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Histoire intéideare de la Vranee (tf 418-tf

Le repos qui succéda ne fut que de sept années, période bontepse de notre histoire, pi^isque là commeuce le règne des favorites. Mme de Pompadour, après avoir complètement subjugué la roi, cherchait à se faire pardonneir le scandale de son élévation en encourageant les poètes et les artistes, en flattant le parti philosophique dans la personne de Voltaire, son chef. La httérature française jetait alors un vif éclat ; mais bien différente de celle du grand siècle, elle attaquait au lieu de conserver. Rien n'arrête plus l'audace des poblicistes qui, mettant à nu les ressorts du gouvernement, ou découvrant d'une main téméraire les plaies du corps social, sèment le mécontentement et l'esprit de révolte. Ils s'attachaient surtout à poursuivre de leurs sophismes et de leurs railienes l'antique religion de la France. Cependant quelques beaux génies restèrent en dehors de cette funeste coalition, qui s'organisa, en 1751, avec le projet de V Encyclopédie. Buffon ne fut point hostile au christianisme; Montesquieu d*abord, et plus tard Turgot, reconnurent hautement «es bienfaits.

A ces causes générales de ruine se joignaient les discordes

religieuses. La bulle Unigenitus qui condamnait le jansénisme, avait été reçue avec une complète soumission par la grande majorité de Tépiscopat et du clergé français. Mais elle rencontra une vive résistance de la part de quelques prélats et d'un certain nombre de prêtres, de religieux et de laïques, qui osèrent en appeler au futur concile général. Le parlement de Paris était avec les opposants, tandis que Parchevèque Christophe de Beaumont, voulut faire exécuter rigoureusement cette bulle dans son diocèse. Au lieu de dominer les partis, Louis XV les ménageait tour à tour, exilant tantôt des membres du parlement, tantôt Tarchevôque de Paris, système qui ne pouvait qu'attiser le feu de la discorde*. On croyait avoir raison de toutes les résistances en multipliant les lettres de cachet; car l'arbitraire fut la plaie et la perte de l'ancien régime.

Pour mettre le comble au mal, une nouvelle guerre, féconde en désastres, allait prendre au dépourvu un gouvernement frivole et imprévoyant.

ft. Guerre de tiepC ans (i«S«-if«S).

Le traité d'Aix-la-Chapelle n'avait pas fixé les limites des possessions anglaises et françaises dans le nord de l'Amérique, et cette incertitude fit naître de bonne heure des conflits. L'Angleterre, d'ailleurs, voyait avec inquiétude notre marine qui commençait à se relever de sa longue décadence. Sous un léger prétexte, elle captura, sans déclaration de guerre, 300 bâtiments de commerce, à la hauteur de l'Ile de Terre-Neuve: la guerre devint inévitable. Comme il importait à notre enne* mie de diviser nos forces, elle manœuvra si habilement que Louis XV se trouva engagé dans une lutte en Allemagne.

Frédéric II avait, en peu de temps, élevé la Prusse au rang d'une puissance de premier ordre ; Marie-Thérèse s'inquiétait d'un tel voisinage et ne pouvait se consoler d'avoir perdu la Silésie. Par ses adroites négociations, elle ramène à son parti tous les souverains qui s'étaient tournés contre elle pendant la guerre de Succession. La France même, sans aucun motif sérieux, embrasse les intérêts de sa vieille ennemie, l'Autriche, et par une autre de ces contradictions politiqu es si fréquentes

1. Ce fat aa miliea de ces trooblei qu'an scélérat, nommé Damiens, tenta d'assassiner Louis XV (1757).

au dix-huitième siècle, le roi de Prusse trouva un allié dans le roi Georges II, son ancien adversaire. Les premières opérations nous furent favorables. Le maréchal de Richelieu à'empara de Port'Mahon et des lies Baléares (1756), en présence de l'amiral anglais Bing; le maréchal d'Estrées envahit le Hanovre, et défit le duc de Gumberland à Bastembeck (1757). Au lieu d'écraser l'armée vaincue, comme il pouvait le faire, Richelieu, son successeur dans le commandement, imposa au prince anglais la capitulation de Closter-Severn.

