‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 21 sur 254 · GOUVERNEMENT ET CIVILISATION DE L'EGYPTE · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT ET CIVILISATION DE L'EGYPTE

L'Egypte eut, dès la plus grande antiquité, une administration régulière. Le pays était divisé en fwtMi ou proTinces. Le sol appartenait presque en entier au roi, aux prêtres et aux guerriers. Les prêtres veillaient à Tobseryation des lois et instruisaient la jeunesse. En général , les fonctions publiques étaient héréditaires. Au-dessous des deux castes privilégiées , on en comptait cinq autres, parmi lesquelles celles des artisans et des marchands.

Les Égyptiens se livraient à l'agriculture et à rindustrie, à la fabrication des tissus et des objets de luxe. Ils cultivaient la médecine, la géométrie, l'astronomie^ la morale, l'histoire et même la poéàie. Ils savaient polir des blocs énormes de pierres très-dures , tailler et sculpter le granit, le basalte et le porphyre, et c'est sur ces matières

qull^ont gravé; en traits inefTaeables, leurs traditions nationales. Leur écriture, dite hiéroglyphique, est un mélange de symboles ou de figures, de syllabes et de lettres. Ils inventèrent un papier, le seul que l'antiquité ait connu. On le fabriquait avec les pellicules d'un roseau, le papyruSy qui croît en abondance dans les marécages du Nil.

Nous avons déjà mentionné ces monuments gigantesques, dont la vue confond et attriste l'imagination : pyramides (on en compte plus de soixante) obélisques, statues colossales, spbinx accroupis formant de longues avenues, grottes sépulcrales ou tombeaux immenses taillés dans le roc^, décorés de peintures, de sculptures et d'inscriptions sans nombre; temples, palais et labyrinthes, de dimensions prodigieuses. L'art égyptien est riche et puissant , mais sans mouvement , sans charme et sans vie. D'ailleurs, l'exécution de pareils travaux ne peut s'expliquer que par le despotisme des princes et l'asservissement d'un nombre d'hommes incalculable.

Les Égyptiens adorèrent, à Torigine, un Dieu unique, immatériel, créateur du ciel et de la terre, père des hommes. Mais bientôt, le dogme antique s'altéra, et fut remplacé par un culte matériel, confus et grossier. Le soleil, sous les noms d*Ammon et d'Osiris, devint la principale divinité. Sous la forme du bœuf Apis , Memphis vénéra le Dieu Phtah, auteurde l'univers. Thoth fut l'inventeur des sciences. Cet Olympe avait aussi ses déesses: Pacht, l'épouse de Phtah, que l'on représentait avec une tête de lionne et quelquefois de chatte ; Neith, la mère du Soleil; Isis, sa sœur. Le fils d'Osiris, Horus, figurait le Soleil dans sa splendeur : ce fut lui qui tua Typhon^ l'esprit du mal. On sait enfin que les Égyptiens, égarés parla superstition, descendirent jusqu'à l'adoration des animaux et des plantes.

Cependant, aucun peuple ne fut plus laborieux, plus constant dans ses maximes et dans ses mœurs. Les prêtres étaient renommés par leur sagesse et la profondeur de leurs connaissances ; Pythagore et Platon vinrent s'instruire à leur école. On cite encore les belles lois qu'ils donnèrent à l'Egypte, le jugement des rois après leur mort, les peines portées contre le parjure et la calomnie. Le dogme de l'immortalité de l'àme, appuyé sur les récompenses et les châtiments d'une autre vie, servait de base à la morale, en même temps qu'il inspirait cette lurchitecture grandiose des tombeaux, qui étaient les maisons étemelles» De là également ce soin extrême d'embaumer et de conserver les corps; car, dans leurs croyances, l'âme, après une série d'épreuves diverses, devait, si elle était reconnue juste , se réunir au corps qu'elle avait animé, et vivre dès lors confondue avec Osiris. Tel était le dogme fondamental des Égyptiens.

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