aerre de HoUande (t«Vt-teV
L'ambition, l'amour de la gloire et le désir de se venger furent les véritables motifs de la guerre de Hollande. Faisant allusion aux secours que les Provinces-Unies avaient reçus d'Henri III, d'Henri IV et de Louis XIII, le roi disait : ires pères ont su les élever^ je saurai les détruire. L'Angleterre consentit, sans trop de peine, à s'allier avec lui ; car il s'agissait d'affaiblir une puissance maritime qui lui faisait ombrage, et que l'intérêt bien intendu de la France eût été de ménager. La Suède promit sa neutralité ; l'Espagne seule fît cause commune avec ses anciens sujets.
Les préparatifs achevés, une armée magnifique de 110 000 hommes se mit en marche, ayant à sa tête, sous le commandement suprême du roi, Gondé, Turenne, Vauban, Gréqui, Luxembourg et Louvois. Elle se porta rapidement sur le Rhin qu'elle franchit sans difficulté , un peu au-dessus de Tendroit où le Wahal s'en détache (1672). Le roi envahit trois provinces, prit quarante places fortes, s'avança jusqu'à une petite distance d'Amsterdam^ et la terreur fut telle dans cette capitale que les plus riches familles songeaient à émigrer aux Indes; mais les Français négligèrent d'occuper la petite ville de Muyden, où se trouvait la tête des écluses. Cependant , le parti républi-
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cain, dirigé par les frères de Witt, inclinait à la paix. Louvois, mauvais diplomate, fait rejeter des propositions très-avantagenses, et en suggère d'autres qui étaient inacceptables. Les Hollandais» poussés à bout, rétablissent le stathoudérat en faveur du prince d'Orange, qu'ils avaient nommé capitaine général à vingt-trois ans. Ils ne pouvaient mieux choisir , car à l'opiniâtreté et aux grands talents de son aleuU le stathouder joignait une haine implacable contre la France et contre Louis XIV, dont il fut toute sa vie l'ennemi acharné. Les frères de Witt sont victimes de la fureur populaire. En même temps, par une inspiration de patriotisme que Louis XIV lui-môme ne put "s'empêcher d'admirer, les Hollandais percent leurs digues, ouvrent leurs écluses, inondent leur pays afin de sauver leur indépendance.
Cette résistance inattendue changea les dispositions de VEorrope. Le prince d'Orange réussit à former, sous le nom de grande alliance^ une première coalition contre Louis XIV : le roi d'Espagne, l'empereur Léopold, l'électeur de Brandebourg, les princes de Brunswick et de Hesse, le roi de Danemark et , le duc de Lorraine y accédèrent ; le roi d'Angleterre Charles II fut forcé par son Parlement de se déclarer pour la Hollande. Louis XIV oppose à tant d'ennemis un plan et une décision admirables. La Hollande évacuée, laissant Turenne sur le Rhin pour couvrir la frontière, et Condé dans les Pays-Bas pour arrêter le stathouder, il marche lui-môme avec Vauban vers la FranchS'Comté^ et s'en empare de nouveau en six semaines. Cependant Condé, après une longue inaction, prend l'offensive à Sénef (1674), près de Mons, et attaque les Hollandais et les Espagnols, réunis sous le commandement du prince d'Orange. La victoire fut très-sanglante et à peu près stérile, par la faute de Condé qui, après un premier succès, voulut témérairement déloger Tennemi retranché dans une forte position.
