‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 224 sur 254 · Ifeeker · texte numérisé non relu

Ifeeker

Dans la pénurie du Trésor, le roi jeta les yeux sur un banquier protestant de Genève, Necker, établi depuis longtemps à Paris, pour lui confier rjidministration des finances. Sans avoir la haute portée d'esprit de Thrgoij le lioàtèàti contrdlèuf ^Ôdé-

i, M. Gnitoi.

HifetbîRE kôbEtoë. sis

ràl, Habité firiàiicier, géra le trésor i)iiblic aveè Succès. Mèttàfit hardiment aii service de TÉtat sdii crédit pei-sbntiel, il fit , fêussib jilusieurs eihprubts, seul iboyeii pour le gouvernement de fkirë fàcë àbx dépenses; car on iië |)dûvait songer â a»gmëhtéi" les iih{jfltis dëjà exceisSifs. Nëcker, ^ui contiâiéàait là timidité ëxtiônië des bapilaui, Sentit lé Besbih d'ëclâirer Pôpibibn publique, Sans laquelle bn ne pouvait rien et Iqdi était deveètië ubè pti;âsànbë redoutable. De là son fàmëui CotnpÛ rendu au rbi, dans lëqtiël il exposait l'état détaillé des recèltëS et dels dépenses : c'était la première foie que Ik batibn eiitehdâit parler de ses àfTàires dans lin docbinent officiel. L iilhovàtioii eut donb uii prodigieui retentissemëiil : mài^ eh ibêndë teifaps elle découvrit toute la grandeur du ihàl et l'énormitê à\i déficit. Les espHts n'en furent que plus ardents à deihatidèf la réforfaë des àbùs. Cependant, le pagsagë de Nëcker aU ministère, eti ranimant le crédit dé l'État, permit à Lotiîs Ht d'intervenib avec honneur dans la guerre d'Amérique (1778- 1783), (Jùe nous avonë résumée plus haut.

Le coDdle de kâurepas, qui prësi«1àit toujours le Cohsell d'Êlàl, ëthit peu favorable aux i*éfbrmès. il avait travaillé à là chuté de Turgot, éi il travailla dé baême à celle dé fjecker, qui élit lieu en I78i.

L'influence dé la rëihe MaHe-Àntoinette prévalût alors su^ l*ësprit de Louis XVI; itiâis ce fut pour revenir aux traditions du pouyoii' absolu. Jeunô et belle, pleine de séduction et dé grâce, la fi île de Rlarie-Thérëse dôniia prise à la caloinriiè pah ses impriidencès. t^lus résolue que ^on époux, on l'accusait de trahir Ifes espérances dii pays, et au hëu des ac^ clamatiôtis joyeiises ctiii avaient sàlùé son mariage , l'infortiinée Marie-Antoinette n'enteiidit plus que des cris de haine ei des outrages, surtout après le déplorable procb du Collier (1785).

Le contrôleur général de Calonhe acheva d'obérer le trésor

f)ar fees complaisances poui* les courtisans et par ses prodigaités. Ne sachant conimeht feirë face à un déficit dé 140 millions, il conseilla au roi de réunir les Notables du royaume (1787). Cette assemblée de privilégiés se refusa aux sacrifices que réclamaient les circonstances. Elle créa seulement les Assemblées provinciales, institution excellente qui ne dura que deux ans. De Galonné fut obligé de se retirer. L'archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, son successeur, rencontra la même opposition. Le parlement, refusant d'enregistrer les édits rela-

^s à à% nouveaux impôts, en appelait aux États généraux. L'archevêque de Toulouse engagea le roi à les convoquer.

Tels furent les préludes de la Révolution. Les anciennes formes sociales existaient encore; mais elles n'avaient plus leur raison d'être. Le prestige de la royauté avait disparu. Les magistrats du parlement s'étaient opposés aux mesures de finance les plus nécessaires. La haute noblesse, déconsidérée depuis qu'elle peupl!ut les antichambres et les salons de Tersaules, ne s'était pas relevée dans l'opinion publique en rentrant aux affaires. Devant ces fragiles appuis de l'antique royauté, le Tiers État avait grandi par le travail, la richesse et l'influence des idées nouvelles, et néanmoins, quoiqu'il portât presque tout le fardeau, les grades militaires et les hauts emplois lui étaient interdits. L'épiscopat et les ordres religieux possédaient peut^tre le cinquième de la fortune territoriale de la France, sans justifier suffisamment cette immense richesse par la sainteté de la vie ni par le zèle apostolique. D'un autre côté, les charges de judicature étaient devenues un patrimoine de famille; les corporations des métiers prétendaient au monopole de leur industrie ; enfin, les droits féodaux existaient généralement encore. Plusieurs impôts très-lourds ou impopulaireSy tels que la gabelle et la dlme, des lois rigoureuses sur la chasse, une multitude de distinctions peu onéreuses au fond, mais blessantes pour les amours-propres, constituaient ce qu'on appelle Yancien régime. Trop longtemps maintenu, il avait excité des ressentiments qui subsistent encore aujourd'hui.

Six millions de citoyens participèrent aux élections mémorables de 1789. Necker, rappelé au ministère dans ces circonstances critiques, fit décréter en faveur du Tiers une double représentation, de sorte qu'il se trouva numériquement l'égal des deux autres ordres. Les députés reçurent de leurs commettants des cahiers remplis de vœux très-libéraux et très-sages. On s'accordait généralement à demander le maintien de la monarchie héréditaire et rétablissement d'un véritable gouvernement représentatif; mais ces vœux furent bien vite oubliés ou dépassés.

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