Depuis le commencement des hostilités, Frédéric 11^ tenait tète à tous ses ennemis et déjouait leurs desseins par la promptitude et Taudace de ses manœuvres. Il venait de battre les Autrichiens et les Saxons, lorsque les revers multipliés de ses généraux et la capitulation de ses alliés le mirent à deux doigts de sa perte ; mais il trouva dans son désespoir môme un héroïque moyen de salut. Se retournant contre l'armée française et allemande qui avait envahi ses États, il lui fit essuyer une déroute complète à Roshach (1757), malgré Tinfériorité numérique de ses forces. Ce désastre, et la défaite du comte de Clermont à Crevelt^ furent en partie réparés par le maréchal de Broglie, qui vainquit glorieusement le duc de Brunswick à Berghen (1759); mais le maréchal de/Contades se fit battre par le même général à Minden, en Westphalie. L'héroïsme vivait néanmoins encore dans l'âme des soldats français, une armée entière fut sauvée, à Closter^Campy par le dévouement du chevalier d'Assas '.Nos revers étaient plus sensibles dans les colonies ; le vaillant marquis de Montcalm fut tué devant Québec^ dont la perte entraîna celle du Canada (1759). Les talents de Dupleix, le courage et Ténergie de Lally, échouèrent également dans l'Inde, où les Anglais prirent Pondichéry (1761). La plu- , part des Antilles nous furent enlevées ainsi que le Sénégal. Il faut ajouter à tous ces désastres, nos ports bloqués, les descentes des Anglais sur les côtes françaises mal défendues, et la prise ou la destruction de presque tous nos vaisseaux.

Vers ce temps, le duc de Ghoiseul, ministre des affaires étrangères, fut assez habile pour unir dans une alliance intime les Bourbons de France, d'Espagne, de Parme et de Naples. Ce

1. Le chevalier d'Assas, capitaine au régiment d'Auvergne, tombe pendant la nuit au pouvoir des Hanovriens, qui allaient surprendre le camp français. Malgré leurs roenaces, il s'écrie avec force : « A moi, Auvergne, ce sont les ennemis! » et il meurt aussitôt percé de coups.

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traité célèbre» connu sous le notn de pacte de Famille (17S1)« eutj il est yrai, poi^ premier réstiltat dWrir utife proie |)Ios riche à Fatidité de l'Angleterre ; TEspague en dévint atlssitôt la Tictltne. Aidés du Portugal, les Ailglais s'emparèrent de Mànille^ des Philippines et de la Hàvlinë. Mais le hasard des circonstances rendit enfin la pait nécessaire; L'im^iératHcé de Russie f Elisabeth t qui baissait le toi de Prusse^ mourut et laissa le trône à Piètre III, admirateur enthousiaste de Frédéric. DMn autre côté, le ministère anglais, depuià ravéhëmênt de GèDt^ ges m, se montrait beailcout) mbins belUqueuxi

La paii fut signée à Parts et à H\ibiBrtibonr§ (1763); ôllb éiitratna peu de changements sur le continent. Le rèi de ^rttsi^e conserva la Bilésie^ cause première des hostilités^ et fUt, dès lors, regardé comme le plus gï*and tactitibn de rêt)0(j[Ue. La France rendit toutes ses conquêtes, abandonna le Canada et ses dépendances^ une partie de là Louisiade, quatre del Ahtillest Elle s'interdisait en outre le droit d'enVoyer des troupes aux Indes orientales; on lui laisisaii seulement Pondiéhêry, Mahé, et trois petits comptoirs. Elle cédait encore le re&té de la Louisiane à TEspagiie, son alliée, qu'oii dépbUitlâit d« là Floride. Notre dette s'était accrue de plus de trieizô ceûté millions, et nous subissions la hodte de livrer à nos rivàiii Un empire colonial immense. L'Angleterre put dès lors pôursulTire^ sans obstacle^ ses desseins sur Tlndë.

•. DeriilèrfeÉ années é\é Kitouli XV.

