II. SUÈDE ET RUSSIE
t. Cluirleff XII et Pierre le «rand.
Charles XII succédait, en 1697, à son père Charles XI : c'était un enfant de quinze ans, et les puissances voisines espéraient
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arracher à la Suède quelques lambeaur de son territoire. Trois sôuverams afvaient intérêt à Taffaiblir ; le>oi de Danemark, qui voulait dépouiller \q duc de Holstein-Gottorp, parent du jenne Chartes ^^l'éleôtenr de Saxe, Auguste II, roi de Poiogne, jaloor de réprendre la Livonie aux Suédois, et le czar de Russie, Pierre I^, qtri rêvait déjà Tempire de la Baltique. Celui-ci ne^ponvatt satisfaire son ambition, tant que la Suède étendrait sey frontières depuis le passage du Sund |ust|u*à la Duna, et tant qu'elle posséderait avec tes lies de Rugen et d'OEsel, une partie de la Poméranie ainsi que Verden et Brênle.
Mais Charles XII ne démentait pas sa' race ; il dédaigna les plaisirs de son âge pour se vouer tout entier à hi vie des camps, et ses voisins, qui croyaient surprendre un enfant, trouvèrent un générai capable de grandes actions. Il vole d*abord au secours de sotf beau-frère, le duc de Holstein-Gottorp (1700), arrive à Pimproviste sous les murs de Copenhague, et force le roi de Danemark, Frédéric IV, à signer le traité de Travendal, qui rétablissait le duc de Holstein dans ses États. Se torurnant ensuite^ contre te czar Pierre, qui avait mis le siège devant Narva (1700), il bat avec 8000 Suédois une armée de 80 000 Russe^; ,Rien n'arrête l'impétuosité du vainqueur. Laissant les Russes rompus et dispersés, il attaque l'armée d'Auguste II iur tes bords de Irf Dtma, la défait complètement, entre dans Vtprsoivie, et plus flatté, ce semble, de donner que âe gta^ér des royaumes, il met sur te trône de Pologne im roi de soir choix, le jeune palatin de Posnaniey Stanislas Leckrâïski (170(i).
Après avoir dicté ses conditions à Télecteur de Saxe, Charles s'avance eu Lithuanie, refoide devant lui l'armée du cjsar et, rfveuglé p^r le Succès, ne veut traiter que dans Moscou. Les ]^romesses^ dé Mazep^a, hetman des Cosaques, qui s'engageait à M ainéner des renforts considérables, le détournent de sa fôute. Au milieu d'an hiver des plus rigoureux, il marche ^ofuf rejoindre son allié à travers les marais glacés de FUkraine, et c'est là que, surpris avec une partie de ses forcer il perd enfin la bataille décisive de Pultava (1709). Le roi de Suède, blessé au talon, voulait le lendemain recommencer le combat; mai^ ses officiers te placèrent lèalgré lui sur un brancard, et le conduisirent non sans peine J[usqu'à Bender^ en Bessarabie, oiï lé suttan AcÀmet lu lui accorda une généreuse hospitalité.
La grandeur de la Suède s'était évanouie. L'empereur de
Russie^ instruit par ses défaites mômes^ triompha des Suédois sur tous fes pomts ; il s^empara de tïngrie^ de là Carélie et Se Aiga, Le roi de Danemark envahit de nouveau le iïbistein ; Auguste U remonta sur le trône de Pologne. Éloigna de ses Etats, prisonnier pour ainsi dire à Éenden Charles "^ en était réduit à intriguer auprès du sultan pour rengager à la guerre contre la Russie. ïl y réussit enfin; Pierre leGraûd» vaincu sur le Pruth^ se trouva un moment à la merci des Turcs ; mais le Grand- Vizir, acheté, dit-on, par Catherine, femme du czar, qui se dépouilla de tous ses hijbù^, te laiiàsa échapper avec son armée, et consentit à signer avec lui une paix d'ailleurs favorable au sultan (1711). Charles XIÏ, déçu dans ses espérances, refusa d^abord obstinément de quitter son asile de Èender. Après cinq ans de séjour en Turquie, il parvint à s'enfuir sous un déguisement et à gagner Stralsund, en traversant PAutriche et l'Allemagne (1714). Au lieu d'aller défendre ses Etats, menacés par tous ses voisins, il rêvait des conquêtes impossibles et guerroyait en Norwége, quand une balle l'atteignit mortellement au siège de Frédéricshall (1718). Ce prince finit en aventurier une vie commencée en héros.
Après Charles XII, la Suède, épuisée et déchue, retombe au rang d'où le géoie de Gustave-Adolphe PâVait tirée cent ans en-^ viron auparavant. Ulrique Eléonore^ femme du prince f rédéric de Hesse, succède à son frère Charles XII et signe le désastreux traité de Nystadt (1721). Outre les provinces déjà conquises par les Russes sur la Baltique^ elle abandonnait Brome et Verden au Hanovre, Stettin et une partie de la Poméranie à la Prusse. Avec elle s'éteignit la famille des Deux-Ponts. Frédéric j son époux, d'abord associé au trône, régna seul et mpUrut en 1751. Adolphe-Frédéric de Holstein-Eutin^ ancien évoque de Lubeck, appelé à la couronne par les États, commence alors une nouvelle dynastie.
Gustave III, son fils, travailla dès son avènement (1771) à relever Tautorité royale. Avec le concours de l'armée, il abolit la constitution aristocratique, qui datait de la reine Ûlrique, supprima le sénat, se fit attribuer le droit souverain de paix et de guerre. Une nouvelle lutte contre la Russie, mêlée de succès et de revers, aboutit à un traité honorable conclu en 1790. Gustave III se croyait appelé à faire triompher le principe monarchique en Europe, et à venger de ses ennemis le roi Louis XVÏ, qui l'avait cordialement accueilli dans un voyage en France. Il voulait se mettre à tête des armées de la coalition, lorsqu'un
gentilhomme, nommé Anckarstroem, qui prétendait venger les injures de la noblesse, le tua d'un coup de pistolet dans un bal masqué (1792).
Le Danemark, qui avait lutté contre la Suède au temps de Charles Xn, partagea les mêmes vicissitudes intérieures. L'affranchissement des paysans, commencé sous Frédéric V (1746), s'accomplit sous Christian F// (1766).