‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 20 sur 254 · III. NOUVEAUX PHARAONS · texte numérisé non relu

III. NOUVEAUX PHARAONS

Après avoir chassé les pasteurs, Amosis fît la guerre avec succès en Ethiopie ; il éleva ou répara des temples à Thèbes et à Memphis.

Aménophis /•% Thoutmosis /", et Thoutmosis 11^ furent des princes belliqueux qui, non contents de guerroyer en Ethiopie, portèrent leurs armes en Arabie, en Syrie et jusqu'en Mésopotamie. Quelques-unsdes plus magnifiques monuments de Thèbes attestent le génie et le goût de ces trois conquérants. Aménophis, en particulier, reconstruisit presque tous les sanctuaires de la vallée du Nil, détruits par les Pasteurs. Thoutmosis IIJ, après une longue minorité, renouvela et dépassa les conquêtes de ses prédécesseurs : les rois assyriens lui rendirent hommage. Il se signala encore par de grandes et nombreuses constructions. Mais on soupçonne que ce fut lui qui persécuta les Hébreux, probablement parce qu'il les croyait alliés et amis des Pasteurs. Aménophis 111 doit sa célébrité, beaujjoup moins au succès de ses armes qu'à sa statue colossale qui existe encore à Thèbes, et qui le fit confondre par les Grecs avec le héros Memnon, fils de l'Aurore.

Les derniers temps delà dix-huitième dynastie sont une époque d'anarchie et de confusion. On vit s'élever des usurpateurs, peut-être à la suite du désastre que l'Egypte éprouva au passage de la mer Rouge.

Sous la dix-neuvième dynastie, l'Egypte pacifiée s'élève au plus haut point de la grandeur et de la prospérité. Fils de Ramses /•"•, Séihos le Grand s'illustra par des exploits guerriers et des constructions magnifiques. Il repoussa une nouvelle invasion, et fit bâtir l'immense salle du palais de Karnak à Thèbes, dite la, Salle des colonnesK Une sculpture nous le montre encore

f . Cette salle a 103 mètres de longueur sar 53 de largeur. L'entablement

ramenant en Egypte de nombrenx prisonniers et en particulier des captifs assyriens, qu'il présente dans Thêbes au dieu Ammon. On est porté à croire que ce fut lui qui fit commencer Tattcien canal de jonction du Nil à la mer Rouge.

Ramsès 11^ nommé Sésostris par Hérodote, étendît son empire en Afrique plus loin qu'aucun de ses prédécesseurs. Il conduisit en Asie plusieurs expéditions, dont l'Importance a été fort exagérée par les historiens grecs. Un peuple syrien, les Khétas, qui avait de nombreux chars de guerre, occupa principalement les armes du conquérant, A son retour dans ses États, il entreprit d'innombrables trav aux, qa'il fit exécuter par les captifs arrachés de leur pays natal. En Nubie, les temples d'Ibsamboul creusés dans le roc et décorés de colosses hauts de vingt mètres ; à Karnak, le vaste édifice qu'on appelle le Ra* rnesseunif du nom de son auteur; enfin, l'obélisque de Louqsor, " transporté à Paris, sont des monuments impérissables du long règne de ce prince.

Moins heureux que son père, Menephtah fut obligé de se retirer en Ethiopie avec tousses guerriers, alors que les descendants des anciens Pasteurs, au nombre de 200 000, envahissaient l'Egypte. Ils avaient été appelés par les lépreux ou imfurs qui , sous la conduite d'un prêtre d'Hiéropolis , s'étaient soulevés contre le roi, à cause des persécutions dont ils étaient l'objet. La domination étrangère pesa sur l'Egypte pendant treize ans; on ne sait pas au juste comment elle finit.

Ramsès IIl^Méiamoun^ qui régnait dans les premières années du treizième siècle, commence la vingtième dynastie. 11 répara les désastres des règnes précédents. Les monuments de ses victoires, qui subsistent encore , en retraçant quelques épisodes des combats quHl livra en Syrie sur terre et sur mer, ont immortalisé sa valeur guerrière et la richesse des tributs qu'il recevait de l'Afrique et de l'Asie. Mais l'un de ses successeurs sa laissa dépouiller de l'autorité souveraine par le grand prêtre d'Ammon, à Thèbes. Vers le môme temps, Ninive commençait à dominer sur les rives du Tigre et de l'Euphrate, et l'Egypte perdit pour toujours ce qu'elle possédait en Syrie. La grandeur de Thèbes s'éclipse. Ce fut à Tanis, dans le Delta, que s'établit

est supporté par 134 colonnes couvertes de bas-reliefs et d'hiéroglyphes; aussi grosses que la colonne de la place Vendôme, elles montent, du moins les plus hautes, jusqu'à 70 mètres : on dirait une forêt de tours. Partout, sur les murs, on voit des sculptures peintes soit en creux, soit en relief. Rien de plus imposant que l'aspect de cette salle.

