‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 200 sur 254 · CD · texte numérisé non relu

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envoyé daxisUs Cévennes. L'excès des impôts et la révocation de redît de Nantes avaient soulevé les paysans du Languedoc, en partie calvinistes ; l'Angleterre et la Savoie les poussaient aussi à la révolte par leurs émissaires. Il fallut donc se priver de forces considérables et d'un général habile, pour combattre ces fanatiques, connus sous le nom de Camisards, Sur mer, le comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIV, obtenait quelques succès et les chefs d'escadre, Jean-Bart, dont le nom est resté si juste« ment populaire, Château-Renaud, Forbio, Ducasse, Goôtlogon, et plus tard Duguay-Trouin, faisaient une guerre ruineuse au commerce de l'Angleterre et de la Hollande.

s. •pératlons dans le Mord.

Guillaume III était mort en 1702 ; Anne^ sa belle-sœur, fille cadette de Jacques II, lui avait succédé à l'exclusion de la ligne catholique des Stuarts. Pour continuer la politique de Guillaume et humilier Louis XIV, la reine Anne se servit de l'épée de Marlborough, aussi grand général qu'habile politique, formé jadis à l'école de Turenne, et d'ailleurs partisan déclaré d'une guerre qui l'enrichissait. Gelui-ci concerta ses mouvements avec le prince Eugène de Savoie, fils du comte de Soissons et d'une nièce de Mazarin, lequel était entré au service de l'Autriche, après que Louis XIV lui eut refusé un régiment. Tous deux se réunirent au grand Pensionnaire de Hollande Heinsius» et formèrent contre la maison de Bourbon une sorte de triumvirat, oti chacun avait ses injures particulières à venger.

Pour résister à de tels ennemis, Louis XIV, privé des grands hommes de guerre qui avaient illustré la première moitié de son règne, mettait à la tète de ses armées des courtisans plutôt que des généraux. De son cabinet de Versailles, il imposait ses plans aux chefs qu'il avait choisis; et ceux-ci, trop dociles à les exécuter, se faisaient battre. Tallard et Marsin essuyèrent un sanglant échec à Hochstedt^ lieu signalé naguère par une victoire de Villars(1704). La Bavière fut perdue; on se replia sur le Rhin, tandis que le maréchal de Villeroi, aussi malheureux dans les Pays-Bas qu'en Italie, perdait 20 000 soldats à Ramil^ lies (Brabant), en essayant d'arrêter Marlborough (1706). Mon-sieur le maréchal ^ lui dit Louis XIV à son retour de l'armée, on n'est plus heureux à notre âge. Rappelé d'Italie pour faire face au péril, Vendôme laisse le commandement à Marsin, qui ne sut pas empêcher le prince Eugène d'aller secourir la capitale

du Piémont, dont La Feuillade faisait le siège. Marsin le rejoint, et tous deux, forcés dans leurs lignes devant Tunnel 706), éprouvèrent une telle défaite qu'il ne nous resta bientôt plus rien au delà des Alpes. La Provence, envahie par le prince Eugène et parle duc de Savoie, trouva son salut dans le patriotisme de ses habitants et dans l'énergie de son gouverneur, M. de Grignan. La ville de Toulon, bien défendue, résista aux alliés. Mais dans le Nord, la déroute à'Oudenarde, aussi funeste que celle de Ramillies, acheva de décourager nos soldats. Après avoir soutenu dans Lille un siège héroïque de quatre mois (1708), Boufflers fut obligé de se rendre. La route de la capitale était ouverte; la France semblait à deux doigts de sa ruine.

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