‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 199 sur 254 · OuTerture de la saecesaîon d'Espai^ne · texte numérisé non relu

OuTerture de la saecesaîon d'Espai^ne

Le roi d'Espagne Charles II, dernier descendant direct de Gharies-Quint, après une vie languissante, allait s'éteindre à trente-six ans, sans postérité (1700). Divers prétendants pouvaient réclamer sa riche succession, qui se composait de PEspagne, des Deux-Siciles, du Milanais, des Pays-Bas et des colonies d'Amérique. Le prince qui paraissait y avoir le plus de droit, était Louis XIV ; car il avait eu pour mère Anne d'Autriche, fille ainée de Philippe III, et pour femme Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV. Sans doute, le traité des Pyrénées lui interdisait toute prétention au trône d'Espagne ; mais, comme au moment de la guerre de dévolution, il comptait éluder encore cet engagement et réclamer l'héritage, non pour lui, mais pour l'un de ses petits-fils. L'autre compétiteur était le prince électoral de Bavière, petit-fils d'une fille cadette de Philippe IV et de l'empereur Léopold qui, lui-môme, réclamait l'Espagne au nom de sa mère Marie-Anne, fille puînée de Philippe III. L'empereur passait sous silence les droits de sa femme, voulant placer la couronne d'Espagne, non pas sur la tète de son petitfils, le prince de Bavière, devenu pour lui un étranger, mais sur celle de son propre fils, l'archiduc Charles, issu d'un troisième mariage. Les droits de Louis XIV étaient évidemment les mieux établis. En effet, si le prince électoral de Bavière et l'empereur Léopold tiraient leurs prétentions des filles cadettes de Philippe IV et de Philippe III, le roi de France tenait les siennes des deux aînées. *

Aussitôt après le traité de Ryswick, les puissances signataires s'étaient partagé la monarchie de Charles II avant la mort de ce prince. Mais le peuple espagnol, auquel le sentiment de sa dignité ne manqua jamais, surtout dans ses malheurs, était révolté à la pensée d'une telle humiliation. Cédant au vœu national, et voulant surtout éviter le démembrement de ses États, Charles II avait d'abord adopté le prince électoral de Bavière, enfant de six ans, qui ne tarda pas à succomber (1699). Enfin, vingt-huit jours avant de mourir, il fit un dernier testament en faveur du duc d'Anjou, second fils du dauphin, et petit-fils de Louis XIV, à condition que la monarchie espagnole

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resterait intacte, et ne pourrait, en aucun cas, être réunie à la France (1700).

Louis XIV tomba dans une grande perplexité. Accepter le testament, c'était la guerre; ne pas l'accepter, c'était la guerre encore, pour entrer en possession du lot attribué à la France par le traité de partage. Après une mûre délibération, il se décida pour le premier parti, et, envoyant son petit-fil§ régner en Espagne, soug le nom de Philippe F, il lui adressait ce mot fameux : fl n'y a plus de Pyrénées ^ Mais eu môme temps, comm9 s'il eût voulu jeter un défi à l'Angleterre et ^ l'Europe, Loui^ signa des lettres patentes par lesquelles il réservait au nouveau roi d'Espagne ses droits éventuels au trône de France ; puis, le roi Jacques étant venu à mourir, au château de Saint-Germain (1701), il ne craignit pas de reconnattre le fllsdu prince détrôné comme roi légitime d'Angleterre : c'était violer à la fois le tes-» tament de Charles II et le traité de Ryswick; c'était ralluper une guerre européenne.

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Lorsque Guillaume III eut organisé une nouvelle coalition^ l'Angleterre, l'Autricl^e et la Hollande, entraînèrent bientôt \ leur suite la Prusse, le Portugal et même la Savoie. Louis XIV avait, cette fois, l'Espagne pour auxiliaire, mais l'Espagne énervée et vulnérable par tant de points, dans l'ancien et Iç nouveau monde . D'un autre côté, aux habiles généraux de lat coalition, le princp Eugène et Malborough, il n'opposa souvent que des chefs médiocres et des armées découragées.

La guerre éclata d'abord en Italie, o^ le duc dp Ven4ômQ, arrière^petit-flls d'Henri IV, vif et plein de saillies comm^ sojï aïeul, répara les fautes de Villeroi, qui s'étant laissé surpren^* dre dans Crémone^ était tombé au pouvoir du prince Eugène. En Allemagne, Villars gagna la bataille de Fnedlingen (1702) et fut salué par ses soldats maréchal de France, titre que Je roi s'empressa de confirmer. L'année suivante, il l'emportait une nouvelle victoire à Hochstedt ; Tallard ne fut pas moins heureux à Spire, Le chemin de Vienne nous était ouvert, pt le duc de Vendôme pouvait se mettre en marche pour faire sa jonction avec l'électeur de Bavière, allié de la France.

Cette heureuse fortune ne se soutint pas, et pour deux causes : d'abord la défection du duc de Savoie, qui força Vendôme à rétrogader; et pende temps après, 1© i^appel de Villars, qui fut

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