‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 182 sur 254 · sveeès et politique d'iÉllsabeth · texte numérisé non relu

sveeès et politique d'iÉllsabeth

La mort de Marie Stuart n'était pas le seul grief de Philippe II contre la reine d'Angleterre. Celle-ci avait aidé les Pays-Bas dans leur révolte, et soutenu les protestants de France contre la Ligue. Il équipa donc une flotte formidable, que les Espagnols nommèrent Yinvindble Armada (1588). Elisabeth anima par sa présence et ses encouragements Tindomptable patriotisme de ses sujets, jaloux à juste titre de leur indépendance. Une tempête vint à son aide et dispersa la flotte ennemie jusque sur les côtes de France. Les marins anglais firent le reste.

S'il est vrai qu'Elisabeth se montra impitoyable, surtout lorsqu'il s'agissait de venger les blessures faites à son amourpropre de femme, il n'en est pas moins constant qu'elle éleva l'Angleterre à un haut degré de puissance maritime et de prospérité commerciale. Elle eut pour amiraux des marins braves et habiles, tels que le chevalier Drake^ qui fit un voyage autour du monde, ravagea les colonies espagnoles et prit possession de la Californie ; Walter Raleigh, qui fonda la première colonie anglaise aux États-Unis, et lui donna' le nom de VirginiCj en l'honneur de sa souveraine. Le plus grand poète dramatique de l'Angleterre, Shakespeare, illustra cette époque, qui vit nattre également Bacon^ l'un des précurseurs de la philosophie moderne. Protectrice éclairée des lettres, Elisabeth les cultiva elle-même avec succès ; car elle avait reçu dans s£^ jeunesse une instruction très-étendue.

La flatterie seule a pu vanter les mœurs de la fille d'Henri YIII;

car elle fut loin d'avoir une vie irréprochable. Le dernier de ses favoris, le comte d'Essex, fut sacrifié, comme Tavaieut été plusieurs autres ; cependant la reine lui portait une véritable affection, et l'on assure qu'elle mourut de chagrin après l'avoir envoyé au supplice dans un moment de colère. Par un juste mais tardif remords, Elisabeth reconnut pour son héritier le fils de rinfortunée Marie Stuart, son plus proche parent (1603).

Histoire de vi^lîme an qnlnslème et au •eislème «lèele.

Le quinzième siècle fut un temps d'épreuve pour TÊglise, soit à cause du grand schisme qui la déchira, soit à cause de rétablissement des Turcs en Europe et de leurs continuelles invasions. Jean Huss, le disciple de M^iclef, fut en Allemagne le précurseur de Luther. La grande œuvre de réform%tion, réservée par la Providence au concile œcuménique de Trente, ne put être que prépaiée et ébauchée par le concile de Constance (1414). Cependant Clémengis, recteur de TUniversité de Paris, lo pieux Gersôn, chancelier du même corps, formés Tun et Tautre à l'école du cardinal d'Ailly, élevaient une voix courageuse contre la simonie et contre tous les abus qui déshonoraient l'Eglise. Un dominicain espagnol, saint Vincent Ferrier, avait réveillé la foi des populations en divers pays, et surtout en France, par a vprtu de sa parole et de ses œuvres. On avait vu d'humbles pèlerins, des religieux aujourd'hui obscurs, alors vénérés des peuples, Philippe de Maizière, Robert l'Hermite, consacrer toute leur vie et tout leur zèle à la croisade contre les infidèles, à la paix de l'Église, à la réconciliation delà France et de l'Angleterre. Telle fut aussi la dernière pensée de l'héroïque Jeanne d*Arc, qui conviait éloquemmeut les Bourguignons et les Anglais à se réunir aux Français contre l'ennemi commun de la chrétienté. Tel fut le rêve de Jacques Cœur, lorsque, disgracié par Charles VII, il alla s'établir dans l'île de Chypre.