Mais Turenne, croissant d'audace à mesure qu'il vieillissait, couronna sa carrière par deux admirables campagnes. En 1674, n'ayant guère sous ses ordres que 25 000 hommes, il battit successivement le général de l'empereur Caprara, le vieux duc de Lorraine et le prince de Beurnonville. L'arrivée de l'électeur de Brandebourg le contraignit à la retraite ; soixante-dix mille Allemands passèrent le Rhin et occupèrent l'Alsace, pendant que lui-môme feignait de prendre ses quartiers d'hiver en Lorraine. De là, partant à l'improviste au commencement de décembre, par un froid rigoureux, il franchit les Vosges, cou-
gl
vertes d'une neige épaisse, marche pendant vingt jours, totnbe sur les généraux ennemis dispersés dans leurs quartiers, les met en déroute à Mulhouse et à Colmar^ remporte un avantage plus décisif à Turckheim et chasse les envahisseurs de PAlsace, après avoir détruit une grande partie de leur armée. Bientôt après, il eut à combattre Montécuculli, le meilleur général de l'empereur, qui avait vaincu les Turcs à Saint-Gothard. Quatre mois durant, ils luttèrent tous les deux de tactique et de génie, dans une suite de marches et de campements, chefs-d'œuvre de la science militaire. Turenne avait enfin pris une excel"> lente position à Salzhach, non loin de Strasbourg : Je les tiens^ disait-il, «7s ne peuvent plus m' échapper , quand il fut tué, sur le terrain, d'un coup de canon tiré au hasard (1675). Louis XIV perdait en lui le meilleur de ses généraux, le plus habile tacticien de son siècle. Déconcertée par la mort de son chef, l'armée française recula devant Montécuculli, et elle avait déjà repassé le Rhin en désordre, lorsque le prince de Gonié accourut et repoussa les Impériaux au delà du fleuve. Ce fut du reste sa dernière campagne; car des infirmités précoces le forcèrent à se retirer dans sa magnifique résidence de Chantilly, où il mourut en 1686.
La guerre continua sur terre et sur mer. Duquesne, l'un des plus grands marins de l'époque, fut envoyé au secours de Mes^ sine révoltée contre les Espagnols, et livra une bataille oti périt le fameux amiral hollandais Ruyter (1676). La victoire navale de Vivonne devant Palerme nous valut l'empire de la Méditerranée. Le roi, qui aimait les sièges et savait y payer de sa personne, investit Valenciennes, place forte que les mousquetaires de sa garde emportèrent en plein jour ; bientôt après, il s'empara de Cambrai et de (?and,, tandis que son frère, le duc d'Orléans, gagnait une brillante victoire sur le prince d'Orange à Cassel (1677).
Ces avantages permirent à Louis XIV de dicter à ses ennemis les conditions de la paix, qui fut signée à Nimègue^ en Hollande (1678). Il rendit Maèstricht aux Hollandais, garda une moitié de la Flandre, avec Ja Franche-Comté et l'Alsace; il retint, en outre, la Lorraine, parce que le duc ne voulut pas se plier aux exigences du vainqueur. La paix de Nimègue est l'apogée de la gloire de Louis XIV. Ce fut alors que l'Hôtel de ville de Paris lui décerna solennellement le surnom de Grand,
•. Chamlirefl de réunloii. — ArMtralre royal.
A partir de cette époque, Finfluence de Louvois devint prépondérante. Turenne, qui n'avait jamais voulu humilier son caractère et son génie devant Torgueilleux ministre, n'existait plus. Golbert, déjà sur son déclin, allait s'éteindre dans la disgrâce, désespéré de iie pouvoir empêcher le gaspillage des finances ni les conflits ruineux que faisait nattre son rival. Ce fut Louvois qui eut l'idée des fameuses Chambres de réunion. Composées de membres des parlements de Metz et de Besançon, et du conseil souverain d'Alsace, ces commissions adjugèrent arbitrairement au roi de France vingt villes, parmi lesquelles Sarrebruck, Luxembourg, Montbelliart et Strasbourg, comme anciennes dépendances des territoires à lui concédés par les traités de Westphalie, d'Aix-la-Chapelle et de Nimègue. Il y avait à Strasbourg^ ville libre et neutre, un parti français considérable, surtout parmi les catholiques. Une armée commandée par Louvois lui-môme y entra sans coup férir (1681).
