‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 27 sur 254 · BftHiM 1110 d'HystMpe (fttfl · texte numérisé non relu

BftHiM 1110 d'HystMpe (fttfl

DariuSy fils d*Hystaspe, Tun des seigneurs conjurés contre Smerdis et parent lui-même de Cyrus à un degré éloigné, fut élu roi, parce que son cheval avait, dit-on, henni avant tous les autres aux premiers rayons du soleil levant. Il s'occupa d'abord de diviser l'empire en vingt gouvernements, régis chacun par un satrape. Mais l'esprit d'indépendance se réveilla chez les nations mal habituées au joug des Perses, et l'insurrection éclata presque partout, en Médie, en Arménie, en Assyrie, toutefois sans résultat sérieux. Babylone fut assiégée de nouveau et reprise après une résistance de vingt mois, grâce au dévouement de Zopyre. Moins heureux dans son expédition contre les Scythes d'Europe, dont les hordes sauvages habitaient au delà du Danube^ Darius perdit une grande partie de son armée et se

* sauva lui-même avec beaucoup de peine. Pour réparer ce désastre, il porta ses armes vers Forient, pénétra jusqu'à Pindus et joignit de richeg provinces à l'empire des Perses, qui atteignit alors à l'apogée de sa puissance.

Cependant la guerre se préparait du côté de l'occident. Les colonies grecques de l'Ionie supportaient avec impatience la domination des Perses; elles se révoltèrent, et le secours qu'elles reçurent des Athéniens fournit à jDarius Toccasiôn d'envoyer ses armées dans cette Grèce dont il ambitionnait la conquête. Il chargea de cette entreprise deux satrapes, Datis et Artapherne ; mais ceux-ci furent vaincus par l^iltiade dans la plaine de Uor rathon (490). Darius faisait les préparatifs d'une nouvelle expédition, lorsque la mort le surprit (485). Ses successeurs, aussi imprudents que lui , poursuivirent la lutte fatale qui devait illustrer la Grèce. Pendant les guerres médiques^ on verra l'Asie se précipiter en vain avec toutes ses forces sur un petit peuple de l'Europe, pour lui ravir son indépendance.

L'histoire de la Perse se trouve désormais étroitement liée à celle de la Grèce ; elle recevra son complément lorsque nous raconterons, dans un prochain chapitre, les événements de ce duel mémorable, qui aboutit à la destruction du royaume des Pends, en 331.

LES PHENICIENS.

Avant de parler des Grecs, que la suite des temps et des faits place immédiatement après les Perses, disons quelques mots d'un peuple maritime qui, non-seulement, sut conquérir les ri-« (ihesses et l'éclat que donne un vaste commerce soutenu par une brillante industrie, mais qui eut encore la gloire d'établir, entre les diverses parties du monde ancien, des relations utiles et fécondes. Resserrés sur une côte étroite entre le Liban et la Méditerranée, bornés par des voisins puissants, les Phéniciens, sans se mêler aux affaires du continent, tirèrent un parti admirable des ports nombreux que leur offrait la nature, et des bois de construction qu'ils trouvaient en abondance dans la montagne. Ils tournèrent toute leur activité vers la mer, et devinrent les premiers et les plus hardis navigateurs de l'antiquité. Sous le roi d'Egypte Néchao, qui se servait de leurs vaisseaux, ils firent le tour de l'Afrique. Ayant compris de très-bonne heure l'importance des colonies et des comptoirs, ils en fondèrent un

grand nombre sur les rivages les plus fertiles de la Méditerranée. Panorme (Palerme), en Sicile; il/aZaca (Malaga), Hispalis (Séville), Gadès (Cadix), en Espagne, Utique et Carthage, en Afrique, furent des colonies phéniciennes. La plus célèbre de toutes fut celle de Carthage. Les côtes méridionales de la Gaule reçurent aussi quelques établissements de ce pfuple.

Les principales villes phéniciennes, Sidon^ Acco (Saint-Jeand'Acre), Béryte (Beyrouth), Biblos, Arad, étaient unies entre elles par une confédération d'intérêts et de défense commune. Tyr obtint à une époque déjà fort reculée la prépondérance politique et religieuse; mais le progrès maritime des colonies grecques et même de Carthage diminua sa puissance. Plus tard, Alexandre lui porta un coup mortel, surtout par la création àJAleocandrie (331).

Les I^héniciens adoraient la lumière, le soleil et le feu, sous les noms de Baal, de Moloch et d'Adonis. Ils avaient aussi une déesse nommée Astarté, qui représentait la lune ou la terre. Leur culte était souillé par des sacrifices humains et par de honteuses débauches.

Industrie et eommeree des Phéolelens.

Les Phéniciens travaillaient les métaux avec une habileté qui faisait rechercher partout leurs bronzes et leur orfèvrerie. Ils connaissaient Tart de fondre et de tailler le verre, de teindre en pourpre la laine, le coton et la soie; car ils trouvaient en abondance, sur leurs côtes,le coquillage qui fournissait cette teinture, si estimée des anciens. Le cotonnier, originaire de l'Inde, fut importé par eux de cette riche contrée. Leurs voyages s'étendaient daDS le nord, aux Iles Britanniques, où ils trouvaient l'étain ; aux bords de la Baltique , d'où il rapportaient Tambre jaune. En Afrique, il pénétrèrent jusqu'à Pîle de Madère et jusqu'au Sénégal, où croît naturellement la canne à sucre; en Asie, par la mer Rouge, jusqu'à Ttle de Ceylan. L'Inde, l'Arabie et PÉthiopie leur fournissaient les pierres précieuses, l'or, l'encens, les épices, l'ébène, l'ivoire, les tissus de coton ; l'Egypte, le blé ; l'Arménie , les chevaux ; le Caucase, le fer ; l'Espagne enfin, qui était leur plus riche exploitation , tous les métaux en abondance, les vins, l'huile, la cire, la laine fine et les fruits.

On attribuait aux Phéniciens l'invention de l'écriture, et Cadmus, fondateur de Thèbes, en Béotie, passait pour avoir apporté aux Grecs l'alphabet de son pays.

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