Après la fin du schisme, le pape Nicolas V fit d'admirables efforts pour ramener les Grecs à l'unité et pour recueillir, dans le naufrage de 1453, le trésor des lettres antiques et les plus beaux monuments de l'esprit humain. Il mourut, dit-on, du cruel chagrin que lui causaient les malheurs des chrétiens d'Orient, Hvrés à la férocité musulmane. Calixte Illf son successeur >, soutint vigoureusement Hunyade et les Hongrois, Scanderbeg et les Albanais, engagés dans une lutte de vingt ans contre la puissance formidable de Mahomet II. Un moine franciscain Jean Capistran, s'enferma dans Belgrade avec Jean Hunyade, et y cueillit la palme du martyre. Le savant Pie II expira dans le port d'Ancône au moment de s'embarquer, et prononçait en mou-

1. Calixte IH prescrivit de sonner les cloches à l'heure de midi, dans toutes les églises, pour appeler les fidèles à la prière en faveur des chrétiens combattant contre les Turcs. C'est rorigine de 1 Angélus.

4)2 HlgTOlRÊ MODBRNE.

rtut l8 nom de cette Grèoe m&lheureuse qu'il vonMi sauvar. En 147t) êtitte IV réuiiit ses vaiss^ui à ceux de Nàples et de Venise^ de rBs elàvonie et des chevaliers de Rbodes ; ligue sainte qui porta U terreur sur les rivages de la Turquie. Mais il échoua dans son dessein de faire marcher à la délivrance d'Athènes et de Constantinople, les ^rm$es de la France et de rAllemagne.

L'Espagne, plus heureuse, effaça les derniers vestiges de la cotiquôte musulmane, gtâce au génie d'Isabelle et à Tépée de Oonxalve de Cordoue. Ximenès poursuivit les Maures jusque sur leur rivage d'Afrique. Il faut remarquer que touteslesgrandes entreprises de cette époque sont inspirées par la foi catholique. Christophe Colomb, Vasco de Gama, Àlbuquerque, furent des héros chrétiens plus jaloux encore de propager rfivangile que d'imposer leur nom à des mondes nouveaux. Leur lèle religieux, aecondépar le dévouement apostolique des missLou* Bairesy permit à T église de compenser , en Asie et en Amérique, les pertet qu'elle allait faire en Europe.

Au moment où Jules II (IhO^) ei Léon I <]513), par leurs magoifiqvteê eacourageffients, faisaient écloreles merveilles de laRenaissanee, TâdmirattOB irréfléchie des lettrés pour l'antiquité classique répandit en Italie et par delà les monts un souffle de paganisme. L'ee^rit d'ia- AépéDdaace éclata surtout avec la réforme de Luther^ qui flattait beaueo«p d'opinions, de passions et d'intérêts hostiles 4 l'Eglise. Ainsi fut rompue Tunitédu monde romain, que la papauté avait refaite, ciment tée et agraadie. Du moins le zèle infatigable des souverains pontifes^ l'àéretsme des ehevaliers de Malte et surtout la glorieuse victoire de Lépante (1671) arrêtèrent les progrès des Turcs et sauvèrent l'index pendance de TOccid^it chrétien.

Nous avens résumé ailleurs ce que firent les papes pour les lettrée et les arts. Il suffîra de rappeler Saint-Pierre de Romef les Loges, lu musée et la bibliotbèqve du VcUiean; le trknnphH solennel qui était réservé à l'auteur de la Jérusalem délivréej lorsqu'il mourut «u eouvent de Saint-Onuphre {I59â^ « Nous avons aussi indiqué la vraie réforaie opérée par le Conciie de TrenX^. Les oBuvres de charité, la prédication, l'enseigaernent, la sévérité monastique, reprennent toute leur vigueur dans la seceade moitié du seizième siècle. Nommons encore une fois saint Charles Borromée, saint IgzMice, saint François Xavier, l'apôtre des IndeS) efue Voltaire appelle le Femand Goi-teE de la religions saint Philippe de Néri, fondateur de l'Oratoire, sainte Thérèse réformatrice des Carmélites. La uàort de Bayard , celle de François de Guise et de Marie Stâart, sont des exemples admirables de grandeur d'âme et de foi chrétiLeane. Parmi les victimes d'Henri VIII, Tévéque Fisher, le ehanoelier Thomas Morus et la comtesse de Salisburj, mère de l'illustre oardinal Poie, furent de glorieuï martyrs.

