‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 184 sur 254 · Voyez la généalogie des Bourbons à la fin du volume · texte numérisé non relu

Voyez la généalogie des Bourbons à la fin du volume

mée de la Ligue, mise en déroute, perdit 6000 hommes. En môme temps, la popularité du Béarnais croissait tous les jours. Il s'était jeté au plus fort de la mêlée, criant à ses soldats: Enfants, si les cornettes vous manquent, rcdliez-vous à mon panache Uanc; vous le trouverez toujours au chemin de V honneur. A Ivry, comme à la journée d* Arques, il recommanda aux siens d'épargner les Français.

Après sa victoire, Henri IV vint assiéger Paris, qu'il bloqua étroitement pendant quatre mois. Une horrible famine s'y fit sentir. On fut réduit à manger du pain fabriqué avec les ossements des morts, et môme, chose effroyable, une mère dévora son enfant. Le roi s'attendrissait à la vue de tant de misères : Je ressemble, disait-il, à la vraie mère de Salomon, f aimerais quasi mieux n*avoir pas Paris que de Vavoir déchiré en lambeaux, La ville allait être obligée de se rendre, lorsque Alexandre Famèse, duc de Parme et gouverneur des Pays-Bas, fut chargé par le roi d'Espagne de la délivrer. Henri IV vint à sa rencontre ; mais son habile adversaire réussit à surprendre Lagny et à faire entrer, par la Marne, des vivres dans Paris. Le Béarnais fut donc obligé de lever le siège, et de renoncera vaincre la résistance des bourgeois appuyée sur une garnison espagnole de 4000 hommes. Toutefois, il ne resta pas inactif, et après avoir pris Chartres, l'un des greniers de Paris, il alla mettre le siège devant Rouen, capitale de la riche Normandie. Alexandre Famèse accourut une seconde fois des Pays-Bas; mais Henri déconcerta par des coups hardis et imprévus les savantes manœuvres du général espagnol ; il se battit à Aumale avec la témérité d'un soldat, et tint un moment son ennemi enfermé entre la Seine et la mer. Famèse lui échappa néanmoins, et put regagner Arras, où il mourut d'une blessure reçue devant Caudebec (1592).

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