Priflie de la Bastille
A partir du 23 juin, la Révolution ne s'arrêta plus. Le bruit s'étant répandu qua le roi avajt fait venir quelques régiments dans le voisinage de Versailles, et renvoyé Necker (11 juillet), Paris se spulèv^ aussitôt, et le Palais -Rqyaj r^tfPtjt dç motions violentes. Trois jours après {Ik juillet)^ une multitude armée, soutenue par le régiment des gardes françaises, se porte sur la Bastille, pénètre dans la vieille forteresse et s'en empare. Le gouverneur de Launay fut massacré. Ce môme jour, le prévôt des marchands fiessellps, fut égorgé sur les iparcjies de rpôte} 4e Ville.
Le roi vint en personne de Versailles à p^ris pqpr palp^er V^ffervescenee populaire ; il prit la poc^rds tpcolorp et repupi{)}t ppcore quelques témoignages d'affection. Mais ceux qui }e tpucl^ent de pli|s près jiésespéraieut déj^ de la ppqp^ypliip. Lp comte d'Artois, son frère cadet, Ip prinpp de Qondé et avec pux l)e^|:icoup de gentilshommes quittèrent fuptivement le royavjpie, nourrissant l'espoir de rétablir Ips ancippnes insti? tutions avec le secours, des armées étrangères. L'émigration priva la rpyaqt|§ de ?es défeqspurs natqrels ^t iftotiva, p^ns les justifier, de sanglantes représaillps.
Cependant l'Assemblée poi^rsuiyait ^es tr?ivauî législatifs, sans pourvoir d'ui^e m^^nière effic^pe ^ la ^ftrefé des ^^iens ni des personnes, frois partis la divisaient : Maury et Gazalès Refendaient la mppçirphie, tandis qpe Duport, les Lapieth, Barpave et giéy^s soutenaipnt les ii^ées (iémocr?itiques. Entre ces (iepx extrêmes se tenaient les n^pcjérésqui auraient vpul^ pour la France une constitution semblablp à celle de l'Anglpterre : c'étaient Nepker, Mounier, Lally-To'lendal et quelques autrps. Un homme, Mirabeau, dominait tout à fpTce d^au4ace et ïJe génie. Mal préparé à la vie publique par une jeuupssp of^geuse et par les rigueurs de son père, il sp vengea de ses Risgrâces en prêtant à la Révqlvition les foudres de §on éloquence.
9, Travaux 4e lu C<ainfi||tiif|i|te.
Dans un élan 4'exa]tfitiQp patriotique, les députés de la ^o- |)|psse et>du clergé reponcèrent solennellenqent à tous les droits féodauî, ainsi qu'à leurs titres et privilèges. De la nuit du k août^ oti disparurent les dernières trapes de Tordre ancien, date réellement le régime nouveau, c'est-à-dire l'égalité ç|-
histoire; morprne, &i<>
vile et }es 4roits qi^'ejle consf^pre. touis 3fVI reç«ti ^ P^t^e occasion, |e nom de fiastauratçur d^ Ja liberté françç^ise; pujs il consentit à reconnaître Çailly co|iime noaire de Pf|.ri§, ej; Lafayette conime chif de la garde nationale» qui v^n^U d'être instituée. Après avoir rédigé i|p^ péc^arqt\Qn 469 droifs da Vhovfiue ef du cîfo^m. rAsspmbléo s*occupa de régl^f ^ fo^me du gouvernempnt. Lldée (^ui prévalqt fut çpU^ 4'une Ghaçfibre unique, inypstie du pquyoir lég^isl^fif, à laquelle ^e rpi n^ pourrait opposer qu'un vep si^sper^sif pepdanî devjx législatures; autant valait proc]apner la république. Tout ^ çqup, des bruits de contre-révolution se r^paniept : qp racoi^te que ^ans un rppas donn§ % yersailles p^r les gardes du cprps ^i;x officiers du ^éçiipent de Flandre, jsi çocar4e trico}ore ^ été foulée aux pieds, ej; qup la famille royale étai^ présente à çeite fête. Une populace affamée se précipite sur la roule de Versailles (5 et 6 octobre)^ et envabit le château, où plusieurs gardes du corps sont massacrés à la porte môme de la reine. Le roi et sa famille sont entraînés à Paris. Une fois enfermé aux Tuileries, Louis XYI ne fut plus qu'un otage aux mains de la Révolution. Une minorité factieuse, maîtresse de Paris par les clubs et les journaux, tyrannisa t déjà la France entière.
L'Assemblée, que nous appellerons désormais Constituant^^ suivit le roi à Paris et continua son travail. Entre les décrets qui lui ont survécu, il faut mentionner la division de la France par départements, la suppression du droit d'aînesse, l'institution du jury empruntée à FAngletep-e, l'uniformité des poids et mesures, la création des justices de paix et d'une cour de cassation. Comme les dons patriotiques ne sufOsaient pas à combler le déficit, TAssemblée, dans son omnipotence, déclara nationaux les biens du clergé, et mit une portion de ces biens en vente pour une valeur de 400 millions. Afin de fàcijiter l'opération et de remédier au manque de numéraire, elle créa un papier-monnaie, les assignats^ qui devaient rentrer au trésor à mesure que les ventes s'effectueraient.
La plus grande faute de l'Assemblée fut de s'attribuer les droits qui n'appartiennent qu'à 1 Église et de décréter arbitrairement la Constitution civile du clerpé (juillet 1790). En vertu de ce décret, le nombre des évêchés était réduit pour correspondre à celui des départements; les évoques et les ci^rés devaient être nommés par le peuple, à la pluralité des suffrages ; tous les ecclésiastiques recevraient un salaire de l'État, à condition de prêter le serment ciyiaue. Le roi avait d'^ord
opposé son veto à ce décret subversif de la religion catholique ; mais il finit par le sanctionner, espérant sans doute que l'on regarderait son adhésion comme contrainte et forcée. La grande majorité du clergé français refusa le serment, préférant la pauvreté, Pexil et la persécution au crime d'apostasie.
Le 14 juillet 1790, anniversaire de la prise de la Bastille, la fête de la Fédération^ célébrée avec une magnificence extraordinaire, sembla réconcilier tous les partis ; le roi et la reine furent salués par d'unanimes acclamations. Toutefois Louis XVI, effrayé des empiétements de l'Assemblée constituante et des progrès toujours croissants de l'anarchie, essaya de gagner Mirabeau à sa cause. La mort prématurée du grand orateur ■, lui enleva un auxiliaire qui semblait revenu à des idées plus sages et dont le concours aurait peut-être sauvé la monarchie.