L'Europe était alors dans un tel état d'épuisement, qu'elle , n'osa demander raison de cette conquête. L'empereur Léopold avait d'ailleurs sur les bras 300 ÛOO Tares, qui auraient envahi sa capitale sans l'assistance du roi de Pologne, le vaillant Sobieski. Une trêve nous ayant assuré pour vingt ans la possession de la ville de Strasbourg, Louis XIV la fit aussitôt entourer par Vauban de puissantes fortifications. En même temps, ses flottes purgeaient la Méditerranée des pirates barbaresques ; Duquesne bombardait ^/^er pour la troisième fois (1683). GéneSy accusée d'avoir vendu de la poudre aux barbaresques, fut aussi victime d'un cruel bombardemment ; son doge vint à Versailles implorer la clémence du roi, qui le maintint dans sa charge, malgré les lois formelles de la République.
La prospérité, les louanges, la flatterie enivrèrent Louis XIV, et sa volonté, chaque jour plus absolue, envahit tout, même le domaine des questions religieuses qu'il connaissait mal. 11 eut d'abord de graves démêlés avec le pape Innocent XI, parce qu'il entreprit de percevoir dans tous les diocèses le revenu des bénéfices vacants : ce droit était la régale. Au milieu du conflit des deux pouvoirs, trente-cinq évêques convoqués en assemblée par le roi signèrent la célèbre déclaration dite de 1682, composée de qmxtre articles^ qui résumèrent ce qu'on appelait alors les libertés de l'Église gallicane. Le plus illustre de ces prélats,
Bossuet, avait consenti à rédiger ces qaatre articles, pour évi* ter un éclat plus fâcheux. Mais cet acte blessa vivement la cour de Rome, et Innocent XI refusa de donner l'institution canonique aux évoques nommés par le roi, de sorte qu'on put craindre un schisme jusqu'à Tavénement du pape Innocent XII (1691).
Dans le cours de sa lutte ouverte contre Rome, Louis XIV, par excès de zèle ou plutôt d'omnipotence, prononça lar^vocation de Védit de Nantes (1685), édit qui garantissait aux protestants la liberté de leur culte sous de certaines réserves. Quoique les contemporains aient applaudi à cette mesure arbitraire, on peut affirmer qu'elle était impolitique et que l'exécution dépassa de beaucoup en violence les ordres mêmes du roi. Au lieu d'employer les moyens de persuasion et de douceur, on eut recours à l'argent ou à la force pour obtenir de feintes conversions. Louvois, surtout, avec son caractère impérieux et dur, voulut c mettre du militaire > dans cette entreprise, et il organisa les dragonnades, c'est-à-dire qu'il envoya des soldats loger chez les récalcitrants. Bientôt, il n'y eut pour les protestants d*autre alternative que de quitter leur patrie ou d'abjurer. Un grand nombre d'entre eux, préférant l'exil, portèrent à l'étranger, en Suisse, en Hollande, dans le Brandebourg et en Angleterre, leur haine du nom de Louis XIV, leur fortune et leur industrie; car les calvinistes, éloignés des fonctions publiques, se livraient pour la plupart au commerce et aux métiers. La France perdit encore par cette émigration, des milliers de bons soldats et d'excellents marins.
Madame deMaintenon*,que le roi venait d'épouser secrètement, n'eut aucune part à ces rigueurs qui excitèrent les plaintes si éloquentes de Fénelon ; elle les désapprouvait au contraire, et disait : // faut convertir^ non persécuter.