L'acquisitioh de la lo\rr<iine, piroVitiée dévdltiô à la bourôilhé après la mort du roi Stànislaiï (1766), colle de Pile de Vorsej que les Génois avaient cédée à la France (1768), compeiisèk*ent à peine les sacrifices que le traité de Paris nôu^ àviait Ctiûtés. La conquête de la Corse ' ne se fit pas sans rééistaûtie : le duc de Cboiseul y attacha son nom. L'attitude ferme de ce ministre devant l'Angleterre, ses efforts intelligents pour réorgattisfer . Vmée et la marine, justifient les éloges des contemporains et les regrets éclatants que causa sa disgràôe.

Toutefois, protecteur déclaré du parti philosophique éï deà opinions nouvelles, Cboiseul avait contribué à la suppression des Jésuites, qui eut lieu en 1764. La magistrature applaudit à

1. Un an juste aprèi la conquête de la Corse, Napoléon naissait àÀjadeld (15 août 1769).

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fcettë ièeSùrè afhitihàirfe qiii \i dêbât^rassàit d'adversaires Incommodes ; mais sa joie fut dé courte diirëe, car son existence môme ne tarda pas à élré mise en question., tes ministres, à bout de ressources, inventaient chaque jour de nouveaux impôtsj que le parlement de Paris refusait d'enregistrer. On s'en-' hardissait partout contre Tarbittaire. En Bretagne^ 1b parlement dé Rennes se signala par Toppositibn qu'il fit iil due d'Aiguillon, gbtlVémeiir de là province ; son f)i"dbtifëuf jetterai, La Ghalotais, détilbyà âë nouveaii Péloqiiëiicë pâssidiinéë dont il avait déiâ fait preuve coiitrë lëé Jésuites, tepafîemënt de Paris évoqué r affaire. et condamne, non-seulement 1|5^ actes du duc d'^igiiilloO) mais encore les ordres mêmes qu'il avait reçus : c'était empiéter sur l'autorité rbyale. Âiorss le chancelier Maupeou propose témérairement au i*bi de stipprimei^ ce Gof^s itidôcile et dé le remplacer par dn Conseil purelilfetil judiciaire, composé d'hommes de iôonchoii. Le hodveati tiàrlëhiëht, bohiiu sous le çbhi de pàHèrHetiï J^dUneoti, fut installé sans obstacle, et les ministres crurent àyoîl' recouvré leur pleine liberté d^àction. Mais on se faisait également illusion de part et d'autre : la magistrature avec son opposition bruyante et ses idées trop peu libérales, la royauté avec ses coups d'État et ses inéhâgertèntS pour les abusî prôparàietil à lélir ibsu le tt-lomphe de celii qiii voulaient la Hilne de rkncien brdhë politique et social. Les dernières années du règne Aè Louis XV s'écoulërènt àù milieu de l'inquiétude générale et des projets de réforme qu passionnfiient l'opinion publiqile. Le vieux roi voyait s'amasser l'orage ; mais insouciant et égoïste, il n'avait pas le courage de briser des liens honteui ni de secouer son apathie. Cela durera bien àutaM tjue mot, disàit-il ; après nt>us le déluge. La Russie, là Prusse et rAutricné se pattàgèi-ëiit iitie pi'emière ifois la Pologne (1772), sans qu'une telle iniquité, dui Rompait l'équilibre de l'Europe septentrionale, lui arrachât d'aulire protestation que ces mots : Si Choiseul eût été tci, celçi n^aurait pas eu lieu. Atteint de la petite vérole, maladie mortelle h, son âge, j .'conçut quelques regrets des écandales qui avaient déshonoré son i*ègne et la royauté eilefmôiiie ; il exprima ^ avant de mouriir, les sehtiménts d'une foi sincère (20 mai 177%).

Synchrènismes.

1715. lûUii XV j roi de France; ré-l —£zpé(iitioQda premier pré-

\l«nc6 de Phâippe d'Orlétni. tendant en An^eterre.

1716. Système de Law. — Bataille de Peterwardein, gagnée par le prince Eugène sur les Turcs.

— Deuxième voyage de Pierre le Grand en Europe. — Mort de Leibnitz.

