‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 22 sur 254 · LÉS ASSYRIENS, LES MÈDES £T LES PERSES · texte numérisé non relu

LÉS ASSYRIENS, LES MÈDES £T LES PERSES

Nous réunirons sous un seul titre les ÂsByriens, lesMèdes et les Perses, ces grandes puissances de l'Orient, en qui se résume presçme toute l'histoire profane dans les premiers âges ^\i monde. Nous diviserons cette élude eu quatre parties :

!• Le premier empire d*Assyrie ;

2» Le second empire d'As^rie;

30 L'empire babylonien;

^0 Les Mèdes et les Perses.

PiasmERE PARTIE.

L^ PRE:MiER JËMPIRË D'ASSYRIE (19ÛO-7d9).

Après la dispersion du genre humain, Nemrod, arrière -petitfils de Gham, demeura sur les bords de l'Ëuphrate et y fonda, près de la tour inachevée de Babel ^ une ville qu'il nomma Babylone,

. L'Écriture sainte dit de Nemrod qu'il commença à se rendre puissant sur la terre et devint un fort chasseur. Il parait avoir été le premier qu'on ait adoré comme un dieu, 2000 ans environ avant J. G.

Vers le môme temps, Assur, fils de Sem, s'étant établi sur les bords du Tigre, y bâtit la ville, qui, longtemps après, reçut le nom de Ninive, Le pays, dès lors, fut appelé Assyrie. Une horde de peuples arabes inquiéta par ses attaques continuelles les deux villes de Babylone et de Ninive : la première se trouva très-affaiblie, et Bélus ou Baal^ roi d'Assyrie, en profita pour réunir sous sa domination les deux États naissants, qui jusque-

Jà avaient été gouvernés par des rois particuliers. Il reçut les honneurs divins.

Ninus, fils et successeur de Bélus, fut le véritable fondateur de la monarchie assyrienne, dont il établit le siège dans la ville bâtie par Assur. 11 agrandit et embe^llit tellement sa capitale, qu'elle reçut et garda son nom. Ninive devint alors la cité la plus vaste et la plus magnifique du monde ; elle avait, dit-on, 45 kilomètres de circonférence; ses murs, assez; larges pour qu'on y pût conduire trois chars de front, étaient flanqués de 1500 tours hautes de 70 mètres. Ninus, prince conquérant, subjugua les Mèdes et les Perses, et parvint peut-être jusqu'à l'indus. 11 se rendit maître de la Bactriane, grâce au génie de sa feinme Sémiramîs.

Sémiramis, — Ninus, en montant, laissait un fils en bas âge, nommé Ninyas. Sa mère s'empara de l'autorité et fit oublier son usurpation à force de génie. On raconte que cette reine belliqueuse étendit sa domination jusqu'en Ethiopie. L'antiquité vante les grands travaux qu'elle fit exécuter à Babylone , les murs d'une étendue et d'une épaisseur prodigieuse dont elle entoura la ville, le pont qu'elle jeta sur TEuphrate, une galerie souterraine qu'elle fit creuser sous le lit du fleuve, les quais qu'elle construisit sur chaque rive, le temple de Bélus, et surtout les fameux jardins suspendus qui ont été mis au rang des sept merveilles* du monde. Sans doute, pour élever ces monuments prodigieux, il fallait d'immenses richesses avec un pouvoir sans bornes. Le commerce de l'Inde, que Babylone concentrait dans ses murs, fut la principale source de cette opulence; ses habitants fabriquaient avec beaucoup d'art les étoff'es de lin, les armes et les bijoux. Les Ghaldéens, qui s'établirent de bonne heure dans la Babylonie, sont célèbres par leurs observations astronomiques et par leur prétendue science de la divination.

Fatigué de son rôle obscur, Ninyas conspira contre sa mère, et réussit à lui enlever le pouvoir. On n'entendit plus parler de Sémiramis, qui abdiqua et disparut mystérieusement après un règne de quarante-deux ans. Prince efféminé et livré à tous les

1. Les sppt merveiUes du monde étaient : 1«> les murs et les jardins de Babylone; 2° les pyramides d'Egypte, destinées à la sépulture des rois; 3° le labyrinthe sur les bords du lac Mœris, magnifique amas de douze palais coùfondus ensemble ; 4« le colosse de Rhodes, statue d'Apollon en bronze ; 5» le tombeau de Mausole, roi de Carie, élevé par son épouse Artémise ; 6» le temple de Diane à Éphèse, qui fut brûlé par Ërostrate; 7* la statue de Jupiter Olympien, œuvre du sculpteur Phidias.

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vices, Ninyas abandonna le soin du gouvernement à ses ministres. Ses successeurs, imitant sa mollesse et son inaction, laissèrent échapper peu à peu les conquêtes de Ninus et de Sémiramis. Rien ne recommande leur mémoire à la postérité; leurs noms mômes ne sont pas tous parvenus jusqu'à nous. Ces princes dégénérés ne surent pas se défendre contre les armes victorieuses dos Israélites, et laissèrent David s'avancer jusqu'à PEuphrate. Il arriva que des sujets honteux d'un tel joug, renversèrent le trdne qu'ils étaient chargés de soutenir.

SafàonapaUf le dernier roi de cette race, surpassa tous «es prédécesseurs en luxe, en mollesse, en voluptés effrénées. Profitant du mépris dans lequel ce prince ^tait tombé, Ârbacès^ gouverneur de la Médie^ et Bélésis^ prêtre chaldéen, soulevèrent contre lui les Mèdes et les Babyloniens. Sardanapale, arraché à ses plaisirs par le danger qui le menaçait, prit courageusement les armes et gagna une première bataille sur les rebelles ; mais, vaincu peu après, il s'enferma dans Ninive. Le Tigre ayant débordé tout à coup, détruisit une partie des murs de la vjlle. Sardanapale, jugeant toute résistance impossible, fît allumer un vaste bûcher et s'y laissa consumer, lui, ses femmes et ses trésors. Ainsi finit le premier empire assyrien (759), empire dont l'histoire est incertaine et mêlée de beaucoup de fables.

DEUXIEME PAUTJE.

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