I. ANCIENS PHABAONS
Rien de plus difficile à déterminer que Forigine des Égyptiens et les premiers temps de leur histoire. Suivant Topinion la plus probable, la haute Egypte fut peuplée primitivement par des colonies éthiopiennes, et elle vit naître des dynasties royales, dont plusieurs sans doute existèrent simultanément. On en compte treize jusqu'à l'invasion d'un peuple étranger connu sous le nom d' Hycsos ou pasteurs. Lorsque ces conquérants eurent été chassés après une longue domination, TÉgypte recouvra son indépendance ; mais elle la perdit définitivement plus tard, après la conquête de Cambjrse (525).
Le plus ancien gouvernement de l'Egypte fut la théocratie. Les plus anciennes villes du pays, Éléphantine, This, Memphis, fondées par les prêtres, étaient tout à la fois des sanctuaires, des écoles d'agriculture et des places de commerce. Vint une époque oti les guerriers forcèrent les prêtres à partager le pouvoir avec eux. Le premier roi fut, dit-on, Menés ou Mistdim^ de la race de Cham, auquel on attribue la fondation de Memphis. Pr'ès de cette ville, s'ôlèvent les fameuses pyramides de Gizeh*, ouvrages des trois rois Chéops, Képhren et Mycérinus, Ils les avaient bâties pour en faire leur tombeau ; mais le seul Mycérinus jouit du sépulcre fastueux qu'il s'était préparé. Quant à Ghéops^ l'auteur de la plus grande des pyramides, son nom resta en exécration dans la postérité, sans doute à cause des travaux excessifs dont il avait accablé ses sujets. Suivant Hérodote, cent mille hommes travaillaient pendant trois mois,
1. D'après d« récents calculs, les pyramide» remonteraient à 8400 ant
vGooQle
igi,
après quoi ils étaient relevés par cent mille autres. Ghéops et Mycérinus appartiennent tous deux à la quatrième dynastie.
Les inscriptions gravées sur les pyramides et déchiffrées par la science contemporaine, démontrent que l'Egypte avait dès lors sa langue et son écriture, avec une administration régulière. On sait aussi que la vertu la plus recommandée dans les livres de morale, était l'obéissance filiale et la fidélité aux traditions des ancêtres. Il semble encore établi qu'à cette époque on adorait un seul Dieu.
U roi de la sixième dynastie, appelé Mœris par les Grecs, fit creuser le lac célèbre qui porta son nom. C'était un vaste réservoir qui devait suppléer à l'inondation du Nil quand elle se trouvait trop faible, et en recevoir le superflu quand elle était trop forte. Après la sixième dynastie, l'Egypte traversa une période obscure d'abaissement et d'anarchie.
Sous la douzième dynastie, le pays se relève, et les arts brillent d'un vif éclat. La construction du magnifique temple de Karnak, à Thèbes, fut entreprise par l'un des premiers princes dé cette famille. Un autre fit des conquêtes en Asie et jusqu*en Europe. Un troisième jeta les fondements du célèbre labyrinthe, où l'on a retrouvé son nom, Amenemha, avec son tombeau.
' ir. ROIS HYCSOS.
Au temps de la treizième dynastie, lorsque l'Egypte se trouvait de nouveau divisée et affaiblie, eut lieu l'invasion des Hycsos ou des Pasteurs, peuple étranger, probablement originaire d'Assyrie, et qui tint TÉgypte asservie pendant plusieurs siècles. Les Hycsos commirent beaucoup de ravages et de dévastations. Sàlatis^ qu'ils se donnèrent pour roi, établit sa résidence à Memphis, dans la moyenne Egypte, et fortifia Tanis, dans le Delta, pour en faire le boulevard du pays conquis, contre les ennemis du dehors.
A la domination des rois pasteurs correspondent plusieurs dynasties, dont les princes furent leurs tributaires. L'histoire du patriarche Joseph et sa prodigieuse élévation se rapportent à cette période, sans que l'on sache bien de quel pharaon il fut le ministre. Mais tous les détails de son histoire concordent parfaitement, d'ailleurs, avec )es moniiments égyptiens.
Pes rois nationaujç s'étaient maintenus à Thèbes et à XoTs,
dans le Delta. L'un d'eux, Amosis, avec le concours de ses alliés, vainquit les Pasteurs et les refoula jusque dans Tanis, où il les força de capituler. Ils se retirèrent au nombre de deux cent quarante mille. Amosis, le libérateur, est le chef de la dix-huitième dynastie, qui remonte au commencement du dixseptième siècle avant J. G. : date approximative, la première que ron puisse indiquer dans l'histoire de l'Egypte.