Sans doute, les moeurs générales étaient corrompues et en même temps dures et cruelles. La violence des passions se manifesta principalement dans les luttes religieuses qui déchirèrent l'Eui'ope ; mais l'Église réprouva toujours les rigueurs easgwinaires. £ès 168a, }epii|>e

HISTOIRE MPD^BNB.

ki^

Paul m adressait un avertissement à François P', « sur l'exécrable et horrible justice que le roi faisaij; en spii royaume à l'égard des luthériens;» il demandait pour eux grâce et pardon. L'inquisition espagnole, justement abhprré«, fuf ripstnui^ei)^ di^ 4e8potisme ombrageux des rois bien plus que de leur foi religieuse. Un prince catholique, Henri IV , décréta le premier h }iber^é 4^ conscience, méconnue en Angleterre, en Suède et en Hollande, aussi bien qu'en Espagne.

Synchsoi^ismes.

1556. Ferdinand I^^, empereur d'Aliem^%w. — Philippe U^ foi d'Espagne.

155?. Él^sfibethf reine d'Angleterre. — Mort de Charles-Quint.

1559. François II y roi de France.

1560. ChaAeê ÏX, roi de Franee. —

Cootlaratton d'Amboi«e.. ^ JoiinKao^. jEletour de ^ari« Sti^art en Écoçp^. — Morp de puâtave Was^, roi de Suède.

1561. Colloque de Poissy.

1562. Massacre de Vassy. — Bataille

d,e Dreux.

1563. Paix d'Amboise. -r Fin db con-

eile de Trente.

Ibêh. Mort do Caivin. — Mort de Michei-Ange. -- Maximilien U, empereur d'AUemagp^e.

i6«5. t^y^ d^ Ph^ippe II centre les Maures.

1566. Pie F, pape. — SéUm II, sultan des Turcs. — Révolte des Oueux en Hollande.

1507. fiatalUe dft faint-Dento . ~ Mort i de Darnley, époux de Marie Stoart. --GuMlaume 4'Oiange.

Uê6, Pajx de Long^uj^ieau. ~ Captivée 4e Marie Stm^t. — Mort de Don Carlos.

1 569. ea,tailles de Jarpac et de Mon-

contoor.

1570. Paix de Saînt-<5ermam. — îjes

*Parc8 enlèvent Chypre à Veni«e.

1571. Bataille navale deLépante; don

Juan d'AutrJche.

1572. La Saint-Barthélémy. -»• Gré'

goireXIII, pape. — SKtiactioa des Jagelloni en Fiolo^ie.

i67«. Hmri (U Y(9his, m de Pologne.

157^. lipnri ilJj roj deffa^ce.

f 575. La Jérusalem ^çlivrée du Tassg.

— Êtienpe pathori en Pologne.

^576. La sainte Ligue, — Rodolphe //, empereur d'Allemagne.

1578. Ordre du Saint -Espi)t créé par Henri m. — DéMMtro 4« jeu&e roi de Ptrtagal, Ce* bastien^eAA/ii^»

4579. p^épubJUqji}» des 8e^ jPfiMdç^s*^-

H^pQ, Philippe II ac(j[uieii^ l^ ^^li^^

et pei^d la ÇoUande.

1582. Calendrier Grégorien.

1584. Mort du dac d'Anjou. ^ Mort

de OaUlaiimediOraiige.

1686. SiaUe-^mt, pape.

1566. Gntne en trois B§9xi, 4607. «ataiile 4» «OutTjBis. rr Mw^ #

Marte ;^tuart.

1^8. Éjtats ^éciéraïf^ de pj^is; jafi^s-

s^nat du duc de Oi^ise. ~ Linvincible Armada.

1589. HmriîV, roi de France.

cinquiêhe leçon.

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