1718. Quadruple alliance entre la France, l'Angleterre, la Hollande et l'Autriche. — Conspiration de Cellamare. — Traité de Passarowitz. — Mort de Charles xn, roi de Suède ; Ulrique ÉléofMre lui succède.

Disgrâce d'Albéroni.

Paix de Nystadt entre la Suède et la Russie.

1722. Le cardinal Dubois, ministre.

1723. Mort du régent.

Mort de Pierre le Grand. — Catherine /«■•, impératrice de Russie.

Ministère de Fleury.

Georges II, roi d'Angleterre. — Pierre II j empereur de Russie. — Mort de Newton.

1750. Anne Ivanowna. — Mahmoud /•»■, sultan des Turcs.

1733. Guerre de la succession de Po-

logne; Auguste llly roi de Pologne.

1734. Bataille de Parme ; conquête de

la Sicile et du royaume de Naples par les Espagnols ; siège de Dantzick.

Traité de Vienne. — Don Carlos à Naples.

Mort de Charles VI; Marie- Thérèse, — Ivan FI, empereur de Russie.— Frerfertc //, roi de Prusse, — Benoît XIV, pape.

Guerre de la succession d'Autriche. — Elisabeth, impératrice de Russie.

Chute de Walpole, premier ministre d'Angleterre. — Charles F// en Allemagne.

1744. Maladie du roi de France à Metz.

1745. Bataille de Fontenoy. — Guerre du deuxième prétendant en Angleterre. — Maison de Lorraine ; Françoie /•', empereur.

1746. Bataille de Raucoux. — Bataille

de Culloden. "Ferdinand YI^ roi d'Espagne.

1747. Bataille de Lawfeld.

1748. Traité d'Aix-la-Chapelle.

1750. Joseph I", roi de Portugal; ministère de Carvalho, marquis de Pombal.

1755. Tremblement tie terre de Lis-

bonne. — Mort de Montesquieu.

1756. Guerre de Sept ans.

1757. Capitulation de Closter-Sevem.

— Bataille de Rosbach; Frédéric le Grand.

1758. Clément XIII\ pape. — Minis-

tère du duc de Choiseal.

1759. Prise de Québec, Montcalm. —

Charles III, roi dIEspagne. — Ferdinand III, roi de Naples.

— Expulsion des Jésuites en Portugal.

1760. Succès des Anglais dans les In-

des. — Georges III, roi d'Angleterre.

1761. Pacte de famille.

1762. Pierre III, empereur de Rusâe

Catherine II, impératrice de Russie.

1763. Traité de Paris et d'Huberts-

bourg.

1764. Impôt du timbre en Amérique.

— Stanislas Poniato%Dski, roi de Pologne. — suppresâos des Jésuites en France.

1765. Joseph II, empereur d'Allema-

gne. — Léopold d'Autriche en Toscane.

1766. Réunion de la Lorraine à la

France. — Lord Ghatham, premier ministre d'Angleterre.

1767. Expulsion des Jésuites en Espa-

gne.

1768. Réunion de la Corse à la France.

1769. Naissance de Napoléon. — Clé'

ment XIV, pape.

1776. Disgrâce de Choiseal.

1771. Parlement Maupeou. — Gtw-

tave III, roi de Suède.

1772. Premier partage de la Pologne.

1773. Le pape Clément XIV est con-

traint de supprimer l'ordre des Jésuites.

1774. Louiê XVI, roi de France.

1776. Ministère de Necker. — Déclaration des droits de Thomme à Philadelphie. — Franklin en France.

1778. Guerre de l'indépendance américaine; combat d'Ouessant.

— Mort de Voltaire et de J. J.

Rousseau.

1780. Mort de Marie-Thérèse.

1782. Guerre des Indes ; Tippoo-Saëb.

1783. Traité de Versailles entre la

France et l'Angleterre.

1785. Procès de la Compagnie des In-

des; lord Hastings.

1786. Mort de Frédéric le Grand, roi

de Prusse; Frédéric-GutUau' me II,

1787. Assemblée des notables en

France. — Voyage de Catherine II en Crimée.

Deuxième ministère de Necker.

— Mort de Buffon. — Charles rVy roi d'Espagne.

Réunion des Ëtats généraux en France.

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