aerre de déToluflon (t««V
C'est à la mort de Mazarin (1661) que commence à proprement parler le règne de Louis XIV. Ce règne glorieux à tant d'égards présente une série de guerres qui le remplissent presque tout entier. On en compte quatre principales : la première fut la guerre de dévolution contre l'Espagne, terminée en 1668, parle traité d'^Aiw-lorChapelle; la seconde, la guerre de Hollande^ qui dura de 1672 jusqu'au traité de Nimègue (1678) ; ensuite la guerre de la grande coalition^ de 1688 au traité de Ryswick (1697), et enfin la guerre de la succession d'Espagne^ qui mit la France à deux doigts de sa perte, mais que le traité èîHJtrecht (1713) termina d'une manière assez avantageuse.
Les premiers actes de Louis XIY montrèrent la haute idée qu'il s'était faite de lui-môme et de sa couronne. Il exigea que son ambassadeur à Londres eût le pas sur celui du roi d'Espagne, son beau -père ; il contraignit le pape à d'injustes réparations pour une insulte faite dans Rome à des Français. D'autres résolutions du jeune monarque furent mieux inspirées : c'est ainsi qu'il envoya au général de l'empire, MontécucuUi, un renfort de 6000 hommes qui, sousla conduite du vaillant comte de Coligny, contribuèrent au succès de la bataille de Saint-Gothard (1664) contre les Turcs. Par ses ordres, le maréchal de Schomberg alla soutenir la maison de Bragance contre l'Espagne, et le duc de Beaufort conduisit une expédition contre les pirates algériens. Louis XIV eut encore la bonne fortune de racheter le port de Dun^ergue, que Mazarin avait remis àl' Angleterre après la bataille des Dunes. La sage économie de Golbert et la prudence de Louvois avaient tout préparé, lorsque s'oùvrij; une lutte déjà sérieuse.
A la mort de Philippe IV (1665), la couronne d'Espagne échut à un enfant de quatre ans, Gharles II, issu d'un second mariage. Aussitôt Louis XIV réclame le Brabant, la Flandre et la Franche-Gomté, sous prétexte que la dot de sa femme n'avait pas été payée et que la coutume du Brabant attribuait dans les successions, au cas d'un double mariage, la préférence aux enfants du premier lit: ils héritaient alors de la totalité des biens par
un droit dit de dévolution, L'Espagne n'avait plus ni flotte ni armée ; le roi de France avait au contraire la meilleure armée de l'Europe, et pour la conduire sous ses ordres, Gondé, Turenne, Louvois et Vauban. En deux mois, les plus fortes places de la Flandre, entre autres Douai et Lille, ouvrirent leurs portes. Puis, au cœur de Thiver, Louis XIV entre brusquement en Franche- Comté^ où déjà l'attendait Condé, gouverneur de Bourgogne. La prise de Besançon, de Salins et de DÔIe entraîna la conquête de la province entière : ce fut l'affaire de dix-sept jours.
Tandis que les autres puissances, habilement désintéressées par Louis XIV, demeuraient neutres dans cette guerre, la Hollande, inquiète de ces progrès rapides et d^un voisinage redoutable, conclut avec l'Angleterre et la Suède la triple alliance, qui força le roi à déposer les armes. Par le traité à^Aix-la- Chapelle (1668), en. abandonnant la Franche-Comté, Louis retint la plus grande partie de la Flandre; mais irrité de l'obstacle que les Hollaudais avaient mis à ses conquêtes, il se proposait de les punir à la première occasion favorable.