Une erreur récente, le Jansénisme, déjà très-répandue, donna lieu également à des répressions très-sévères. Jansénius, évoque d'Ypres, avait publié sur lagrâce, un ouvrage théologique, dont les principes furent condamnés par le Saint-Siège en 1654; sa doctrine conserva néanmoins, en France, de nombreux adhérents. A leur tête se plaçaient les solitaires de Port-Royal^ hommes remarquables d'ailleurs, voués à la retraite, à l'étude,
1. Un an avant la révocation de Tédit de Nantes, Louis XIV avait épousé en secret Mme de Maintenon (Françoise d'Aubigné), veuve du poëte Scarron. Sous son influence, et dès 1680, âgé pour lors de quarante-deux ans, il avait rompu avec les passions scandaleuses de sa jeunesse et de son âge mûr.
et à renseignement de la jeunesse. Les plus célèbres étaient Arnauld, Nicole, Le Maistre deSacy, Lancelot. Le savant Pascal, leur ami, se fit l'avocat du Jansénisme, et lui prêta sa plume éloquente et passionnée. Louis XIV vit dans Port-Royal et ses partisans, des calvinistes déguisés, des ennemis dangereux de Tautoritô royale, et il les poursuivit avec une inflexible rigueur.
lO. Cirande coalition (l«99j.
Le roi, par son orgueil, avait blessé toutes les puissances de l'Europe, et suscité dans son royaume la plus fâcheuse agitalion, lorsqu'un événement extérieur vint compliquer les embarras de sa politique. Jacques II Stuart, frère de Charles II, était monté sur le trône d'Angleterre depuis 1685. Dévoué à la foi romaine, ce prince n'avait rien tant à cœur que de rétablir le catholicisme en Angleterre, ou du moins d'obtenir pour ses coreligionnaires la liberté de conscience ; mais l'habileté nécessaire au succès d'une telle entreprise lui faisait défaut. Il ne réussit qu'à irriter la noblesse et les communes, qui appelèrent secrètement au secours de l'Église établie Guillaume d'Orange, son gendre. Celui-ci, débarquant en Angleterre à la tête de 14000 hommes, détrôna son beau-père sans coup férir, et le réduisit à demander un asile à Louis XIV. Outre sa vieille animosité contre la France, le prince d'Orange avait trop d'intérêt à l'occuper sur le continent pour être pris au dépourvu; déjà, réveillant toutes les défiances et toutes les haines, il avait formé contre Louis XIV la ligue d'Augsbourg (1686). Le roi allait se trouver en face de la grande coalition, c'est-à-dire être obligé de tenir tête à l'Empire, à l'Espagne, à la Hollande, à la Savoie, à l'Italie, à la Suède; ses seuls alliés devaient être le Danemark et la Turquie. Le prince d'Orange fut l'âme de cette vaste ligue, bientôt complétée par toutes les forces de TAngleterre (1688).
Louvois insista pour que la guerre fût continentale ; Seignelay, ministre de la marine, voulut qu'elle fût maritime ; Louis XIV prit les deux partis à la fois. Il avait encore deux grands généraux : Luxembourg, qui rappelait le prince de Gondé, Gatinat, que l'on comparait à Turenne, et un grand honame de mer, le comte de Tourville. La prise de Heidelberg, de Manheim,4e Spire, de Worms, l'incendie et la dévastation du Pa^ lutinat ordonnés par Louvois, signalèrent la première eampa- ' gne sur le continent. Trois armées allemandes essayèrent d'ar.-
rêter nos progrès. Luxembourg, envoyé sur la Sambre, défit les alliés à Fleurus (1690), pendant que le prince d'Orange qui venait de prendre en Angleterre le nom de Guillaume III^ luttait en Irlande contre Jacques II. Louis XIV avait offert au roi fugitif une splendide hospitalité à Saint-Germain, et comme rirlande s'était soulevée en sa faveur, il avait mis à sa disposition un corps de 8000 hommes, qui lui permettait de tenter un débarquement.
