stli* t«ih^ et Idlr ihër, dans une nouyelle lutte centre h ifoUûûdè, Lei Catalftiis se téVôltÔreilt. Le Portugal recouvra son iiidét)etidaiieë 6t se douhà un roi national, Jean de Bragance (1640), té t^tii fit petâfe en outre à l'Espagne les Açores, Moitambiqué^ Oea^ Maeao^ et plusieurs autres colonies* Par le conseil de Sou ministre GtivÂf*dS{ Philippe IV s'était arroge, dès sbtt avéneméttt, le suruorn de Grande d'bii yiiit <îue par déri- SiOfi on lui dobnâ Un fossé pour emblème avec cette deyîse : PM oh M dr«, phs il èst grandi La diégrâce tardive d'Oli- Vafès, qui avait imprudemttient engagé PÊspaghedansla guerre de Trente ans, ne rétablit point les affaires. Nàples s'insurgea tohtiré ises maîtres, à la Voiï du pécheur Masaniéllo. Il fallut traiter avec lés Hollandais, à M^nHer en Westphalie, reconnaître leor Indépendance, et signer, onzb ans plus tard, lapatœ ilèS PyrétfMè^ (1859). Une teUtâtive pour reconquérir le Portugal aboutit à Un éèhôc. Philippe IV laissa la couronne à son fils. Vhàfleè II, âgé de quatre ans (1665). Celui-ci, hoû moins malheureux (Jué son pèru, devait être le dernier rejeton de la maison d'Autriche en Espagne.
Malgré là décadence politique du pajrs, le siècle des Philippe est Srèsté glorlehît par les monumeiits de la littérature et des arts. Âuxboms de Cervantes et de Lôpe de V^ga^ il faut ajouter ceux du poète dràftiatique Valdmh et dU peintre Vdaêqu9%y le p^mier en date d'une illustire école.
lit. ANGLETERRE tl558-léÔ3).
f . Bhsabeiki él itmfrie àiÛAri.)
A l'autre extrémité de l'Europe, la lutte du catholicisme et du protestantieme se personnifie dans deux femmes; l'une, Marie Stuart, que sa jeunessev isa beauté et ses malheurs ont rendue nHère à la postérité; l'autre, Elisabeth^ qui fut un des plus §rands fois d'Angleterre, mais qui, étrangère aux douces vertus de son isete, se mmitra aussi implacable que Philippe II, dans ses veu geauces.
SUctédaut, eu 1558 v à sa sœur Marie, catholique passionnée, la fille d'Anne de Boleyn, imposa de nouveau le protestftutitsme k «es sujets^ tout eU maintebant la hiérarchie et le gouvernement des évoques, avec quelques débris du culte extérieuir. (S'est ee qu'on appela l'Église ânglioane ou Église éiahlie, dont lîi nitié se fit le thef îi l*eî»mple de son père. Defmts
cette épocpie, les oatholiqaes anglais furent privés à la fois de la liberté de consoience et de leurs droits politiques, qu'ils ii*ont recouvrés que de nos jours.
Elisabeth s^tait réconoiliée avec la France en signant le traité de Gatêau Cambrésis (1559). Cependant la haine qu'elle poKait à l'Église romaine s'aocut encore de son inimitié contre Marie Stuart, qui fut un moment, tout à la fois, reine d'Ëeosse et reine de France. A la mort de Marie Tudor, celle-oi avait pri$ imprudemment le titre de reine d'Angleterre, se fondant sur la naissance illégitime d'Elisabeth et sur les liens de parenté qui la rattachaient elle-même au sang d'Henri Vir : elle s'exposait à un mortel ressentiment. Aussi, lorsque la veuve deFran**^ ^is II ^t revenue en Ecosse, les intrigues d'Elisabeth m lui laissèrent plus un instant de repos.
La réforme religieuse de Johu Knoz s'était r2y)idem6nt propagée dans ce royaume, sous la régence de Marie de Lorraine, Teiive de Jaeques V. Bientôt les dissidents adoptèrent le culte presbytérien, qui supprimait Pépiscopat et toutes les cétémonies extérieures. Cette nouvelle doctrine, par sa sécheresse même, ne pouvait qu'endureir les eoBurs et leur inspirer w sombre fanatisme.
Marie Stuart, épouvantée de la violence ées sectaires qui rappelaient ié^làtre et papiitê^ se plaça sous la protection 4u jeune Darnley» son cousin, en l'épousant. Cette union no fut pas heureuse; les désordres du mari» le meurtre de ritalien Rizzio, secrétaire de la reine, qui fut égorgé sous ses yeuK mêmes provoquèrent une terrible expiation : Damiey périt, probablement par le crime du comte Bothwell. Marie, veuve pour la seconde fois, fut forcée d'épouser l'assassin de son deuxième époux, et, malgré son innocefnce, soupçonnée d'avoir été sa complice. Elisabeth entretenait d'ailleurs et fomentait les troublée de rÉoosse, qui allaient toujours en s*aggravant. Trahie par les nobles, ses sujets, et par son propre frère, Marie se vit réduite à chercher un asile en Angleterre (1566).
Au lieu de la protection qu'elle avait espérée, la malheureuse princesse trouva une prison au château de Fortheriagajr, et ses amis d'Angleterre ne purent jainais la délivrer. A la suite d'un complot vrai ou imaginaire dans lequel on l'impliqua, son ennemie la M comparaître devant mi tribunal de son choii,
, 1. Marie Stuart était fille de Jacques V, roi d^cosse, hé da mariage de iac(tut5S ÏV avec Marguerite Tudor, allé àTaenri VU.
qui prononça une sentence de mort Le 18 février 1587, après dix-neuf ans de captivité, Marie Stuart monta sur Téchafaud, le crucifix à la main, avec la ferveur d'un martyr ; elle remit à Dieu son âme purifiée par la souffrance. Puissent périr ainsi tous les ennemis de V Evangile! s'écria le fanatique comte de Kent, au moment où la tôte de la victime tombait sous la hache ; elle était âgée de quarante-quatre ans. Ses ennemis, Elisabeth à leur tête, s*attachèreut par tous les moyens à déshonorer sa mémoire.
Sous la minorité de Jacques VI, fils de Marie Stuart, Fanarchie continua de déchirer TÉcosse. L'Irlande, de son côté, ayant voulu secouer le joug de ses oppresseurs, fut si cruellement punie que le pays, riche et peuplé auparavant, semblait devenu un désert.