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liU Perse, contrée pauvre et montâ^euse, était, à l'origine, une obscure province longtemps dépendante des Mèdes. Elle dut son élévation et sa grandeur au génie d'un prince, que le prophète Isaïe avait annoncé et nommé deux siècles avant sa naissance. Bien di^érents des ^ièdes et de ce qu'ils devinreot eux-mêmes depuis, les Perses étaient alors sobres, aguerris^ laborieux, simples et sévères dans leurs mœurs. Ils conservèrent longtemps le culte d'yn seul Pieu, et se préservèrent ipieux que le^ Grecs et les autres peuples des excès de l'idolâ* trie. Plus tar^, ils adorèrent la divinité sous l'emblème du feu. Ainsi que les Bactriens et les Mèdes, ils vénéraient un ancien législateur, Zoroastre^ qui leu; avait enseigné une morale pure et des dogmes religieux conservés dans leurs livres sacrés. Ils recoonaissaient deux principes, celui du bien et celui du mal, perpétuellement en guerre l'un avec l'autre ; ils croyaient aussi à de bons et à de mauvais génies. Lfe travail de là terre et la plantation des arbres avaient à leurs yeux quelque obose de «acre* Toi était le p«uple auquel la Providence destinait l'em*-
pire de PÂsie. Mais parlons d'abord des royaumes qui allaient disparaître, et se perdre, avec la Babylonie, dans la monarchie de Cyrus.
La Médie avait eu deux grands rois, DéjocèSy le fondateur d'JEchatane^ la ville aux sept enceintes ; Cyaœarey le destructeur de Ninive. Des guerres heureuses contre les Assyriens et les Lydiens avaient étendu ses limites, d'un côté jusqu'au Tigre ^ de l'autre jusqu'à VHali^s. Alors (559) régnait Astyage^ fils de Cyaxare ; pour détourner le sens d'un oracle qui promettait à son petit-fils l'empire de l'Asie, il maria sa fille Mandane à un autre Cyaxare, obscur roi des Perses.
La Lffdie occupait toute l'Asie Mineure. Trois dynasties s'étaient succédé dans ce royaume déjà fort ancien. Le dernier souverain, Crésus, était cité comme le plus riche et le plus fastueux des monarques. Il avait réussi à subjuguer )es colonies grecques établies le long des côtes, et beaucoup de peuples de son voisinage. Mais ayant consulté l'oracle de Delphes pour savoir s'il devait faire la guerre à Cyrus, sur la foi d'une réponse ambiguë, il engagea une lutte fatale pour son royaume et pour lui-même.
Cyrus était fils de Cyaxare II, roi des Perses, et de Mandane, fille d'Astyage, roi des Mèdes. L'histoire de son enfance est pleine de récits merveilleux. Son grand-père, qui redoutait la prédiction de l'oracle, l'ayant condamné à périr, un seigneur de la cour, nommé Harpage, au lieu d'exécuter l'ordre qu'il avait reçu, sauva l'enfant d'une mort certaine. Ëlevé dans l'obscurité comme le fils d'un berger, son courage et sa fierté révélèrent son origine; il fut reconnu, envoyé en Perse, et bientôt, de concert avec Harpage, qui voulait venger la mort cruelle de son fils, il marcha contre Aatyage qu'il vainquit et fit prisonnier. La Médie devint alors tributaire de la Perse.
Une fois maître d a pays, Cyrus en transforma les habitants ; il rendit à ce peuple son énergie primitive. Sous sa conduite, les Mèdes et les Perses ne firent plus qu'une seule nation, armée pour la conquête de l'Asie. Il avait d'ailleurs pour alliés ou pour sujets, les Bactriens, les Parthes, les Arméniens et d'autres peuples belh'qucux, qui étaient de la même race que les Perses.