Mon cousin^ ce que je puis vous souhaiter de mieux, c'est de ne jamais vous revoir, dit Louis XIV en faisant ses adieux au roi d'Angleterre ; mais ce fut en vain que Château-Renaud et Tourville firent des prodiges sur mer. Le lendemain môme du jour où ce dernier avait remporté, en vue de Dieppe , une brillante victoire sur les Anglais et les Hollandais réunis, le roi Jacques perdait la bataille de la Boyne (1690) et, peu après, il éprouvait un second revers. Chargé de réparer ce désastre et de reconquérir l'Irlande, Tourville, sur un ordre formel de la cour, engagea près du cap du la Hogue (1692), un combat trop inégal; Messieurs, avait dit l'amiral à son conseil de guerre, le roi nous ordonne de nous faire tuer pour son service. Il soutint pendant dix heures, avec une constance héroïque, le feu des Anglais et des Hollandais, et se retira ensuite sans avoir perdu un seul bâtiment ; mais quinze de ses vaisseaux, séparés de la flotte par un accident de mer, s'échouèrent sur la côte, oii ils furent brûlés par ordre de Tamiral, sans quoi ils seraient tombés ^u pouvoir de l'ennemi. Ce revers, bien qu'on en ait souvent exagéré la gravité, porta néanmoins un premier coup à notre marine, jusque-là si heureuse et si redoutée.
Il est vrai que les victoires de Lux,embourg compensaient nos échecs maritimes. Ce brillant élève de Gondé, après sa victoire de Fleurus, couvrit le siège de Mons et de Namur (1692), places dont Louis XIV s'empara lui-même, sous les yeux de Guillaume III. Surpris à Siemfecr^Me( 1692), le maréchal rétablit avec succès le combat, à force de présence d'esprit et de courage. Il vainquit encore Guillaume à Nerwinde (1693), après une lutte acharnée et sanglante qui coûta la vie à 12 000 ennemis et à 8000 Français. Ce fut le dernier triomphe de l'heureux capitaine, que l'on avait surnommé le Tapissier de Notre-Dame, à cause des nombreux drapeaux ennemis dont il avait décoré la cathédrale de Paris. Guillaume, cependant, ne se laissait point abattre ; il réparait presque aussitôt ses défaites par sa fermeté inébranlable, soutenue des ressources puissantes de la Coalition. Après la
mork de Luxembourg (1695), il reprit l'offensive et parvint à reconquérir tout le territoire qu^il n'avait pu défendre auparavant.
En Italie, Gatinat, le meilleur élève de Turenne, opposait au duc de Savoie une tactique toute différente de celle de Luxembourg: autant celui-ci était impétueux, autant Gatinat avait de prudence et de calcul ; ses soldats ne l'appelaient que le père la pensée. Très-mal en cour à cause de Louvois, qui ne pouvait le souffrir, il n'en servit pas moins avec éclat , et battit le duc de Savoie à Staff arde (1690). Il aurait conquis tout le Piémont sans l'arrivée du prince Eugène, général de l'empereur. La bataille de la Marsaille (1693), oti Gatinat vainquit encore le duc Victor-Amédée, et les succès qui la suivirent, forcèrent ce prince de signer avec le roi une paix particulière. Afin de recouvrer ses États, il s'engageait à quitter la coalition, et à donner sa fille en mariage au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV.
Ce traité, conclu à Turin (1696), fut le prélude d'une paix générale, La France était victorieuse, mais épuisée ; le trésor était vide, le peuple souffrait cruellement. « On périssait de misère au bruit des Te Deum *. » Les grands hommes avaient disparu l'un après l'autre ; Louvois avait précédé le maréchal de Luxembourg dans la tombe; une mort prématurée avait enlevé rbabile ministre de la marine, Seignelay, fils de Golbert. Ces deux ministres n^eurent pour successeurs que des hommes médiocres, et Louis XIV, malgré la vieillesse qui approchait, dut se résigner à porter presque seul le fardeau des affaires. Par le traité signé à Ryswick (1697), il abandonna toutes ses conquêtes récentes, excepté Strasbourg et Landau ; il restitua la Lorraine à son duc, rendit un grand nombre de places dans les Pays-Bas It sur le Rhin, puis, condition plus dure que les autres, il consentit à reconnaître Guillaume III pour roi d'Angleterre et d'Irlande. Peut-être n'aurait-il pas fait de telles conceesions, si dès lors la succession d'Espagne n'avait été le principal souci de son gouvernoment.