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la vinçt et unième dynastie, qui bientôt allait soumettre toute l'Egypte. Elle dura un peu plus d'un àièclè, et Ihm de ses rois ftit l'allié de Salomon. Lia fondateur de la vingt-deuxième dynastie, nommé Sésac ou Sésonchis dans les livres saints, envahit le royaume de Juda avec une nombreuse armée, vainquit Koboam et pilla les trésors du temple et du palais, à Jérusalem^ Sous le fils de Sésac, ce furent les Éthiopiens qui tentèrent une expédition en Judée, et l'on voit, bientôt apfèà, les provinces nubiennes échapper auxroisdeTanis. La vingt-troisième dynastie est fort obscure, et la vingt-quatrième ne compte qu'un roi, Boechoris, qui périt en combattant les Éthiopiens.

Là mon de Bocchoris laissa l'Egypte au pouvoir des vainqueurs. Leur roi Sabacon et ses deux successeurs composent la vingt-cinquième dynastie, qui fut, comme on le voit, éthiopienne (715-665).

Pendant que la moyenne et la haute Egypte étaient soumises à la domination étrangère, plusieurs princes nationaux se maintinrent dans divers cantons du Delta. Après la retraite volontaire ou forcée des Éthiopiens^ le pays, rendu à son indépendance, se trouva d'abord partagé entre douze seigneurs ou rois égaux en autorité. Mais l'un d'eux, Psammétik{6b0)j dépossédé un moment par ses rivaux, fut assez habile pour les supplanter à son tour et rétablir à son profit rancienne unité monarchique. Des aventuriejrs grecs et cariens, qu'il avait pris à sa solde, Taidèreut dans cette circonstance. C'était la première fpis que des étrangers, partis de rOçcident, intervenaient dans les affaires intérieures de l'Egypte. Aussi deux cent mille guerriers, mécontents de la faveur accordée aux Grecs par Psammétik, prirent le parti d'émigrer en Ethiopie, sans s'inquiéter, à ce qu'il semble, de l'affaiblissement irréparable qui pliait en résulter pour leur pays.

Psammétik avait fondé la vingt-sixième dynastie, dite de Sais. Sonfils,iV^c/Mio(616), conçut de vastes projets de conquête, qui ne lui réussirent pas. S'il vainquit Josias, roi de Juda, à la bataille de Mageddo^ il fut à son tour battu par le roi de Babylone, Nabuchodonosor, qu'il avait osé provoquer. Il échoua également dans le dessein d-ouvrir un canal decopamunication eiitre le Nil et 1)31 mer Eouge. Son petit-fils, Apriès, périt h> )a suite d'une révolte de son armée, car il fut mal défendu par les mer-

1. M. Champollion a retrouvé dans un des portiques deKarnak, les trophées de c«tte campagne de Sésonchis.

cenaires grecs dans lesquels il avait mis sa confiance. Le chef des rebelles, Amasis, devenu roi, imita la politique de ses prédécesseurs à regard des étrangers, puisqu'il fonda la colonie grecque de Naucratis. Chef de la vingt-septième dynastie, il transmit la couronne à son fils Psamménit^ qui ne la porta que six mois. Ce malheureux prince vaincu par Cambyse, roi de Perse (525), et fait prisonnier, vit passer devant lui son fils que l'on menait au supplice , un mors à la bouche, et sa fille, habillée en esclave, qui portait une cruche sur la tête, pour aller puiser de l'eau. Lui -môme mourut captif à Suse.

Privée dès lors de son indépendance, l'Egypte devint une province de l'empire des Perses, pendant près de deux cents ans ; mais impatiente du joug, elle fut toujours prête à la révolte. Alexandre en fit la conquête, et, après sa mort, elle forma de nouveau un royaume indépendant sous des princes macé* dôniens, nommés Lagides. v

Syochronismes.

] OOO . SéBoncM» 00 Sésac, roi d'Egypte,

donne asile à Jéroboam.

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