Vulte et arre«tatlo
Louis XVI résolut alors de se dérober par la fuite au joug de ses ennemis et aux malheurs qui le menaçaient, lui et sa famille. Un militaire énergique, le marquis de Bouille, l'attendait à Metz au milieu de troupes fidèleiî. Mais l'infortuné monarque fut reconnu dans sa route et arrêté à Varennes {20 juin 1791). Ramené à Paris plutôt en prisonnier qu'en roi, l'Assemblée le suspendit de ses fonctions. Ce n'était pas assez pour les révolutionnaires ardents. Ils se réunirent tumultueusement au champ de Mars, afin de demander la déchéance. La Fayette, général en chef de la garde nationale, ayant vainement proclamé la loi martiale, dispersa le rassernblement par la force et perdit en ce jour la popularité qu'il avait si chèrement achetée.
Cependant les souverains étrangers cédèrent imprudemment aux instances de l'émigration. Le 27 août 1791, l'empereur Léopold et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume publiaient la déclaration c{e Pt7mYz, dans laquelle ils annonçaient leur dessein de se coaliser en faveur du roi de France. Celui-ci se hâta de repousser cette funeste protection ; mais il était dans sa destinée de souffrir également du zèle aveugle de ses amis et de Tacharnement de ses ennemis; sa voix ne fut pas écoutée.
L'Assemblée se sépara le 30 septembre, après avoir voté la Constitution dite de 1791. Ses titres sont incontestables; mais,
i. Mirabeau mourut à quarante-deux ans, le 2 ayril 1791.
après avoir ruiné Tautorité royale, elle ne sut réprimer ni les désordres ni les crimes, et en exagérant les droits de PÉtat, elle inaugura le despotisme révolutionnaire.